mercredi 30 décembre 2020

Rencontre

 

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 Le temps viendra 

Où, plein d’allégresse, 

Tu t’accueilleras chez toi, 

Devant ton propre miroir,

  

Et chacun sourira devant l’accueil  de l’autre,

Et dira assieds-toi. Mange.

Tu aimeras à nouveau l’étranger que tu étais pour toi-même.

Offre du vin. Offre du pain. Rends ton coeur

A ton cœur, à l’étranger qui t’a aimé

 

Toute ta vie, que tu as ignoré,

Pour un autre, qui te connaît par cœur.
Descends les lettres d’amour de l’étagère,

 

Les photographies, les billets désespérés,

Détache ta propre image du miroir.
Assieds-toi. Savoure ta vie.

 

Derek Walcott.   - L’ Amour après l’amour -

mardi 29 décembre 2020

Pour l'année qui vient !

 

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photo fabian da costa

 

De presque rien à pas grand chose, 

juste une fragile beauté. 

Que l’année qui s’en vient 

vous soit tout autant illuminée 

d’espoir, d’amour et de fraternité. 

 

  Anne et Fabian pour 2021

mardi 22 décembre 2020

Alice aux Pays des Merveilles

 

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Alice et le tunnel du Lapin blanc



"Il existe un Tunnel obscur dans la Lumière Infinie.

On l'appelle « Temps ».

Lorsqu'un Humain entre dans ce Tunnel,

On appelle cela « Naître ».

Lorsqu'un Humain marche au long de ce Tunnel,

On appelle cela « Vivre ».

Lorsqu'un Humain sort de ce Tunnel,

On appelle cela « Mourir ».

Considérer que vivre se réduit à évoluer dans un Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Illusion ».

Percer des trous dans ce Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Science ».

Savoir que la Lumière est autour du Tunnel,

Cela s'appelle « Foi ».

Voir la Lumière dans le Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Amour ».

Voir la Lumière à travers le Tunnel obscur,

Cela s'appelle « Sagesse ».

Éclairer le Tunnel obscur de sa propre Lumière,

Cela s'appelle « Sainteté ».

Confondre la Lumière et le Tunnel obscur,

« Cela est au-delà des mots »."

 

Lao Tseu

 

lundi 3 août 2020

et cela passera aussi...



photo fabian da costa



Ils passeront ces nuages, ils s'effaceront ces voiles gris. Un matin de fraîcheur, ou bien le soir venu, quand le vent se lève et nettoie le ciel d'un grand souffle imprévu.

Attendre le soleil mais ne pas se hâter. Aujourd'hui je veux juste les regarder et même les contempler. Ils sont la peine du coeur, les brumes de l'âme; doux et précieux.


vendredi 1 mai 2020

A genoux devant la vie

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Portugal - photo fabian da costa


Mais pour nous l'existence est encore enchantée ;
la vie encore
est source en cent endroits.
Un jeu de forces pures que nul ne touche,
s'il ne s'agenouille et s'il n'admire.

Rainer Maria Rilke

mercredi 22 avril 2020

le coeur nu

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Arunachala - India - Tiruvanamalai
photo fabian da costa


Le temps de ces temps-ci est un temps de retrait, nous le savons tous. Un temps recommandé pour revisiter sa maison, ranger les armoires, vider les tiroirs. Et puis le temps passant, après celui du dehors, vient le temps du dedans. Je veux parler du dedans du dedans. De cet inexploré ou bien si peu visité, qu’on en perd parfois le chemin.

De belles âmes, de bonnes paroles, nous invitent par avis de gros temps - ici vent de tempête force 8 - nous invitent donc à profiter de cet exceptionnelle opportunité pour “ aller y voir “ - expression favorite des gens du métier.

J’y suis donc allée, doucement pour commencer, comme sur tout chemin un peu oublié. Je me suis vite retrouvée : il n’y avait quand même pas si longtemps que je ne l’avais parcouru.  Et très vite aussi, je l’ai revu ! Toujours à la même place, toujours aussi vaillant. Mais là, oh surprise, il était nu. Oui, mon cœur était nu, sans protection. Le moindre souffle aurait pu le faire frissonner, le plus petit bruit trembler.

De quelqu’un de sensible on dit qu’il a le cœur tendre, d’un généreux, le cœur sur la main, d’un indifférent, le cœur dur. Mais qui osera avouer, moi j’ai le cœur nu. La nudité du corps est moins gênante que celle-ci.

Je l’ai regardé avec compassion et je crois même que je me suis mise à pleurer.  C’est alors qu’il m’a parlé. Oui je sais, un cœur qui parle peut vous sembler étrange. Mais n’oubliez pas que nous sommes dans une époque où plus rien n’est prévisible, où le bizarre est la norme, le jamais vu l’ordinaire. Alors j’ai écouté mon cœur, ce qu’entre nous, nous devrions faire plus souvent.

Et c’est lui qui m’a consolée. - Mais ce n’est pas triste m’a t-il dit avec une grande tendresse, d’être nu comme je le suis. Au contraire, même si au début j’avais un peu froid. On s’habitue assez vite à se défaire des couches accumulées au fil d’une vie. Ce sont les vieilles croyances, les anciennes certitudes qui s’en vont. Les idées qu’on se faisait sur ce que devait être le chemin, sur ce qu’on estimait avoir le droit d’espérer, d’exiger.

C’est parfait de se débarrasser de toutes ces histoires qu’on se raconte pour se rassurer, pour se réchauffer. Je me suis senti tellement plus libre, une vraie joie. Mais le plus dur restait à venir. Avec le dernier voile, celui qui colle au plus près, tu enlèves en même temps bien davantage que tu ne pouvais te l'imaginer. Là tu as vraiment mal. Tu connais la douleur et tu penses que tu ne vas pas survivre.

Cela s’appelle se séparer des illusions de l’amour, pour arriver à l’amour sans illusions. Et malgré ce que l’on croit au début, quand on souffre tellement, c’est la plus belle chose qui puisse nous arriver. Parce que là commence le vrai amour. Celui qui est - juste parce qu’il ne peut pas en être autrement. Celui qui aime sans conditions, sans espérances de retour, sans marchandages, sans garantie d’éternité. Alors le cœur nu n’a plus froid, il est ardent et brûle, et demande à aimer toujours plus.

Eurydice...

                                   photo fabian da costa   Eurydice, Eurydice, je pense à toi ce soir. Il fait froid, il fait noir, et je t’...

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