lundi 29 décembre 2025

• L'ultime secret - Érik Sablé

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L’éveil est ineffable, indicible. Rien ne peut être dit à son propos, sur son essence. Il est l’ultime secret, ce qui ne peut jamais apparaître, se montrer, et l’être qui a réellement intégré l’éveil vit lui aussi dans le secret. Toute parole à son propos est voile. L’éveil est à l’image de ces cristaux que la nature développe au cœur des roches, comme un rêve secret.

Cependant, un certain nombre de phénomènes le précèdent ou l’accompagnent parfois. Ces phénomènes sont l’écume de l’éveil.

Il en existe une grande variété.

Dès le commencement, au cours de ses méditations (s’il a choisi la voie de la méditation), le disciple peut voir des étincelles, des points lumineux, des étoiles, des couleurs extrêmement vives. Il peut entendre des sons étranges qui n’appartiennent pas à l’univers physique. Ces sons sont semblables au bourdonnement d’une abeille, au bruit d’un torrent, ou même à la musique d’un piano ou d’une flûte. Nous pouvons aussi entendre des voix qui nous parlent à l’oreille, ou dans la tête et nous donnent des messages, ou avoir la vision de paysages inconnus, de visages, de Christ ou de Bouddha ; voir les auras autour des personnes.

Le sens olfactif est parfois sollicité, et nous pouvons sentir des parfums immatériels, particulièrement subtils, agréables.

Le corps peut devenir brûlant, glacé, translucide, très lourd ou extrêmement léger. Nous pouvons avoir la sensation de flotter dans l’espace ou de couler. 

Ces phénomènes apparaissent lorsque le disciple a atteint une certaine maturation. Ils indiquent que les structures de l’individualité se défont. Ils témoignent d’une désagrégation de tous les éléments qui composent la personne. En cela, ces phénomènes peuvent être semblables à ceux vécus par l’individu dans les états post mortem que décrit le Bardo Thödol, le livre des morts tibétains.

Dans le zen, on les appelle makyo et ils sont considérés comme des illusions, des obstacles sur le chemin de l’éveil.

Plus profondément, des expériences peuvent accompagner l’illumination. Parmi ces expériences, nous trouvons d’abord la présence de la lumière. Une clarté transparente, éblouissante, éthérée. Comme si, avant que le monde sensible ne se dissolve, il se résolvait d’abord en lumière. Peut-être parce que l’essence de l’univers est lumière, et que les formes visibles sont une lumière cristallisée.

Un autre aspect important de l’expérience spirituelle est le silence. Un silence très particulier, insondable. Le staretz russe Ignace Briantchaninoff le décrit, dans son livre sur la prière de Jésus : « Mon être entier est enveloppé d’un silence profond, mystérieux, hors de toute pensée, de tout raisonnement, de tout mouvement de l’âme". 

Un autre élément que l’on retrouve dans la plupart des témoignages est le sentiment de joie, une béatitude ineffable, qui efface toute peine, toute angoisse, balaie les ombres du chemin, et donne un sentiment d’accomplissement, celui d’avoir réalisé ce pour quoi nous étions là.

Le maître zen Bukko parle de la joie qu’il vécut lors de son satori. Une joie étroitement associée à la réalisation de son « visage originel ». « Une nuit, alors que j’étais assis, je tins mes yeux grands ouverts. Et soudain, le son d’un coup contre la table, en face de la chambre du moine supérieur, arriva à mon oreille et me révéla aussitôt “l’homme originel” dans son intégrité… Ma joie ne connut plus de limites. Je ne pouvais plus m’asseoir tranquillement dans le hall de méditation, je m’en allais sans but, dans les montagnes, marchant de-ci, de-là. »

Un autre aspect de l’expérience, souvent associé à la joie, est le sentiment de dilatation de tout notre être. La conscience n’est plus limitée à l’étroite zone frontale, mais elle semble s’étendre à l’infini, pour embrasser l’univers entier.

Le mystique indien Ramdas raconte dans ses Carnets de pèlerinage : « Il lui sembla que son âme s’ouvrait comme une fleur et dans un éclair éblouissant embrassait tout l’univers auréolé d’amour et de clarté. »

Cette dilatation de tout l’être implique une vision du monde où l’autre n’est plus vécu comme distinct de soi. La dualité entre sujet et objet se trouve abolie, effacée. C’est cette expérience que l’on retrouve notamment chez le philosophe grec néoplatonicien Plotin (202-269) : « Il est impossible d’exprimer ce mystère divin à d’autres que ceux qui ont eu le bonheur de le vivre en eux-mêmes. Comme si le voyant alors n’était pas deux mais un avec l’objet de la vision, qui n’était pas en vue devant ses yeux, mais unifié avec lui et devenu complètement un. »

Un autre aspect de l’expérience spirituelle est plus étrange. C’est le sentiment de vide, de rien. Ainsi Denise Desjardin raconte : « Tout s’estompe et s’efface. […] Seul demeure un merveilleux vide tissé de plénitude… Le rien qui contient toute chose. »

Un témoignage anonyme recueilli par Lilian Silburn décrit une expérience vécue auprès d’un maître en Inde. « Après une profonde absorption, en revenant à la conscience, quelle ne fut pas ma stupéfaction : il n’y avait rien, et dans le rien, je n’étais plus. »

Ces états de conscience, ces états de béatitude lumineuse peuvent sembler l’éveil, mais ils ne sont pas libérateurs. Ils accompagnent le disciple qui suit une ascèse, un chemin spirituel. Par rapport à notre état de conscience ordinaire, ils donnent une impression d’intense liberté, de quelque chose d’infiniment vaste. Ils peuvent séduire, fasciner, pourtant ils appartiennent bien à l’univers de la manifestation, à l’illusion. Ils ne sont pas le Réel.

Ce champ d’expériences est celui dans lequel beaucoup de spirituels se meuvent. Les disciplines, les pratiques intérieures peuvent nous amener à connaître ces états de béatitude. La confusion vient de ce que certains appellent « éveil » indistinctement tous ces états, toutes ces expériences, alors qu’il est préférable de distinguer, comme le faisait le bouddhisme des origines, ces états spirituels d’absorption intérieure qu’ils nomment jhanas et le nirvana.     

(...) 

Cependant, entre l’éveil et ces états spirituels décrits par les textes bouddhistes, il n’y a pas une différence de degré, mais de nature. On peut toujours chuter d’un état spirituel pour tomber dans un piège de l’ego, jamais de l’éveil authentique. L’éveil est autre. Il n’est pas seulement une plus grande ouverture, une expérience spirituelle plus vaste, plus intense, plus vraie, plus profonde. Comme le disait déjà René Guénon, en accord avec tous les enseignements spirituels authentiques : par rapport aux « états de l’être », même les plus élevés, la libération est incommensurable. Elle échappe complètement aux ascèses religieuses, aux disciplines spirituelles, aux exercices, à toute volonté d’appréhension. Mais l’éveil n’est pas non plus opposé à ces états spirituels. Ils peuvent même l’introduire.

Certains maîtres, comme Hui Neng, suivent la « voie directe » qui mène immédiatement à l’éveil, d’autres, comme Chandra Swami, passent par la multiplicité des états modifiés de conscience. Ces deux chemins ont toujours existé et aucun des deux n’est supérieur à l’autre. Cela explique la position apparemment contradictoire des éveillés vis-à-vis des religions et des disciplines spirituelles.

Kabir, le tisserand poète du xve siècle, rejetait avec violence toute forme religieuse, le Coran aussi bien que les Védas, au nom de la liberté, cette prodigieuse liberté de l’éveil.

En revanche, un éveillé contemporain comme Ramana Maharshi défendait les mêmes pratiques religieuses.

Ces deux attitudes sont légitimes. Elles dépendent largement du tempérament et surtout de la fonction, ce que les hindous nomment le dharma, propre à chacun. Certains éveillés peuvent avoir une fonction destructrice. Ils montrent le chemin direct, sans concession, et rejettent toute forme religieuse, parfois toute discipline. D’autres parlent depuis le cœur d’une religion pour la réformer, comme l’ont fait Shankara pour l’hindouisme ou bien Ibn ‘Arabī pour le soufisme.

En réalité, les éveillés sont au-delà de ces apparentes contradictions. Ces oppositions n’ont pas plus d’importance que le fait de préférer le bleu au jaune.

jeudi 25 décembre 2025

• La naissance de Christ-na - Paramahansa Yogananda

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« Il faut comprendre Jésus à la lumière de son expérience spirituelle de la Conscience Cosmique du Père Céleste présent dans toute la création. Son nom était Jésus ; son titre était " Christ " - un terme ancien qui correspond au sanskrit " kutastha " ( la conscience qui est dans chaque atome ). 


Il était Jésus le Christ.

Il y a plus de trois mille ans, avant le temps de Jésus, naissait en Inde un grand avatar dont le nom de famille était Jadava. " Krishna " 

( ou " Christ-na " ) était son titre spirituel, et cela signifie la même chose que  " Christ " : la conscience divine qui est omniprésente dans la création. Il était Jadava le Krishna. »

Petit aparté sur le symbolisme de la crèche (juste une interprétation libre vu par un bouddhiste, et non une vérité absolue !) :


Comme vous le savez sûrement, le Christ est sensé reposer dans une “mangeoire” et non à même le sol au centre de l’étable, comme on le voit parfois, à tord. Et il doit reposer entre deux animaux figuratifs : l’âne et le boeuf.

L’âne représente l’ignorance fondamentale, c-a-d la non-reconnaissance de sa nature fondamentale. Rappelez-vous le “bonnet d’âne” que l’on mettait sur la tête des enfants au piquet, lorsqu’il ne savaient pas leur leçon !

Quand au boeuf, il représente l’esprit conceptuel, la dynamique mentale ou la dimension ressassante et ruminante de la conscience.

Ainsi, lorsque la “conscience éveillée” est présente (le Christ, le Soi, la Présence), l’âne (l’ignorance) et le boeuf (la discursivité mentale) ne peuvent plus venir “s’alimenter” !

Le 25 décembre représente, symboliquement, la re-co-naissance de notre condition originelle. Mais en réalité, celle-ci se célèbre tous les jours de l’année, à chaque instant, Ici & Maintenant !



mercredi 24 décembre 2025

Ah, Noël !

 

jeudi 18 décembre 2025

• Cette nature fondamentale immaculée - Nyoshul Ken Rinpoché

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Votre nature de Bouddha est pure, sans souillure, non élaborée, non conditionnée, transcendant tous les concepts. Ce n’est pas un objet de pensée dualiste et de connaissance intellectuelle. Elle est, cependant, ouverte à la gnose, à l’intuition, à l’apperception non-duelle de la conscience intrinsèque elle-même, antérieure ou en amont de la conscience ordinaire. Les obscurcissements adventices voilent temporairement et, comme les nuages, obscurcissent cette nature fondamentale immaculée, semblable au ciel, lumineuse ou essence de l'esprit - également connue sous le nom de tathagatagarbha, nature-de-bouddha.


mercredi 17 décembre 2025

• Il y a un centre de paix - Robert Adams

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On me demande souvent :
"Quand tu vois la paix, que veux-tu dire ?"

Je n’ai pas besoin de voir la paix là où il y a calme. Je ressens et vois la paix dans chaque situation. Peu importe ce qui semble se passer, il y a la paix. Tout comme au centre d’un ouragan il y a un cercle paisible, une immobilité totale au centre d’un ouragan, il en est de même au centre d’une tornade, d’un cyclone.
Il y a un centre de paix.
Nous sommes tous ce centre. La véritable paix, c’est toi. Le tumulte, le chaos qui semblent exister dans ce monde ne sont pas la vérité. Ce n’est pas la réalité. Ce sont des phénomènes passagers. Cela aussi passera.
Mais ton centre est Dieu, la conscience, la réalité absolue, Brahman. Ce sont tous des synonymes. C’est la paix qui existe.
La raison de cela est que tout ce qui apparaît est une image, une image qui apparaît sur la réalité de la vie. Il y a la réalité, la conscience, et toutes les vicissitudes du monde qui se produisent continuellement sont superposées à cette conscience, comme sur un tableau noir. Des images y sont dessinées. Elles n’affectent jamais le tableau noir. Elles sont effacées, de nouvelles images apparaissent. Les nouvelles images n’affectent jamais le tableau. Rien n’affecte le tableau. Le tableau reste le même, que tu dessines un feu, un ouragan, un meurtre, une famine, la mort, ou quoi que ce soit. Plénitude, santé, paix, naissance, tout cela est illusoire. Le tableau ne change jamais.
Pense toujours à toi comme au tableau noir. Et toutes les choses qui se passent dans ce monde, considère-les comme des images sur le tableau noir, qui changent constamment.
Cela t’aidera.
Cela t’aidera à comprendre que tu n’es pas le conditionnement de ton esprit.
Tu n’es pas ce que tes yeux te montrent dans ce monde.
Tu n’es pas les sensations que tu ressens.
Tu n’es pas ce que tu entends, ce que tu goûtes.
Ce sont toutes des images.
Tu es la liberté absolue, l’harmonie totale, la joie totale.
C’est ta vraie nature. Sois dans cette vérité et sois libre.

lundi 1 décembre 2025

• L'Essence consciente, impérissable, brille de toute éternité - Niskriyananda

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L’expérience d’éveil qui nous est ici dévoilée survient dans le cadre d’une transmission directe, de maître à disciple, au cœur de l’illustre tradition tantrique médiévale appelée Shivaïsme du Cachemire non duel.

Exprimé à la première personne, dans toute sa fraîcheur et sa profondeur, ce dévoilement est énoncé par Siddhanātha, sous la forme de formules lapidaires appelées chummā ou « enseignements mystiques », Absorption au-delà de toute pensée, jaillissements de lumière intérieure, retour dans le centre : nous assistons ainsi au déploiement en spirale des diverses étapes vécues sur le vif, sources d’émerveillements et de métamorphoses.

Afin d’en éclairer le sens souvent mystérieux, son disciple Niṣkriyānanda rédigea un commentaire sanskrit des chummā, à l’intention de son propre disciple, de nous peut-être ? Cet inestimable trésor ne pouvait rester lettre morte. Aujourd’hui encore, sa puissance de dévoilement touchera tous les êtres en recherche car cette expérience se situe à une profondeur où seul subsiste l’universel.

Rédigée dans un style clair, la traduction vise à restituer le climat de l’expérience vécue par les deux auteurs : spontanéité et ardente aspiration vers l’éveil. Précédée d’une introduction présentant le contexte tantrique, elle est accompagnée d’un commentaire synthétique donnant un éclairage sur la structure thématique des versets.
Cette transmission sur le mystère de l’Éveil a pour vocation de servir d’antidote aux affres du Kaliyuga (l’âge sombre), et d’ouvrir une voie parfaitement compatible avec la vie dans le monde.

© Extrait publié avec l'aimable accord des Éditions L'Originel :

Le souffle et le corps, l'ego, etc., sont pris à tord, par les non-éveillés, pour leur être même. Mais en réalité, l'Essence consciente, impérissable, brille de toute éternité.

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Ainsi, dans le suprême firmament de la Conscience Universelle qui est la Réalité toujours et partout présente, se dissout toute opposition entre la conscience et son opposé. Or cette dernière est la source des différences et non différences infiniment variées. Rien n’est donc jamais libéré puisqu'il est déjà.


Car, sans faillir, l’essence infinie de la conscience brille sans cesse en tout lieu, tel un regard doté de simultanéité, dénué de tout alternance apparition-dissolution, océan sans houle, sans aspect, surgissant au sein de tout phénomène.


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Sans voile ni clarté, sans félicité, sans fondement ni mouvement, telle est la Lumière suprême, qui a pour essence la Conscience apaisée.


L'unité de son essence intime, impérissable, se dévoile une fois dissoute l'expérience limitée, domaine de parfait repos se diffusant par l'entremise des rayons de l’Énergie.


Telle est en vérité cette Conscience dynamique se mouvant au sein de l’Espace infini de la Conscience suprême ; elle est pure Essence immuable, élan inné, splendeur rayonnante, libre de pensée différenciatrice. Elle se dévoile dans l'état d'équanimité parfaite, dénouer de fondement.


vendredi 28 novembre 2025

• Pavamana Mantra

 

Du mensonge, conduis-moi à la vérité.
Des ténèbres, conduis-moi à la lumière,
De la mort, conduis-moi à l'immortalité.

असतो मा सद्गमय ।
तमसो मा ज्योतिर्गमय ।
मृत्योर्माऽमृतं गमय ॥
asato mā sadgamaya ,
tamaso mā jyotirgamaya ,
mṛityorm ā'mṛitaṃ gamaya



 

jeudi 27 novembre 2025

• C'est une présence silencieuse - Jean Klein

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(Merci à Jean pour ce beau montage)
 

mercredi 26 novembre 2025

• Ce moi séparé et personnel n’existe pas - Lama Tilmann Lhundrup

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La pratique du dharma conduit toujours à un renforcement et aucunement à un affaiblissement des capacités d’un moi sain. L’accroissement de la pleine conscience conduit à un ancrage plus fort dans l’être, à un vécu plus vif. En réalité, il s’agit d’une confusion sur les termes : nous travaillons avec deux concepts différents du moi.

Il n’y a pas à vouloir se débarrasser de ce que la psychologie définit comme un moi sain. Ce n’est pas le moi dont l’existence est remise en question dans l’enseignement bouddhiste. Même le moi dont il est question dans le dharma n’a pas besoin d’être éliminé – car ce moi séparé, inchangeable et personnel n’existe pas. Ce qui est éliminé, c’est la croyance erronée en son existence et pas un moi qui existerait vraiment. On chasse seulement la représentation de quelque chose que l’on ne saurait trouver nulle part. [...] Il n’y a pas de dissolution du moi, seulement la dissolution de l’idée erronée d’un moi solide, éternel, séparé.


mardi 25 novembre 2025

• Aucun acteur personnel, aucun "moi" individuel - Ramesh S. Balsekar

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Ramesh Balsekar nous offre ici l'opportunité de goûter en sa compagnie l'essence même de l'expérience de la non-dualité.

Ses propos, éclairés par l’enseignement de Nisargadatta Maharaj, nous permettent une percée plus précise dans la compréhension même de ce qu’est une approche réellement non-duelle, et de ses implications dans notre vie quotidienne.

Le premier chapitre concerne les concepts de base de cet enseignement : la Conscience est tout ce qui est ; il n’y a aucun acteur personnel, aucun « moi » individuel ; il n’y a pas de libre arbitre et adopter la position de témoin.

Ces concepts sont développés et illustrés dans cette belle collection d’histoires, de blagues, de citations et d'anecdotes qui constituent la matière de ces enseignements inspirés de l'advaita. Ramesh aime les histoires, possède un excellent sens de l'humour, de la spontanéité et un sens du comique qui fait souvent rire les gens de leurs propres difficultés.

Ces illustrations mettent en lumière les concepts parfois difficiles à saisir de l’enseignement.

Ramesh nous le rappelle : « ce qui est » est toujours là, tellement simple, qu’il suffit de cesser de conceptualiser, d’imaginer, pour que cela saute aux yeux. Nous sommes d’ores et déjà ce que nous cherchons, la liberté, la quiétude.

© Extraits publiés avec l'aimable accord des Éditions L'Originel

Ramesh dit encore et encore :


C’est la seule connaissance que vous avez vraiment : « Je suis » Ce « Je-Je », qui est le non-manifesté se  manifestant comme l’apparence dans la Conscience. « Je suis » est la Conscience universelle qui est présente dans chaque organisme corps-esprit. La séparation vient quand le « Je suis » devient « Je suis John ». Cette apparition est la cause de toute la servitude et de toute la souffrance.


Un soufi a été lapidé à mort et est allé au paradis. Peu de temps après, un homme qui avait été témoin de cette mort mourut également et monta au paradis. Il fut indigné de constater que le soufi était également là, aussi il demanda à Dieu : « Seigneur, pourquoi ce soufi est-il ici au paradis, et que le Pharaon qui a dit la même chose, est en enfer ? » Dieu répondit : « Quand le Pharaon a dit qu’il était Dieu, il pensait à lui-même. Quand le soufi dit qu’il était Dieu, il pensait à Moi. »


*


Râmana Mahârshi dit que tout ce qu’il y a à faire, c’est de trouver « qui » veut l’illumination. Qui suis-je ? Qui fait la recherche ? Qui veut savoir ? Si vous plongez profond dans ces séries de questions, vous en viendrez à la conclusion que le « qui » n’existe pas. Peu de gens peuvent s’y conformer. Râmana Mahârshi compare les chercheurs spirituels qui peuvent accepter cela au camphre, au bois sec, ou au bois humide. Le camphre a juste besoin d’une étincelle pour brûler. Le bois sec a juste besoin d’un peu de chaleur pour brûler. Le bois humide d’une grande quantité de chaleur afin de

prendre feu.


L’incident suivant illustre combien il est facile d’être confus sur qui ou quoi est le « moi », sur ce qu’il est et sur ce qu’il n’est pas.


Il y avait un homme qui assistait aux entretiens et qui était très érudit. C’était un maître d’école qui avait pris sa retraite juste pour penser à la nature de la réalité. Il y réfléchit et en vint à la conclusion que tout cela n’était qu’un rêve de sa part. Il commença alors à dire : « Si je suis un rêveur... » Normalement, je n’interromps pas, mais à ce moment-là je dis : « Harry, tu n’es pas le rêveur... » Harry semblait tendu. Durant un moment je crus qu’il l’avait mal pris. Puis d’autres questions qui découlaient de ce propos suivirent. Plus tard, il vint vers moi et dit : « Ramesh, c’est tout ce dont j’ai besoin. »


Les questions sur la réincarnation, le karma et autres concepts qui représentent la persistance et la continuation du « moi » individuel, sont posées lors des séminaires et sont simulées par l’esprit de l’individu, incapable de se voir comme inexistant.


Le Bouddha l’a clairement dit : « Comme il n’y a pas de “moi”, il n’y a pas de transmigration de ce même soi, mais il y a des êtres et des effets qui se produisent. Il y a des actes qui sont accomplis, mais il n’y a pas d’auteur. Il n’y a pas d’entité qui migre. Aucun soi n’est transféré d’un endroit à un autre. Mais il y a une voix qui se fait entendre ici et l’écho de celle-ci revient. »


Ramesh cite aussi Râmana Mahârshi qui dit :


Il n’y a pas eu de renaissance, il n’y a pas de renaissance, il n’y aura jamais de renaissance – c’est la vérité.


Nouveautés/Ré-impressions :  

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vendredi 21 novembre 2025

• Maintenant, laisse ce qui est conscient se tourner vers lui-même - Tulku Orgyen

 

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vendredi 24 octobre 2025