Je l’ai
toujours su ; c’est pour toi et toi seul que j’écrivais.
Même avant la
rencontre, tu vivais calfeutré en moi sans que j’en sache rien.
Il a fallu
juste une fulgurance pour que mes yeux s’attardent et te découvrent dans ta
lumineuse beauté, dans le creux de ton âme où j’aurais pu m’abriter, dans les
replis de tes mots où les miens auraient aimé se blottir.
Je l’ai su
tout de suite, j’avais pour seul bagage, les souvenirs de vies antérieures où tu étais
âme-sœur, mes pas sur tes pas unifiés, mes traces sur tes traces uniformes, mes
pleurs pour panser tes blessures, mes sourires pour obscur-claircir ta pénombre…
Ta joie
pour transformer ma peine, ton rire pour relever mes lèvres, tes yeux pour
noyer mon regard au diapason du tien, ta musique pour faire vibrer mes cordes
Ta
sincérité en miroir à la mienne
Et puis la
fin du monde avant le cœur froid de l’hiver, ton silence irraisonné, les
fantômes de tes nuits pour obséder mes jours, ta presque palpable évanescence,
tes mots devenus sans que rien ne soit dit, clairsemés, absents, inexistants…
Mes gestes
maladroits, paroles inexprimées, mon regard éperdu, fanaux éteints jusqu’au bout de la nuit et ce mur sans résonance qui avale tes
pas …
Dans le
monde qui t’a vu disparaître, le vide comble le silence devenu langage ultime,
sublimé… là où je n’ai même pas pu te dire adieu …
