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Consolée

Livre


Description ajoutée par dadotiste 2022-07-22T10:34:44+02:00
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Résumé

1954. Au Rwanda sous tutelle belge, Consolée, fille d'un Blanc et d'une Rwandaise, est retirée à sa famille noire et placée dans une institution pour «enfants mulâtres».Soixante-cinq ans plus tard, Ramata, quinquagénaire d'origine sénégalaise, effectue un stage d'art-thérapie dans un Ehpad du Sud-Ouest de la France. Elle y rencontre madame Astrida, une vieille femme métisse atteinte de la maladie d'Alzheimer qui perd l'usage du français et s'exprime dans une langue inconnue. En tentant de reconstituer le puzzle de la vie de cette femme, Ramata va se retrouver confrontée à son propre destin familial et aux difficultés d'être noire aujourd'hui dans l'Hexagone. Histoire d'une réparation symbolique et d'une langue retrouvée, Consolée est un roman poétique, bouleversant, qui met en résonance le passé colonial et la condition des enfants d'immigrés.

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extrait

Extrait ajouté par johan-167 2024-02-07T09:04:30+01:00
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Autrement chapitre 13,

“Mais merde maman, arrête! Juste arrête de faire chier tout le monde a longueur de journée, tu nous répugne. Sale raciste!”

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Kiki1744 2026-05-04T15:06:50+02:00
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Argent

"Consolée", c’est Astrida, une vieille dame métisse en fin de vie dans un EHPAD, atteinte de la maladie d'Alzheimer. C’est aussi la rencontre entre elle et Ramata, née au Sénégal et immigrée en France rejoindre son père ouvrier dans l’usine Ford de Bordeaux.

Par l'alternance de chapitres se déroulant soit en 1954 soit en 2019, Beata Umubyeyi Mairesse établit un lien entre la vie de madame Astrida et celle de Ramata. Si Ramata, la narratrice, n’a pas de difficultés à raconter son histoire – celle d’une immigrée, celles des immigrées mais aussi de la transmission générationnelle –, Astrida en a davantage et livre la sienne de manière indirecte par des témoignages et des pensées confuses mais dont le souvenir lointain est encore sûr.

Au cœur de ce livre sont posées les questions de la colonisation puis de la décolonisation et du sort des décolonisés ballotés entre rester ou partir, exister ou rêver. L'auteure parle aussi de l’immigration dans le pays colonisateur avec toutes ces questions liées au racisme, à la volonté des immigrés d’être transparents, de permettre à leurs descendants d’avoir une vie meilleure bardée de diplômes – clés de la réussite républicaine même si la République n’aime pas voir les noirs, les arabes et les métis –, aspirer à ces métiers réservés à la caste blanche et gravir un à un les paliers de l’ascenseur social qui ne leur est pas, à priori, réservé.

Autant la partie consacrée à madame Astrida m’a emballé par son histoire, l’évocation poétique de l’Afrique et plus particulièrement du Rwnada, de son village, de sa famille et de son grand-père aveugle, autant celle consacrée à Ramata m’a un peu perdu.

L’histoire de ces métis nés d’un père blanc, du pays colonisateur ou dominateur, et d’une mère noire et autochtone ne m’est pas étrangère mais j’en ai encore et beaucoup appris sur celle des pensionnaires de Save.

De plus, à travers la fin de vie d'Astrida, Beata Umubyeyi Mairesse met en lumière une réalité médicale qui paraît logique : l’immigré atteint d’une maladie neurodégénérative oublie ses apprentissages récents dont le français quand ce n’est pas sa langue maternelle même s’il ne l’a pas pratiquée depuis longtemps.

Le livre est intéressant et l'histoire d'Astrida m'a beaucoup touché. Aussi, j’aurais préféré que Beata Umubyeyi Mairesse reste concentrée sur le sort et la vie de cette madame Astrida et évite de faire un parallèle hasardeux entre elle et Ramita même si les questions liées à l'immigration et au racisme s’y retrouvent.

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Commentaire ajouté par Sabine29200 2025-06-14T17:36:06+02:00
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Bronze

Roman moderne par son sujet, on se laisse porter par une écriture simple, délicate, et d'une très grande humanité qui dit les choses sans chercher à convaincre. Mais par sa simplicité, son humanité, l'autrice y arrive quand même par cette simple évidence des choses vécues.

Notez que convaincue, je l'étais déjà, mais j'ai mieux compris certains aspects et les points de vue de la jeune génération, petits-enfants d'émigrés grâce au personnage d'Ines, la fille de Ramata.

Ce roman choral à trois voix, (Consolée, Ramata et Astrida qui est en fait le nom donné à Consolée une fois enlevée à sa famille) est plus efficace que n'importe quel traité sociologique ou historique sur le sujet.

D'une grande douceur, parfois un peu bousculée, comme Ramata, avec les opinions de sa fille qu'elle a un peu de mal à comprendre, ce livre dit les choses sans forcer.

Je regrette juste qu'il n'y ait pas eu plus de lien entre Ramata et Astrida, mais au final c'est mieux ainsi, car plus réaliste. Et l'essentiel du livre n'est pas là de toute façon.

Il tacle un peu aussi les conditions de travail dans les Ehpad, bien qu'il ne mette pas assez en évidence le dévouement et la souffrance au travail de leur personnel, qui voudrait tant faire mieux et plus pour leurs résidents si on voulait bien y mettre les moyens.

En résumé, un livre profondément humain, et vrai.

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Commentaire ajouté par Isallya 2024-01-18T13:37:55+01:00
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Argent

Un livre très intéressant par les thématiques (d'actualité) qu'il aborde et la diversité des points de vue qui permettent d'abord la problématique sous des angles différents : ainsi, Ramata a choisi de renoncer à son héritage culturel dans l'idée de mieux s'intégrer à la société française, tandis que Consolée a été arrachée à son foyer pour être élevée dans le respect des valeurs occidentales. Des destins entrecroisés qui donnent toute sa richesse à un récit touchant.

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Commentaire ajouté par Pendergast 2023-12-23T17:13:16+01:00
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Diamant

Un gros coup de cœur pour ce livre acheté complètement par hasard (merci Isallya). Un livre qu'une fois ouvert, on ne peut plus lâcher, tant ce livre vous fait passer par toute une gamme d'émotions et vous plonge dans des abîmes de réflexion. Une histoire sur un pays méconnu, le Rwanda, et son passé colonial, à l'origine des malheurs de Consolée, une métisse. La petite fille, pas assez blanche, ni assez noire, sera arrachée à sa famille, et élevée par des religieuses blanches qui l'éduqueront pour en faire une parfaite petite femme d'intérieur, pieuse et soumise, et la couperont totalement de ses racines et de l'enseignement de son grand-père adoré. Consolée, âgée et souffrant d'Alzheimer, se retrouvera en Ehpad où elle croisera la route de Ramata, sénégalaise, en reconversion professionnelle. On alterne entre les souvenirs des 2 femmes et le temps présent, et cette rencontre est l'occasion pour l'auteur de nous montrer les difficultés de s'intégrer dans un monde qui n'est pas le nôtre, de se faire accepter telle que l'on est et non comme les autres nous perçoivent. Le racisme puise sa force dans la crainte de l'inconnu, de ce qui est différent et incompréhensible, alors qu'en prenant le temps de connaître l'autre, on peut tant découvrir! Pour cela, il faut faire des efforts et faire fi des préjugés, ouvrir son cœur et ses yeux ! C'est ce message subtil qu'essaie de faire passer l'auteur, Ramata, en voulant s'intégrer à tout prix , renie tout ce qui fait sa force et sa différence, s'oublie et se perd, mais elle finit par réaliser que tous ces sacrifices ont été vains, elle n'est qu'une noire dans un pays de blanc, victime des clichés tenaces et sans fondements. D'autres thèmes sont abordés, la place de la femme dans la société, la vieillesse et la façon dont elle est perçue par exemple. Chez nous, on la cache, on la tait, car elle effraie et nous renvoie à notre propre mort, les personnes âgées sont invisibles, infantilisées et privées de parole, alors que leur expérience et leurs souvenirs sont des trésors à conserver précieusement...

Une belle écriture, poétique et très expressive, rend le plaisir de lecture encore plus appréciable. Un roman à lire et à méditer, qui vous hante encore longtemps après...

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Commentaire ajouté par Arayr 2023-05-15T09:58:44+02:00
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Diamant

Beata Umubyeyi Mairesse a réussi à me décrocher mon premier coup de cœur de l'année 2023. "Consolée" est un roman criant de vérité qui secoue tout entier : le cerveau, le cœur et les entrailles. J'ai été émue au point d'en avoir la gorge serrée et les larmes qui me montaient aux yeux. Grâce à une écriture douce et même poétique, l'autrice sensibilise et interpelle le lecteur aux thèmes du colonialisme, du racisme et de la vieillesse.

On découvre une histoire renversante et émouvante : celle de Consolée, enfant métisse née d'un père grec et d'une mère rwandaise, à qui on a refusé une vie heureuse à cause de sa couleur -ni tout à fait blanche, ni tout à fait noire. Le roman se déroule sur trois plans différents : l'enfance de Consolée, le présent parsemé de souvenirs d'Astrida, et le quotidien de Ramata, qui s'efforce d'oublier sa couleur de peau quand la société lui rappelle qu'elle restera éternellement noire, et de ce fait, étrangère.

Le roman est criant d'une vérité vécue et à laquelle l'autrice a sûrement assisté. Il permet aux lecteurs blancs de plonger dans le quotidien des personnes subissant du racisme quotidiennement, plus ou moins voilé. Ici, la Belgique et la France sont confrontées à leur passé colonial et aux restes que cette institution raciste laisse à la société aujourd'hui.

Je trouve ce roman très instructif, sur de nombreux points : tout d'abord, sur une culture, une langue, des coutumes, encore méconnues pour moi, celle du Rwanda, mais aussi celle du Sénégal -et non pas la "culture africaine", comme le soulève l'autrice au détour d'une semaine culturelle organisée dans l'Ehpad des Oiseaux. Ensuite, comme le cadre de l'histoire prend place dans un Ehpad, les conditions de fin de vie nous y sont dévoilées, les maladies apportées par la vieillesse y sont racontées, notamment l’Alzheimer. J'ai appris plusieurs choses sur cette maladie et sur certaines études menées au Canada à ce sujet. Dans ce roman, on parle aussi islamophobie et on questionne l'injonction à la maternité et à l'étranger.

Les personnages sont attachants, réels et touchants ; j'ai reconnu en Ines mon combat féministe et j'ai pu faire des liens entre son discours et certains comptes anti-racistes que je suis.

Le seul point négatif que je soulève est la difficulté rencontrée pour la lecture de chapitres entiers écrits en italique, qui fatigue beaucoup les yeux et m'a quelques fois obligée à stopper ma lecture face à l'effort que cela me demandait.

Pour conclure, je peux affirmer que c'est un roman à lire, pour ce qu'il apporte culturellement et humainement. Il se lit plutôt rapidement et aborde plusieurs pans sociaux d'actualités qu'il faut questionner. De plus, le roman permet de se pencher sur des cultures encore méconnues en occident : celles des pays d'Afrique.

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Commentaire ajouté par BooksFan-ny 2022-09-23T23:41:15+02:00
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Diamant

1954. Ruanda-Urundi. Consolée, jeune métisse, est arrachée à sa mère à l'âge de sept ans. Elle est placée dans un orphelinat à Save, qui regroupe tous les mulâtres et mulâtresses du coin afin de les "civiliser".

2019. Quelque part dans le Sud-Ouest de la France. Ramata, cinquantenaire sénégalaise en pleine reconversion professionnelle, effectue un stage en art-thérapie dans un EHPAD, la résidence "Les Oiseaux". C'est là qu'une des pensionnaires, Astrida Papailiaki, attirera son attention : atteinte de la maladie d'Alzheimer, cette dame en a oublié son français et baragouine une langue que personne ne comprend. De fil en aiguille, Ramata finit par comprendre qu'elle n'a de belge et de grec que ses prénom et nom. Elle est en fait l'une de ses enfants métis qui ont été expatriés en Belgique à la veille de la décolonisation...

Beata Umubyeyi Mairesse, grâce à "Consolée", évoque un pan de l'Histoire encore trop peu connu de nos jours, celui des destins des enfants dits mulâtres ou mulâtresses, nés d'un père Blanc et d'une mère Noire, qu'on a arrachés à leur famille maternelle et réunis dans des "colonies scolaires pour enfants mulâtres", des orphelinats pour enfants qui ne sont pas orphelins... Rejetés par les Noirs car pas assez noirs, rejetés par les Blancs pour leur peau trop foncée, ces enfants n'ont leur place nulle part, ils dérangent. Rassemblés dans ces colonies, ils passent plus inaperçus... À la veille de la décolonisation, on ne sait qu'en faire, certains sont expatriés en Belgique, adoptés ou employés, en fonction de leur âge et de leurs savoir-faire.

Consolée, dont on est prévenu dès le départ qu'elle est un personnage fictif, fait partie de ces enfants. L'autrice nous conte son histoire, de la séparation d'avec sa mère et son grand-père à son arrivée dans cet EHPAD où elle se perd à petit feu. Sa vie, très mouvementée et souvent terrible, nous est pourtant racontée tout en douceur et sensibilité. La plume de l'autrice se veut poétique, enchanteresse, mélodieuse, à l'image des chants et vols des oiseaux que Consolée guette sur son banc en solitaire. J'ai été subjuguée et conquise immédiatement.

Le contexte historique (histoire du Rwanda/Burundi, décolonisation, génocide) est plutôt bien développé. L'autrice aborde également d'autres sujets tout aussi appétents, tels que l'appel à la main d'œuvre étrangère dans les années 1970, les difficultés d'intégration au sein d'une population qui ne les accepte guère, les difficultés qui se présentent aux générations suivantes, toujours considérées comme des immigrés et donc comme des étrangers. Elle évoque également le manque de personnels dans les EHPAD, le peu de temps accordé à chacun des pensionnaires, le manque de reconnaissance pour les uns comme pour les autres.

Quels que soient la période ou le lieu où se déroulent les événements, quel que soit le personnage auquel est consacré chacun des chapitres, tout est parfaitement bien emboîté.

Pas de suspense ici, on sait et comprend quasiment tout assez tôt. Mais il n'est aucunement utile pour nous tenir en haleine : le personnage de Consolée, qu'elle soit toute gamine ou bien plus âgée, est attendrissant, très attachant, et suffit à nous garder éveillés du début à la fin. L'histoire de Ramata, issue d'une famille d'immigrés sénégalais, est également intéressante.

Un roman merveilleusement bien écrit, percutant, bouleversant, captivant.

Un joli coup de cœur !

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Dates de sortie

Consolée

  • France : 2022-08-17 (Français)
  • France : 2024-01-10 - Poche (Français)

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