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jeudi 30 octobre 2025

La joie d'être


La nuit ne fut pas facile. C'est un peu un euphémisme.
La nuit certains souvenirs sont encore plus gris que les souris.

Et puis le jour à travers le volet qui se lève.
Et puis le ciel d'un bleu immaculé.
Pas le moindre petit nuage et beaucoup de lumière.

Nous sommes de la nature.
Et ce matin la nature est en joie.
Elle dissout les souvenirs nocturnes

Pour parfaire ce bel ensemble, large sourire de ma compagne de vie.

Petit déjeuner en regardant le jardin dont la vie offre son espérance.
En rouge et blanc, la  sauge arbustive ne cesse de fleurir, 
parce que c'est sa mission.

 
Je m'accorde un peu de confiture sur la tartine.
Au diable la consigne du « sans sucre, sinon… ».
Petit écart pour grande joie.
 

*

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Un jardin de mes rêves, mais pas le mien !


 

lundi 27 octobre 2025

Un rêve


J'ai rêvé de mon frère.
À cause sans doute de ce billet
Je crois bien que c'est la première fois.
Il était élégant dans son costume impeccable.
Il était comme au temps où je l'admirais, soigné, méticuleux.
Lui au moins il tirait des traits droits avec sa règle, alors que je m'embrouillai avec la mienne qui glissait et le crayon qui dérapait.
 

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J'ai rêvé de mon frère.
Il arrivait du lointain et marchait vers moi
il marchait mais n'avançait guère.
Le paysage était désertique un peu comme dans ces films de l'Ouest américain, ces westerns ou le héros s'approche le regard droit devant. Il n'y a ni danger ni joie, ni crainte ni espoir. Il n'y a que l'image qui s'anime lentement

Je restais immobile
je ne sais si je l'attendais vraiment.
Une surprise un peu froide.

Pourquoi donc ?
Qu'est-ce que cela voulait dire ?

J'ai rêvé de mon frère.
Et puis ce fut terminé.
Il disparut comme il était venu.

Il ne reste rien,
si ce n'est cette tentative de bidouillage-photo pour tenter de rendre compte très maladroitement de l'événement nocturne.



mardi 21 octobre 2025

Narcisse et autre bulbe à Rachid

 

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Narcsse - Michelangelo Caravaggio


Il paraît que Narcisse était tombé amoureux de sa propre image qu'il estimait d'une grande beauté. D'aucuns critiquent ce mythe en disant qu'il faut plutôt s'oublier. Mais si on s'oublie quelque part, on risque d'avoir de la difficulté à se retrouver. Il y a des gens qui ont cherché après eux-mêmes toute la durée de leur existence, sans vraiment trouver.

Plutôt que torturer le bulbe d'un narcisse, mis vaut allez en planter en nombre dans son jardin, ça fera fleurir de l'intelligence au printemps.

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Mais là n'est pas vraiment ce dont je veux vous entretenir. (Sans pour autant subvenir à vos besoins matériels ou spirituels).
Ce que je me demande : ne suis-je pas devenu jaloux de moi-même ?
Disons plutôt, jaloux de celui que je fus.

Il se fait que cherchant à retrouver un de mes vieux billets, j'ai fouillé et farfouillé dans les archives de mon blog. Et donc j'ai relu un certain nombre de mes billets d'il y a une dizaine d'années et plus loin encore.

J'en ai bien oublié les trois quarts.
Mais qu'est-ce que certains étaient écrits d'une bonne écriture ! (À mes yeux bien sûr…). D'autres étaient d'une audace que je ne m'autorise plus. Suis-je en train de devenir un vieux con ?
« Cons caducs ou cons débutants, quand on est con on est con » chantait Brassens. Eh bien non ! Jeune, je n'étais pas si con que ça. Vieux je le deviens.
Donc me voilà jaloux de mon écriture d'antan. Disons partiellement. Parce qu'il y a quand même du déchet.

Arrête de te flageller, me souffle mon petit doigt, qui a toujours quelque chose à dire, c'est tout simplement un peu plus de maturité. Moins de déconnade mais plus de profondeur (mais, fais gaffe, on peut s'y noyer).

Bon, je vais continuer tant bien que mal, selon ce que l'air du temps m'inspire ou m'expire, selon le raz des jonquilles ou l'altitude de la montgolfière.

Mais, il n'empêche, l'espace de quelques instants, j'ai eu vraiment le sentiment de n'être plus ce que je suis et que je ne le serai jamais plus.
— C'est grave docteur ?
— Oui, me répond-il, cet imbécile ! 

dimanche 19 octobre 2025

À la recherche d'un monde autre

 

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Fait à la main, sans IA

 

Bon d'accord, c'est pas terrible.
Il faut bien occuper un dimanche après-midi nuageux, pour ne pas trop ressentir les douleurs de la vieillesse !


Mais je suis confiant, on va y arriver !
C'est juste une question de des décennies à traverser. 

 

jeudi 9 octobre 2025

Bruegel… et mon frère…


Il est parfois des souvenirs qui surgissent quand on ne s'y attend pas.
C'est en lisant un billet chez Adrienne à propos de Bruegel, qu'un autre tableau est venu investir ma mémoire.
Celui que je publie.
 

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Mon frère en avait une reproduction chez lui, il y a très longtemps.  J'étais jeune encore, il m'avait parlé de Bruegel et son œuvre.Je ne me souviens plus de ses propos, c'est trop loin, mais là n'est pas l'important.
Ce fut qu'il me parla qui était singulier. Qu'il porte un intérêt sur le petit frère que je suis, qu'il a toujours considéré comme en trop. J'avais cru qu'on pouvait avoir une relation de proximité avec un frère, comme je le voyais chez des copains d'école. Avec lui, ce ne fut qu'exceptionnel, y compris aujourd'hui où il approche des 88 ans. À Noël cela fera un an  de silence entre nous. Je ne lui manque pas (du moins c'est ce que je crois).  Je ne sais même pas dire s'il me manque ou non. 

J'entends parfois qu'il ne tarit pas d'éloges à mon propos.  Il y a une douzaine d'années, il m'a vertement critiqué pour mon récit de vie « Le passage se crée ». Peu après, j'ai eu bien des échos qu'il en faisait l'éloge autour de lui. Il en retirait probablement un orgueil personnel. Peu de temps après le décès de notre père, en mal de confidences, il m'avait dit : « J'ai un énorme complexe de supériorité ». Je n'ai rien répondu, je le pensais autant que lui.

J'admire son parcours de vie, sa probité, son intelligence vive, sa notoriété professionnelle reconnue nationalement. Ses enfants sont épanouis. Avec ma belle-sœur j'ai toujours entretenu une sorte de complicité partagée et conciliatrice.  Plusieurs fois elle m'a dit :

 — Tu sais [son prénom], c'est difficile pour lui.

Désormais, le silence est installé Pourtant on eut des échanges passionnants quand il  a écrit l'histoire de la famille, il y bien des d'années. À présent, il est enfermé sur lui-même et c'est triste de le savoir vieillissant si mal. Parfois je tente de le joindre au téléphone. C'est toujours ma belle-sœur qui décroche. Il  a un Smartphone… mais toujours éteint.

Pourquoi aimait-t-il ce tableau de Bruegel ? Pour son côté à la fois sombre avec ce ciel triste, ces arbres noirs, sans feuilles et ces corbeaux lugubres ? Pour la neige blanche qui seule éclaire l'ensemble ? Ou alors  les chasseurs et leur meute de chiens qu'on n'aimerait pas croiser au coin d'un bois ?

Ce frère demeurera un mystère épais. Je suis sûr qu'il regrette l'époque où il était fils unique. Il explique, dans les mémoires familiales, qu'on lui dit tout de go qu'il avait un petit frère qu'on venait d'apporter le matin même à la maternité. J'imagine le choc, il avait 10 ans.

Je ne sais pas trop pourquoi j'écris ce billet. Un besoin de partager sans doute. Certes, avec mon épouse, je peux évoquer « librement » ma relation à lui. Elle sait ce qu'il en est. Elle a tendance à me dire que je n'ai qu'une solution : accepter cette réalité pour ce qu'elle est. Évidemment, elle a raison. Hélas, elle a vraiment raison.

Je vais quand même de nouveau tenter de lui téléphoner. 


[La publication de ce billet restera provisoire]