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Invasion

Livre


Description ajoutée par pusul 2018-08-31T14:48:49+02:00
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Résumé

Des boules de poils intelligentes débarquent sur Terre. Venues d'un autre univers, elles n'ont d'autre but que de s'amuser. L'une d'entre elles, Louie, est adoptée par Billy Morton, un Américain moyen plein de bon sens. Quand les autorités décident de se saisir de ces bestioles, Billy et sa famille, échaudés par l'Amérique contemporaine où ils se sentent de moins en moins à l'aise, prennent la tangente : peut-être que, finalement, la sagesse n'est pas du côté du pouvoir politique, mais du côté de cette anarchie sympathique, de cette libération improbable que cette invasion apporte.

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extrait

Extrait ajouté par dreamygirl 2023-02-09T08:43:07+01:00
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Je m’appelle Billy Morton. Quand j’ai fait la ren‐ contre de Louie, j’étais le capitaine d’un petit chalutier à Greenport, sur la péninsule de North Fork, à Long Island. Quand je sortais, je me dirigeais vers les eaux du détroit de Long Island, ou alors à l’est de Montauk, et, avec l’aide des deux crétins flemmards qui compo‐ saient mon équipage, on lâchait nos filets et on attendait de voir ce qu’on allait prendre. Des fois, on restait en mer trois jours, mais comme ma santé n’est plus très, très bonne, le plus souvent on ne restait que deux jours. Avant, je possédais deux bateaux, et je gagnais même assez bien ma vie, mais les poissons en ont eu marre de se faire tirer hors de l’eau, couper en petits morceaux et transformer en pâtée pour chats, et ils se sont comme qui dirait volatilisés. J’ai dû vendre la moitié de ma flottille et me contenter de mon cher Vagabond, un chalutier de dix mètres dont le moteur diesel date de la guerre de Sécession. Les poutres qui ont servi à sa charpente sont si vieilles que la variété d’arbres utilisée est désormais éteinte. En tout cas, c’était mon bateau à moi.

Je mène mon petit monde à la baguette, mais dans la bonne humeur. C’est moi le patron, et les gars le savent très bien, mais ils savent aussi qu’ils peuvent glander de temps à autre, ou prendre dix petites minutes de pause sans se faire engueuler. D’ailleurs, s’ils n’étaient pas des gros flemmards, je ne les aurais jamais embauchés. Je n’aime pas trop les types qui se prennent au sérieux. Faites votre boulot, c’est ça qui compte. Le reste, je ne m’en fais pas trop.

Donc, quand Marty Beck est venu me voir et m’a dit qu’un poisson au ventre rond avait « sauté sur le toit de la passerelle », j’ai tout de suite pensé qu’il se moquait de moi et voulait faire le rigolo. Il est gentil, Marty, mais il n’est pas exactement malin malin. Je savais bien, et il le savait aussi, que si un poisson saute du pont jusqu’au toit de la passerelle, c’est qu’en fait quelqu’un l’a lancé là‐haut.

Mais alors j’ai vu Sam Potter qui écoutait attentivement cette histoire de poisson sauteur, et j’ai pensé que soit tout l’équipage s’était entendu pour me faire marcher, soit Marty ne racontait pas de blague.

– Y a un poisson qui a sauté sur le toit, c’est ça ? j’ai dit.

– Ouais, a répondu Marty en se grattant l’intérieur de la cuisse au travers de sa salopette de caoutchouc. Il a bondi là‐haut.

– Bondi jusque sur le toit de la passerelle ? j’ai dit.

– Après s’être éloigné de nous en roulant quand on a essayé de l’attraper pour le jeter une deuxième fois à l’eau, a dit Sam en opinant du chef parce qu’il voulait vraiment que je le croie.

– Redis‐moi ça un peu.

– Je l’avais déjà jeté à l’eau, a dit Sam. C’est le poisson‐ballon le plus bizarre que j’aie jamais vu. Assez gros, tu vois, de la taille d’un ballon de basket, mais il avait l’air inutilisable, alors je l’ai foutu à l’eau et j’ai continué à bosser.

Je tenais la barre pendant que mes deux compères me racontaient tout ça, et j’attendais patiemment qu’ils finissent de me servir leur salade. Je n’étais toujours pas certain que ce n’était pas une blague particulièrement tordue.

– Ben, il est revenu, le poisson, a dit Marty. Il a sauté par‐dessus l’hiloire et il a atterri sur le pont.

– Le poisson a sauté pour revenir sur le bateau, j’ai dit. J’attendais toujours la fin de la plaisanterie.

– Ben ouais, a dit Sam.

– Et alors, quand t’as voulu le rejeter à la mer, il a sauté sur le toit ?

– Ben ouais. D’un seul bond.

– Il a rien dit ? j’ai demandé.

Les deux hommes m’ont regardé. Ils savaient que j’aimais bien rigoler, mais ils ne pigeaient pas tou‐ jours tout du premier coup. Il m’arrive de penser que ce serait sympa de trouver des mecs intelligents qui veulent bien travailler seize heures par jour pour des clopinettes – mais bon, s’ils le voulaient bien, ils ne seraient pas si intelligents.

– Bon, on va aller voir ça, j’ai dit.

J’ai laissé Marty prendre la barre et je suis sorti de la passerelle avec Sam.

Là‐haut, sur le toit, j’ai vu un ballon de basket poilu. Plus gros qu’un ballon de basket, en fait, plutôt un ballon de plage, recouvert de poils courts gris argenté. Ce n’était décidément pas un poisson‐ballon.

J’ai tendu les bras pour prendre ce... machin, mais ça s’est éloigné de moi vers la droite en roulant. Il n’y avait pas de bouche, pas de nageoires, pas de membres, pas d’yeux, alors je n’ai pas vraiment compris comment ça avait pu savoir que je voulais le prendre.

Je me suis donc déplacé de deux pas vers la droite et j’ai tendu les bras une fois de plus. Le machin a roulé vers la gauche.

– On dirait qu’il veut pas qu’on le jette à l’eau une troisième fois, a dit Sam.

– Mais c’est quoi, ce putain de truc ? a demandé Marty qui tenait toujours le timon.

C’était quoi ce putain de truc, en effet. J’avais souvent vu des trucs pas possibles sortir de la mer, mais un poisson rebondissant, qui n’avait pas d’yeux, pas de nageoires, pas d’écailles, qui n’avait rien qui ressemble à un poisson, je n’avais jamais vu ça. Juste une espèce de ballon de plage, couvert de poils courts et fins.

J’ai passé un long moment à le regarder et à chercher quelque chose d’intelligent à dire, mais j’ai juste poussé un soupir et j’ai laissé tomber.

– Probablement encore un extraterrestre, j’ai dit, et j’ai repris la barre.

Mes deux compères m’ont regardé, puis ils ont regardé le ballon de plage sur le toit. Puis ils sont retournés bosser.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Cjustmoua 2021-02-28T20:42:53+01:00
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Ce livre est une très belle surprise.

L'histoire est drôle et provocante, tout comme les personnages.

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Commentaire ajouté par Jean-Michel-12 2020-12-20T17:46:23+01:00
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Luke Rhinehart aime démontrer par l’absurde les contradictions de notre civilisation et c’est un sacré boulot. Invasion est une histoire folle, pleine d’humour mais surtout la satire sans concession de l’administration et du système politique et économique américain (et donc celui de l’Occident en général). Malgré le très bon moment passé avec ce livre, il ressort de cette lecture un goût amer sur notre mode de vie qui conduit de fatalement à un catastrophe écologique et sociale. A moins que des extra-terrestres interviennent.

Billy Morton est patron pêcheur non loin de New York, il fut jeune activiste mais désormais âgé de 70 ans, il préfère prendre la vie avec nonchalance. Marié à Carlita, une avocate brillante et beaucoup plus jeune que lui, ils élèvent deux adolescents. Pourtant sa vie bien tranquille va être chamboulée par l’arrivée sur son navire d’une boule de poils, qui va se révéler être bien plus intelligente qu’aucun autre être vivant sur notre terre. Adopté par la famille, Louie, l’extra-terrestre est farceur, et ses facéties ne seront pas au goût des autorités.

C’est un grand plaisir de lire ce roman, plutôt une fable dans laquelle les extra-terrestres sont des révélateurs de l’utilisation nuisible, le plus souvent de notre intelligence. Car la morale est là, pourquoi les hommes se servent de leur cerveau de façon aussi stupide ? L’humanité a tout pour être heureuse, dans son for intérieur et dans son environnement, pourtant, il en ressort depuis des millénaires, des guerres, des massacres, la destruction, la possibilité de réduire plusieurs fois la terre à l’état de cendres. Les êtres humains sont le moyen par lequel la planète tente de se suicider.

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Commentaire ajouté par Henri-1 2018-12-09T13:56:44+01:00
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Argent

Des boules de poils intelligentes débarquent sur Terre. Venues d’un autre univers, elles n’ont d’autre but que de s’amuser. L’une d’entre elles, Louie, est adoptée par Billy Morton, un Américain moyen plein de bon sens. Quand les autorités décident de se saisir de ces bestioles, Billy et sa famille, échaudés par l’Amérique contemporaine où ils se sentent de moins en moins à l’aise, prennent la tangente : peut-être que, finalement, la sagesse n’est pas du côté du pouvoir politique, mais du côté de cette anarchie sympathique, de cette libération improbable que cette invasion apporte.

Loin de n'être qu'une réjouissante histoire d'alien plutôt originale, ce roman est prétexte à Luke Rhinehart à dézinguer dans tous les coins. Pas grand chose ne lui échappe, le capitalisme en général, dans sa version US en particulier. Sa causticité frappe les paradis fiscaux (épisode aux Caïmans), la guerre en Irak et la politique étrangère, le racisme ambiant, les services secrets, la CIA, les êtres humains, et surtout surtout : le parti Républicain.

Ironie efficace et bienvenue, donc (sauf si on vote républicain), pour un roman qui se lit quasiment d'une traite, à la fin abrupte augurant peut-être d'une suite (?), un poil répétitif vers la fin peut-être (j'aurais préféré que ce soit Billy qui s'exprime plus souvent). du barré plein de mauvais esprit, poussant à la réflexion. Louie et ses amis ont vraiment compris comment ça fonctionne ici...Plutôt drôle mais un peu puéril et trop long.

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Dates de sortie

Invasion

  • France : 2018-08-31 (Français)
  • France : 2020-10-08 - Poche (Français)

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