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samedi 22 février 2025

Se sont frottés aux ajoncs

 

 


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Marie Sylvie ; Walrus ; Kate ; Yvanne : Cavalier

Adrienne ; Lecrilibriste ; Joe Krapov ;

O blomme! (Adrienne)

   

Chaque année depuis le haut moyen âge, le dimanche qui suit la Pentecôte toute la ville - ou presque - est sur les chemins pour un grand 'ommegang', comme on appelle chez nous ces processions circulaires.

Le dimanche qui suit la Pentecôte, ça veut donc dire que l'événement a lieu en mai-juin, selon que Pâques tombe plus tôt ou plus tard.

Jusqu'à il y a quelques années, une chose était sûre: c'était toujours l'époque de la pleine floraison des genêts. Au point que dans le dialecte de la ville, la fleur de genêt porte le nom de cet événement: c'était, dans le paysage qu'on traversait, ce qui mettait partout de grandes taches jaunes.

Mais que voit-on ces derniers temps?

Au moment de l'ommegang annuel, les genêts sont déjà tout défleuris.

C'est aussi à des petites choses comme celles-là, qui peuvent sembler anodines, qu'on mesure le changement climatique.

Mais anodin, ce ne l'est pas, bien sûr, puisque chaque plante sert de refuge ou de nourriture à certaines espèces bien précises, et que de fil en aiguille, c'est toute la chaîne qui est perturbée.


Dur ulex sed lex ! (Joe Krapov)

 

Dieu et mon droit savent bien, et mon gauche ne l’ignore pas, que j’aime les Bretons et encore plus les Bretonnes.

Mais ça me fend le coeur quand je les vois et surtout quand je les entends bousiller leur patrimoine chansonnier !

La première chose qui m’est venue à l’esprit, à partir du mot « ulex », est ce que l’oncle Walrus appelle un ver : c’est un vieil air qui vous revient dans la tête et s’y installe de façon persistante. En l’occurrence, pour moi, je me suis souvenu de cette chanson à la gloire de Pont-Aven, « Fleur d’ajonc », apprise chez Madame Bernadette, à l’époque où je fréquentais la chorale de la Maison Héloïse à Rennes.

J’ai gardé la partition et je me suis mis dans l’idée de l’interpréter… tout seul ! Je suis allé chercher les paroles et une version sonore sur Internet. Mal m’en a pris ! Je n’ai trouvé chez M. Youtube que deux versions « jeu de massacre », du genre fin de banquet de retraité·e·s, filmées au moment où les gens ont absorbé force litrons, ne chantent plus très juste pour ne pas dire carrément faux au milieu des autres convives qui ne les écoutent pas et continuent leur conversation jamais interrompue avec leur voisine Germaine qu’ils voient tous les jours et l’ami Vegas-sur-Sarthe sait que ce piapiatage tout en légèreté peut finir par peser à la longue.

Oui, je sais ce que vous allez me dire. Comme la fameuse "Paimpolaise" qui l’a rendu célèbre, cette chanson est signée Théodore Botrel. Un Parisien ! Un esstrangère !

Et alors ? L’hymne breton, le « Bro gozh ma zadoù », est un décalque d’une chanson galloise et vous ne le massacrez pas pour autant ? Si, aussi ? Est-ce que les républicains de Marseille n’entonnent pas l’hymne national au prétexte qu’il a été écrit par un M. Rouget qui habitait Lille ?

Je ne vais pas aller plus loin dans la critique musicale. Je vais juste faire en sorte qu’une version à peu près correcte et un peu plus gaie puisse être entendue sur la toile !

Je suis comme ça, moi ! Qui s’y frotte s’y pique ! Ma bêtise et moi, rien ne peut nous détourner de ce que nous envisajonc ! Dur ulex sed lex !

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Les Ajoncs d’or (Lecrilibriste)

  

 

Les cris d’or des ajoncs
Chassent l’hiver dès février
De Noirmoutier jusqu’à Lannion
Promesse de printemps
Parée de jaune d’or
L’ulex veut fleurir et il le fait savoir
Mais ne t’avise pas
à en faire un bouquet
comme tu le ferais
d’un bouquet de genêts
car Il pique, il accroche,
il est féroce
Inextricable rempart
Contre les vents mauvais
Il se dresse mais le rompt pas
et il exhale ses senteurs
Parfumant l’océan
L’air et la lande bretonne

 


Gorse Attacks! (Cavalier)

  

La petite route serpente sur la lande. Elle se gorge encore de l’or des genêts nains. Près du col, tu te gares doucement le long d’une grande haie d’ajoncs fleurie. Protègeant un maigre champ. Alors, tu suis le sentier qui grimpe à travers la lande au mont Roc’h Trevezel. Et là, quelle vue !

Le soleil se couche sur les monts d'Arrée. Au lointain, une grande auréole marron orangée, l’enveloppant, confond encore le ciel rouge sang avec les collines métalliques bleutées. Tous les détails s’estompent, se désagrègent. Seule une fine ligne cuivrée, furtive, scintille sur l’horizon et démarque, pour un instant, l’éther, du chaos des mamelons pierreux. La lande ocre s’assombrit de traînées glauques et profondes, puis d’ombres fugaces qui glissent telles des ondes en vagues de terreur sur l’océan rouillé. 

L’Ankou et sa meute de lièvres blancs prennent possession des lieux. Ils partent à ta recherche. Détourne ton regard si tu les aperçois.

Incliné près de toi, un bloc de granit, grand menhir rose et gris, entouré de buissons de genêts et d’ajoncs dorés, se détache devant les hautes aiguilles échancrées, agressives, qui lancent leurs doigts tendus vers l’azur encore mauve. Pas un nuage n’est resté là. Un silence total s’étend et t’oppresse. L’Ankou rôde quelque part. Tout s’enfuit. Des bruyères brisées, des épines d’ajoncs lacèrent tes jambes nues. Des trous dérobent leurs mousses noires et spongieuses sous tes pas pressés. Des pierres traîtresses retardent tes fuites en vaines retraites.

Tout l’univers se meurt avec toi. Le manteau de la nuit te traverse. Ta lampe de poche s’étiole. L’obscurité éteint tes yeux. Ta voiture n’est plus là. Ta voiture s’est perdue.

"Wig ha wag ! Wig ha wag !"

 


Fleurs printanières. (Yvanne)

  

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  • Y Faut pas pousser mémé dans les ulex quand même !

  • C Dans quoi ?

  • Y Tu ne sais pas ce que sont les ulex ?

  • C Non. Tu ne peux pas t'exprimer comme tout le monde ? Tu veux me bluffer aujourd'hui ? (rires)

  • Y Les ulex sont de la même famille que les ajoncs. On les appelle ici buissons ou genêts. Mais ils ont des épines. Et ça pique. Comme les orties d'ailleurs. Touche...

  • C Ouille ! Mais qu'est que ça vient faire là, les ulex ?

  • Y Regarde : il y en a partout dans cet ancien pré laissé en friche. Ils sont fleuris. Ils annoncent le printemps. Comme les hirondelles.

  • C Oui mais tu ne m'as pas dit pourquoi tu emploies ce mot bizarre. Il me rappelle la chanson de Françoise Hardy. Tu sais ? Quel titre déjà ? Ah oui : « Comment te dire adieu »

    Zut ! Tu n'as pas un kleenex ? Ces chatons me font éternuer. Alors ? Pourquoi ulex ?

  • Y Ne cherche pas ! C'est une idée d'un copain Belge pour le défi écriture de la semaine.

  • C Ben ton copain met la barre haute...Tu sais ce que tu vas écrire ?

Yvanne et son amie Cathy cheminent tranquillement dans les Saulières. Il fait tellement beau aujourd'hui ! Il y a dans l'air des senteurs de vert prégnantes et subtiles, crues et douces à la fois. Un printemps précoce ? Un peu trop peut être. Mais après toutes ces journées interminables et démoralisantes de pluie, on ne va bouder le soleil et ses rayons salutaires. Les fossés s'animent du jaune des boutons d'or, du parme des violettes, du bleu azur des pervenches. Un enchantement. La Nature s'éveille et avec elle tout le petit monde des bois. Ça chante, ça fourmille. Enfin tout revit. Et les sourires des personnes rencontrées font chaud au cœur.

Y Nous parlions de quoi au fait ?

C Je ne sais plus. Ah si ! Je te racontais la mésaventure de ma cousine Hélène. Mais tu ne me crois pas. Pourtant je peux t'assurer que c'est la stricte vérité.

Y Bon. Je t'écoute. Même si cela me semble exagéré.

C Ce n'est pas important. Passons. Il n'y a pas que des ulex dans ce pré. Regarde toutes ces fleurs de pissenlit ! Le jaune domine et illumine la prairie. Comme si la Nature voulait se faire pardonner les grisailles de l'hiver.

Y Sais-tu que toutes ces fleurs servent à soigner ? Oui bien sûr, tu le sais. Quand j'étais enfant ma grand-mère qui croyait beaucoup aux vertus des plantes m'emmenait chez le « metze ».

C Décidément... Le metze ?

Y Oui. Le mage, le sorcier, le guérisseur si tu veux. Tout cela à la fois. On appelait ainsi dans ma commune un petit bonhomme qui connaissait tous les secrets des simples. J'adorais aller dans son « séchadour », une pièce située au-dessus de son four à pain. Il y avait là toutes ses cueillettes dans des claies, des sacs, sur du journal à même le sol. Étaient suspendues en bouquets, tête en bas, toutes sortes de plantes dont des branches d'ulex justement. Il se dégageait de cette profusion d'herbes, de tiges, de racines une odeur puissante, enivrante. Mais quel bonheur de regarder les bocaux pleins bien rangés sur des étagères avec, soigneusement notés sur des étiquettes, les noms des mélanges, des préparations ! Un goût de mystère planait qui, tu l'imagines attisait ma curiosité. Mais je pouvais rester là seulement si je promettais de ne rien toucher.

C Tu as déjà évoqué des personnes assez singulières de ton enfance. Moi, en ville, je n'ai rien connu de semblable.

Y A la ville ou à la campagne qu'importe ! Il y a partout des gens intéressants. Peut être que par manque de distractions j'étais plus encline que toi à observer mon entourage ? La prochaine fois je te parlerai de la Demoiselle. Tu veux faire un bouquet d'ulex ?

C Non merci. Je vais me contenter de ces inoffensives violettes...

 

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Ulex nous laisse perplexe (Kate)

  

- Ulex ?
Je reste perplexe...
Mais pourquoi Alex ?
Ton nom est-il trop simplex ?
Trop courant
tout simplement ?
Avec ta maman
et ton frère Enguerrand
on l'avait choisi
assez court aussi...
- Ulex ?
Ta soeur reste perplexe...
Ça lui fait penser à Ulla
Prénom suédois ou danois
Mais pourquoi Alex
Inventer des origines que tu n'as pas ?
Tu n'es pas scandinave ma foi
tu vis dans un grand duplex
avec vue sur les toits
et on t'a offert tout ce que tu as !
- Ulex ?
Ton ex reste perplexe
évoque ton désir de rupture
ta soif d'aventure
ton envie de changer de sexe...
Mais dis-nous qu'il n'en est rien
qu'elle dit le dépit d'une ex
que ce style n'est pas le tien
et que c'est juste un jeu léger
comme le fait de blondir comme les genêts (*)...
- Allô ? Alex ?
Allô ! Ulex !
Tu ne réponds plus ?
Ta Rollex
tu l'as reçue ?
Et si tu t'appelais Flavien ?

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C'est joli aussi
Ulex, reviens !
On t'en supplie...
(*) genêts évoqués dans la chanson de Jean-Louis Murat "J'ai fréquenté la beauté" (ici... et ailleurs).


Qui s'y frotte... (Walrus)

   

L'avantage quand on est metteur en ligne, c'est que si on attend un peu, on peut découvrir les participations des autres !

C'est pour ne pas être suspecté de plagiat qu'autant que faire se peut, j'essaie d'être le premier à participer. Mais depuis l'arrivée de l'amie Marie Sylvie, faut vraiment se grouiller : elle est vachement "vite sur la balle" pour donner un petit côté sportif à mon intervention.

Cette fois-ci donc, j'ai constaté qu'elle liait l'ulex à la Bretagne.

Je ne puis qu'opiner (en branlant du chef) : j'ai séjourné de multiples fois dans les Côtes d'Armor, plus précisément à Camlez dans le Trégor, pile au milieu de ce que certains appellent "La Côte des Ajoncs" entre Perros-Guirec et l'embouchure du Jaudy.

C'est dire si j'ai eu l'occasion de me frotter aux buissons d'ulex (une habitude à ne pas prendre si vous tenez à votre peau). 

Ceci dit, ayant également séjourné de nombreuses fois à Aldeburgh sur la côte de l'"East Anglia", je puis vous assurer que côté ajoncs, Bretagne et Grande-Bretagne : même combat !

Facile, parce qu'en fait, cette plante accrocheuse pousse abondamment sur le terrain pauvre des côtes atlantiques européennes, si bien que ,finalement, c'était pas la peine  que je quitte mon pays pour m'y frotter.

Je l'ai toujours dit et je le répète : les vacances, ça sert à rien !

RESTAURANT ULEX (Marie Sylvie)

   

Un jour, dans un petit village, un chef du nom de Arnaud décida d'ouvrir son restaurant médical. Inspiré par l'ajonc, plante emblématique de la Bretagne et aux mille noms comme les maladies qu'il soignait, il appela son restaurant  ULEX. 

Le concept du restaurant était unique :
Chaque plat était inspiré d'un remède traditionnel. 
Par exemple, le Soufflé d'Angine était une délicieuse soupe au thym et au miel, réputée pour adoucir les gorges irritées.
Le Ragoût de Goutte était un potage aux légumes racines, connu pour ses vertus anti-inflammatoires. 
Et bien sûr, le dessert phare était le Gâteau d' Ajonc dont le parfum changeait selon son exposition au soleil tout comme la plante. 

Les clients étaient amusés par le décor, un mélange entre une pharmacie ancienne et un restaurant grand chef. Des chapelets de fleurs d' Ajonc ornaient chaque table et les menus étaient présentés sous forme de recettes grand-mère. 

Un jour, Madame Dubois, une habituée du restaurant, arriva en se plaignant de maux de tête. Arnaud, toujours prêt à relever le défi, lui servit un Pugging de Lavande et Camomille. Non seulement le Pudding était délicieux mais ses maux de tête disparurent comme par magie. 

Les rumeurs de ce restaurant extraordinaire se répandirent rapidement. On venait de loin pour goûter les remèdes culinaires d' Arnaud. Le bouche à oreille devint si puissant que même les médecins locaux commencèrent à envoyer leurs patients au restaurant ULEX. 

Arnaud n'était pas seulement un chef talentueux mais aussi un maître du rire. Chaque soir, il montait sur scène pour raconter des anecdotes sur les origines des recettes. Il partagea avec les clients l'acrostiche qui symbolisait l'esprit de son restaurant. 

Universalité des soins pour tous,
Lutte contre les maladies avec courage, 
Espoir renaît grâce aux traitements,
Xylophage devient la science des remèdes. 

-" Vous savez ce qui est plus efficace qu'un remède de grand-mère ? "
Demandait-il souvent en souriant. 
-" Un remède de grand-mère qui a le goût du paradis !" 



samedi 15 février 2025

Défi #905

  Soyons brefs :   Épi            

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