Est-ce vraiment utile de publier quelque chose aujourd'hui, alors qu'on est dans cet entre-deux proche du néant, où personne ne sait vraiment quel jour on est?
Bref.
J'ai passé Noël en région parisienne, ma soeur ayant la bonté de m'accueillir, avec mon Papa, chaque Noël que je risquerais de passer seule. A vrai dire, j'avais envisagé de me payer une petite escapade du côté de Cologne, Aix-la-Chapelle et Trèves, mais les prix des trajets et la difficulté à trouver un logement m'en ont dissuadée. Et je me suis donc encore une fois incrustée chez ma plus jeune soeur.
Comme je m'ennuyais un peu, chez mon Papa (c'est affreux, mais j'ai du mal à supporter de passer plus de deux jours avec lui), j'ai saisi une des caisses de photos, au prétexte qu'il en fallait une pour le "calendrier de l'après" du lycée. La vie scolaire veut, cette année encore, proposer des photos des profs entre 6 et 12 ans, le jeu consistant à deviner qui est qui. Je ne sais pas si je vais donner encore un cliché de moi, mais je suis, entre autres, tombée sur celui-ci:
C'est une photo prise par mon père, pour mon neuvième anniversaire. Vous pourrez remarquer qu'il y a devant le gâteau un de ces petits verres dans lesquels on nous versait du champagne, à nous, les enfants (et que la bouteille est bien entamée, aussi!). Mais ce qui m'a surtout émue, c'est mon grand-père. Il est mort pratiquement neuf ans plus tard (le jour des 9 ans de ma plus jeune soeur), et plus je pense à lui, plus je pense que c'était un homme profondément bon. Il me semble qu'on le voit ici heureux et fier. Mon grand-père a beaucoup aimé ses trois petites-filles, je crois qu'on le voit dans son regard. Et ce qui est curieux, c'est que j'avais pensé à lui juste quelques jours avant de retrouver cette image.
Bon, je ne suis pas certaine de donner ce cliché pour le jeu, où le noir et blanc peuvent tromper un peu, mais je suis bien contente d'avoir pu l'emporter chez moi.
Le thème de cette dernière photo de l'année est "sapin". Parce que ça sent indubitablement le sapin pour 2025.
Evidemment, en cette époque hivernale, on pense surtout à ce type de sapin:
Enfin, objectivement, à un arbre un peu moins dépressif que celui-là, et dans un décor un peu plus chaleureux que le hall d'un lycée. Parce que ce machin en plastique, là, avec ses deux guirlandes et ses quelques boules, il donne surtout envie de partir en courant, non?
Quand mes enfants étaient petits, une année, la municipalité avait payé un très bel arbre en pot aux écoles publiques (maternelle et élémentaire) pour que les enfants le décorent. Ce sapin avait ensuite été planté entre les deux écoles, où il a grandi pendant une dizaine d'années, et même reçu encore quelquefois des décorations de Noël. Mais j'ai été très étonnée, à l'automne dernier, de découvrir que le conifère avait été abattu et remplacé par ça:
(Je précise qu'il y a déjà un terrain de jeu sur la droite, et que ce nouvel espace le prolonge.) Peut-être que l'arbre était devenu trop grand, et que quelqu'un craignait sa chute sur la chaussée.
Car un sapin, ça peut pousser très haut, comme le prouve le spécimen du jardin de mon père:
Si un jour le vent s'en prend à cet arbre, il risque de faire des dégâts. Aussi des personnes plus ou moins qualifiées proposent-elles régulièrement à mon paternel d'étêter ce sapin. Ce que mon père refuse systématiquement.
Et pour finir, encore des conifères pas coupés, et qui filtrent le soleil descendant à l'heure du goûter:
J'aimais bien la grande, quand j'étais plus jeune. Mais je crois qu'elle passionne encore plus mes enfants. Le Pirate est très calé sur les rois de France, et le P'tit Mousse écoute avec attention ses cours d'histoire; il aime moins la géographie. Numérobis avait choisi la spécialité avec de l'histoire dedans, en première (HGGSP: histoire, géographie, géopolitique et sciences politiques).
Je lis des tas d'histoire. Ce n'est pas pour rien que j'ai un abonnement à la médiathèque.
(Encore une photo d'archive)
Un été, j'avais publié sur ce blog les photos des livres que j'avais lus.
En revanche, je ne me souviens pas avoir pratiqué le rituel de l'histoire du soir avec mes enfants. Le Pirate a eu sa première carte de médiathèque à deux ans, mais nous ne lisions pas nécessairement au moment du coucher.
Et puis, il y a les histoires que je me raconte, le soir, avant de m'endormir. Je l'ai toujours fait. Je me souviens d'une époque où je me je chantais des comptines ("Quand trois poules vont aux champs") et puis, je suis passée aux histoires, dans ma tête. Le même récit peut servir plusieurs soirs, parce que je m'endors avant la fin, et généralement au même moment, et que je reprends plus ou moins au début le lendemain. Ce sont des auto-fictions qui rassurent, en général; et pourtant, l'expérience prouve qu'elles ne se réalisent pratiquement jamais.
Attente. L'attente; latente; la tente... Avez-vous remarqué comme, parfois, les diplomates ont l'air d'être dans "la tente des négociations", quand on entend les journalistes parler?
Et ces mêmes journalistes pourraient-ils et elles ranger une bonne fois pour toute la grande tente du petit Gr*g*ry? Je ne suis pas certaine que le pauvre enfant ait jamais fait de camping.
Ce n'est pourtant pas si compliqué, même quand on n'y connaît pas grand chose en grammaire, de faire le rapprochement entre grand-tante et grand-mère. Avec un grand invariable, comme dans grand rue ou grand place, parce qu'il ne qualifie pas la taille de la personne (ou de la chose) désignée. J'étais tombée sur une vidéo qui expliquait très bien la différence, je crois qu'elle est également étymologique; néanmoins je ne retrouve bien évidemment pas cette explication. Et tout ce dont je me souviens, c'est que l'orthographe "grand' rue", avec une apostrophe comme s'il y avait apocope du e final, est tardive et erronée.
Mais revenons à l'attente, la vraie.
L'attente du train ou du métro, sur un quai. L'attente de l'ouverture du bureau de poste. L'attente des élèves, qui viennent de classes différentes et arrivent avec des décalages parfois bien longs. (Est-ce que la collègue de maths le prendrait bien si on lui offrait une montre, pour Noël?)
L'attente des cadeaux. L'attente d'une guérison. Comme quand je m'étais cassé la jambe et qu'il m'a fallu 6 mois pour remarcher.
L'attente des enfants, qui rentrent, le soir. Il n'y a plus désormais que Numérobis à attendre. Mais je ne suis pas impatiente au point de me poster à la fenêtre, comme Gribouille.
Il pourrait attendre longtemps devant cette porte: dans la salle d'attente du dentiste, la petite souris attend les dents des enfants. (Mais elle ne sortira pas...)
L'en avent d'Anne touche à sa fin, avec aujourd'hui le mot "habitude".
Je ne voudrais pas que vous pensiez que j'ai pris l'habitude d'écrire chaque jour un petit billet. Pourtant, il paraît qu'une habitude se prend ou se perd en trois semaines, et 22 jours, c'est juste un peu plus de trois semaines. Mais je vous rappelle que je n'ai pas réussi à traiter tous les sujets proposés. Il est donc fort probable que vous ne trouviez rien ici le 26 ni le 27 décembre...
L'habitude (et aussi mon réveil-matou), c'est ce qui fait que ce matin, j'étais encore levée avant l'aube (facile, en hiver, en Bretagne!), alors que je suis en vacances et que je n'ai pas cours.
Mais l'habitude peut aussi être proche du TOC, comme celles que j'ai pour mon petit déjeuner. Un thé et quatre tartines: deux beurrées, une avec de la confiture, une avec du miel. Tous les matins, sauf le samedi (muesli) et le dimanche. Le téléphone est allumé après les tartines en attendant de pouvoir boire le thé, encore un peu trop chaud, et en général, c'est à ce moment-là aussi que Gribouille reçoit ses croquettes. Ce ne sont plus des habitudes, c'est un rituel.
(Oui, j'ai l'habitude d'éteindre mon téléphone, la nuit. Même si, dans les séries policières, un téléphone éteint la nuit est généralement considéré comme suspect. Qui sait, peut-être, en venant lire mon blog, avez-vous pris l'habitude de passer quelques instants avec une psycopathe?)
Le mot d'Anne et le thème de Virginie ne tombent pas par hasard, en ce jour le plus court de l'année.
Les Bretons appellent le mois de novembre "miz du", le mois noir, et celui de décembre "miz kerzu", qui veut dire "mois aussi noir" (avec une petite mutation consonnantique, d devient z). Donc, l'hiver, c'est noir, parce qu'il fait sombre. Mais est-ce que, pour autant, il n'y a plus d'espoir?
En fouillant les archives photo de ce blog, j'ai retrouvé ce cliché de ma voiture dans le noir, un soir d'hiver (ou peut-être un matin, avant de partir travailler?):
Et ces traces de pattes de chat dans la neige. Je ne crois pas que ce soient les pattes d'un chat noir, parce que Makhno n'était déjà plus, et la vieille Flourig ne serait pas sortie dans le froid. Ce sont plutôt les empreintes de Granit, qui ne devait jamais avoir vu ce blanc manteau recouvrir le jardin (et qui, l'ayant trouvé bien froid, a vite demi-tour).
Quand j'étais petite, nous habitions entre deux impasses. L'impasse B. donnait sur le passage B., et c'était là l'adresse officielle de la résidence. Cependant, nous sortions plus souvent par l'impasse M., qui, une fois un porche franchi, donnait accès à une rue plus commerçante.
L'impasse M. était en quelque sorte la porte de devant. Par là, nous allions à l'école (puis au collège, puis au lycée). C'est par là aussi que nous passions pour aller à la boulangerie, à la librairie, à la bibliothèque ou chez un des deux "arabes du coin".
L'impasse B. donnait un accès plus rapide vers la piscine, le marché, le cours de danse ou l'église. Mais pour nous, c'était un peu la porte de service. Les immeubles des résidences voisines qui se trouvaient de ce côté étaient "derrière". Certain·es de nos camarades de primaire qui habitaient là passaient parfois par notre résidence pour arriver plus rapidement à l'école.
Un hiver, un musicien de rue, avec son orgue de barbarie, avait profité de ce droit de passage pour s'installer dans la cour entre les immeubles et jouer. Depuis les balcons, les enfants le regardaient. Quelques adultes avaient aussi enveloppé trois pièces dans un mouchoir pour les envoyer vers le musicien. Je crois que d'autres, moins confiants dans la trajectoire de leur aumône, étaient descendus la déposer près de l'orgue.
Et puis un jour, les propriétaires de notre résidence en ont eu assez des passants. Ils et elles vieillissaient et avaient peur des cambriolages, alors ils ont voté la fermeture. Je n'habitais déjà plus chez mes parents, et eux-mêmes n'avaient pas envie de vivre entre des grilles, alors ils ont cherché ailleurs...
(Vieille photo publiée sur ce blog l'année de notre passage par Strasbourg)
C'est important, le droit de passage, pour les gens qui aiment bien marcher. Et il m'est déjà arrivé, en randonnée, de voir qu'il n'était plus possible de traverser telle ou telle parcelle à cause d'un·e propriétaire un peu obtus·e.
Hier soir, je me demandais si j'allais réciter "Le bonheur est dans le pré, cours-y vite..." ou bien mettre un lien vers cette chanson.
Et puis cet après-midi, je suis restée au lycée pour aider les collègues à remettre leurs diplômes (de bac) aux ancien·nes élèves, et je me suis dit que c'était ça, le bonheur. Des sourires sur tous les visages. Le bac, ils et elles l'ont depuis pratiquement six mois, mais ce qui les rendait heureu·ses, c'était de se revoir (et de nous revoir aussi, un peu). Et nous étions content·es de savoir ce qu'ils et elles devenaient.
Il est encore temps, je crois, de poster un message pour le thème du jour d'Anne, qui est donc "odeur".
Je ne parlerai pas celle de la litière de Gribouille, que j'ai changée hier (la litière, et du coup l'odeur est nettement moins forte).
Dans l'idéal, je vous aurais bien recopié la recette express de pain d'épices que je viens de découvrir; sauf que je ne l'ai pas sous la main, alors je vais vous dire ce dont je me souviens.
Il faut du miel, beaucoup (400 g), de la farine de seigle (140 g) et de la farine à gâteau (je crois que c'est 110 g, mais c'est à que ma mémoire défaille) et 14 cl d'eau (quantité tellement improbable que je l'ai retenue). Et j'allais oublier les 6 g de bicarbonate et autant d'épices (à pain d'épices, ou juste de la cannelle et du gingembre). Diluer le miel avec l'eau, ajouter les farines, le bicarbonate et les épices, et mélanger pour avoir une pâte lisse. Mettre dans un moule beurré, puis au four (à 120°, je crois) pour une bonne heure.
Et tadam! La bonne odeur se répand dans toute la maison. (Et la pâte a débordé du moule, aussi...)
Voilà, c'est du pain d'épice vite fait et vite mangé. Evidemment, pour qu'il soit bon, il faut un miel de qualité. La recette initiale parle de miel de forêt, mais je l'ai fait aussi avec du miel de blé noir (on en trouve facilement, par ici) et c'était tout aussi bon.
La cuisine de Noël qui embaume, ce sont surtout des gâteaux, pour moi (je suis nulle en plats salés, sauf la quiche). Et cette année, j'ai refait du Stollen. Le Pirate apprécie tellement qu'il m'a demandé la recette pour faire le sien. (Je crois que j'ai déjà publié cette recette sur ce blog, je vous laisse chercher.)
Dégustation possible à partir de cette fin de semaine...
Pour son non calendrier de l'avent, Anne nous propose aujourd'hui le mot "cher".
Ce qui va finir par me coûter cher en énergie, ce sont les cadeaux que je fais à ma soeur qui ne voit rien venir du Canada. Le site sur lequel j'ai commandé pour qu'elle puisse retirer sur place (on dit "ramasser", au Québec) ne permet pas de payer en ligne. Et quand j'ai voulu prendre des cartes cadeaux (expédiables par mail à mon adresse ou celle de ma soeur), impossible de saisir un numéro de carte bancaire. J'avais théoriquement le choix entre la carte et un paiement paie pâle, mais manifestement, seule la deuxième option fonctionnait. Il a donc fallu que je me crée un compte, avant de revenir à mon panier. Sauf que, une fois l'opération validée par la banque, le retour à la boutique ne s'est jamais fait, et le panier n'a jamais été payé. Je me suis arraché les cheveux pendant plus d'une demie-heure pour essayer de régler mon achat, rien à faire.
Bref, pour le moment, il est prévu que ma soeur paie elle-même ses cadeaux quand elle ira à la "cueillette". A moins que je ne lui fasse un virement bancaire, par anticipation. Ce qui va inévitablement occasionner des frais (un paiement par carte à l'étranger aussi, me direz-vous). Mais comme j'ai récemment été destinataire d'une erreur de la banque en ma faveur, cela devrait compenser.
(Je n'ai aucune idée de ce à quoi ce remboursement correspond, je n'ai absolument rien payé en devise ni le 11 juillet, ni le 7 novembre, surtout pour un montant à 4 chiffres. Et bien sûr, je me suis retenue de demander une explication.)
Et puisqu'on parle de banque, ce qui pourrait me coûter plus cher que prévu, c'est l'assurance du prêt immobilier, parce que j'ai commis l'erreur d'être honnête, et qu'on me demande des analyses complémentaires pour la thyroïde et mes antécédents anémiques. J'espère donc que la prise de sang faite ce matin ne rélèlera rien d'anormal en matière de fer ou de T machinchose.
J'ai cru qu'il me faudrait avancer les frais, étant donné que l'assureur ne voulait pas prendre en charge de nouvelles analyses et que ce n'est pas à la sécu de payer non plus, mais le laboratoire a tenté le coup d'envoyer la facture directement au demandeur. C'est dommage, pour une fois que j'aurais pu avoir une idée de ce coûte ce genre d'examen...
Je n'avais pas d'inspiration pour le mot du jour, jusqu'à ce que je rencontre un petit souci avec les cadeaux pour ma sœur. J'ai commandé, mais on ne m'a pas proposé de payer, et c'est donc à elle de régler les achats au moment du retrait.
Heureusement, le site a une conception fort agréable du service client. En répondant au mail de confirmation de la commande, j'ai reçu, moins d'une heure plus tard, ce message rédigé par un vrai humain (sa conception très particulière de l'orthographe et de la grammaire en attestent):
Merci Willy, je vais regarder de plus près cette histoire de carte cadeau...
(Moquerie à part, c'est vraiment bien de pouvoir répondre à un mail de confirmation et d'avoir des personnes réactives à l'autre bout du réseau, capables de trouver une solution intelligente.)
Virginie avait proposé "pensée", pour son défi photo, mais cela ne m'inspire guère. J'aurais pu essayer de faire un "deux en un", comme dit Bleck, avec le calendrier de l'avent des blogopotes. Mais j'ai choisi de n'illustrer que le thème d'Anne, qui est "cocon".
Si cette suggestion était arrivée plus tard (et peut-être beaucoup plus tard, l'assurance me faisant quelques misères), j'aurais pu vous montrer le cocon que j'imagine dans la maison que je vais peut-être finir par habiter un jour.
Mais en attendant, il faudra vous contenter du cocon de brouillard que la nature a déposé ce matin autour de chez moi:
Je ne sais pas trop pourquoi, j'ai tendance à considérer le brouillard comme une enveloppe protectrice. Je n'ai pas peur de ce qui pourrait en surgir. Et les animaux commettent la même erreur: on en croise beaucoup plus facilement, à l'abri de ces goutelettes d'eau.
Même le clocher se cache:
(La cloche qui sonne les heures est toujours là, elle a frappé dix coups à mon passage.)
C'est un peu paradoxal de parler de nuit le jour de la Sainte Lucie, mais il est vrai que c'est justement parce que les nuits sont longues que les pays du Nord célèbrent aujourd'hui la fête de la lumière...
La nuit, envahissante en cette période de l'année, n'est pas facile à photographier. J'ai bien tenté le mode "nuit" de mon téléphone pseudo-intelligent, mais la lune reste désespérement floue.
Celui qui aime ces heures entre chien et loup, et qui voudrait bien que je me lève dès 6 h 30 pour le laisser sortir, c'est Gribouille. Le jour n'est toujours pas là, à 8 h 30, dans l'Ouest.
Et mercredi soir, en rentrant de mon cours de danse à la nuit tombante, j'ai vu surgir dans mes phares cette boule de poils noire et blanche. Je le soupçonne d'avoir entendu la voiture et de s'être précipité depuis le champ de l'autre côté de la rue pour m'accueillir avec des miaulements indignés: "Quoi, c'est à cette heure-ci que tu rentres?"
(Hier, le mot du jour était "étranger", et j'aurais pu vous parler de Numérobis, à qui une maîtresse de maternelle avait dit qu'il n'était pas breton, puisqu'il est né dans le Var. Et le voilà maintenant qui a tenu à faire faire son passeport canadien. En dehors du P'tit Mousse, né en Finistère et qui n'est pas Canadien par ascendance, mes enfants et moi sommes tous "étrangers", ici...)
J'aurais pu vous parler de la difficulté de régler mon réveil-matou, qui estime que s'il entend le P'tit Mousse se lever, là-haut, c'est qu'il est temps pour moi aussi de sortir de mon lit, bien que je ne travaille pas, certains matins.
Et puis, hier, en me promenant pour aller chercher du pain (dès qu'il fait beau, j'allonge exprès le trajet, je ne suis pas une adepte du plus court chemin), j'ai vu ça:
Deux hommes en haut et un en bas ont pris le temps de bien régler leurs câcbles et poulie / treuil avant de faire descendre cette pièce de bois. Manifestement, le mouton (je viens d'apprendre un nouveau sens à ce mot) d'une des cloches doit être changé ou réadapté. Il va falloir régler tout ça rapidement, si on veut pouvoir carillonner à Noël...
Bon, alors, promenade, c'est facile, hein, je vais souvent me promener à pied.
Néanmoins, je vais faire un petit écart et parler de danse, parce qu'on est mercredi et que je vais ce soir à mon cours de ballet. Où nous ne faisons pas de "tour de promenade", parce qu'en solo, c'est un exercice un peu austère et difficile, comme on peut le voir dans cette vidéo (sans musique, en plus!).
Mais un tour de promenade à deux, cela peut être très joli (et il m'est même arrivé d'en danser un sur scène, accompagnée par un jeune homme qui entra plus tard au ballet de Bordeaux). Voici une petite démonstration tout à fait de saison, puisqu'elle se fait sur l'air de la danse arabe de Casse Noisette, LE ballet de Noël:
Pour le défi des blogopotes, Anne nous propose aujourd'hui "questions".
J'ai parlé récemment de l'épineuse question posée par mon Papa sur l'ennui dans mon métier.
Je me trouve souvent confrontée aux questions des élèves. Questions qui font avancer le cours, visent au contraire à perdre du temps, ou bien me mettent en défaut ("Madame, pourquoi vous avez écrit ... ?" Et je n'hésite plus à répondre "Parce que je me suis trompée.").
Cependant la question que je me suis posée aujourd'hui, après la consultation de mon compte en banque, était "Mais qu'est-ce que c'est que ces 300 euros payés par carte la semaine dernière?". Et il a fallu que je cherche sur la toile mondiale pour me souvenir que j'avais (enfin) repris possession de ma montre, celle qui avait eu un accident de porte-fenêtre à Guérande.
Le jour où je l'ai récupérée, un (vieux) monsieur est entré dans la boutique en quête d'un nouveau bracelet pour sa montre (de marque). Et il a pointé l'exemplaire en cuir (de crocodile?) qui ressemblait le plus à celui qu'il voulait remplacer. 280 euros, lui a dit le vendeur, exactement sur le même ton qu'il m'avait annoncé 29 euros pour un nouveau bracelet. Le monsieur n'a pas tiqué, il était prêt à débourser autant pour un bracelet que moi pour la réparation de la montre...
Aujourd'hui, Virginie nous laisse libres, tandis qu'Anne nous suggère de remuer. Ce dernier thème m'inspire moins, et il faut bien avouer que je dois souvent me remotiver pour bouger mon popotin (sauf pour aller à la danse, de nouveau un vrai plaisir depuis que j'ai changé de cours).
Je m'étais dit que je pourrais montrer des photos d'arcs-en-ciel, mais depuis ceux de Gilsoub la semaine dernière, je trouve les miennes pitoyables. Alors j'ai repensé au Dr CaSo qui réclamait des photos de chats (pardon Bleck).
Monsieur Ouille, à l'assaut de la palissade entre le jardin et celui de la (vieille) voisine, où il fait ses griffes / laisse son odeur.
Le thème suggéré par Anne pour son "en avent les blogopotes" du jour est "vieille". Elle avait une idée derrière la tête. J'ai trouvé la mienne hier, en salle des professeurs (hier, c'était "rencontre", mais j'ai été très occupée).
Il se trouve que je suis arrivée au milieu d'une conversation sur les cheveux et la nécessité (ou non) de les teindre. Parce qu'une collègue plus jeune que moi avait remarqué qu'une encore plus jeune s'était fait une teinture. Et la pas encore quarantenaire de se justifier: elle a tellement de cheveux blancs, elle est bien obligée de les cacher. Elle nous admirait, la collègue un peu moins jeune et moi, parce que nous n'avions pas de cheveux blancs.
Erreur. J'ai des cheveux blancs (la collègue un peu plus jeune aussi), seulement, sur les cheveux clairs, ça se voit beaucoup moins. Et puis, ma mère n'a commencé à avoir vraiment des cheveux blancs qu'à plus de 55 ans. En fait, quand elle est morte, à 60 ans, elle n'était à peine "poivre et sel". Je suppose que cette hérédité aide un peu: j'ai peu de cheveux blancs. Un élève, il y a une dizaine d'années, avait même eu l'impression d'en avoir plus que moi.
Ce qui fait vieux, chez moi, ce sont les mains. C'est là que ma peau est le plus marquée, frippée. Et puis je trouve les jointures un peu grosses, pourtant je ne sens pas d'arthrose ou d'arthrite (manquerait plus que ça!).
Celle qui a fini vraiment vieille, c'est Flourig:
(Ici à gauche, avec Makhno, qui n'a vécu "que" 15 ans, contre presque 21 pour Flourig.)
(Aujourd'hui, c'est la Sainte Barbe, patronne des pompiers, mais on va éviter de parler des recherches sous les décombres, hein, cette idée fugace n'est pas la meilleure.)
Un jour, je suis entrée chez le notaire, parce que j'avais vu sur la toile mondiale, où je consultais les annonces immobilières à la recherche de la perle rare, que l'étude vendait une petite maison sympathique dans le coin, et je me suis dit qu'il fallait tenter ma chance.
Le négociateur m'a reçue, m'a posé quelques questions et en a conclu que cette demeure n'était pas pour moi. Il y avait quelques travaux à prévoir, et je préférais une maison prête à habiter. Mais, me dit-il, il y avait, pratiquement en face de son bureau, un bien qui venait d'entrer sur le marché, et qui pourrait me convenir.
Nous sommes donc allés visiter cette petite maison de ville, avec sa petite véranda et son petit jardin.
Et elle m'a plu tout de suite. Alors je suis revenue la voir avec un mètre, pour vérifier quelques mesures (se posait notamment la question de savoir si mon buffet trouverait sa place, et si un sommier double passait l'escalier). Je crois avoir déjà raconté que je n'avais pas trop aimé que le gars de l'étude me dise qu'on changeait de meubles comme de maison, à propos de ma commode; mais comme je pense pouvoir caser tout ce à quoi je tiens, j'étais ravie.
Et puis, il y a eu une période de latence, parce qu'un des diagnostics indiquait une non-conformité. Un autre acquéreur s'était aussi montré très intéressé par la maison, m'a-t-on dit. Mais c'était peut-être juste pour me faire peur et que je me décide? J'avais poursuivi mes recherches sans être vraiment emballée par les autres lieux visités. Et je n'avais même pas demandé à voir un nouvel appartement dans ce vieux manoir, parce qu'il était semi-enterré en rez-de-jardin avec les fenêtres du salon donnant sur le parking.
Après la consultation d'un plombier à propos des travaux à effectuer, j'ai fait une offre. Plus basse que ce que demandait la propriétaire, évidemment (et là encore, le gars a tenté de m'influencer en insinuant que ma proposition était un peu trop basse). Cependant, j'avais bon espoir: la maison était sur le marché depuis l'été et n'avait pas encore trouvé preneur, elle est exposée plutôt au Nord et il serait difficile de la vendre en plein hiver. Je ne sais pas quels arguments a utilisés le négociateur, mais mon offre a été acceptée.
C'est donc sans avoir jamais vu l'annonce concernant ce bien que j'achète une maison dans le même bourg que celui où je réside déjà. J'ai reçu hier l'offre de prêt de la banque (en dait, non, c'est un document préalable, mais c'est en bonne voie), il va falloir songer aux cartons...
(Je viens de retrouver, en cherchant autre chose, l'origine de la photo de port néerlandais publiée il y a peu comme reflet... Comme quoi, les recherches permettent parfois de trouver des choses tout à fait inattendues.)
Vaste sujet que celui proposé aujourd'hui par Anne.
Mais après tout, c'est aussi l'occasion de rédiger enfin ce post sur l'injonction à vivre à deux. Car, normalement, on vit avec la personne qu'on aime.
Il y a, au lycée, des collègues (des deux sexes) divorcé·es. Et aussi une quasi-veuve (ils n'étaient pas mariés). Depuis plus ou moins longtemps. Et qui cherchent l'âme soeur, ou qui l'ont trouvée. Il y a parmi eux une collègue dont j'ai envie de dire qu'elle est une stakhanoviste des rencontres. C'est une déformation de la vérité, mais elle me donne l'impression d'enchaîner les rendez-vous.
Et pour toutes ces personnes, il est normal de vouloir vivre à deux. Elles me parlent donc comme si j'étais moi aussi à la recherche de quelqu'un. "Ah oui, la rando, c'est un super moyen pour rencontrer des gens, aussi!". Sauf que je ne randonne pas pour faire des rencontres. Si je croise quelqu'un, il est rare que j'entame la conversation (même si je l'ai fait, cet été; incroyable, j'ai causé à un gars qui cueillait du poivre des marais).
Je suis une solitaire. Et il est possible que j'aie toujours su que je ne pourrais pas vivre éternellement avec un homme.
Quand j'étais ado, je me racontais ma vie future en imaginant épouser un marin (militaire? pour l'uniforme...). Il m'aurait fait des enfants (4 petits bretons: Malo, Thuriau, Brieuc et Nazaire; heureusement que je ne connaissais pas encore Saint-Lyphard) et aurait passé la plupart de sa vie en mer, loin de moi.
Alors, depuis que je vis seule, je me trouve plutôt bien. Et je ne ressens absolument pas le besoin d'une présence masculine dans ma vie. Si j'avais divorcé il y a dix ans, je n'aurais peut-être pas vécu les choses de la même façon. Et peut-être aussi que dans dix ou 15 ans, je m'ennuierai trop pour vouloir prolonger encore cette solitude. Mais pour l'instant, je m'accommode tout à fait de cette vie de célibataire.
Cette fois, c'est Anne qui propose un défi. Parce qu'elle n'aime pas trop le côté mercantile des calendriers de l'avent (et c'est difficile de lui donner tort), elle a imaginé 24 thèmes pour tenir jusqu'à Noël.
Je ne suis pas certaine de pouvoir participer tous les jours, parce que pour moi, ce début décembre est un parcours d'obstacles entre conseils de classes et réunions avec les parents (au pluriel, et multipliées par deux établissements).
Mais aujourd'hui, j'ai séché le conseil (pour deux élèves...) après la formation au bout du département, alors j'ai un peu de temps pour vous parler de mon projet. Celui d'acheter une maison, vous vous souvenez?
La promesse de vente est signée, la banque m'a fait une simulation et doit étudier le dossier un peu plus en détails demain. La mutuelle ne se portera pas garante, alors il va y avoir 2000 euros de frais en plus, mais normalement, ça passe. Ce qui pourrait éventuellement poser problème, c'est l'assurance, étant donné mon âge avancé (je n'aurai pas fini de payer avant d'être en retraite) et peut-être aussi ma thyroïde, parce qu'il y a des assureurs un peu crétins qui ne veulent pas des gens qui prennent des hormones tous les jours.
Bref, je croise les doigts, et j'attends d'avoir une offre ferme de
la banque avant de donner mon congé aux propriétaires et de me lancer
dans les cartons.
Mais ça ne m'empêche pas de réfléchir à la
manière dont je vais aménager les pièces. Et comment vais-je faire avec
Monsieur Ouille: où ira sa litière, par où le laisser sortir dans le
jardin, est-il facile d'installer une chatière, pleurera-t-il longtemps
quand il ne pourra plus venir dormir sur mon lit la nuit?
(Inspection de tiroir vidé pour y remettre les pulls)
Prof d'allemand et maman d'un Pirate et d'un Numérobis majeurs et vaccinés, ainsi que d'un P'tit Mousse de 15 ans. Et n'oublions pas Monsieur Gribouille le chat!