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lundi 15 décembre 2025

Noël ? Pour vivre quoi ?



« Les fêtes de fin d'année » voilà l'expression ce que l'on entend désormais le plus souvent. Dans mon enfance on fêtait « la naissance de l'enfant Jésus », dont le sommet était la participation à la « messe de minuit », durant laquelle montait mon impatience, car je savais qu'à ce moment-là « le petit Jésus » viendrait déposer mes cadeaux au pied de la cheminée. On y laissait une carotte et un navet pour son âne. (Celui qui l'avait amené jusqu'à Jérusalem). Au retour chacun déballait son cadeau, un et un seul, puis on mangeait le « pain gâteau » confectionné par mon frère avec mon aide modeste. La seule nuit où on avait le droit de se coucher très tard.

Bien sûr la magie de tout cela a disparu l'année où on se moqua de moi à l'école parce que « je croyais encore au Père Noël ». Ma mère  m'expliqua le pourquoi du comment, que j'étais devenu « un grand garçon ». C'était très bien. De ma déception naquit une fierté.

Me voilà septuagénaire, le souvenir de cette époque apparaît comme une bienfaisance de l'enfance. Quel terrible contraste face au spectacle affligeant de la consommation effrénée qui ne cesse de gonfler et finira un jour dans une explosion dévastatrice.

Noël, littéralement, signifie la naissance [dies natalis : jour de naissance]
25 décembre : fin de la nuit la plus longue. Retour progressif de la lumière.
Célébration de la naissance du Christ pour les chrétiens — célébration du retour de la lumière pour certains et fête de la grande bouffe pour d'autres. Bien souvent, l'alcool aidant,on s'engueule pour tout et pour rien, pour la poularde trop cuite, pour la politique en France, forcément déplorable,  et vivement l'extrême droite au pouvoir. Faut bien essayer la dictature, pour voir ce que c'est ! Ou alors, vive la liberté de faire n'importe quoi et d'emmerder son voisin. Supprimons la police mais gardons la cocaïne. Enfin bref, on finira de toute façon par se quitter fâchés… et rendez-vous à Noël prochain !

Dans mon cabinet de consultation, en janvier je ramassais à la petite cuillère les dégâts des [soi-disant] fêtes qui avaient viré au cauchemar, et on ne savait même plus comment vraiment c'était arrivé, ni qui avait commencé… heureusement j'avais fait le renouvellement des boîtes de mouchoirs en papier !

Et pour moi ?
Ce sera exactement le renouvellement du sens premier : fêter le jour de naissance.
— La mienne d'abord, puisque je suis né un soir de 24 décembre ! Plus tard, après mes 12 ans, fêter le commencement d'une renaissance. Et là s'imposent des pensées pour celles et ceux qui y ont contribué. J'ai eu souvent l'occasion de les évoquer.

— Ensuite,  la naissance de l'amour pour celle qui est devenue mon épouse pour toujours. Aujourd'hui nous pensons l'un et l'autre qu'une lumière nous fut donnée et qu'elle est comme celle de la flamme d'une bougie que l'on transmet à d'autres pour constituer une chaîne lumineuse dans la toute petite humanité où nous sommes en transit.

— Et encore le jour de naissance de chacun de nos enfants, reçus comme des promesses d'accomplissement.  Maintenant qu'elles approchent de la cinquantaine, je me réjouis de la chaîne de transmission positive que je vois vivre à l'échelon de mes petits-enfants. Suis-je justifié de m'en réjouir ? En tout cas j'admire ce que ma descendance accomplit. 

— Le cadeau de pouvoir nous réunir en famille plusieurs jours pour vivre et partager la joie d'être ensemble, car, ainsi en est-il de la génération d'aujourd'hui, chacun s'éparpille sur la planète. Certains feront plusieurs heures d'avion, de train ou de voiture pour être là.
J'en espère des jours lumineux. Que chacun apporte sa lumière intérieure, la laisse vivre. Le temps s'écoulera dans la joie simple, comme nous l'avons déjà vécu  de précédentes années.

Enfin , je me tourne vers toutes celles et ceux, connus et inconnus, qui traversent des épreuves, des ténèbres personnels, et j'en connais dans mon entourage proche.
 Les victimes de toutes sortes, des guerres, des violences physiques, les femmes particulièrement. Et puis toutes les autres crapuleries à travers le monde en particulier celles de l'ombre que l'on crée ou entretient, parce que c'est là, à l'abri des regards, que l'on peut agir impunément.

Mais  la lumière rejaillira toujours jusqu'à ce que vienne « le jour de clarté »
celui que chantait Graeme Allwright en 1968



lundi 8 décembre 2025

Téléthon

 

L'autre soir, j'ai regardé le Téléthon. J'ai même appelé le 36 37.
Ma relation à ce « système AFM » a été fluctuante au fil des années. Je suis allé voir dans mes vieilles archives, ayant souvenance de l'avoir évoqué. Je retrouve un texte de 2006. 20 ans exactement. Rien n'a changé : toujours Miss France et le téléthon le même soir.
J'en publie quelques extraits. J'étais vachement plus virulent il y a 20 ans ! (Bien trop long aussi et parfois brouillon),
Est-ce que je me suis trop émoussé ? Est-ce que je ne m'indigne plus suffisamment ?
Synthétisons : suis-je devenu si vieux que ça ?


Cependant le fond de contestation demeure : la responsabilité de l'État dans ce système de purification génétique.

Extrait de mon blog de décembre 2006 :

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Miss France et le Téléthon

Une fois n'est pas coutume, il y aura ce soir à la télévision deux programmes très complémentaires et le choix sera difficile.
D'un côté l'élection de Miss France, le déballage d'ersatz de la beauté ; de l'autre le téléthon, le déballage d'ersatz de la compassion.


Étalage des corps (étalage décor)

Ce soir la télé va vous montrer des corps.
Vous y aurez droit des deux côtés. Vous pourrez admirer de belles plastiques où vous apitoyer sur des enfants déformés. Votre côté voyeur sera pleinement satisfait, avec un zeste de piquant en zappant d'une chaîne à l'autre. Jeunes corps quasi dénudés exhibés d'un côté ; jeunes corps déformés par la maladie, cachés au fond des fauteuils roulants, d'un autre.

L'objectif de ce voyeurisme est le même. Dans les deux cas, il s'agit de vous émoustiller, mais pas au même endroit ni de la même manière...
En regardant "les anormaux" du téléthon et en les comparant aux beautés répertoriées et interchangeables des Miss, vous allez être dérangés au beau milieu de vos neurones. Déstabilisés par ce contraste. Alors pour y mettre fin vous serez prêt à faire un don, afin de ne plus voir dans l'avenir "les anormaux", qui dérangent la quiétude lisse de l'élection de Miss France.

Car finalement c'est bien ce vers quoi il faut tendre. L'uniformisation de la race humaine. A peu de choses près, toutes les Miss ont sensiblement le même corps, la même plastique, la même taille, des mensurations contenues dans des normes précises. "Les anormaux" sont disparates, ils nous provoquent trop par leurs différences, par leur aspect "pas-comme-tout-le-monde". Or c'est vers cela qu'il faut tendre. Que chacun soit comme tout le monde et le bonheur devrait finir par apparaître. 
Le monde merveilleux des Miss voilà un réel projet de société.
Le monde merveilleux sans les "anormaux" et les handicapés en voici un autre, plus intéressant encore.


Sélection des meilleurs

 La recherche en vue de développer l'aptitude au bricolage dans les gènes humains, est l'essentiel des financements de l'AFM. 
Soigner en vue de réparer les conséquences des loupés de la nature, est une chose ; intervenir sur l'origine de la vie (en bricolant le génome humain) pour tenter de supprimer la cause première, c'est tout autre chose...  Sélectionner les embryons, en triant les bons des mauvais (diagnostic préimplantatoire), ouvre sur des perspectives qui devraient nous interroger quelque peu... 

C'est un peu comme l'élection des Miss. Le jury va sélectionner la meilleure. Le chercheur-appreti-sorcier, sous son microscope, va se comporter comme le jury et sélectionner aussi le meilleur embryon, puis congèlera les autres et un jour les détruira.
C'est comme avec les Miss. Les jeunes femmes  "insuffisamment normalisées" sont renvoyées à la maison.  mais, pour l'instant elles ne sont pas détruites comme les embryons ... 

A quand l'élection de Miss France génétiquement purifiées ?

heureusement,  le show du téléthon, les propos lénifiants des animateurs, tout comme l'extase d'un jury devant les Miss, sont là pour nous empêcher de trop réfléchir. Ce qui compte c'est de voter pour la plus belle d'un côté, de faire le 36.37 pour donner des sous de l'autre.

Ensuite,  la bonne conscience en bandoulière, nous passerons à autre chose... Et il faudra bien se poser la terrible question cruciale :


— Qu'est-ce qu'on va donc bien manger à Noël cette année ? 

 

mardi 2 décembre 2025

La personne abandonnée



Combien furent-elles/ils, les abandonné(e)s, à venir dans mon cabinet de consultation ?
Je n'ai pas décompté. De nombreuses personnes en tout cas. Sans vouloir catégorier on peut toutefois quelque peu distinguer :

— Les « abandons objectifs », à la naissance, « né sous X », ou la mère décédée dans la toute petite enfance, et autres cas particuliers comparables.

— Les gens qui vivent le « sentiment d'abandon » jusqu'au plus profond d'eux-mêmes  par celles et ceux qui avaient en charge leur éducation, à commencer par les parents, et en premier la mère. Sentiment ressenti fréquemment dans bien des circonstances, à l'école, puis adulte et même plus tard jusque dans leurs relations amoureuses.

Ces accompagnements se déroulent fréquemment dans la durée et selon mon constat, celle-ci est plus longue avec les hommes. Je n'en fais pas une loi générale,  c'est uniquement mon expérience. Je crois que l'homme, même s'il s'en défend généralement, est plus fragile dans la mesure où il cherche à s'en sortir  par rebondissements successifs, suivis souvent d'échecs successifs.
Les femmes ont une capacité de résilience plus intense. Elles accèdent plus facilement à la profondeur de leur personne. Elles sont plus matricielles. Plus intériorisées.
Plus proche des aspects émotionnels, relationnels, sensoriels et spirituels.
On me dira que je schématise et simplifie. C'est partiellement vrai. Je n'écris pas ici un traité sur tous ces sujets…

Le sentiment d'abandon est souvent complexe. Les situations très différentes. L'enfant a été « bien éduqué », selon les principes reçus, la lignée familiale, le milieu, les théories éducatives de l'époque parfaitement appliquées.  Bref, les parents ont fait comme ils pouvaient avec ce qu'ils étaient.  Des parents ordinaires, pas plus mauvais  ou meilleurs que d'autres… ou que moi-même…

Et pourtant l'adulte continue à se sentir comme ayant été abandonné. À 40 ans il/elle continue à en souffrir. Dans sa fratrie,  la personne considère être celle dont on s'occupa bien mal. On préférait les autres frères ou sœurs. Parfois la jalousie s'installe et justifie des processus de vengeance plus ou moins subtils, moraux ou physiques. Cela n'arrange rien, développe fréquemment une forte culpabilité destructive. Autrement dit : l'impasse.

Dans le long travail que  j'ai  entrepris sur moi-même pendant plusieurs années, je fus confronté au « sentiment d'abandon » qui me  fit remonter  à ma petite enfance avec des spasmes d'étouffement devant ma thérapeute. Mais qui donc m'étouffait ainsi ? 
La clé arrivera plus tard, par une amie de ma mère : Ma mère m'enfonçait le biberon dans la bouche. Elle le faisait tenir avec des coussins, puis allait s'occuper des clients dans la pièce à côté.
C'est passionnant de pouvoir vérifier certains ressentis en thérapie par une explication objective d'une tierce personne de l'époque. On se dit qu'on ne s'est pas leurré durant la séance sur la réalité objective, sur le factuel de l'époque.
 Et en plus il paraît que Madame ma mère était fière de cette manière… de m'abandonner… pas étonnant que je déteste le lait depuis toujours…
Néanmoins le travail fut long… mais bénéfique…

Et aujourd'hui ? L'angoisse de l'abandon a disparu. Une crainte demeure quand je me sens en état de faiblesse, de grande dépendance. Je continue en ces cas-là à penser que tout  le monde finira un jour ou l'autre par m'abandonner… et que j'y perdrais la vie.

Je m'en sors en revenant à cette certitude de mes liens intérieurs les plus profonds. Cette sorte  de reliance fondamentale et fondatrice à ce « plus que moi en moi » qui fait mon identité d'être humain unique au milieu de mes semblables uniques. Nous tissons l'étrange toile de cette immense tapisserie planétaire  dont je suis un fil. Image

Cette confiance demeure chevillée au corps que la solidarité finira toujours par triompher de l'égocentrisme mortifère. J'en ai  l'expérience. La lutte contre les séquelles de la polio était vouée à l'échec si elle avait dû se dérouler en solitaire. Je démontre cela le mieux possible dans mon livre « le passage se crée » : le passage de la mort à la vie. Je n'ai de cesse d'en remercier les vivants. Les vrais !

jeudi 20 novembre 2025

Novembre éparpillé en mots.



 

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Le ciel est très gris.
La terre est blanche. 
Il neige.
Entre les deux, des flocons descendent en rythmes différenciés.

La fenêtre sépare le chaud et le froid.
Différence théâtrale.
Le spectacle se déroule sur la scène. Pas le spectateur.

Dans ma vie d'aujourd'hui.
Exit l'acteur ou metteur en scène de vie, comme je l'ai été [ou croyait l'être] dans mon parcours professionnel.
L'eau de l'existence débordait, jaillissait, bouillonnait. Elle me donnait raison d'exister et d'essayer de servir.

Je relis mes écrits publiés de 2005 à 2015 
 (« 120 pensées plongeantes » éditions TheBookEdition).
 Je  m'en étonne. Tout cela était-ce bien moi ? Comme si un autre avait vécu ce temps-là, puis s'était enfui. 

Je suis désormais une eau à l'agitation calmée, au bouillonnement dormant, à la patience énervée, à la sagesse turbulente, la retenue explosive.

Où faut-il m'investir désormais ?
Sans doute aller au bout de mes engagements post-professionnels, là où on me sollicite encore. Est-ce suffisant ? 
Comment être inutilement utile ?

La neige faiblit et s'arrête.
Reprendra-t-elle ?
Le flocon redeviendra de l'eau et la pelouse verte.
Rien n'est pérenne.

L'arbre n'a plus de feuilles mais il n'est pas mort. Il a le sommeil du juste.
La sève neuve reviendra. Il le sait et l'attend

Je me sens proche du sommeil
engourdi comme la nature.

Novembre, morne transition nécessaire. 

dimanche 16 novembre 2025

Le XXIe siècle ne sera pas ...

… Malraux l'a dit : « le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas »


Dans le Petit prince de Saint-Exupéry, notre héros apprivoisa le renard.
« ...si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde.Je serai pour toi unique au monde... »

L'apprivoisement suppose que chacun fasse sa part de chemin vers l'autre. Cela demande du temps, de la gratuité, une volonté, un désir d'altérité.
 C'est ce qu'explique le renard : chaque jour tu pourras t'asseoir un peu plus près, mais ne vient pas n'importe quand ni à n'importe quelle heure. Il faut des rites, explique-t-il en substance.
C'est une longue aventure l'apprivoisement, avec ses joies, ses bonheurs et ses écueils. Les larmes et les éclats de rire. La compassion dans l'épreuve, la réjouissance des joies partagées et du bonheur de l'autre.

Les temps ont changé. Le Petit Prince s'en est allé, et le renard se terre au fond de son trou.

Aujourd'hui prenons-nous encore le temps de s'apprivoiser ? Il convient d'aller de plus en plus vite, chacun est pressé d'accomplir son individualisme. Courons vers ce qui nous attire à chaque instant et nous flatte. La radio m'explique que de plus de en plus de gens visionnent les vidéos en accéléré. Ça fait gagner du temps.

Les générations montantes vivent  entourées d'écrans et branchées sur  les réseaux sociaux. Le Smartphone est devenu un partenaire qui accompagne la vie à chaque instant : à la maison, au travail, chez des amis, au restaurant, au cinéma, (qui, soit dit en passant,continue de passer le film à une vitesse normale : quelle erreur… ), dans la rue, partout, même en conduisant les yeux plus souvent sur  l'écran que sur la route, provoquant ainsi des accidents mortels.

Je ne fais pas exception, je m'adresse à vous devant un écran. Mais la différence est que j'utilise mon écran d'ordinateur  pour y être proactif, rédiger des textes, des articles, créer, composer, bref un outil parmi d'autres. Mon Smartphone est le plus souvent en veille, en mode silencieux que je consulte peu de fois dans la journée.
  

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J'observe le développement de l'IA. J'ai testé la bestiole. On nous explique  que grâce à elle  il sera  prochainement très difficile de différencier ce qui existe réellement, de ce qui est fictif.  La génération qui vient affrontera ce qui n'a jamais existé dans les milliers d'années antérieures.  Tiendra-t-elle coup ?

Alors certes, l'IA permet de réels progrès dans des domaines qui servent l'être humain positivement, je pense à la santé en particulier et certains domaines scientifiques. En revanche, beaucoup d'emplois seront supprimés, des professions vont disparaître. Il faudra créer de nouveaux secteurs superflus et inutiles pour donner à des humains de quoi survivre avec un modeste salaire.

À quoi va bien pouvoir servir une démocratie dans les décennies qui viennent ? Les machines qui bourdonnent dans les Big Data (qui se développent d'une manière exponentielle sur toute la planète et accélèrent l'épuisement des ressources) volent et pillent 24H/24H tout ce qui passe par le net partout sur la planète Terre. L'objectif est de tout  engranger pour modéliser notre vie, décider  à notre place, tout en nous maintenant dans l'illusion  qu'on  choisit encore librement  par soi-même.  On se base sur un principe simple et avéré : les humains sont comme les moutons de Panurge !


 Big Brother qui nous faisait flipper dans notre jeunesse, c'était vraiment petit joueur par rapport à ce qui s'organise pour la suite du XXIe siècle.

Mais j'allais oublier mon propos liminaire… ce siècle ne sera pas !

Je crois que je vais aller me verser un petit verre de rhum arrangé, fait maison,  que ma fille ramène des îles lointaines…