Aucun message portant le libellé Luis Ansa. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Luis Ansa. Afficher tous les messages

dimanche 22 janvier 2017

Caresser le mystère

Image

L'amour n'est pas un mot - je t'aime, tu m'aimes - c'est une énergie qui vous donne la possibilité d'entrer en contact avec la magie, avec le mystère de la vie. Non pas pour le résoudre mais pour le goûter. Il permet tout cela le mystère. Il permet la caresse. Comme un chat, il se laisse caresser le pelage. Le mystère adore être caressé.

Luis Ansa

lundi 31 octobre 2016

Dialogue entre l'esprit et Dame l'Amour

Au détour d'un jardin, dans une roseraie, je fus témoin un jour d'un étrange dialogue entre l'amour et l'esprit.
L'esprit - Je voudrais bien savoir quoi faire pour n'être plus comme avant, et ne plus être comme les autres.
L'amour - Pourquoi veux-tu changer?
- Parce que j'aime.
- Mais voilà une excellente chose!
- Oui... et non. Cela me pose un problème!
- Ah bon? Je croyais que tu étais amoureux.
- Justement...
- Alors qu'est-ce qui ne va pas?
- Je ne comprends plus rien.
- Ça c'est plutôt une bonne nouvelle. On va pouvoir s'aimer!
- Écoute,  je ne veux plus être comme avant, c'est un fait, je ne veux plus être seul, mais justement... maintenant on est deux... moi avec mon histoire et toi dont j'ignore tout.
- Je ne vois pas où est le problème, étant donné que je suis venue à ta demande. Est-ce que je me trompe?
- Non, tu ne te trompes pas, je t'ai voulue de toute mon âme!
- Alors, laisse-toi faire...et laisse-moi vivre au centre de toi-même, imprégner tes gestes de mon parfum, tes actes et tes paroles de ma présence.Efface-toi un peu, sans pour autant disparaître, puisque tu m'as voulu du fond de ton âme.
- Mais c'est là tout le problème! Au fond de moi, je ne veux pas disparaître. Je suis intelligent et j'ai peur de disparaître.
- La peur est un fantasme enraciné en toi qui a pour mission de t'empêcher d'être.D'être ce que je suis, l'origine de toi-même, ce toi-même qui t'aime.
- C'est Dieu dont tu me parles?
- Oui de lui-même, qui est venue à ta demande sous ma forme.
- Alors, et moi? Qu'est-ce que je vais devenir, moi? J'ai toujours été le conseiller et l'ami de l'homme. Je dois me diminuer pour te laisser la place, à toi, l'amour, sans savoir où tu vas... Tu vois, cela signifie que ce que je suis doit mourir...
- Oh non, tout au contraire, tu dois vivre. Vivre pour servir un autre maître que toi-même, un autre maître qui opère en abondance et non en négation, qui opère en fusion et non en séparation. Ce maître dont tu gardais le goût sans le savoir et que tu appelles l'amour.
- Si je te crois, comment faire? Cela me dépasse...
- Simplement. En me laissant te guider, en me laissant t'apprendre à ne plus souffrir du mal de vivre, en me laissant t'apprendre à aimer sans preuve ni récompense, et surtout sans victoire.
- Pour cela j'ai besoin d'aide. Comment est-ce possible autrement?
- En le voulant, comme tu m'as voulu. Tu es toi-même celui qui t'aide.
- Et donc, euh... je deviendrai amour?
- Oui, parce que je suis offrande, partage et union, donc dilatation et fécondation.Oui, parce que où je serai, tu seras; et où tu seras, je serai jusqu'à la fin des temps.
- Merci de ce dialogue. Je rentre chez moi, je vais méditer tes paroles.
- Médite, réfléchis, mais pas trop longtemps. L'amour presse et il y a tant à faire ensemble.

Les contes de l'Aigle
Histoires chamaniques

Luis Ansa

mercredi 20 août 2014

L'ombre et le chaman

Image

L’ombre était vraiment comme une femme amoureuse. Elle m’a dit : « Désire-moi, Luis. Chaque fois que tu me désireras, je viendrai. J’obscurcirai tes contours. Je ferai de toi un homme inaperçu, je protègerai ton travail, tes plaisirs, ton être. Je t’aiderai aussi à te tenir éveillé. La lumière endort la vigilance. Moi, l’ombre, je la ravive sans cesse. La lumière efface la profondeur. Moi, l’ombre, je suis sans fond. N’oublie pas, Luis. Quand tu es en moi, la lumière, c’est toi. Chaque fois que tu le voudras, je te laverai de tes certitudes paresseuses, je t’apprendrai à dire « encore, encore, encore », et je t’entraînerai toujours plus loin dans les mystères de la vie. »
Henri Gougaud, les sept plumes de l'aigle