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Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis
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samedi 19 avril 2014

Pâques récap 25

Avril fait la fleur,
Mai en a l’honneur
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Lors vient avril si tresbeau jour
Que toute chose s’esjouyt ;
L’herbe croist et l’arbre florit,
Les oyseaulx reprennent leurs chantz,
Et ainsi a vingt et quatre ans
Devient l’homme fort vertueulx,
Joly, gentil et amoureux,
                                      Et se change en maint estat gay.


Oui, mais…si la lune rousse tombe le 10 avril, c’est un désastre pour vignerons et jardiniers.
Car avril n’est pas toujours aussi joli : Edouard III d’Angleterre,  qui fut (entre autre), cause de la guerre de Cent ans, l’expérimenta à ses dépens. Le 14 avril 1360 lendemain de Pâques, il essuie devant Paris brume, froid et grêle, entraînant la mort de nombreux chevaliers.

C’est en 1722, que le hollandais Roggewen qui naviguait dans le Pacifique, vit surgir quelque part entre l’Amérique et l’Australie, un grand bloc de lave surmonté d’un volcan. Depuis les falaises, d’étranges géants de pierre aux larges oreilles fixaient de leurs yeux morts, le navire irrésistiblement attiré vers cette côte aride. C’était le jour de Pâques dont on donna le nom à l’île qui depuis n’en finit plus de dévoiler ses mystères.

mardi 30 avril 2013

récap 25



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Le quatrièm’ mois de l’année
Que donnerais-je à ma mie ?
Quatre canards volant en l’air,
Trois rats des bois,
Deux tourterelles,
Un partriole,
Qui va, qui vient, qui vole,
Un partriole,
Qui vole dans ce bois.

jeudi 15 avril 2010

Verluzern et Pomdavrille récap 25

Caprice d’Avril fait tomber les fleurs
Et trembler les laboureurs

15 04


T
out le monde avait peur du dragon Verluzern. Il était très grand, il était très gros, il était tout vert, il faisait du bruit, il sentait mauvais. Il cassait tout sur son passage et quand il ouvrait la bouche, le feu qui en sortait grillait tout ce qu’il approchait. C’est pourquoi Verluzern était tout seul et Verluzern était bien malheureux.
Pourtant il n’était pas méchant, ni dangereux puisqu’il ne mangeait que des charognes et des détritus ; on pourrait même dire qu’il était utile. Seulement les gens ne le savaient pas, aussi quand il approchait du village, le grand bruit de ses énormes pas et l’insoutenable fumet qu’il dégageait faisait fuir les habitants. Alors, rentré dans sa caverne, Verluzern pleurait. Il pleurait de grosses larmes vertes qui roulaient sue ses joues rugueuses.
Au village, vivait une jeune fille qu’on nommait Pomdavrille ; elle était jolie, elle était gaie, et surtout elle n’avait peur de rien. On lui disait fais attention à ci, prend garde à ça ; elle s’en fichait bien ! Comme aucune mésaventure ne lui était encore arrivée, elle n’avait aucune raison d’être prudente. Elle aimait se promener dans les bois et ses parents lui recommandaient : «  Ne vas pas trop loin, Pomdavrille ! prend garde au dragon ! ». Pomdavrille n’avait pas plus peur du dragon que du reste.
Un jour, à la recherche de mûres ou de champignons, elle s’enfonça dans la forêt où elle fit tant de tours et de détours qu’elle finit par ne plus savoir où elle se trouvait. A la nuit tombante, elle arriva au bord d’un étang qu ‘elle ne connaissait pas. Elle réalisa qu’elle était bel et bien perdue. Croyez-vous qu’elle fut effrayée ? Ce serait mal la connaître. Elle était juste contrariée à cause de ses parents qui, ne la voyant pas rentrer allaient s’inquiéter. Dans la pénombre, elle distingua l’entrée d’une caverne ; elle décida d’y aller dormir. L’horrible puanteur qui régnait à l’intérieur la fit tout d’abord reculer. Oui, mais il commençait à pleuvoir et le froid tombait avec la nuit. Tout compte fait, il valait mieux la caverne ! Cependant cette odeur… Mais oui, se dit-elle, le dragon ! C’était le dragon qui sentait si fort ! Le choix était simple : passer la nuit dehors sous la pluie ou bien dans la caverne avec le monstre ! Pourtant ce monstre, à sa connaissance n’avait encore tué personne et puis, et puis, elle verrait bien. 
Bravement, le cœur battant un peu tout de même, elle entra… L’odeur !!! Quarante mille charognes ne sentiraient pas si fort maugréa-t-elle. Tant pis, elle était au sec, il faisait tiède et des feuilles mortes rendaient le sol confortable. Elle en assembla un petit tas puis ressortit pour ramasser du bois. Heureusement, elle n’avait pas trop faim car toute la journée, elle s’était gavée de mûres et de noisettes. Quand elle eut terminé d’assembler les branches, elle se trouva satisfaite de son campement à un détail près : comment allumer sa flambée ? Elle n’avait pas de briquet et les allumettes étaient loin d’être inventées. Inventoriant ses connaissances, elle prit deux cailloux qu’elle cogna l’un contre l’autre ; en vain ! Elle ne réussit pas à produire la moindre étincelle. Alors elle essaya un autre truc dont elle avait entendu parler : les deux morceaux de bois. Elle frotta, frotta, frotta, à attraper des ampoules aux deux mains… Pas la moindre fumée ne s’en échappa. « Tant pis, se résigna-t-elle, je me passerai de feu. ». Alors elle sentit passer sue elle un souffle fétide mais tiède ; tiède et de plus en plus chaud… une flamme jaillit qui fit prendre son bois. A la lueur du feu qui s’élevait joyeux dans la caverne, elle le vit : tout gros, tout vert, tout moche et qui sentait pas bon… Verluzern, en son énorme personne !
Vous me direz, Pomdavrille n’avait peur de rien, mais là… Ce dragon grand… grand comme… si elle avait connu les éléphants, elle aurait dit plusieurs. Mais d’éléphants elle n’avait jamais entendu parler. Il était gros, mais gros, presque autant que l’église du village. Et il sentait mauvais, mauvais, plus encore que la décharge du village. Il ne bougeait pas, il la regardait… elle leva les yeux et rencontra les siens : deux énormes yeux jaunes, globuleux, aussi laids que le reste de l’animal, mais pas méchants du tout. Normal, se dit Pomdavrille, s’il était hostile, il n’aurait pas allumé mon feu.
Elle lui sourit ; le dragon baissa la tête vers elle. Le geste lui rappelait son chien, quand il cherchait une caresse entre les deux oreilles. Tout de même, caresser cette grosse horreur entre ses deux oreilles pointues, c’était trop lui demander ; Pomdavrille recula. Alors elle vit dans les gros yeux jaunes, deux larmes vertes. La petite avait bon cœur ; elle fut désolée d’avoir peiné ce pauvre dragon qui semblait si fort en peine d’affection. Elle perçut une voix lamentable : « Personne ne m’aime ! »
Elle l’aurait juré, elle n’avait rien entendu et d’ailleurs qui aurait parlé ? Il n’y avait dans cette grotte qu’elle-même et le dragon. Puis, de nouveau :
« Je suis si malheureux… ! »
Ce n’était pas une voix : c’était une pensée qui pénétrait son cerveau. Verluzern était télépathe. C’est une chose qui arrive souvent aux dragons et autres créatures extraordinaires et que Pomdavrille ne pouvait savoir. Comme elle n’était pas sotte et tout à fait curieuse, elle comprit que le dragon désirait communiquer ; elle eut envie d’essayer :
« Pourquoi es-tu si malheureux ? pensa-t-elle très fort. »
« Parce que tout le monde a peur de moi ! »
Ca marchait elle pouvait capter les pensées du dragon tout comme lui, les siennes. Elle essaya encore une fois :
« Moi, je n’ai pas peur. »
« C’est vrai ? »
« Mais oui, je n’ai pas peur de toi. »
« Pourtant tu as reculé tout à l’heure. » 
Pomdavrille était gênée ; on lui avait tant et tant recommandé de ne jamais faire de remarques désobligeantes ! Sa pensée l’était et elle ne savait pas la dissimuler. Au fond, c’était plus simple, le dragon comprendrait tout seul qu’il n’était pas question de crainte mais d’une répulsion qu’il ne tenait qu’à lui de faire disparaître.
En effet, Verluzern semblait honteux ; s’il n’avait pas été si vert, on l’aurait vu rougir. Il était touchant ce gros dragon malheureux ! La jeune fille se concentra :
« Ecoute Verluzern, les gens ont peur des dragons depuis toujours et toi, vraiment !… Tu t’es regardé ? Tu es tout sale, tu sens mauvais et puis tu es maladroit ; tu casses tout sur ton passage. Si tu voulais faire un effort, on pourrait essayer de les faire changer d’avis. Tu sais quoi ? On va dormir parce que là, je suis fatiguée et demain avant de partir, je t’expliquerai. »
Verluzern tout heureux d’avoir trouvé quelqu’un pour s’occuper de lui, passa la nuit à veiller sur sa nouvelle amie. Au petit jour, il sortit pour trouver un peu de nourriture pour Pomdavrille. Depuis le temps qu’il hantait leurs décharges, il avait une idée de ce que mangeait les humains. Il trouva des noisettes, quelques mûres et des œufs de canard sauvage.
En s’éveillant, Pomdavrille trouva ces présents près du feu ranimé ; elle eut une pensée pour Verluzern :
-« Ce qu’il est gentil ! Il faut tâcher de l’aider… »
L’énorme bête fit son entrée et, aussi délicatement qu’elle le put, s’installa près du feu ; la jeune fille le questionna sur sa vie, son âge, ses habitudes. Eh bien, Verluzern comme bon nombre de ses congénères gardait un trésor ; il était là, au fond de la caverne, dans un coffre. Depuis combien de temps ? Il avait oublié… tout comme son âge ; tout cela était si vieux !
Il se souvenait qu’un enchanteur poursuivi par des moines, lui avait confié le coffre ; c’était semblait-il son bien le plus précieux, mais Verluzern en ignorait le contenu.
-« Allons vois ce que c’est ; il ne t’es pas interdit de l’ouvrir ? »
-« Non… Je ne crois pas. »
La serrure rouillée ne résista pas longtemps ; dans le coffre il y avait… des petits morceaux de grimoire, illisibles, tout rongés, déchiquetées et une famille de souris qui, par un petit trou grignoté dans les planches du fond était venue loger là.
-« Eh bien, constata Pomdavrille, tu n’as plus grand chose à garder dorénavant ! »
-« Ben, qu’est-ce que je vais faire alors ? - Verluzern était déconcerté.
-« J’ai une idée ! Mais d’abord, tu dois aller à l’étang pour te décrasser ; les pieds, les dents, les oreilles, entre les écailles, partout ! Tu m’entends Verluzern, partout ! »
-« Ah  non, pas l’étang surtout ! Un moine un jour, a noyé un de mes cousins ! »
-« Sur la rive tu ne risques rien ; de toutes façons, tu es bien plus costaud que moi ; et puis, si tu veux qu’on t’aime, il faut que tu sentes bon. »
Verluzern avait compris qu’il n’était pas le plus fort et c’est pour cette raison qu’il finit par obéir.
Quelle panique au village quand Pomdavrille rentra suivie du dragon ! Son père qui la croyait perdue, aidé de tous les hommes valides, partait justement à sa recherche ; armés de fourches et de bâtons, menaçants, les villageois firent face au monstre tandis que femmes et enfants galopaient en tous sens en quête d’un abri. La jeune fille eut bien du mal à les apaiser et à se faire entendre ; Verluzern menacé, ne savait pas s’il devait prendre ses grosses pattes à son grand cou ou bien cracher du feu pour se défendre.
Le calme rétabli, Pomdavrille put exposer son projet. Elle démontra que Verluzern était inoffensif, que d’autre part il se nourrissait de rebuts et de charognes et que si le village voulait bien l’adopter, il deviendrait alors le plus propre de la province.
Ainsi fut fait et les villageois furent désormais préservés des épidémies qui ravageaient périodiquement le pays. Verluzern enfin heureux, survécut plusieurs siècles à Pomdavrille. Quand il mourut, car les dragons meurent aussi, pour le remplacer, les hommes durent inventer les incinérateurs et le tri séléctif.

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Les Chouchous