Alors, oui, je sais, ce sont mes gènes, mon hérédité...
Simon n'y a pas échappé mais n'est pas passé par la case hôpital, Arthur est passé à travers (encore que... il y eu au moins
une crise nécessitant un passage aux urgences), Victor a traversé tout le parcours, des maux de ventre (cela démarre comme cela, chez les enfants) aux crises qui durent des jours (avec passages aux urgences, dans les deux cas). Clovis n'en a fait qu'une seule crise (quel heureux garçon). Suzanne a suivi le même schéma que Victor (en fait c'est aussi mon parcours, enfant, puis ado. Cela ne préjuge rien de bon pour leurs vies adultes, elle ne m'a pas quitté et reviens régulièrement...(même si les garçons, devenus adultes, s'en plaignent moins)).
Elle avait déjà mal lundi, quand elle a pris le car pour Le Mans.
Lundi et mardi c'était suffisamment supportable pour pouvoir aller au lycée.
Mercredi elle est restée clouée au lit.
Jeudi elle a conjugué lycée et triptan.
Vendredi...
Le médecin du SAMU a envoyé une ambulance et...
Gilles est venu avec moi. Là est la première.
Il est déjà allé aux urgences avec les gars, deux ou trois fois, pour des bobos. Des "trucs" qui se soignent sans examens complémentaires. Les heures dans la pénombre il ne connaissait pas.
Quand nous sommes arrivés, vers 10 heures, aux urgences pédiatriques (là est la dernière, dans un mois elle sera adulte), Suzanne évaluait sa douleur à 8 ½.
L'interne avait demandé un scanner et envisageait une ponction lombaire (un "classique" de l'affaire).
Gilles s'est calé et a commencé à ronfler par intermittence, à ronchonner une à deux fois qu'il aurait mieux fait de rester à la maison, que d'être deux à attendre...
Il a entièrement raison... D'autant plus, qu'inexpérimenté, il n'était pas "équipé" (moi j'avais un roman, dont j'ai eu le temps de lire les deux tiers...).
À midi l'interne nous annonce le scanner pour 14 heures.
Je réussi à faire admettre à Gilles que nous devrions aller manger.
Il envisage d'aller chercher un truc sous plastique dans un supermarché, j'aurai bien piqueniqué dans un parc. Nous mangeons une salade dans une "cantine" pour travailleurs, en terrasse et au soleil.
Gilles est ravi, il a du pain (dont il partage les restes avec les oiseaux), tout frais avec sa César.
Nous sommes de retour sous le pingouin à 13h40.
L'infirmière nous annonce le scanner pour 14h40 (ah?).
Gilles se cale et commence à ronfler par intermittence, à ronchonner une à deux fois qu'il aurait mieux fait de rester à la maison, que d'être deux à attendre...
À 14h35, pile, les brancardières arrivent et nous voici, Suzanne et moi, parties pour une virée en ambulance (le scanner est à l'autre bout du centre hospitalier, dans un autre bâtiment).
À 14h38 Suzanne est "garée" dans l'aire de stockage des patient hospitalisés (deux zones, une pour les lits, une pour les fauteuils). Deux minutes après elle part pour le scanner.
J'en profite pour trouver les toilettes et manque de rentrer en collision avec un couveuse voyageuse, suivie des parents, en en sortant.
Je m'installe sur un siège et attends en observant les patients patientant (il y cette dame qui lève les yeux au ciel, ce monsieur, un habitué, à n'en pas douter, qui re gare son fauteuil correctement avant de se rassoir, il y a cette mamie qui fait répéter, le monsieur qui semble bien fâché d'avoir atterri là...) et le ballet incessant des brancardiers/ères, des ambulanciers/ères qui s'interpellent, blaguent, rient, sourient et parlent si gentiment aux patient-e-s.
Suzanne est de retour, papotant avec l'infirmière qui la ramène dans la zone d'attente.
Où nous n'attendons pas. Des brancardiers, cette fois, nous font transiter, ambulance, traversée des parkings et parterres du centre hospitalier, jusqu'à son box.
Ah, non!
Gilles en a été éjecté, il y a 4 heures d'attente et il manque de places, et attend désormais dans une salle d'attente (celle où on attend les résultats des examens). Suzanne essaie de descendre du brancard mais, tête qui tourne, changement de plan: c'est dans un box protégé de rideaux, dans la zone d'accueil que nous attendrons désormais. Gilles est rassuré, l'infirmière du scanner a dit "résultats dans une demie heure".
Nous allons pourtant avoir trois heures pour observer, Suzanne la tête sous sa veste, les arrivées de petits plus ou moins éclopés, de parents plus ou moins (plutôt plus) inquiets.
Oui, trois heures (quelques chapitres, n'est ce pas?), mais placé en première ligne Gilles ne s'ennuie plus (moins), il observe, fait rire les infirmières... Il guette le "cling" qui signalerait l'arrivée du scanner.
Qui, en fait, après réclamation, arrive par fax (problème "informatique").
Cela donne le top départ pour un nouveau transfert, dans un nouveau box (nouvelle chambre, avec un singe, et un escargot cette fois). Est-ce qu'ils réenvisagent une ponction?
Non, l'interne arrive assez rapidement, le scanner est ok, les analyses de sang aussi. Suzanne évalue sa douleur à 5 ½. Nous pouvons partir.
Suzanne mange (elle ne l'avait pas fait depuis la veille au soir), et, armés de l'ordonnance et du courrier pour le médecin nous ressortons au soleil.
Où je la sens poindre... La migraine.