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lundi 9 décembre 2013

Coupe pleine et verres vides



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Voilà ce qui restait d’eux, d’une relation à l’époque brûlante
La table rase ne portait plus que des verres vides à l’écume mourante
Et tout autour, la vie continuait, les gens continuaient de vivre, de rire, de boire
Les jours continuaient de naître et de mourir sans vraiment délimiter leurs frontières
Et même si la fête sentait une fin imminente, les gens continuaient de s’agglutiner dans la nuit autour des tables, de manger un morceau, de lever les coudes de se parler ou de se taire, baignés par la musique qui avait vaincu la pluie annoncée
Les verres étaient là lestés de leurs ombres, dressés sur la table nue, séparés par des années-silence, mais toujours debout, abandonnés à leur triste sort comme ceux qui avaient posé leurs lèvres sur leur bord, bu leur nectar jusqu’à la lie, attendu que la mousse vivifiante vienne couronner leur bouche d’une légère neige. Ils n’avaient même pas ri à peine parlé, ils n’avaient pas dit l’adieu de circonstance.
Demain ils seraient débarrassés de leur histoire, demain ils prononceront les mêmes mots, de mêmes promesses berceront leurs illusions, demain leurs interlocuteurs seront simplement différents. Demain ils seront libres de leurs souvenirs, du moins, ils le croiront ...
Parfois l’écho viendra titiller leur mémoire soudain anesthésiée, ils ne pourront pas dénier leur tendresse passée, ils le feront pourtant, l’oubli sera le prix de leur nouveau bonheur reconstitué ... 

lundi 4 novembre 2013

Un cœur en différend



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Depuis que j’ai perdu mon cœur dans les couloirs de l’oubli universel
Des cœurs tout neufs multicolores ou sobres viennent me narguer aux dix-huit coins des rues
Et même s’ils me rappellent des émois endoloris, je ne peux m’empêcher de les voir
En feignant de ne point m’y attarder
Ils sont tantôt bleus comme les jeunes blés les nuits de pleine lune
Tantôt verts comme les longues trainées d’étang
Tantôt rouges comme les pluies sanguinolentes d’après les catastrophes
Tantôt gris comme les champs de brume.
Alors je me dis
Que le mien n’est peut-être pas dis
Paru
Qu’il a juste pénétré les fissures du temps
Pour s’engouffrer dans un ailleurs reconstitué
Que même s’il n’a plus de parois pour l’écho
Il reste émoustillé de rires
Qu’il n’a pas perdu
Ses ressorts
Qu’il va renaître
Aux prochains bourgeons
Retrouver ses marques
En tracer de nouvelles
Faufiler ses surjets de traverse
Je le sais différent
Il rêve en noir et blanc …

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vendredi 21 mai 2010

Affadissement

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Un jour quand je vous aurai oublié, quand à mon tour, je me serai diluée dans l’espace, vous viendrez me trouver.

Je ne vous reconnaîtrai pas, ou alors, à peine.
Emmêlée dans les tours que j’ai concoctés pour tâcher de vous effacer, cent fois sur le métier remettant mon ouvrage.
J’essaierai peut-être, du fond de mes tiroirs cérébraux poussiéreux de rechercher ces bribes de mots archivés depuis longtemps qui m’avaient envoûtée.

Dernier sursaut-nostalgie avant réinitialisation. Le fil trop tendu trop longtemps sera rompu à jamais.
Alors, je vous dirai simplement bonjour, passez votre chemin, ces joutes d’abandon-séduction ne sont plus de mon âge.

Oui, je sais, un reste d’illusions : cela ne se peut pas, vous m’avez effacée depuis longtemps déjà.