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jeudi 15 avril 2021

JEU 63 : "La grossophobie et autres harcèlements" - Laura

 

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Photo Benoît Courti

 

 
Cannelle se souvient de la lecture de "Poil de carotte" à l'enfance, période heureuse à côté de laquelle, la vie du héros de Jules Renard lui avait paru encore plus terrible. Sa vie se partageait simplement entre l'école et le reste; le reste étant deux paysages: celui de sa maison de ville où elle adorait faire ses devoirs, regarder la télé et lire et leur maison de campagne où elle n'aimait pas aller et où elle enlevait les pétales des pâquerettes: je t'aime un peu, beaucoup...

Le vernis du bonheur s'est un peu écaillé lorsqu'elle fut appelée dans le bureau du directeur de l'école avec sa mère et sa meilleure amie qui avait écrit une lettre qu'elle avait caché sous son oreiller que sa mère avait trouvé; elle était choqué et nous fûmes punis et séparée. Elle n'a jamais compris et lorsqu'elle a pu éclaircir cette histoire, elle ne l'a pas fait parce qu'elle n'en avait plus besoin.

Il se passa d'une manière ou d'une autre, il se passa la même chose avec toutes ses futures meilleures amies. Alors que la première était trop vieille, l'autre était sale et la dernière moche.

Son enfance se limitait donc la plupart du temps entre maman, papa et grand-mère. Elle demandait souvent à la première: "Dis tu m'aimes, maman, tu m'aimes dis, maman.? "comme elle enlevait encore les pétales des pâquerettes. Elle passait beaucoup de temps avec sa grand-mère qui vivait dans la même maison qu'elle.

Elle resta longtemps une enfant physiquement grande mais sans beaucoup de formes et mit du temps à pousser, même si un événement l'avait grandi moralement brusquement. Quand elle eut (enfin) de la poitrine, ses parents se mirent alors à la traiter de grosse alors qu'elle mettait les vêtements de sa mère qui était mince depuis sa naissance et que son père portait bien le costume mais était assez fort. Elle qui avait toujours été timide, devint encore plus ombrageuse et c'est cette attitude qu'il lui valut de passer devant un tribunal de filles harceleuses.

Un jour, elle se révolta contre tout ça.

Quelques vingt ans, plus tard, à la suite d'un hiver déprimant et maladif, elle prit beaucoup de poids, devint la grosse que sa mère voyait déjà depuis longtemps puis obèse sans avoir autant de poids que certaines vedettes revendiquent. Mais elle eut à subir la grossophobie alors que son mari l'aimait comme elle était. Ce fut son médecin traitant qu'il lui disait qu'elle grignotait alors que ce n'était pas ça le problème. Un kiné qui employa le mot "viande" pour son corps. Et les regards qui s'arrêtaient sur la grosse mémère  ou glissaient sur elle.

Depuis, elle a perdu quarante kilos (et son mari) et sa mère en doute encore.

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Laura

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samedi 5 septembre 2020

JEU 60 : La Fée Electricité


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"Moi aussi, j'ai une fée chez moi…"

C’est la Fée Électricité que célébraient les peintres à la fin du dix-neuvième siècle
Le MUMA du Havre consacre une exposition aux « Nuits électriques »
dans le cadre de « Normandie impressionniste . »
(Il y a quelques années , nous avons vu au moins une exposition de ce grand événement, 
à Rouen, je pense.) Ça doit être fabuleux !

Moi aussi, j'ai une fée chez moi…C’est la Fée Électricité. 
Alors qu’elle est plus que jamais nécessaire. 
Avec les voitures électriques, le numérique, les vélos électriques etc.

Ce matin, un reportage aux informations du matin évoquait une coupure en région Centre ou Limousin et la panique qui s’en est suivie. Hier, dans la presse papier que j’achète chaque semaine, je lisais que les écologistes menaient une croisade contre les moulins à eau car ils seraient nuisibles pour les poissons !!!….. Fadaise!
Face à face avec l’éolien qui nuit aux paysages sauf dans le fade Nord pensent les sudistes.
Alors qu’on a plus que jamais besoin d’électricité et qu’on parle d’environnement, on veut supprimer ce moyen d’en produire de façon propre sans parler du nucléaire qui est le moyen émettant le moins de CO2. Quelle fable !

"Moi aussi, j'ai une fée chez moi…C’est la Fée Électricité. 
Elle me permet de lire « La petite Fadette. » Elle fait ma lessive.

L’autre jour, j’ai cru pouvoir voir dans le noir comme les chats mais j’ai failli me rompre le cou en me prenant le cou en me prenant les pieds dans le fauteuil, volets fermés, avec l’idée farfelue de ne pas allumer la faible lumière.
 
 


lundi 4 mai 2020

JEU 57 : Trois mai 2020


En quarante vers...


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Quand aura disparu ce qui les aliène
Un instinct grégaire les repoussera dans l'arène
Alors ils reprendront les voitures qui les enchaînent
Refusant de prendre le risque des  rames métropolitaines
Avec eux vont revenir les bouchons... de haine
N'oublions pas la pollution qu'ils amènent
Transports individuels les favorisent, phénomène
Antagoniste de leur discours sur le nucléaire et les allergènes
Il prône l'être ensemble mais ne ramasse pas celle qui gêne
Ne  voyant ou ne voyant pas voir leur riveraine
En souffrance sur le trottoir, parce qu'elle se démène

C'est en lisant Roland Barthes[1] qu'elle tente de comprendre
Instant par instant, les tourments qui la traversent
Nommant son mari défunt, Joan Didion[2] parle du sien
Quel travail le deuil: le même mot que pour l'accouchement
Un travail rendu plus pénible par les autres
Avec lui et sans lui, l'inverse de "La femme d'à côté[3]"
Nous avancions et j'avance toujours à perdre haleine
Tentant de garder l'équilibre malgré les malaises
Anonnant des prières, Nerval et La Fontaine
Inspirant, expirant, elle oublie le spleen
Narré par Baudelaire mais la noirceur des polars
Et les catalogues d'art écartèlent son âme en peine

Que m'importe la quarantaine
Un deuil m'a déjà confiné
A moi les bus et les trams
Rituel des âmes en peine
Avec un journal, sauver la presse
Noyée dans la musique
Tenter d'oublier la peur
Avec leurs voitures individuelles
Ils se croient forts et invincibles
Narguant leurs collègues métropolitains
En oubliant déjà la quarantaine

Trois petits tours
Mai ...s ne s'en vont pas
Deux amants
Mille caresses
Vingt-cinq ans de vie commune
Et la mort et la tristesse
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mardi 24 mars 2020

JEU 56 : Deuil et confinement (de N à Z)



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Ne sortez pas, je suis dehors et j'ai remarqué qu'
On a peur du deuil des autres, ne dites pas non
Parce que j'ai été de l'autre côté, parce
Que mon deuil même me fait peur, être seule
Rester sur cette terre sans toi, que je vois
Souvent te tendre vers moi, ardent et
Tendre mais jamais mort, pas de répit
Un confinement dans la solitude et l'absence.
Veuve confinée recherche lecteurs pour ses livres.
Wagon  et locomotives attendent ton arrivée, heureu-
X, nous montons dans l'Orient-Express, il n'
Y a que nous, tu souris sur les photos
Zut, voilà un contrôleur, embrasse-moi quand même!
 .
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dimanche 22 mars 2020

JEU 56 : Deuil et confinement (de A à M)



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Avec toi, j'oubliais un peu mes angoisses.
Ballottée à nouveau, faire le deuil de toi me laisse
Confinée dans ton absence, si bien que les circonstances
D'aujourd'hui me paraissent dérisoires, comme
Extérieures à cette prison de chagrin
Fermée à tous ceux qui ne m'aiment pas aussi
Généreusement que toi, mon lecteur, ami, amant, famille
Habitée littéralement par toi, les paysages
Irradiaient notre amour; aujourd'hui
Je suis jalouse de ces couples que je vois
Kiffe ta life, toi qui es en couple, tu as de
La chance d'être deux, en colère quand je la vois
Mal utilisée; deuil et confinement...


Laura


 


samedi 7 mars 2020

JEU 55 : Vive la vie !



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Vive la vie !
Même si la mor(t)
Sure de ton ab-
Sens(ë: non sens et  nos sens)
Me dévore
Je ferais tou-
Jours de ma vie
La promotion de la sexualité
Début de la vi(ë)
Talité arrachée par la fatalité

jeudi 2 janvier 2020

JEU 53 : Toi en quatre couleurs



Toi en quatre couleurs




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Bleu comme le ciel où tu brilles désormais comme une étoile
Bleu comme le ciel du Maroc, lieu de nos dernières vacances ensemble
Bleu comme tes yeux qui éclairaient ton visage en sourire
Bleu comme tes regards qui me faisaient belle et intelligente

Orange comme ma couleur préférée que tu avais fait tienne
Comme tous les endroits de notre appartement que tu pouvais peindre
En orange et qui nous faisait nous sentir chez nous, infini ensemble
Orange de notre premier et dernier vrai appartement choisi et fixe

Blanc comme le sommet des vagues de l'Océan Atlantique,
Mer et désert au Sud du Maroc, notre dernier voyage ensemble
Blanc comme la robe de mariée que je pouvais enfin remettre
Blanc comme nos deux peaux qui se touchaient encore et encore

Noir comme la vie sans toi, corps et âme, toi, mon ami et mon homme
Noir comme la nuit où je ne trouves plus ton ventre qui soulage
Mes douleurs, noir comme parler de toi au passé, noir comme les larmes
Qui débordent d'un puits sans fond de ta présente et future absence.


 

mercredi 4 décembre 2019

JEU 52 : Instructions pour survivre à la mort de son mari




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Ecouter les paroles de réconfort
Mais pas les formules à ressort
Que tu te prends en plus du reste
En pleine figure

Ecouter les conseils d’une oreille
Garder une pincée de celle
Ci et laisser de côté les critiques
Du mort et de celle qui reste

Ecouter ta voix qui me murmure
Encore que je suis belle et forte
Et qu’ensemble
C’est plus fort que la mort
.
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dimanche 17 novembre 2019

JEU 51 : Hommage posthume à ta carte vitale


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Hommage posthume à ta carte vitale que j'ai rendu hier: une minute
Pour t'effacer, mettre du blanc sur tes traces alors que ton silence
Remplit le vide béant: un chouette type qu'ils disent tous, c'est l'histoire
D'un mec, le mien, rendez-le moi, " C'est mon homme


[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2019/11/13/mistinguett-mon-homme-version-1938-6190068.html

jeudi 3 octobre 2019

JEU 50 : Bouquins

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BOUQUINS



Bouquins à vendre, bouquins d’écrivaine
Œuvrant de prix en publications collectives
Usant son canal carpien sur des ordis
Qui ne lui donnent pas la gloire
Une écrivaine écrivant en vain
Ignore qui sont ses acheteurs
Non des lecteurs qui lui disent sa valeur
Sans aller plus loin que la déclaration d’intention


Laura Vanel-Coytte

mardi 1 octobre 2019

La goualante de la pauvre écrivaine


"La goualante[1] de la pauvre écrivaine[2]"

 
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Esgourdez[3] bien cette semaine
La goualante de la pauvre écrivaine
Que les hommes aimaient
Mais elle savait
Dans la vie y a qu'une morale
Qu'on soit aimé ou pas
Sans mots on n'est rien du tout
Alors elle lisait et lisait
Des polars et des poèmes
Puis elle écrivait et écrivait
Des poèmes et d'autres encore

Esgourdez bien cette semaine
La goualante de la pauvre écrivaine
Qu'on soit aimé ou pas
Sans mots on n'est rien du tout
Son amour lisait ses écrits
Et elle gagna trente prix
Elle fut publiée quatre
Vingt six fois en groupe.


Esgourdez bien cette semaine
La goualante de la pauvre écrivaine
Qu'on soit aimé ou pas
Sans mots on n'est rien du tout
Et elle lisait et lisait
Elle publia quatorze livres
Que quelques uns lisaient
Et elle écrivait et écrivait


Esgourdez bien cette semaine
La goualante de la pauvre écrivaine
Qu'on soit aimé ou pas
Sans mots on n'est rien du tout
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Laura

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[1] https://www.cnrtl.fr/lexicographie/goualante
[2] https://www.youtube.com/watch?v=nQ511xLCiTs
[3] https://www.paroles.net/edith-piaf/paroles-goualante-du-pauvre-jean-la

mardi 27 août 2019

JEU 49 : Le curieux bonhomme ou le bonhomme curieux ?


Le curieux bonhomme ou le bonhomme curieux?


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Il se tient le dos droit et la tête fière comme on l'apprenait autrefois
Ses bras le long du corps, il a l'air hautain de défense des éternels timides
Il préfère être seul que mal accompagné; on lui parle et il écoute
Il souffre mais ne le montre pas; il dit non à  la colère et à la haine
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
La vie, les mots
Il n'aime pas attendre, perdre son temps;
 il est bien quand
il est debout
Ou qu'il marche pour parcourir les paysages des villes et l'art
avec des craies de toutes les couleurs
Il s'habille et habille le monde
il dessine le visage du bonheur
.

Laura