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Journal

Livre


Description ajoutée par Reckless 2014-10-08T15:30:55+02:00
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Résumé

« Tel qu'il se présente dans l'édition définitive, le Journal de Franz Kafka est un document d'une importance essentielle pour la connaissance de l'oeuvre et de la personne d'un écrivain qui demandait à la littérature plus qu'on ne lui a jamais demandé et qui, en conséquence, n'a jamais écrit une ligne qui ne fût en quelque manière liée au but de sa vie. En s'accrochant à son Journal comme il s'imposait de le faire, Kafka entendait moins s'observer que connaître, et si, tout au début, il écrit : Il faut qu'une ligne au moins soit braquée chaque jour sur moi comme on braque aujourd'hui un télescope sur les comètes, il définira plus tard dans un aphorisme le sens de cette connaissance de soi-même qui, pour lui, impliquait d'abord une destruction : Connais-toi toi-même ne signifie pas : observe-toi. Observe-toi est le mot du serpent. Cela signifie : transforme toi en maître de tes actes. Or, tu l'es déjà, tu es maître de tes actes. Le mot signifie donc : Méconnais-toi ! Détruis-toi ! c'est-à-dire quelque chose de mauvais, et c'est seulement si l'on se penche très bas que l'on entend aussi ce qu'il a de bons, qui s'exprime ainsi : Afin de te transformer en celui que tu es. Ces treize cahiers tenus presque régulièrement pendant treize ans ne peuvent être regardés comme une confession dont la sincérité ferait le prix, dans son effort pour se connaître, Kafka ne cherchait pas à être sincère, mais à être vrai, aussi ne s'est-il pas promis de tout dire, ni comme un document autobiographique qui livrerait, avec les idées et les préoccupations de son auteur, l'histoire complète de sa vie. »

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extrait

Extrait ajouté par Sashiko 2017-08-23T02:43:12+02:00
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Même nuit, sauf que j'ai encore eu plus de peine à m'endormir. Au moment de m'endormir, une douleur me traverse verticalement la tête en passant par la racine du nez, comme si elle venait d'un pli de mon front comprimé avec trop de violence. Afin d'être aussi lourd que possible, ce que je tiens pour favorable au sommeil, j'avais croisé les bras et posé les mains sur mes épaules, de sorte que j'étais étendu comme un soldat tout équipé. C'est encore la puissance de mes rêves qui m'a empêché de dormir, car ils brillent déjà dans l'état de veille qui précède le sommeil. Le soir et le matin, ma conscience de mes facultés de créatrices est immense. Je me sens labouré jusqu'au tréfonds de mon être et je puis tirer de moi ce que je veux. Cette manière d'arriver au-dehors des forces qu'on laisse ensuite improductives me rappelle mes relations avec B. Il y a, là aussi, des effusions qui ne sont pas libérées, mais contraintes de s'anéantir elles-mêmes dans le choc du recul, à cette différence près qu'il s'agit ici de forces plus mystérieuses et de mon but ultime.

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Journal

  • France : 1996-06-01 (Français)
  • France : 2002-05-15 - Poche (Français)

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