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lundi 13 avril 2026

Momentini

- Aujourd'hui, sainte Ida. Je pense à mon amie de Cuneo, que j'aimais beaucoup, belle et aimant rire. Qu'est-elle devenue ?

- Mon lilas est fané mais, sur mon balcon, premières clochettes de muguet. Je ne vais pas tarder à arpenter les bois !

- La messe pour l'enterrement de ma collègue de musique m'a profondément ennuyé. Que du classique bien pensant (comme elle, d'ailleurs). Et puis tout ces gestes rajoutés au cérémonial que je ne supporte pas ! J'en viens à ne plus supporter aucune religion, moi qui suis toujours fourré dans les églises. Mais c'est pour l'art, pas pour les simagrées 

- J'entame la dernière saison (la 3) de la série britannique  The Fall, avec Gillian Anderson et Jamie Dornan. L'histoire d'un tueur en séries auquel on finit par s'attacher. Je vous la conseille car plus subtile que certaines séries américaine.

mardi 31 mars 2026

Visages à contre-jour

Tout à l'heure, en essayant de m'assoupir pour la sieste, j'ai repensé au village où j'ai passé mon enfance, sous la haute autorité de ma grand-mère maternelle. Au village et à ses habitants. Et me sont venus à l'esprit non pas des noms ni des prénoms amis des surnoms tirés des uns ou des autres ou d'une particularité physique. 

Le premier à paraître fut le Firmin, qui aidait mon père à égorger les cochons. Mais, quand on parlait de lui en son absence, on disait le Bègue et, pour son frère le Boiteux. Le premier était une bonne pâte, le second un peu plus teigneux. Ils vivaient dans une ferme très sale où les poules couraient et chiaient dans la cuisine. Tous deux se querellaient ^sans cesse et en arrivaient souvent aux coups. Mais, pour rien au monde, ils ne se seraient séparés. 

Et puis d'autres apparurent, en un long cortège que j'ai vu défilé devant mes yeux fermés. A vous de les imaginer, ces personnages de ma petite enfance.

La Titine (sur la place Marquise), la Rèrette (qui recueillait les chiens errants) , La Dya (une vague cousine de ma mère), La Loulousse (celle-ci est encore bien de ce monde), le Meji (qui vivait avec la Périne et était toujours saoul), le Grojo (qui tenait un bar), le Coco-bel-œil (celui qui, du haut d'une cerisier dont il cueillait les fruits pour me les donner, me cracha sa chique sur les mains), le Tètel (qui tenait un autre bar), La Fine (je ne croit pas qu'il y ait de rapport avec l'alcool, mais plutôt avec Joséphine),  le Tite et la Gate (dont on me parlait mais que je ne me souviens pas avoir connus), Le Zazieu (le père de mon ami d'enfance Yvon), la Gau (elle était bien enveloppée), le Mimile (un ami de mon père), le Toine (le conducteur du car), Le La Fraise (aussi appelé La Bugne (un cousin d'Yvon dont il ne voulait pas entendre parler), la Nènette (mère de La Fraise), La Mie (prononcer comme gentille, ma mère).

Tous (à l'exception de la Loulousse qui était plus jeune) sont morts aujourd'hui. Ma somnolence les a fait revivre ... un peu. 

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mardi 24 mars 2026

Juste pour le dire ....

Je les trouve beaux, les prénoms des femmes de ma famille, femmes à travers les âges !

Marie, Elisabeth, Christine, Jeanne, Reine-Augusta, Jeanine, Arlette, Nicole, Emilie, Antoinette, Marguerite, Augustine, Séraphie (et pas Séraphine), Clémence, Lisa..., 

Pour les hommes, ce fut  beaucoup plus banal : beaucoup de Pierre et de Jean et un Jean-Pierre, Maurice, Robert, Guy, Bernard, Honoré (tout de même), Antonin, ...

Les femmes, pour la beauté du son, l'emporte largement !

dimanche 22 mars 2026

La Grande Bavarde

Je tiens ça de mon père. Les conversations téléphoniques avec lui duraient à peine une minute. Ensuite, il disait vite : "Je te passe ta mère." Il n'a jamais pu supporter les longues discutions. Moi, c'est pareil, avec un peu plus d'urbanité. Il m'arrive de bavarder, certes, à condition que ce que l'on me dit m'intéresse, et que l'intérêt soit partagé. Sinon, mon esprit s'envole bien vite sur toute autre chose, qui n'a rien à voir. Déjà enfant, je faisais répéter ma mère parce que je n'avais pas écouté jusqu'au bout ce qu'elle m'avait dit. Un mot m'avait accroché et je m'étais évadé. Même chose pour la lecture ou le cinéma. Aussi, avant de le faire réellement, ai-je beaucoup voyagé. Dans ma tête !

Pourquoi ce préambule ? Parce que je viens d'avoir au téléphone une amie, que mon père surnommait "la grande bavarde". Et chaque fois, j'oublie à quel point elle peut l'être. Trois-quarts d'heure ! Rien qui ne soit préciser, approfondi, disséquer, analyser, même des vétilles qui n'ont aucun intérêt ! En plus, elle n'écoute pas ce qui vous dîtes et vous coupe la parole tat qu'elle n'a pas fini son laïus ! Je lui ai déjà fait le coup du "On frappe à ma porte" ou du "J'attends mon portable qui sonne dans ma chambre." Et je ne peux pas le lui faire trop souvent ! 

Bref, un vrai pensum que ses coups de fil. J'ai beau mettre le haut-parleur et m'éloigner pour faire autre chose, il faut bien lâcher de temps en temps des "oui", 'Bien sûr.", "Je comprends", rien n'y fait. Elle continue à soliloquer, malgré mes "Bon, à bientôt", "On se rappellera." "Je dois sortir faire une course". 

Une seule question : comment puis-je rester toujours poli. Je crois tout de même qu'un jour, je vais exploser !

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mercredi 18 mars 2026

Mes chers voisins (2)

 Passons maintenant à ma voisine du dessous, la vieille dame souriante et discrète (même si un peu bavarde, surtout au téléphone). Bizarrement, ce lundi après-midi, elle a été prise d'une sorte de crise d'hystérie, la première que je vois chez elle. Tout ça parce que l'interphone  ne fonctionnait plus ! 

Voilà  bien une chose dont je me fous complétement. Depuis des années, le mien sonne mais je ne peux entendre la personne que m'appelle. Et c'est pour moi un avantage considérable ! Lorsque quelqu'un va passer me voir, il me prévient au téléphone avant. Sinon, je ne réponds jamais. Adieu les fâcheux et les quémandeurs ! 

Mais, ce jour-là, après vérification, plus rien ne fonctionnait. La brave dame, qui n'est pas propriétaire, me demande d'appeler la régie pour leur signaler la panne. On me répond que le nécessaire sera fait une fois un électricien contacté. Bien. Je rappelle ma voisine pour la mettre au courant. "Mais vous leur avez bien dit que c'était une urgence ! Si je tombe malade cette nuit !" (Elle est solide comme un roc ! ). Elle me demande le numéro de la régie pour téléphoner elle-même, et me rappelle après. Elle est tombée sur une personne très malpolie selon elle et qui n'en avait rien à faire. Je rappelle donc et tombe sur la même personne, la même que la première fois qui, à moi, répond très poliment. Bizarre, tout de même. Le nécessaire a été fait : un électricien va passer en fin d'après-midi ou le lendemain. Je rappelle la voisine et la rassure (à moitié ...)

L'électricien arrive assez vite. C'est le même ,que la fois précédente, lorsque la minuterie du hall était bloquée. Je le reconnais. "Eh oui, c'est moi, l'africain !" (Il est noir comme le charbon.) Je tente l'humour : "Ca ne se voit pas du tout !" J'attends sa réaction : peut-être suis-je allé trop loin ? Mais il ,éclate de rire, comme l'avait fait un employé de la cantine scolaire lorsque, voyant ses cheveux de plus en plus gris, je lui avait fait remarquer qu'il blanchissait (mes collègues en avaient été estomaqués !)

La panne est vide réparée, pas assez vite cependant pour éviter que n'arrive le grincheux du troisième qui, bien sûr, grincha : il ne sait faire que ça !

mardi 10 mars 2026

Bribri-la-Barrette

Je viens d'apprendre le décès de l'une de mes anciennes collègues, Brigitte, célibataire, professeur de musique au collège. Une femme très pieuse (à l'ancienne) et toujours bien mise. Elle portait toujours une jupe plissée et avait toujours une barrette dans les cheveux, ce qui fit que l'un de mes élèves, à l'humour et résonnance avec le mien, l'avait surnommée Bribri-la-Barette, ce que, bien sûr elle ne sut jamais.

Je l'appréciais moyennement : pour moi, sa façon d'être montrait une foi un peu trop traditionnelle et étriquée. Mais elle était très active au collège et organisait souvent des concerts, donnés sait par des musiciens extérieurs soit par les élèves eux-mêmes en fin d'année. 

Elle s'était plainte un jour que ses élèves étaient un peu trop bougeants dans ses cours. "Pourtant, avait-elle ajouté, je leur apprends une très belle chanson : Colchiques dans les prés !". Nous avions essayé de lui expliquer que, peut-être, elle pourrait trouver une chanson plus "récente", rien n'y fit : elle tenait à ses colchiques.

Mais le souvenir le plus drôle que je garde d'elle, c'est lors d'un concert de fin d'année donné par les élèves : elle fit d'abord chanté les filles. Puis vint le tour des garçons, quelle annonça ainsi : "Et maintenant, les petits garçons vont vous dévoiler leur bel organe !". Ce jour-là, j'ai cru m'étouffer de rire difficilement contenu au fond de la salle. 

Reposez en paix, Brigitte !

lundi 16 février 2026

Une sacrée bonne femme !

Hier soir, après le journal de la 2, j'ai écouté l'interview de Gisèle Pélicot suite à la sortie de son livre Et la Joie de vivre. J'ai beaucoup apprécié sa façon d'être, sans ostentation, sans gêne et, j'ose le dire, dans désir de vengeance. J'ai beaucoup aimé lorsqu'elle a dit ne pas être féministe et considérer les hommes non comme des ennemis à abattre mais comme des compagnons de vie. Faut-il avoir de la grandeur d'âme pour parler ainsi !

lundi 17 novembre 2025

Monmentini

- Jusque là, c'était agréable : il pleuvait souvent le matin (ou alors il faisait gris). Mais le matin, en général, je dors. Puis, en fin de matinée, le bleu faisait une percée et s'installait pour plusieurs heures, avec des températures agréables (et pas de saison, comme ils disent à la télé). Mais aujourd'hui, c'était autre chose : obligé d'endosser un vêtement plus épais (je découvre que sa fermeture éclair est cassée !) Et, au bout d'une heure de promenade au bord du Rhône, je renonce : le vent du nord a retrouvé le couloir araro-rhodanien !

- Xavier Emmanuelli est mort le 16 novembre, hier donc. On en parle très peu. Il est pourtant un des co-fondateurs de Médecins Sans Frontières en 1971.

- Y a-t-il pire malédiction que d'avoir des amies très, très, très bavardes ? Ce matin, téléphone de 3/4 d'heure, il y a quinze jours, de 1 heure. Alors, parfois, je ne réponds pas, mais c'est reculer pour mieux sauter. Sinon, je peux invoquer une envie pressante, ou que l'on frappe à ma porte. Mais pas trop souvent, ça deviendrait suspect. Ce matin, ce fut ma voix défaillante qui m'a sauvé mais au bout de 3:4 d'heure tout de même.

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lundi 6 janvier 2025

La surprise du lendemain

Le lendemain, le dimanche donc, comme j'avais en poche un billet (qui ne m'avait pas coûté cher !) pour la Biennale d'Art contemporain, je décidai d'aller faire un tour sur un site qui m'attirait l'œil depuis longtemps : celui des Grandes Locos, à la Mulatière (sorti sud de Lyon). Plus d'ailleurs pour le site lui-même que pour ce qui y était exposé (sur le quel les appréciations étaient assez tièdes). 


En cours de visite, je fis par hasard la connaissance d'une dame très sympathique avec je passai presque tout l'après-midi. Elle était copiste musicale et passionnante. Par crainte de m'engager sur une impasse ou de lui donner de faux espoirs, je la tins vite au courant de mes goûts sensuels. Ca la fit rire de voir que je me sentais "obligé" de le lui dire. 

Visite donc, échange riche sur la musique, l'opéra en particulier, les grandes salles lyriques d'Europe. Elle était fumeuse. Je lui offris une cigarette et elle un vin chaud. Nous nous quittâmes sur une bise et l'échange de nos coordonnées. 

Mon week-end n'a vaiment pas été banal !

jeudi 6 juin 2024

Encore une histoire de bombardements

Ces histoires-là, je les tiens plus particulièrement de ma mère qui m'en a raconté bien d'autres.

Dans un hameau voisin du sien, une femme qui regardait le "feu d'artifices" de son balcon n'a jamais vu le bouquet final : une bombe (ou son souffle ?) l'a encastrée dans ledit balcon. 

Lors de ces attaques aériennes, ma mère et ma grand-mère ne se réfugiaient pas dans les caves. Elles fuyaient dans la campagne, plus exactement dans un grand pré au-dessus du village, proche d'un bois (où d'autres ont trouvé la mort). Ma mère souffrait alors d'une maladie de peau qui l'obligeait à s'enrouler tout autour du corps des bandelettes enduites d'une pommade grasse. Une vraie momie égyptienne ! Alors, quand l'alerte résonnait, il fallait faire vite pour se "déballer". J'ai toujours ri de cette histoire mais ça ne devait pas être très drôle !

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mardi 7 mai 2024

Une longévité certaine

Vous avez dit Gisèle ?

Le prénom Gisèle est dérivé du prénom germanique Gisila., formé à partir du mot germanique gisil, qui signifie "otage". Sainte Gisèle était l'épouse du roi Étienne de Hongrie au XIe siècle, se retira dans une abbaye en Bavière après la mort de son mari.

Le prénom Gisèle fut introduit dès le Moyen Âge en Europe et se répandit surtout en Autriche et en Hongrie. Sa popularité resta toutefois très discrète dans les autres pays. Le prénom Gisèle ne disparut pas pour autant, sans doute grâce au ballet romantique d'Adolphe Adam intitulé "Giselle" et créé en 1841. En France, c'est aussi à ce ballet que Gisèle doit son ascension à la fin du XIXe siècle. Le prénom fut rapidement adopté par les Françaises et il connut un grand succès de 1920 à 1965 avec un pic d'environ 4300 naissances en 1930. Sa popularité est plus discrète de nos jours.

Les Gisèle célèbres :

- Gisèle (757 - vers 810), également appelée Giselle, Isberge, Isbergue ou Sisberge, fille de Pépin le Bref et sœur de Charlemagne

- Gisèle (781 -ap. 814), fille de Charlemagne 

- Gisèle Casadesus, actrice française (1914-2017)

- Gisèle Halimi, avocate française (1927-2020)

- Gisèle, prénom de l'une des Vamps (l'autre étant Lucienne). 

- Beyonce Giselle Knowles (née en 1981), actrice et chanteuse R&B américaine

dimanche 21 avril 2024

mercredi 21 février 2024

Xanthippe

Nous savons tous ce qu’est un Don Quichotte, plus rares sont ceux qui savent ce qu’est une Xanthippe. L’épouse de Socrate est l’une des rares femmes de la Grèce antique à être passée à la postérité. Malgré son caractère réel, historique, dont attestent les textes philosophiques de Platon et de Xénophon, sa figure a gagné une dimension allégorique au fil des siècles dans les différents ouvrages qui retraçaient la vie de Socrate, et qui, tous, lui attribuent un trait de caractère particulier : la mauvaise humeur envers son mari. Aujourd’hui, son nom est passé dans le langage courant : une « Xanthippe » désigne une épouse acariâtre. Derrière la banalité de ce mauvais caractère, que savons-nous d’elle ?

(...)

Dans Le Banquet de Xénophon, Socrate s’étonne que les hommes ne cherchent pas à éduquer leur épouse. Antisthène lui répond alors :

– Comment se fait-il qu’avec de telles idées, tu ne cherches pas toi-même à former Xanthippe au lieu de supporter de vivre avec une femme qui est la plus désagréable des femmes d’aujourd’hui, et même à mon avis, d’hier et de demain ?

– C’est parce que je vois que ceux qui veulent devenir d’habiles cavaliers se procurent non pas les chevaux les plus dociles, mais les plus rétifs. Ils pensent en effet que s’ils sont capables de retenir de tels chevaux, il leur sera facile de manier les autres ; de la même façon, moi, désireux de vivre avec les hommes et de les fréquenter, j’ai pris cette épouse, sachant que si je la supportais, je vivrais facilement avec le reste de l’humanité .

(Texte tiré de : Xanthippe, l’anti-logos, de Marie de Gandt)

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jeudi 15 février 2024

La loge (4)

A la communauté, ma chambre donnait sur la rue, celle de M. dans la cour (chef oblige...). Une nuit d'été, il me réveilla pour me montrer ce qui se passait juste sous ses fenêtres. C'est un bruit étrange qui l'avait réveillé. Il voulut me faire deviner d'où il provenait mais je donnai ma langue au chat. Alors, en me penchant à la fenêtre, je vis : la concierge était assise sur une chaise qui disparaissait sous son postérieur volumineux, elle avait relevé sa robe sur ses cuisses blanches et quelque peu flétries. L'esclave était agenouillée à ses pieds, elle puisait avec une louche de l'eau qu'elle reversait sur les cuisses de sa maîtresse, maîtresse qui, à chaque louche, lançait un long soupir d'aise. Et cela dura, dura ....

mardi 13 février 2024

La loge (3)

Madame F., la concierge, n'étant pas très agile vue sa corpulence, avait "embauché" une pauvresse, au physique aussi sec que l'autre était épanoui pour nettoyer l'escalier. Yvon et moi avion surnommé cette femme Zézette, ou l'Esclave. Avec ce deuxième surnom, nous n'étions pas loin de la réalité car la "patronne" la surveillait de près quand elle passait le balai. Et leurs échanges étaient à mourir de rire :

- Madame F. : - Madame !

- Zézette : Plaît-il ?

- Madame F. : Vous n'avez pas nettoyé convenablement l'avant-dernière marche !

Le registre de langue planait haut, n'est-ce pas !

Mais je n'ai pas encore dit que Madame F. avait été fleuriste du président Coty !

lundi 12 février 2024

La loge (2)

Notre communauté, au départ, était uniquement composée d'hommes, même si des filles venaient parfois nous rendre visite dans la journée. Ces hommes, à une exception près (moi), étaient d'anciens prêtres ou séminaristes en rupture de bans avec l'institution. Puis, peu à peu, ils rencontrèrent des copines qui, pour certaines devinrent leurs épouses. 

Pourtant, un seul couple logea vraiment dans l'appartement. Il leur fallut trouver un grand lit, ce qui faisait défaut dans les lieux. La concierge, toujours généreuse, en proposa un à elle (où avait-elle pu le loger ?). Résultat : au bout de quelques temps, toute une aile de l'appartement (Dieu merci, pas celle où se trouvait ma chambre) fut envahie par les punaises de lit. Il nous fallu tous évacuer les lieux pour un temps, le temps que l'entreprise contactée fasse son travail efficacement. .

Le dermatologue qui logeait au-dessus de chez nous en récupéra aussi. Quand elle en eut connaissance, la concierge prétendit que les bestioles étaient venues de chez lui .....

dimanche 11 février 2024

La loge (1)

A droite, au fond du hall d'entrée, près de la porte de la cour (où donnait sa seule fenêtre), la loge de la concierge, Madame F. J'avais vingt ans, elle devait en avoir une soixantaine, elle me paraissait vieille. Mais ce qui marquait chez elle, c'était sa corpulence. Je l'ai vue plus souvent assise sur une chaise dont débordait son imposant postérieur que debout à nettoyer la montée d'escalier. Mais tous les bourgeois de l'immeuble l'avait adoptée et pas question de lui faire la moindre remarque. 

Personne n'entrait dans cette loge. J'ai eu cet "honneur" lorsqu'elle me demanda d'acheter pour elle un bouquet de fleurs qu'elle voulait offrir à un mariage. Je me suis faufilé dans cette pièce qui ne devait pas dépasser les cinq mètres carrés et où s'entassaient télévisions hors d'usage, pneus de voiture usagés et autres objets à elle tout aussi inutiles. D'un vieux sac à main, elle sortit un billet de cinq cents francs pris au hasard parmi d'autres nombreux semblables (je n'en avais jamais vu autant !). Au retour (le bouquet n'en valait pas le dixième), elle ne voulut pas de sa monnaie. Le bonheur à l'état pur pour moi qui était étudiant ne roulant pas sur l'or ! 

C'est la seule fois où je suis entré dans son antre. Le reste du temps, nos échanges se passaient dans le hall où elle se tenait la majeure partie de la journée. Elle avait fait de M., le "chef" de la communauté, son héritier. A sa mort, nous avons découvert qu'elle était propriétaire d'un grand appartement, toujours dans ce quartier chic, appartement où il était impossible d'entrer car tout aussi encombré que la loge. J'ai appris plus tard ce qu'était le syndrome de Diogène. A l'époque, ce brave homme n'était que celui qui avait viré Alexandre de son soleil ...  Mais moi aussi, je cherchais .... Bon, passons !

dimanche 16 juillet 2023

Denise

Denise, je ne la connais pas. Mais elle, elle me connait. C'est du moins ce qu'elle m'a dit ! Je commençais ma promenade matinale lorsque j'entendis quelqu'un frapper de l'intérieur à la vitre d'une voiture. Voiture inconnue de moi. Je m'approchai pourtant : peut-être avait-on besoin de moi. 

Une fois la vitre baissée, je vis une vieille dame toute ratatinée qui me souriait et me dit : "Je vous connais !". J'avais beau la regarder, elle ne me rappelait personne. Je le lui dis. "Mais si, je vous connais, je suis là tous les jours !". A quoi bon lui répliquer que moi pas ? 

Elle n'avait besoin de rien, non, non. Juste de parler peut-être. Elle continua : "Il est parti depuis un bon moment. Je n'ai pas voulu y aller.". "Vous promener ?" "Oui, pas envie. Mais il en met du temps !". Quoi répliquer ? "Si vous le voyez, dites-lui de se dépêcher. J'en ai marre d'attendre." 

Avant de la quitter, je le lui promis. Mais qui était-il, ce "lui" ? 

A peine un peu plus tard, je vis un homme promener son chat en laisse. Elle ne m'avait pas parler de chat. Et puis, il était trop jeune ... A moins que ce ne soit son fils ? 

Allez, Denise, j'espère qu'il ne t'a pas fait trop attendre. Ça chauffe vite, une voiture au soleil !

dimanche 19 février 2023

Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre

(...)

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant, au coin d'une rue égarée,
Et la tête et l’œil bas comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a par un soir d'hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.

Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,
Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon cœur.

Charles Baudelaire, Poésies diverses.