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lundi 15 janvier 2018

En toute simplicité


C'est un thème de saison, "Festivité(s)" que nous propose Edith Cubérés-Dutertre pour ce mois de janvier.



J'ai choisi une photo prise dans un village, lors de la fête de Τσικνοπέμπτη, à l'occasion de laquelle les orthodoxes mangent une dernière fois de la viande avant le début du carême, mais alors en grande quantité  ! Comme toujours, une fête ne se conçoit pas sans musique et danse traditionnelles, et si ce n'est sur la place du village, c'est dans une de ses rues.


Danse populaire Foinikounda Peloponnese
Foinikounda (03.03.2016)

Vous trouverez quel est le sens de la fête des autres participants en cliquant sur les liens ci-dessous :

Akaieric, Alexinparis, Amartia, Angélique, Aude, Betty, BiGBuGS, Blogoth67, Bubble gones, Cara, Carolyne, Chat bleu, Chiffons and Co, Christophe, Cricriyom from Paris, Céline in Paris, Danièle.B, DelphineF, El Padawan, Escribouillages, Eurydice, François le Niçois, Frédéric, Gilsoub, Gine, Giselle 43, J'habite à Waterford, Jakline, Josette, Josiane, Julia, Kellya, Krn, La Fille de l'Air, La Tribu de Chacha, Lau* des montagnes, Laurent Nicolas, Lavandine, Lavandine83, Lilousoleil, Lyonelk, magda627, Magouille, Mamysoren, Marie-Paule, Memories from anywhere, Mirovinben, Morgane Byloos Photography, Nicky, Pat, Philae, Philisine Cave, Pilisi, Renepaulhenry, Sandrin, Sous mon arbre, Tambour Major, Ventsetvoyages, Who cares?, Wolverine, Xoliv', écri'turbulente.

mardi 29 octobre 2013

Le tsifteteli - Το τσιφτετέλι


Le tsiftetèli est le troisième rythme que l'on trouve dans le rébétiko. Roi des cafés-aman d'Istanbul et de Smyrne, il arrive en Grèce avec les réfugiés de 1922. Son nom signifie "sur deux cordes" faisant ainsi référence à la sorte de violon à deux cordes utilisé dans tout le Moyen-Orient, appelé le rabab.

C'est une sorte de danse du ventre, mais pas aussi sophistiquée que celle que l'on trouve dans le Monde Arabe. Elle est dansée principalement par les femmes, seules ou en groupe, ce qui n'empêche pas les hommes de se joindre à elles sur la piste.

Pas facile de vous choisir une vidéo pour vous la présenter, car elles sont nombreuses, mais souvent factices.

D'abord, ce petit extrait du film "Rébétiko" de Kostas Férris, paru en 1883, dont je vous reparlerez sûrement.




Lorsque l'on dit tsiftetéli, on pense aussitôt à Rosa Eskénazi.  Voici une des rares vidéos dans laquelle on peut la voir chanter, même s'il s'agit d'un montage pas très habile.



Et puis le tsiftetéli c'est un grand nombre de chansons du type smirnaïka, qui perdent petit à petit leur côté oriental et qui font les délices des soirées branchées, des émissions de TV, mais aussi des mariages.

La vidéo qui suit est un extrait de la fameuse émission "Στην υγεια σας" - A votre santé. La chanson date de 1936 est a été écrite et composée par Anestis Delias.





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Et pour retrouver l'ambiance d'origine, voici l'originale, qui a bien sûr ma préférence.



vendredi 2 août 2013

Le Hassapiko - Το Χασάπικο


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S'il y a une image bien commune en Grèce, c'est celle de ces trois danseurs, qui se tiennent par l'épaule. Nombre de tavernes l'ont prise pour emblème.

Ils dansent le Hassapiko, c'est-à-dire "la danse des bouchers". On fait remonter son origine à la période byzantine, quand les bouchers de Macédoine et d'Istanbul en avaient fait la danse de leur confrérie. Elle est aussi appelée "Makelarikos". 

Elle a été importée en Grèce continentale par les réfugiés d'Asie mineure et reprise par les rébètes, notamment par Markos Bambakaris qui a composé une des chansons les plus célèbres sur ce rythme: I Frankosyriani. (Je ferai bientôt un billet sur M. Bambakaris).

Le Hassapiko se danse à deux, trois, mais rarement plus de cinq personnes, car les combinaisons de pas sont nombreuses et la synchronisation entre les participants est nécessaire. Il est donc préférable de l'exécuter avec quelqu'un avec qui vous vous entendez bien ! 

On distingue le Hassapiko lent, du Hassapiko plus rapide, appelé aussi hassaposerviko.


C'est sur la base du Hassapiko que le Syrtaki a été créé  de toute pièce, en 1964, pour les besoins du film de Michael Cacoyannis : Zorba le Grec.


Rappelez-vous




D'ailleurs, Kazantzakis, dans son roman, faisait danser le zeïmbekiko - et non pas le hassapiko - à Zorba :

"- Viens, Zorba, criai-je, apprends-moi à danser !
Zorba bondit, son visage étincela.
- Danser, patron ? fit-il. Danser ? Allez ! Viens !
- Allons-y, Zorba, ma vie a changé, hardi !
- Pour commencer, je vais t'apprendre le zeïmbékiko. Une danse sauvage, martiale; nous, les comitadjis, on la dansait avant la bataille. 
(...) Il fit un saut, ses pieds et ses mains devinrent des ailes. Comme il s'élançait, tout droit, au-dessus du sol, sur ce fond de ciel et de mer, il ressemblait à un vieil archange révolté. Car cette danse de Zorba était toute de défi, d'obstination et de révolte. On eût dit qu'il criait : "Qu'est-ce que tu peux me faire, Tout-Puissant ? Tune ne peux rien me faire, sinon me tuer. Tue-moi, je m'en fiche. Je me suis déchargé la bile, j'ai dit tout ce que je voulais dire : j'ai eu le temps de danser et je n'ai plus besoin de toi".


Depuis lors, le Syrtaki est devenu, paradoxalement, le symbole des danses grecques, alors qu'il n'a rien de traditionnel. Mais lorsqu'une flashmob est provoquée, personne ne résiste :





jeudi 15 juillet 2010

Le Zeibekiko


Le zeibekiko est la danse par excellence liée au rebetiko. Traditionnellement, elle n'est dansée que par les hommes et par un seul à la fois. Lorsque quelqu'un passe commande à l'orchestre d'un zeibekiko, les autres danseurs doivent quitter la piste, ou tout au plus mettre un genou à terre et taper des mains en rythme pour encourager le danseur.

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David Prudhomme - http://bderebetiko.blogspot.com/

Il n'y a pas vraiment de pas prédéfinis. Tout est dans l'attitude. Au début, les bras écartés, le danseur fixe le sol comme s'il allait en sortir tous les maux de l'enfer, comme s'il devait dominer ses propres peurs, ses propres démons. Il lui arrive même de frapper le sol pour les défier, un peu comme s'il les appelait à venir se battre. Il titube – pas seulement au figuré, on dit que pour bien danser le zeibekiko, il faut avoir la mastoura (l'ivresse de l'alcool ou du haschich) - il se laisse porter, voire déporter, d'un côté de l'autre, puis, en fonction de la musique, ou des paroles du rebetiko, il s'enhardit, il relève la tête, il tourne sur lui-même, il frappe son talon d'une main, ou passe une jambe au-dessus de la tête de l'un des amis accroupis au bord de la piste.



Ayez la patience d'attendre le début de la musique (34")

Il y a autant de manière de danser le zeibekiko que de danseurs. Chacun peut broder, inventer une figure, en rajouter ! Il y a des classiques : se tenir sur un pied sur un verre posé à terre ou aller chercher ce verre avec la bouche et se relever en en buvant le contenu, avant de le fracasser en le jetant à terre. Il y a même un film des années 50 qui montre un danseur saisir une table carrée entre ses dents et continuer à danser ainsi...

Chacun, qu'il le veuille ou non, exprime sa personnalité, son humeur du moment et voir quelqu'un danser le zeibekiko, vous en dit plus sur lui qu'un test psychologique ! J'ai souvent pensé qu'un zeibekiko vaut amplement une séance chez le psychanalyste (sans offense pour les professionnels !)

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Jacques Lacarrière – dans son "Dictionnaire amoureux de la Grèce" – exprime, je crois, le même sentiment :

"Et d'un coup, sans m'occuper de quiconque, pas même de mes amis qui m'encourageaient bruyamment, j'ai tourné, louvoyé longtemps entre terre et ciel, au rythme d'une chanson dont je me souviens qu'elle disait inlassablement : "Je t'en prie, je t'en prie, laisse-moi, je ne veux plus vivre...". (...) Je ne me suis pas mis à danser le zeibekiko, c'est le zeibekiko qui s'est mis à danser en moi et qui longtemps habita mon corps. "

Aujourd'hui, le zeibekiko que l'on voit danser dans les boîtes de nuit à la mode, ou dans les émissions de télévision, a perdu de son caractère quasi sacré. D'abord, au grand dam de certains, les femmes le dansent aussi, ce qui n'est pas pour me déplaire, car c'est trop jouissif pour ne laisser cela qu'aux seuls mâles ! Mais surtout, la bonne société (qui a longtemps méprisé le rebetiko, car provenant des classes laborieuses) a édulcoré cette danse. Elle ne se laisse plus aller et les danseurs semblent très attentifs à ne pas se dévoiler et se contentent le plus souvent de se copier les uns les autres, ce qui a même entraîné la création de cours de zeibekiko !