Les premières années de Madame dans l'enseignement, le dossier de l'élève se composait d'une simple fiche avec ses nom, prénom, date de naissance et les coordonnées de ses parents.
S'il venait au secrétariat se plaindre d'un mal de tête, il recevait une petite aspirine, il ne fallait pas l'accord écrit des parents pour la lui donner.
Dans les années 80, Madame n'avait aucun élève avec des allergies et elle ne savait pas encore que la dyslexie existait.
Puis les dossiers se sont étoffés: il fallait désormais pour chaque élève une "chemise" comportant des tas de papiers indispensables, des attestations, des autorisations... et on a commencé aussi à y ranger tout ce qui concernait la "discipline".
Quand on est passé au dossier digitalisé, c'est devenu tout à fait impressionnant: chaque fait quotidien y est conservé.
Chaque retard, chaque absence, les justifiées et les non justifiées, dans de merveilleux graphiques en couleurs.
Chaque
résultat obtenu, de chaque année, chaque observation écrite par un prof
à propos d'une interro, d'un devoir, d'un examen.
Ce qui a été dit aux conseils de classe ou lors d'entretiens avec les parents.
Des dossiers médicaux, parfois lourds.
Des dossiers de suivi psychologique ou autre.
Bref, Madame comme prof ne voulait même pas savoir où habitaient ses élèves ni quel métier faisaient les parents, de peur de leur coller une étiquette, et comme coordinatrice elle gérait les dossiers où il y avait tout, tout, tout, tout, tout...
Tout, c'est-à-dire trop.
Et trop, c'est trop.
Rencontre du troisième type
Le
liquide primitif commençait à refroidir. Des objets célestes tombaient
du ciel et s’enfonçaient dans l’océan, apportant des sources de vie. Des
êtres microscopiques nageaient dans tous les sens. Une croûte commença à
se former. Des montagnes se dressèrent. Des bestioles étranges prirent
possession du sol sec. Ils se multiplièrent et mutèrent sans façon.
Comme
on dit habituellement, deux minutes avant le présent, l’intelligence
apparut. De nombreuses guerres eurent lieu. Et régulièrement à la
moindre secousse sismique toutes les constructions en briques
s’écroulaient. Mais bientôt la dissuasion s’acheva de guerre lasse.
Enfin les ingénieurs trouvèrent une solution élégante pour consolider
les bâtiments.
Tous
les problèmes matériels et logistiques étaient résolus. Mais des pensées
telles que - Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi ? - étaient
toujours présentes.
Zut ! C’est l’heure. Mon café est encore froid. Même avec mon petit doigt levé, il a du mal à passer. Et cette peau étrange qui grouille sur le lait refroidi me laisse comme un arrière goût amer dans la bouche ...
Oui, j'ai emprunté comme titre un de ceux que notre amie Adrienne utilise à intervalles réguliers sur ce blog qu'elle alimente d'un billet quotidien avec l'implacable régularité d'un métronome (même que si jamais il en manque un un matin, je la vois immédiatement emplafonnée sur un platane avec sa voiture ou agressée par une tribu d'australopithèques patibulaires sur une plage de la Mer du Nord).
Donc, elle a parfaitement raison : X, c'est l'inconnu !
Et ça s'applique aux deux sexes, puisqu'en algèbre, X, c'est l'inconnue.
Et y a pas que ça : les rayons X par exemple, (un de mes ex-domaines de compétence) ils s'appellent comme ça parce que quand Röntgen les a découverts, il ignorait (presque) tout de leur nature.
On peut donc supposer, sans en avoir vu un épisode, que la série X-files tourne autour de phénomènes inconnus et, effectivement, elle parle de dossiers d'enquêtes non résolues où sont intervenus des phénomènes incompréhensibles, "paranormaux" prétend l'un des personnages.
Chance, tu vois qu'au lieu de fichiers X on aurait eu des films ! Je te dis pas l'embrouille pour une petite lettre de rien du tout!
Pour moi, le X, plus qu'un inconnu, c'est surtout un problème : c'est déjà la quatorzième fois que je dois dégoter un truc débutant par X ! Vous en connaissez beaucoup vous de mots qui commencent par X ? Et je vous parle même pas des trois voisines de ce caractère, là tout au fond de l'alphabet : W (pour celui-là je vais devoir finir par donner de ma personne, m'demande bien ce que vous raconteriez !) Y, Z !
Tu t'étonnes qu'après ça, j'ai des airs d'Xtraterrestre ?
Je ne vous présente plus mes voisins Paulo et Jacky dont j'ai raconté ici même les aventures. Je ne sais pas comment s'y prennent ces deux là mais il leur arrive toujours des choses extraordinaires. Tenez, pas plus tard que samedi dernier...
P - Au fait Jacky
puisque tu es là tu vas m'accompagner chez Louis.
J - Eh ho je suis venu
pour l'apéro. Pas pour aller chez Louis. Qu'est ce que tu veux aller
faire chez Louis ? Il est revenu de la maison de retraite ?
P - Non justement. Tu
sais comment sont les gosses. Toujours à fouiner à droite et à
gauche...
J - Et alors ?
P - Ben figure toi que
ce matin ils vadrouillaient à Cantegril. Ils m'ont raconté qu'ils
ont vu la porte ouverte chez Louis.
J - Qu'est ce qu'ils
sont allés faire chez Louis ? Ils sont entrés ?
P -Je leur ai pas
demandé mais quand même il faut aller voir. Louis est un con mais
ça m'embêterait que sa baraque soit cambriolée. Si c'est le cas
j’appellerai les flics.
J - Mais il fait nuit
et il pleut. Ça peut pas attendre ? Et puis t'as pas besoin de
moi.
P- Écoute. Tu es là.
On y va.
J - Bon. T'as toujours
le dernier mot. Partons tout de suite. On prend ma voiture. Au
retour, je te dépose et je file. La Josette va encore se demander ce
que je fabrique.
P -Tu me fais rigoler
avec la Josette. Elle te sert souvent de prétexte. Moi je suis sûr
que moins tu es à la maison mieux elle se ...
J - La ferme Paulo. Je
me barre.
P - Non attends. Je
plaisante. C'est parti.
Effectivement il fait un temps à ne pas mettre un chrétien dehors. Les phares du 4/4 de Jacky trouent la nuit. Ils se garent en bas du village de Cantegril et suivent à pied sur 100 mètres le chemin caillouteux qui mène à la masure de Louis.
P- J'ai jamais mis les
pieds ici la nuit. Il faut être un sauvage comme Louis pour vivre
dans ce coin. C'est mortel. Brrrr. Regarde un peu ces sapins noirs
devant la maison. On croirait des fantômes. Et c'est quoi ces
loupiotes en dessous ? Quelqu'un est là. Ça s'allume et
ça s'éteint. Il faut partir. Vite.
J - Mais qui a voulu
venir ici ? Ma parole Paulo ! Tu as la trouille. C'est pour
ça que tu m'as demandé de te suivre hein ? Pétochard !
Tu as voulu venir on reste. Allez. Les loupiotes comme tu dis, c'est
des feux follets sur la mare. Louis m'en avait souvent parlé.
P- Ouais mais je te
jure que ça fout le frisson. Tu sais ce que disait ma grand-mère ?
Ce sont les âmes d'enfants morts sans baptême qui réclament des
prières. Et puis ce silence. Et par moment ces rafales de vent qui
fouettent les arbres. Puis plus rien. Il me semble reconnaître les
ricanements de Louis. Il nous surveille j'en suis sûr.Tu penses pas
qu'il avait des pouvoirs ?
J - Des pouvoirs ?
Quels pouvoirs ?
P- Ben on le disait un
peu sorcier...Moi, je n'avais pas confiance. Je me suis toujours
méfié de ce type.
J - Foutaises.
Dépêchons. J'ai pas que ça à faire. Pousse la porte qu'on voit de
quoi il retourne.
Paulo s'approche
prudemment et appuie sur la porte en effet entrouverte. Elle grince
et frotte le sol en émettant un bruit lugubre. Le bonhomme fait
vivement un pas en arrière alors que Jacky pénètre résolument
dans la cuisine en l'éclairant avec sa lampe torche. Un vrai taudis
mais ils ne sont pas surpris. Subitement la porte claque violemment
derrière eux. Paulo se fige.
P - Y a quelqu'un
Jacky. Foutons le camp. On va prendre un mauvais coup.
J - C'est un courant
d'air, idiot. Toi tu as trop regardé X-Files.
P - Tu n'entends pas
ces bruits en haut ? Filons. Je te dis que quelqu'un se cache
ici.
J - Eh bien on va voir.
Suis moi.
P - Ah non ! Je
suis pas fou moi. Je sors.
J - P'tain Paulo !
Tu m'embarques dans cette expédition et tu te défiles ?
Bravo ! Ah t'es courageux !
Pendant que Paulo regagne l'extérieur la tête dans les épaules Jacky grimpe les quelques marches qui mènent à l'étage. Il n'est quand même pas très gaillard et s'est muni d'un manche à balai qui traînait par là. Avec sa torche il inspecte chaque recoin de la pièce qui servait de chambre à Louis. Et quelle chambre ! Ça empeste la bête sauvage. Il s'arrête. Des grattements, un objet qui roule soudain derrière le lit l'alertent. Il faut avouer qu'il n'est pas trop rassuré mais il veut en avoir le cœur net. Il déplace le grabat avec son bâton. Et là surprise ! Sur un morceau de couverture une famille de loirs a élu domicile. Ils le regardent de leurs petits yeux noirs, claquent des dents et poussent des cris stridents.
Jacky rejoint Paulo.
P- Alors ? J'ai
entendu crier. Tu as vu quelque chose ?
J - Il y a du monde oui
dans le gourbi de Louis. On reviendra demain matin pour régler ça.
P - Bon sang. Je le
savais. Si c'est des revenants on demandera au curé de nous
accompagner.
J - J'y crois pas. T'es
vraiment relou mon pauvre Paulo. C'est juste une famille de loirs qui
s'est installée sur la paillasse de Louis.
P - Bon. Moi j'y touche
pas mais je connais le remède : pour les faire partir on n'a
qu'à enterrer deux crapauds vivants devant la porte.
J - De mieux en mieux !
Allez allons nous coucher. J'en ai assez entendu pour aujourd'hui. Et
sors toi toutes ces conneries de la tête que ça va te rendre fada.
Madame « x » a stoppé devant la vitrine du bottier
Ou trône une paire de bottes d’une rare élégance
Des bottes pour parcourir au moins sept lieues et plus
Sans se fatiguer en marchant sur des nues
Voulait-elle voir le prix resté caché ?
Voulait-elle la hauteur de talon vérifier ?
S’assurer que d’autres couleurs existaient ?
Personne ne le sut
Mais brusquement elle s’est penchée
Vers la vitrine pour mieux regarder
Bing ! Bang ! sa tête a percuté
Sur la vitrine si propre, si claire, si bien nettoyée
Qu’on ne la distinguait plus !
Ouf ! ni la tête, ni la vitrine ne se sont cassées
Mais vexée, ulcérée, mortifiée
Et sans les bottes reluquées
Madame « X » a filé sans se retourner !
X-Files cet inconnu... Comment, je ne sais pas, mais oui je suis passée à côté de cette série. Peut-être plus intéressée par les rendez-vous avec Mr X sur France Inter, peut-être moins attentive aux séries à cette époque.
J'avais tant aimé les séries cultes telles les "so British" : "Chapeau melon et bottes de cuir" ("The Avengers"), "Amicalement vôtre" ("The Persuaders") et les si californiennes : "Colombo" (génial le coup de voir le crime au début et de remonter le fil !) et "Pour l'amour du risque" ("Hart to hart") entre Bel Air et Beverly Hills...
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Et puis j'étais passée (comment fut-ce possible ?) du si sérieux et si peu
glamour Inspecteur Barnaby que je n'ai découvert qu'à l'occasion du
confinement du printemps 2020 et qui m'a emportée en Angleterre dans ces
jolis petits villages où tout va si bien... en apparence !
X-Files avec un duo de si beaux personnages et un sujet qui me passionne : comme ça m'aurait plu ! Fait étrange ou fait exprès, je viens tout juste de voir hier soir sur Arte "Rencontres du troisième type" de Steven Spielberg. Oui voir car je ne l'avais jamais vu... Voilà, il est quatre du matin ce samedi (un peu trop tôt pour un réveil) et je découvre ce sujet... troublant.
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Steven Spielberg qui fait jouer François Truffaut ! Déjà une étrangeté mais quel plaisir de le voir jouer, d'entendre sa voix et puis **** sur le programme télé... Enfin, après la diffusion il y a quelques semaines du film qui raconte son enfance, "The Fabelmans", envie de le retrouver derrière la caméra dans un tout autre genre.
Voilà, bien loin de X-Files, enfin non, pas du tout !
Je signe, non pas de la pointe de l'épée mais avec la plume et le masque !

Vous ne connaissez pas ?
Moi non plus.
Mais nous allons (peut-être) savoir...
X-Files