Nota Bene : l’emploi du terme « ababa » dans le contexte suivant est privilégié uniquement dans une volonté d’authenticité et de pertinence linguistico-culturelle.
Qu’il s’agisse de bénévoles, de fonctionnaires de l’Éducation Nationale, de chefs d’entreprises ou de cadres dans des structures associatives, l’ababa numérique qui s’ignore semble bien enraciné dans le paysage quotidien de ceux qu’il est censé aider, instruire, recruter ou encadrer. Et pourtant, on peut être tenté de dire qu’il n’est pas fautif car dans le système scolaire français d’il y a 20 ans, rien (ou pas grand chose pour les plus chanceux) n’était prévu pour préparer les générations d’actifs et les étudiants de filières générales à l’utilisation de technologies numériques en constante évolution qui devaient finir par s’imposer dans bien des aspects de nos existences, y compris admistratifs et professionnels.
De fait, la logique même de fonctionnement de certains logiciels de base n’était enseignée qu’aux élèves de filières technologiques et tertiaires ou filières professionnelles alors même qu’on prédisait à grand bruit la disparition imminente des métiers auxquels ils se destinaient.
Le chef d’entreprise du 21eme siècle fera ses courriers lui-même, assurait-on. Inutile de poursuivre votre formation de bureautique. De toutes façons la filière sera supprimée dans trois ans, tout au plus. Métiers obsolètes… Compétences inutiles…
Pardon mais, les individus qui ont décrété cela sont des gens qui n’avaient sans doute jamais saisi un courrier de toute leur carrière. Alors connaître l’utilité des fonctions diverses d’une boîte de messagerie électronique c’était probablement trop demander. Résultats des courses, à l’heure où la Gestion des Données Personnelles devient une préoccupation croissante, pour des raisons multiples ne se limitant pas à la protection contre la cybercriminalité, il y a encore des gens pour partager sans y penser la totalité de leurs listes de diffusion aux contacts auxquels ils adressent une communication par mail, independemment de sa nature.
De même, la réponse en principe destinée à un seul des contacts, ayant fait un envoi groupé qui parvient à toute la chaîne d’individus en vertu du bouton « répondre à tous » est encore une maladresse trop fréquente qui peut avoir des conséquences negatives certaines.
Le respect des réglementations européennes (GDPR) n’étant une préoccupation que sur le papier, ne vous étonnez pas de voir votre nom et votre adresse mail partagée sans votre accord avec des centaines d’autres adhérents d’une association (y compris de parents d’élèves) mal gérée faute de formation aux/ ou de compréhension des outils numériques.
Le respect de l’espace personnel des collaborateurs indépendants ou des employés est hélas impacté par ces mêmes lacunes et les effets néfastes sont renforcés par des croyances erronées concernant le fonctionnement systématique des témoins visuels des diverses applications connectées.
En effet, les attentes irréalistes et toxiques en termes de disponibilité d’autrui et de temps de réaction acceptables en cas de tentative imprévue de contact sont un véritable problème dans pas mal de pays dits industrialisés.
Ces attentes s’appuient sur un manque d’éducation et de préparation aux interactions en ligne et sur une méconnaissance de la correspondance approximative des indicateurs visuels de présence ou d’absence d’un individu sur une plateforme en ligne donnée.
Tout comme les indicateurs de niveau de batterie ou de processus d’installation ou de mise à jour, les indicateurs d’activité ou d’inactivité ne sont absolument pas des outils de précision, mais bien un élément intégré pour tempérer l’impatience prévisible de l’utilisateur en lui donnant un sentiment de contrôle sur le processus en cours. Sans cette impression de contrôle, l’utilisateur impatient est plus susceptible de tenter d’intervenir au pire moment alors qu’en vérité son intervention mettrai en péril la stabilité du processus en cours.
Un rechargement de batterie, une mise en ligne de vidéo, la mise à jour du système d’exploitation de votre appareil mobile… Vous ne pouvez pas vous y fier en vous basant sur la barre de progrès.
Et pourtant, en 2022, des managers et autres supérieurs hiérarchiques menacent les emplois d’employés et autres collaborateurs travaillant en distanciel en se basant sur ces indicateurs d’activité peu fiables. Des opportunités professionnelles se volatlisent lorsque des clients potentiels tentent un message ou un appel audio sur X ou Y plateforme de communication en ligne alors que l’affichage ne correspond absolument pas à votre présence ou absence effective sur ladite plateforme à cet instant T. Et même quand le décalage est minime (sur certaines plateformes il est moindre comparé à d’autres) l’indicateur visuel ne permet d’être assuré que d’une chose : un ou plusieurs de vos terminaux mobiles ou fixes sont encore ou ont été connectés récemment. Il suffit d’un onglet laissé accidentellement ouvert sur un ordinateur en veille ou d’une application fonctionnant en arrière plan sur un appareil mobile pour avoir une belle source de conflit sur les bras.
L’ appellation « messagerie instantanée » aura eu raison du bon sens qui prévalait encore à l’aube des échanges MSN Messenger. Trop peu de gens se contentent d’envoyer un message et de poursuivre d’autres occupations au lieu de guetter, au rythme d’une semelle impatiente, la preuve de lecture et l’inévitable réponse comme si elle était un dû. La paranoïa sévit chez les uns et les autres, renforcée sans doute par l’évolution des comportements sociaux et para-sociaux tels que le ghosting ou le « silent quitting ».On déplore encore en 2022 des défauts de gestion de bases de données et de publication d’information au niveau de certains établissements scolaires, des sous-utilisations et mauvaises utilisations des espaces de travail numérique par des enseignants peu, mal ou pas formés et chez les jeunes diplômés d’universités de renom (y compris en Île-de-France) un manque flagrant d’information sur les dangers liés à la diffusion de certaines données personnelles en ligne lors des recherches de stages, de contrats d’alternance ou de premier emploi.Visiblement, la sécurité et la santé mentale des usagers français d’internet ne sont des priorités que sur les plateaux de télé ou sur les sites institutionnels et aucun réels moyens ne sont déployés pour équiper les formateurs et individus de manière à relever ce défi persistant. Le silent quitting ou « quiet quitting » est la dernière réaction en vogue face à la multiplication des relations et environnements de travail toxiques. L’employé, plutôt que de présenter franchement sa démission, démarche présentant à la fois l’inconvénient de la perte de revenu et celui de l’interaction conflictuelle de trop avec un personnel encadrant déjà perçu comme castrateur, se désinvestit peu à peu des tâches faisant partie de ses attributions (et de toutes les autres) en faisant de son mieux pour que sa diminution ou cessation complète d’activité se remarque le moins possible. Il est physiquement présent ou visible (en cas de travail en distanciel) mais ne cherche à accomplir aucune des tâches qui lui sont attribuées autres que celles qui attireraient l’attention sir son absence virtuelle.




Avoir peur de l’inconnu, c’est humain, mais est-ce une raison pour attacher les ailes de l’oiseau alors qu’il peut voler ?


Docteur Lisa a également compris l’importance de faire entrer dans les chambres de nos enfants, des poupées qui s’inspirent de personalités qui incarnent des valeurs telle que le travail, la discipline, la bienveillance… Il n’est pas encore dit que la poupée à l’éffigie de la chanteuse Fantasia Barrino sera mise en vente cette année mais celle inspirée de la populaire Youtubeuse Toya Moore-Broyles, (plus connue sous le nom de « Froggy ») est sur le point d’être disponible. 










