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mercredi 10 novembre 2010

#244 – All night long

23:47:03 j’aurais pas dû boire tout ce café.
23:48:17 pourquoi elle est partie comme ça ?
23:52:35 ces chiffres luminescents de ce réveil cube Orégon commencent à me gonfler.
23:57:08 putain, il n’est pas encore minuit ?
00:01:12 ça y est, on est déjà demain.
00:02:47 j’aurais dû la retenir.
00:03:09 connasse...


00:05:22 j’ai trop chaud.
00:05:32 je vais me branler, ça va me détendre.
00:06:13 gnnn gnnn gnnn
00:06:58 gnnn gnnn gnnn
00:07:22 oui, mmm, oui...
00:07:49 ah... ah... ah...
00:08:00 Ouiiiiiiii...


00:08:07 je t’aime, reviens, merde.

mardi 2 novembre 2010

#236 – En arrière, marche

J’étais un peu ivre je l’avoue. Il faisait nuit et pluie, je le concède. En traversant cette rue étroite à sens unique, j’avais pourtant bien regardé à droite puis à gauche. Alors, ces feux rouges de cette voiture, ils auraient dû s’éloigner, forcément. Bien trop engagé en ce milieu de chaussée, bien trop imbibé pour mettre en action la mécanique complexe de mes reflexes, j’eus néanmoins un sursaut de lucidité pour imaginer que la marche arrière était aussi une option d’utilisation sur la plupart des véhicules à moteur. Un poil trop tard, j’en conviens. Alors, pourquoi perdre mes forces à vouloir m’extirper de ce pneu bien trop lourd pour mes petites entrailles ? Et quelle victoire célébrer en parvenant à hisser mon visage sur la plaque d’immatriculation qui était bien trop près pour en décrypter quoi que ce soit ?


Lorsque l’automobiliste enclencha la première et que sa carrosserie s’éloigna de mon visage, ce fut donc un réel plaisir, malgré cette ultime douleur fatale, de pouvoir lire en lettres d’argent : 807.


Un peu moins idiot, je libérai mon dernier souffle.