Dans les nombreuses occasions où l’exercice a lieu, que ce
soit par le propos (discours d’hommage, de remerciement, d’adieu,
d’intronisation, de bienvenue,…) ou par le ton (discours franc, rassurant,
agressif, …) il existe différents types de discours.
Mais rassurez-vous, on s’en épargnera une liste exhaustive
aujourd’hui.
Il faut par contre bien convenir que le discours…
Ah, comment dire justement … le discours est un
exercice difficile, délicat, et même … redouté.
Reste à savoir par qui…
I.
Ayons tout d’abord si vous le voulez bien une pensée pour celle ou celui qui le
prépare et le prononcera…
Pour réussir, il lui faut rester ferme sur certaines règles.
Tenez, en voilà une : « Non, je ne ferai pas de
diaporama ! »
Une autre ? on évitera de parler de soi. Merci de
diffuser celle-ci !
Certains auteurs prétendent même qu’il faut de la méthode
pour les discours.
C’est peut-être plus prudent…
Vous ne voyez pas ? Pourtant je suis sûr que avez
tous en tête les naufrages de certains acteurs aux Césars. Voilà la preuve qu’à
moins d’avoir été le brillant lauréat du prix Nobel d’improvisation, ce
qui ne garantit rien, il vaut mieux se préparer un petit peu afin d’éviter le
titre de champion du monde du « J’ai pas d’idée » avec l’accessit
« oh, la gaffe ! »
N’allons pas plus loin, ensuite c’est juste affaire de bien
tourner les idées dans sa tête, d’assembler et ajuster patiemment les phrases
au plus près.
Une cuisine personnelle (transpiration, inspiration, tout
cela est bien connu) pour laquelle on se gardera de tout
conseil.
II.
Notre esprit philanthrope et épris de justice nous oriente
maintenant vers l’auditoire, parmi lequel peut se trouver la personne
directement concernée, celle sans qui le discours n’aurait pas lieu.
Ne jouez pas les surpris, il est bon de se préparer là
aussi.
Mais pas pour les mêmes raisons.
Alors, même si ce n’est pas un kit de survie, voici de quoi
se prémunir en anticipant un peu, sans aller jusqu’aux protections
auditives.
S’il y a bien un point qui rassemble l’auditoire au moment
du discours, et dès son début, c’est la question de sa durée.
Parions qu’un système qui prélèverait la pensée dominante de
tout un chacun à cet instant, indiquerait un score de 100 % pour « J’espère
que ça va pas être long », score qui pourrait crever les plafonds pour peu
que la table du vin d’honneur soit bien en vue.
Préparez-vous donc aux remerciements protocolaires qui n’en
finissent pas au point d’être plus longs que le discours proprement dit.
Restez philosophes lorsqu’un discours annoncé en trois
parties n’en compte finalement que deux, à grand peine et –notamment- faute de
temps… En cas de doute, vérifiez dans l’assistance auprès de votre voisin qui
vous rassurera par sa réponse : « Ah, vous aussi vous avez remarqué ?».
Et dites-vous que vous y avez peut-être
gagné.
Enfin il y a le syndrome « Trop beau pour être
vrai » pour lequel on recommandera une stratégie du type
«Saint-Thomas ».
Restez prudents et n’accordez votre confiance qu’avec
parcimonie lorsque vous entendez de vos deux oreilles le fameux « Je ne serai
pas long ».
Vous l’avez compris, le discours est un combat de haute
lutte. Les exemples pullulent et là encore, nous n’irons pas plus loin.
III.
Que dire juste avant de conclure ?
Dire par exemple « En tout cas le discours fait
parler ».
Voici trois aperçus.
Victor Hugo a dit : « la parenthèse est l’île du
discours. » (Sans doute préparait-il Oceano Nox ?) Tiens, une
île ! …
Un autre a prétendu que les discours les moins longs étaient
aussi les plus courts.
Tiens, Pierre Dac, puisque c’est lui, nous rappelle fort
justement à l’ordre !
Comprenons qu’à l’instar d’une grève, il savoir terminer un
discours.
..
Alors, il est sans doute temps de se rapprocher d’Angélus
Silesius1 qui a dit :
« Le silence est profond comme l’éternité et les
discours superficiels comme le temps. »
(1) poète et mystique allemand 1624-1677