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mardi 26 mai 2009

21:13

Qu'il soit bien admis que je suis dingue des nombres, ce qui me conduit à des comportements probablement inhabituels, qu'il va falloir suivre quelques instants avant d'aborder une curiosité exceptionnelle, la matérialisation dans le paysage des chiffres que j'avais en tête...ImageC'est ainsi que le 19 avril dernier, les événements relatés ici m'ont conduit à me rappeler que j'avais il y a quelques années acheté les numéros 13-21-34 de Planète, alors que seul le 34 m'intéressait a priori, parce qu'il s'agit de nombres de Fibonacci, et que je n'avais pu me résoudre à ne pas exploiter la coïncidence de trouver ces 3 numéros parmi un échantillonnage restreint de la revue.
Cette remémoration m'amena à repenser à d'autres occurrences du motif 21-13, et à envisager d'y consacrer une étude. Je pensais notamment à reproduire la table des matières de
THE GREEK COFFIN MYSTERY
BY ELLERY QUEEN
dont les titres des 21 et 13 chapitres des deux parties épellent en acrostiche le titre du roman et le nom de son auteur. C'est d'autant plus remarquable que ce roman de 1932 tourne autour d'un tableau retrouvé de Léonard de Vinci, un autre Léonard volontiers associé au nombre d'or (Fibonacci s'appelle aussi Léonard de Pise). Ce tableau est dit d'environ 6 pieds sur 4, ce qui n'est pas incompatible avec un rectangle d'or (6.2 sur 3.8 par exemple).
Je suis membre de la liste Oulipo (ouverte à tous) qui propose chaque année des exercices oulipiens à partir d'un texte donné. Je n'étais guère inspiré par le texte de Perec choisi cette année, jusqu'à ce que je m'avise le 30 avril que la gématrie de ce texte était 4226, soit le double de 2113. J'en ai alors proposé une anagramme, conservant la même fascinante valeur (pour moi du moins).

Deux jours plus tard, le 2 mai, je Imagesuis allé faire une balade passant par la chapelle Saint-Etienne, construite sur un éperon rocheux dans la montagne voisine, dans ce même massif s'étendant de Mézel jusqu'au Verdon où j'ai fait les balades décrites dans les billets précédents.

J'avais avec moi un livre, retrouvé depuis peu dans mon fouillis, Le marteau de verre, de KW Jeter, collection Présence du futur. J'ai ce roman depuis sa parution en 1986, m'intéressant à cet ami de PK Dick dont j'ai cependant du mal à lire les romans de SF; je n'ai jusqu'ici pu achever aucun des trois en ma possession, alors que j'ai apprécié ses romans fantastiques. L'importance du marteau dans mes recherches jungiennes avait réactualisé ce titre, mais j'avais à nouveau eu du mal à m'y plonger lors de sa redécouverte 15 jours plus tôt, et je comptais sur cette balade pour forcer ma concentration, loin de toutes les distractions qui m'assaillent à la maison.
Peine perdue, j'ai du mal à compatir aux états d'âmes des androïdes, et je feuillette le livre dans l'espoir d'y déceler le moindre mot ou signe accrocheur...
Ma folie numérique me porte à accorder de l'attention aux numéros des livres dans la collection, à l'achevé d'imprimer, aux numéros d'éditeur, d'imprimeur... mais je ne suis pas dingue au point de m'intéresser au code-barres ISBN...
...sauf cas spéciaux. Ainsi mes recherches sur Fred Vargas m'ont conduit à relire plusieurs romans de Paul Halter, ce qui a conduitImage au billet Paul & Fred du 5 mai. Lors de ces relectures, j'ai remarqué le 1er mai une curiosité sur la 4e de couverture de Meurtre dans un manoir anglais, où une étiquette avec un code-barres ISBN a été collée par-dessus un autre code. J'ai remarqué que ce code se terminait par 8351, et je suis fasciné par ces chiffres, plutôt sous leur forme 51-83, voir ici.
J'ai scanné la couverture avant de décoller l'étiquette, pour découvrir dessous le même code ISBN, mais dans un format un peu plus petit.

Le lendemain, 2 mai, je suis donc en train de monter un joli chemin serpentant dans la forêt lorsque, épluchant Le marteau de verre, je vois les derniers chiffres de son code ISBN, 4327.
27 et 43 sont, comme 51 et 83, des nombres en rapport d'or, et ils ont également un statut particulier car ce sont les deux premières mesures utilisables de la Série Rouge du Modulor (en cm). Détail amusant, la Série Bleue double les mesures de la Série Rouge, et 54 et 86 (doubles de 27 et 43) correspondent aux dimensions en mm de la Carte Bleue, précisément (mais je n'ai vu nulle part mention d'une intention effective ni des dimensions, ni de l'appellation).
Me voici donc avec un 43-27 au lendemain du 83-51, et, comme chaque fois que je rencontre des couples dorés dans des conditions similaires, je joue avec, les additionnant notamment, pour obtenir 126-78, soit, multiplié par 6, le couple 21-13 qui me préoccupait ces derniers jours.
Sur ces entrefaites, j'arrive au pointImage où le chemin se subdivise en deux branches. J'ai fait des dizaines de fois cette superbe balade et, quasiment à chaque fois, je vais vers la chapelle St-Etienne, parce qu'une fois là-bas plusieurs alternatives sont offertes, selon l'humeur et les jambes.
Aujourd'hui, exceptionnellement, je décide de prendre le chemin des Chandres, et je serais bien en peine d'expliquer pourquoi.
10 minutes plus tard, l'esprit toujours accaparé par les 83-51, 43-27, 21-13 et autres, mes yeux Imagese posent sur cet arbre :
L'une des possibilités, arrivé à la chapelle St-Etienne, est de faire une boucle permettant de revenir par ce chemin des Chandres, mais ainsi on ne pourrait voir ce panneau qu'en se retournant.
J'y lis 21:13, avec le premier 1 presque effacé mais néanmoins lisible, les deux points étant les têtes rouillées des clous fixant le panneau. Le 3 semble superposé par-dessus un 8, et, moins visiblement sur la photo, le second 1 superposé par-dessus un 2.
Après un premier temps d'effarement je me dis qu'il doit s'agir d'un panneau de l'ONF, délimitant une zone de coupe, mais ordinairement ces panneaux sont manufacturés, et les numéros de parcelles ont 3 chiffres.
De fait, je ne tarde pas à atteindre la limite de la parcelle, Imageavec ce panneau manufacturé 213, tandis que commence ensuite la zone 214.

Tout ceci ne m'a pas aidé à avancer dans la lecture du Marteau de verre pendant cette balade.

J'ai anagrammatisé le nom de son auteur, KW JETER, dès que je l'ai connu il y a quelque 25 ans, en KTR JEWE, translitération des mots hébreux Kether, "couronne", la première sefira (ou émanation divine), et du Tétragramme, le nom divin si sacré qu'il est interdit de le prononcer. Les valeurs numériques de ces mots, 620 et 26, peuvent être lues comme un palindrome (surtout en adoptant l'écriture 026). Des lectures récentes ont réactualisé cette propriété.
Lors de la crise qui m'a conduit à étudier la Bible et l'hébreu, en juillet 85, j'ai été conduit à imaginer le motif numérique 1-2-3-1, que j'ai concaténé en un nombre, 1231, dont j'ai étudié différentes permutations, notamment 1321 et 2113, nombres premiers comme 1231. Cette recherche m'a amené à découvrir la valeur numérique 1231 pour différentes expressions:
- "vingt-six" en hébreu
- "les dix paroles", désignation biblique du texte des 10 commandements, qui totalise en hébreu 620 lettres.
- "la couronne de la Thora", kether thora, autre désignation de ce texte, à cause de ses 620 lettres.

Saint Etienne est originellementImage un stephanos, "couronné" en grec.
Sur le chemin de la chapelle, il s'est produit un léger affaissement de terrain, circonscrit à une petite zone circulaire, ce qui a conduit les arbres du pourtour de ce cercle à de curieuses inclinations, ainsi on pourrait voir ici un chrisme.

Fin avril, le motif 21-13 et son exemple The Greek Coffin Mystery m'ont rappelé une curiosité. Le roman a connu plusieurs traductions en français, avec des coupes rendant parfois l'intrigue inintelligible. Il s'agit du 4e Ellery Queen, mais sa parution dans l'intégrale J'ai Lu a été tardive, ce qui fait que Deux morts dans un cercueil, son titre français, est le J'ai Lu n° 2449, tandis que le 5e Queen, Le mystère égyptien, originellement paru également en 1932, porte le n° 1514 de la même collection.
Les dingues de mon espèce remarquent que 1514 est la section d'or arrondie de 2449:
2449 x 0.618034 = 1513.565..., à arrondir donc à 1514.
Je n'espère guère pouvoir faire partager les petits jeux qui m'ont fait étudier aussi le couple 2449-1513, ni l'étrange propriété découverte en le confrontant au couple 2449-1514, aussi j'enchaîne sur la suite, dont le début se passe à peu près au même moment, lors de l'écriture du billet Paul & Fred du 5 mai. Mes recherches m'ont rappelé l'existence d'un pastiche d'Ellery Queen, dû à Thomas Narcejac, et sa relecture m'a mené aux passionnantes considérations développées dans le billet.
Le recueil de pastiches, Usurpation d'identité, était resté sorti, et j'en ai relu de ci de là quelques nouvelles, notamment le 13 mai Le crime du fantôme, pastiche des enquêtes du père Brown dont je ne suis pas fanatique.
Mais Chesterton revu par Narcejac, c'est autre chose, et je suis ébahi en trouvant le nombre d'or jouer un rôle dans cette nouvelle, où l'assassin a pris en compte les obsessions mystiques d'un groupe de spirites qui se réunissent au centre d'une salle
dont les dimensions correspondaient au nombre d'or.
Cette nouvelle écrite en 1945 est donc le premier texte à ma connaissance faisant intervenir le nombre d'or dans un plan criminel (je donne ici une autre nouvelle publiée confidentiellement en 1987 par Alain Calame, et je rappelle qu'il est question du nombre d'or dans Les soeurs Lacroix, écrit en 1937 par Simenon).
ImageJe hoquette d'incrédulité en m'apercevant que mon exemplaire d'Usurpation d'identité est le J'ai Lu n° 1513, le nombre auquel je me suis intéressé théoriquement dans mon étude du couple des Queen 4-5, les J'ai Lu 1514-2449, ainsi il est question du nombre d'or dans ce numéro en rapport d'or avec l'édition française de The Greek Coffin Mystery, en 21-13 chapitres (je donne ici le premier feuillet de la table des matières originale).

Je remets à plus tard les développements qui ne manqueront pas de découler de ce cas, conjoignant mes deux principales dilections numériques, le nombre d'or et la quaternité.

Deux petites choses encore. Reprenant le Paul Halter au numéro ISBN se terminant par 8351, je remarque que son numéro d'éditeur est 2743D-5, alors que le numéro ISBN du KW Jeter se termine par 4327.
Quel est son numéro d'éditeur ? 2414 tout court. C'est un nombre qui me renvoie illico à mes recherches bachiennes, sur le Clavier Bien Tempéré notamment, où les seuls ensembles Prélude-Fugue en rapport doré sont 14, 24, et 38, de telle miraculeuse façon que l'ensemble Prélude-Fugue moyen a exactement 100 mesures, réparties en 38 pour le Prélude et 62 pour la Fugue; 38-62-100 représente le prolongement de la suite additive 14-24-38 esquissée par les rangs de ces ensembles.
J'avais déjà pensé à Bach en triturant les couples 83-51 et 43-27, dont les sommes donnent le 126-78 vu plus haut, et les différences 40-24, nombres de mesures des Fugue et Prélude n° 14.

Le numéro identificateur de ce billet (postID) est 8351715887751981950, débutant donc par 8351, ce qu'on peut vérifier en pointant sur le champ "enregistrer un commentaire" ci-dessous. Ce n'est ni délibéré ni tout à fait accidentel, car depuis le petit prodige découvert après l'écriture du billet aix-ode, qui débutait par une photo de tournesol et dont j'ai découvert ensuite l'ID débutant par 3455, alors que 34 et 55 sont les nombres de Fibonacci gouvernant la structure d'une fleur de tournesol type, depuis cela donc je fais plusieurs essais pour chaque billet que j'envisage de publier, jusqu'à 5 ou 6, pour donner "plus de chance" au hasard de s'exprimer.
Je n'ai pas la possibilité de faire plus de 5 ou 6 tentatives, car j'accorde plus d'importance à la minute où je commence le billet, que je peux maîtriser totalement. Ainsi j'ai décidé d'écrire ce billet après la coïncidence éditoriale du 25 mai, comptant y inclure le récit de cette balade, que j'ai donc commencé à 21:13, et j'ai donc choisi parmi mes 5 tentatives celle débutant par 8351.
Toutefois les développements divers ont proliféré, et j'ai scindé en 3 parties ce que je comptais originellement inclure en un seul billet; les deux autres parties constituent les billets précédents, utilisant 2 autres des 5 ID créés à ce temps 21:13.

Note du 12 juillet : voir la dernière note du billet précédent, où je me suis rappelé ma présence parmi les 21 contributeurs de la BLO 13, imprimée le 21 mai et remise à son destinataire le 22.

jeudi 14 août 2008

lacs d'or

Si les 8/13 de l'année tombent le 13 août, la section d'or de l'année tombe le 14 août, vers 14 heures une année normale, et vers 4 h 48 une année bissextile. La petite section d'or tombe le 20 mai vers 10 h une année normale, et le 19 une année bissextile, vers 19 h 12.
C'est l'occasion de revenir sur ce qui s'est passé le 18 mai dernier, alors que je n'étais pas conscient le jour même de son aspect doré. Nous fêtions l'anniversaire de ma compagne Anne chez notre fille Aurélie, qui vient d'acheter une maison à Quinson, aux confins du département.
Quinson est au bord du Verdon, et d'un des 5 lacs formés par les retenues des 5 barrages du Verdon (Castillon, Chaudanne, Ste-Croix, Quinson, Esparron).
Quinson est connu pour son musée de la Préhistoire, ce qui a conduit la commune à divers aménagements sur ce thème, dont un sentier "préhistorique" au-dessus du lac, menant vers le site de la Baume Bonne, au bord du Verdon.
Image
Après le repas j'ai été faire une balade digestive de ce côté. Voici le début du chemin, qui monte dans une trouée de la falaise.
ImageIl passe ensuite sur une courte corniche, avec une splendide vue sur le lac. Le promeneur est convié à s'instruire, grâce à 5 panneaux disposés environ tous les 10 mètres, donnant des renseignements sur la vie dans la vallée à 5 périodes, des origines jusqu'au 19 siècle. Je remarque la forme des panneaux, et procède à une première évaluation avec la largeur du livre que je n'ai pas manqué d'emmener avec moi, des fois que certaines sections du sentier se soient prêtées à la lecture.
C'est doré à première vue, mais la méthode est loin d'être précise, et je plie à angles droits un ticket de caisse resté dans une poche pour me faire une pige plus petite. L'image visible mesure 8 piges (et un petit chouïa) par 13 (et un plus gros chouïa). Ça semble décidément doré.
De retour à la maison, je mesure ma pige, 58 mm, et évalue les dimensions des panneaux à 48 × 78 cm, ce quiImage s'avèrera proche des dimensions effectives prises quelques semaines plus tard avec un outil plus approprié, 477 x 771 mm. Ces mesures se retrouvent pour les 5 panneaux, au mm près, avec une hauteur qui semble effectivement très proche de 477 mm, tandis que la largeur tombe entre 771 et 772 mm.
Idéalement, 477 x 1.618 = 771.8 mm,
ainsi la fenêtre du panneau est bien un rectangle d'or, à une fraction de mm, de dimensions peu habituelles, même en convertissant en pouces. Le rebord métallique est de 43 mm de chaque côté, donnant pour le panneau entier des dimensions tout aussi exotiques 563 x 857 mm.
A ce stade, il devient raisonnable d'imaginer que ces panneaux ont été intentionnellement calculés selon le nombre d'or, ce qui n'a d'ailleurs rien d'extraordinaire en soi, puisque c'est pour beaucoup d'artistes une harmonie essentielle, enseignée dans les écoles.
Personnellement, j'ai d'abord été frappé par le nombre des panneaux, 5, alors que j'étais tenté d'interpréter Imagequinairement le nom de Quinson. Renseignements pris, si quinsoun est le nom provençal du pinson, figurant sur les armoiries du village (un pinson d'or sur pont d'argent), son nom viendrait plutôt d'un gallo-romain nommé Quintius ("cinquième" enfant d'une famille romaine).
La "quine" est un mot clé du vocabulaire doré, avec la fameuse ou fumeuse "Quine des bâtisseurs romans", en fait calquée sur le Modulor du Corbusier, qui est plutôt un "bâtisseur romand".
L'outil modulor lui-même est un ruban de 226 cm de long, et j'ai pensé le lendemain 19 mai que nous étions le 140e jour de cette année de 366 jours, 140-226-366 étant des mesures consécutives de la série bleue du Modulor. Ces nombres n'étant que des approximations de l'harmonie d'or, la petite section d'or de l'année bissextile tombe à 139.8 jours, au cours de ce 19 mai, en conséquence la veille 18 mai était le dernier jour entier selon cette division dorée de l'année.

Le plus effarant arrive. J'ai parlé du livre que j'avais emmené avec moi pendant ma balade, et dont la largeur m'a servi pour une première estimation des proportions des 5 panneaux. Je n'avais pas encore fait attention à son titre, Le Lac d'or, et au rapport immédiat avec le lac de Quinson, nappe d'or sous le soleil du midi...

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J'avais emprunté ce livre le vendredi 16 précédent, au rayon Nouveautés de la médiathèque de Digne, pour son titre "d'or" essentiellement, mais je savais déjà qu'il s'agissait du nom d'un restaurant asiatique du 13e, aussi je n'étais pas pressé de le lire, mais sa minceur le rendait idéal pour une lecture en balade.
Bien évidemment il me serait fort difficile de prouver que c'est bien ce Lac d'or que j'avais à la main le 18 mai 08 lorsque j'ai découvert les panneaux d'or au-dessus du lac de Quinson, mais sa lecture m'a offert une coïncidence immédiatement vérifiable. Le livre ne donne que deux dates précises, d'abord le "samedi 11 décembre" où a eu lieu un repas au Ryuji Hôtel, puis ceci, page 86 :

Image

Je me suis renseigné sur le site de J-P Amette, où j'ai appris qu'il était né le 18 mai 1943, en conséquence la date ci-dessus n'est pas innocente, c'était celle de son 61e anniversaire, or c'était aussi le 61e anniversaire d'Anne que nous fêtions ce 18 mai 2008, 4 ans plus tard.

En écrivant ceci j'ai encore en mémoire le tableau du Modulor donné dans le billet d'hier, où 86 est la mesure précédant 140 et 226 dans la série bleue, ainsi même la page où figure ce 18 mai m'est significative.
Une curiosité au passage, la mesure de la série bleue précédant 86 est 54, or 54x86 mm est le format de la carte bleue, adopté pour de nombreuses autres cartes.

Quelle que soit la raison du 11 décembre pour Amette, il m'évoque la date de naissance de Maurice Leblanc (selon son biographe Jacques Derouard du moins, car de multiples autres sources le donnent natif du 11 novembre), et le 11 décembre 2004, qui était bien un samedi, aurait donc été le 140e anniversaire de l'auteur de "813".
Lors de mes dernières études sur Truffaut, balzacien avéré, et 813, j'ai été tenté de citer comme source possible du "813" de Leblanc le roman Histoire des Treize, de Balzac, dont l'intrigue résumée est évocatrice : le prince du crime Ferragus tente de forger une magnifique destinée à sa fille, et échoue. Les enquêteurs du Lac d'or se nomment Barbey et Ferragus. J'ignore presque tout de Barbey d'Aurevilly, mais mes très modestes connaissances balzaciennes me font soupçonner que Amette a pu jouer avec les Treize de Balzac pour son roman se passant dans le 13e, ce qui me rappelle fortement Leblanc qui a multiplié les Huit dans ses Huit coups de l'horloge, en faisant notamment résider son héros bd Haussmann dans le 8e.

Barbey, dont le lecteur ignore le prénom, Imageenquête sur la mort de celle qui fut sa bonne amie, Chloé Bonneterre, qui habitait 41 rue Clisson.
Elle aurait pu devenir Chloé Barbey si elle l'avait épousé, Ch Ba..., or la rue Clisson est connue pour un trompe-l'oeil montrant un peintre en train de peindre Bach sur une façade, son modèle sous les yeux.
C'est peut-être une piste plus "sérieuse" que la série bleue du Modulor, mais Bach me ramène encore au nombre d'or, et il pourrait y avoir une analogie entre cette création et ma tentative d'évaluation du format des illustrations du site de Quinson à l'aide du Lac d'or.
C'est un polar qui m'a fait connaître le trompe-l'oeil de Fabio Rieti, Château-des-Rentiers (1982), d'Alain Demouzon, qui était alors président de l'association 813 (et qui habite au numéro 8 d'une rue du 13e).

Comme il l'a déjà été dit, les rapports d'entiers ne peuvent être que des approximations du nombre d'or, notamment ceux de la série bleue qui doublent la série rouge, ainsi l'entier en harmonie immédiate avec 86 est 139 plutôt que 140 (86 x 1.618 = 139.2), et le 18 mai de la page 86 était le 139e jour de cette année 2004.
Ce nombre 139 m'évoque au premier chef la valeur d'Ellery QUEEN, dans l'oeuvre duquel j'ai découvert une architecture d'or.

L'an dernier, j'ai évoqué le cadeau que j'avais fait à Anne pour son anniversaire, 138 anagrammes de Pamela Anderson, parce que le 18 mai était alors le 138e jour de l'année. Entre le 138e jour et le 13/8 (13 août), 86 jours.

Une dernière curiosité. J'ai intitulé ce billet "lacs d'or" en songeant aussi au mot "lacs" au singulier, de Imagemême étymologie que "lacis" (ci-contre un lacs-d'amour héraldique), et je viens de découvrir pendant son écriture qu'un chercheur prétend avoir prouvé qu'une civilisation préhistorique avait établi à l'échelle du globe entier un lacis de "lignes d'or" analogue aux parallèles et méridiens ultérieurs, mais basé sur une division par 366 de la circonférence terrestre et non 360. Il trouve de multiples corrélations entre les sites anciens érigés précisément sur ces lignes d'or.
Le lac de Quinson (et une bonne part du cours du Verdon) a la particularité d'avoir une rive dans le 04 et l'autre dans le 83, or Digne chef-lieu du 04 se situerait selon les cartes présentées sur le parallèle d'or 44, tandis que Toulon chef-lieu du 83 serait carrément sur le méridien 0 (ces lignes d'or sont distantes d'environ 130 km).
Je note ces coïncidences tout en me déclarant totalement sceptique sur la théorie de Sylvain Tristan, sans connaître toute son argumentation. C'est qu'une théorie "zarbi" demande plus que des corrélations statistiques pour être validée, d'une part pour diverses raisons rationelles touchant au bon usage des statistiques, d'autre part parce que l'éon Napol déjà mentionné semble trouver un malin plaisir à multiplier les coïncidences les plus parfaites sur les chemins des chercheurs (voir mes pages Bach par exemple).
Je remarque enfin l'analogie de l'hypothèse des lignes d'or avec celle de la Quine : dans les deux cas il s'agit de reporter dans le passé un système élaboré de mesures, et le nombre 366 est chaque fois au premier plan. Le Corbusier a conçu son Modulor en privilégiant les mesures anglo-saxonnes, avec pour point de départ 12 pieds = 144 pouces, 144 étant un nombre de Fibonacci permettant ensuite de décliner selon la suite de Fibonacci la série bleue en pouces et la série rouge en demi-pouces. Si 144 pouces sont proches de 366 cm, les conversions suivantes selon la suite de Fibonacci décroissante donnent lieu à des approximations de plus en plus bancales, d'autant qu'il a fallu veiller à avoir toujours un nombre pair pour la compatibilité avec la série rouge.

vendredi 11 juillet 2008

l'Adversaire dans la Vie mode d'emploi

Mes deux derniers billets ayant évoqué des coïncidences entre des romans d'Ellery Queen et d'autres oeuvres, j'ai envie de faire le point sur une curiosité souvent mentionnée dans mes pages, les prodigieux échos entre l'oeuvre phare de Perec et L'adversaire, polar d'Ellery Queen traduit en français en mars 78, alors que La vie mode d'emploi, publié en septembre 78, en était au stade final des corrections.
Ces échos sont magnifiés par le titre du chapitre 10 d'un livre récent sur Perec, The Games of Fiction de David Gascoigne (2006),
Reading the adversary in La Vie mode d'emploi
qui est un hasard puisque le titre original de L'adversaire est The Player on the Other Side, originellement publié en 1963, et que Perec aurait donc pu lire en VO, ce dont je n'ai trouvé aucun indice.

L'histoire centrale de VME (Vie Mode d'Emploi) est celle du millionnaire Percival Bartlebooth, qui a réuni dans son immeuble du 11 rue Simon-Crubellier quelques personnes associées à son entreprise excentrique:
- le peintre Valène qui lui enseigne l'aquarelle pendant 10 ans;
- l'ébéniste Winckler qui transforme en puzzles les 500 marines peintes par Percival pendant un périple de 20 ans autour du monde;
- le chimiste Morellet qui a développé un procédé pour reconstituer et effacer les aquarelles originales à partir des puzzles résolus pendant les 20 années suivantes, si bien qu'il ne restera aucune trace d'une entreprise qui aura occupé Percival pendant 50 ans.
Le premier chapitre s'achève en mentionnant la vengeance patiemment et minutieusement ourdie par Winckler, qui n'a pas encore fini de s'assouvir. Le dernier chapitre s'achève sur la mort de Bartlebooth, le 23 juin 1975, qui n'a pu mener son entreprise à bienImage, et qui ne peut placer la dernière pièce qu'il a en main, en forme de W, initiale de Winckler, à l'emplacement libre en forme de X de son 439e puzzle.
L'épilogue s'achève sur la mort de Valène, que le chapitre central avait présenté en train de peindre une oeuvre monumentale, une vue en coupe de l'immeuble montrant tout ce qui s'y passe dans chaque pièce, y compris lui-même :
Il serait debout à côté de son tableau, et il serait précisément en train de se peindre lui-même, esquissant du bout de son pinceau la silhouette minuscule d'un peintre en train de se peindre...
Mais lors de cet épilogue nous apprenons que cette toile fabuleuse est en fait presque vierge, Valène s'étant limité à tracer
quelques traits au fusain, la divisant en carrés réguliers, esquisse d'un plan en coupe d'un immeuble qu'aucune figure, désormais, ne viendrait habiter.
Ce sont les derniers mots du roman, signifiant un autre échec, mais ils peuvent orienter le lecteur vers la découverte de la structure cachée du livre,Image pourvu qu'il ait l'idée que cette toile corresponde au plan de l'immeuble donné en vis-à-vis, sur lequel (ci-dessus) on peut observer 10 niveaux répartis chacun en 10 rangées, ce qui est beaucoup plus évident sur le plan ci-contre issu du Cahier des charges de Perec.
Ceci amène aisément à homologuer les 100 cases aux 99 chapitres du livre, et éventuellement à comprendre ensuite que la séquence des chapitres correspond au parcours du cavalier dans un damier de 100 cases.

Le lecteur de L'adversaire connaît aussi dès le premier chapitre l'assassin, John Henry Walt, l'homme à tout faire des cousins millionnaires York qui habitent les 4 demeures de York Square, pourvues chacune d'une tour.
Image
Walt tue les 3 premiers cousins York, mais sa vengeance, dont les raisons précises resteront ignorées, ne sera complète qu'après avoir tué le dernier, Percival, volontiers nommé Perce (anagramme de Perec utilisée dans VME). Ainsi l'employé W du millionnaire Percival est engagé dans une obscure vengeance, cette phrase pouvant s'appliquer tout aussi bien à VME, et je suppose que David Gascoigne dans son chapitre sur l'adversaire dans VME y mentionne comme adversaire notable Winckler, qui signe sa vengeance par une pièce de puzzle en forme de W.
Or WaltImage avertit ses victimes par des cartons de forme curieuse, porteurs chacun d'une lettre énigmatique, jusqu'à ce que les enquêteurs s'aperçoivent que ces lettres JHW correspondent, dans l'ordre, aux initiales de John Henry Walt.
Ce ne sera pas la bonne solution, et le lecteur disposant du plan initial (absent de l'édition française) était à même de découvrir dès le premier carton que sa forme était identique à celle de la propriété de la première victime de York Square, et qu'il en découle logiquement que les quatre cousins sont menacés, pour que les quatre cartons décrivent l'ensemble de York Square, à l'exclusion du carré central de York Park, qui abrite la tombe vide de l'héritier direct, mystérieusement disparu en Amazonie.
Ceci est extrêmement évocateur pour les lecteurs de Perec, dans l'oeuvre duquel est constamment présente la disparition de sa mère déportée à Auschwitz. Ce manque est rapproché par les exégètes de l'oubli volontaire par Perec d'un chapitre de VME, celui correspondant au carré noir sur son plan de l'immeuble.

Puis vient le dernier carton, signifiant une prochaine "opération Percival", selon l'expression des enquêteurs.
Image
Or il y a une "opération Parsifal" dans VME, liée à la mort de Percival Bartlebooth le 23 juin 75 devant son puzzle puisque le responsable de ce plan nazi, le général Pferdleichter, est exécuté par la Résistance le 23 juin 43, alors qu'il est en train de jouer aux échecs.
Il m'a d'abord semblé que c'était une trace manifeste des emprunts de Perec à Queen, mais la consultation des brouillons de Perec montre que ce point au moins est un hasard : une contrainte imposait une allusion à Wagner, d'abord rendue par une "division Parsifal".
Et pourtant il y avait la référence aux échecs, omniprésents dans L'adversaire, où les titres de chapitres font tous référence au jeu d'échecs, où les enquêteurs (les Queen, les "reines") découvrent que York Square flanqué de 4 tours à ses 4 coins ressemble à un échiquier, et que ses occupants correspondent remarquablement au pièces du jeu, avec notamment Percival en chevalier, knight, notre "cavalier" ou "cheval".
Ceci m'a fait comprendre que le choix de ce nom par Perec pour son personnage principal relevait, au moins pour une part, d'intentions similaires : le parcours du cavalier démarre sur le palier de Percival, et se termine dans son bureau, la pièce du fond de son appartement, ce à quoi Perec est parvenu après bien des tâtonnements et pas mal de chance.

Cette convergence est loin d'expliquer tous les points communs entre les deux oeuvres, détaillés sur mes pages, et notamment la présence parmi les contraintes de Perec de citations de Cristal qui songe, de Theodore Sturgeon.
Or L'adversaire marque un tournant dans l'écriture de la série Queen, auparavant écrite par les cousins Dannay et Lee, mais les difficultés entre les deux cousins ont conduit à ce qui semblait un arrêt définitif de la série, Le mot de la fin, en 58, jusqu'à ce que Dannay décide de la reprendre avec L'adversaire, où le rôle de Lee, donner à un synopsis une forme romanesque, a été confié à un autre co-auteur, Sturgeon, mais l'éviction de Lee a été un secret bien gardé jusqu'à la mort de Dannay, en 82.
Je détaille ici l'étrange proximité des citations de Sturgeon dans VME avec des points qui peuvent être associés à L'adversaire.
Dannay, né Daniel Nathan, semble avoir voulu régler des comptes avec son cousin dans cette histoire de cousinicides au nom de l'héritier légitime de York Place, Nathaniel junior, déshérité par Nathaniel senior. Il y a de même un fort arrière-plan familial dans VME, où Perec semble faire allusion via le X du puzzle à son père André. Queen joue à plusieurs reprises dans ses romans avec la croix de saint-André, et il me semble que dans celui-ci le personnage Ann Drew doit être assimilé au mouvement diagonal des fous, via le X de Andrew.
Les jeux de lettres semblent aller bien plus loin, chez Perec comme chez Queen, mais je laisse de côté ces spéculations pour finir sur un point totalement inédit.

VME débute par un préambule, qui est en fait le début du chapitre 44, où Perec expose brillamment l'art du puzzle, jeu interactif entre le faiseur de puzzles et le poseur, la suite du chapitre s'attachant à la relation particulière entre Winckler et Percival.
Les 4 pages du préambule sont identiques, à un mot près, au début du chapitre 44, mais les lecteurs attentifs des premières éditions (Hachette et sa reproduction photographique en poche) se sont aperçus qu'aucun paragraphe n'était composé de façon identique, ce qui donne l'étrange sentiment d'avoir affaire à deux textes différents, si bien que certains de ces lecteurs (j'en ai été) se sont demandés s'il n'y avait pas ici encore une manifestation de l'esprit tortueux de Perec.
Il semble bien qu'il n'en soit rien, et que ces différences soient dues à des compositions par deux protes distincts, VME ayant été composé à l'ancienne, avant l'arrivée des ordinateurs. Les éditions suivantes de VME ne montrent plus de différences dans la composition des deux textes identiques.

Il se trouve que L'adversaire débute par un texte repris au chapitre 23. C'est une lettre adressée à Walt, signée par son mystérieux commanditaire Y (le suspect principal est Percival, héritier des cousins assassinés).
L'édition française PAC de 1978 est si peu soignée que les différences entre les deux textes sont un détail secondaire. Il est plus curieux d'observer des variations dans l'édition Penguin, la seule en ma possession, où la lettre de Y est présentée comme le document original, composé à la machine à écrire, avec un espacement des lettres constant :
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La même lettre trouvée par les enquêteurs au chapitre 23 devrait être identique, mais il y a plusieurs différences, au moins 3 indépendantes : deux sauts de lignes différents, et la signature Y décalée :
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Le texte de cette lettre est encore repris sur l'illustration de couverture, visiblement copié sur la première version, mais il y a tout de même à nouveau un décalage dans le placement de la signature Y :
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samedi 5 juillet 2008

dans tous les sens

Lors de mon dernier séjour parisien, j'ai Imageremarqué le titre d'un livre d'occasion, Sens interdits, de Stona Fitch (ci-contre la couverture de l'édition allemande).
Le dernier volet de la chronique du 1er septembre 2001 d'Antoine Tanguay, Détours et sens uniques, mentionnée à diverses reprises, était intitulé Sens interdit. Il y avançait l'idée que le point commun des deux premiers romans de Percy Kemp, Musc et Moore le Maure, était la perte d'un sens, l'odorat et le toucher en l'occurrence, et, après avoir lu les 3 autres romans publiés ensuite par Kemp, de 2002 à 2005, il me semble que cette analyse était plutôt fine, puisque Le muezzin de Kit Kat (04) concernerait immédiatement l'ouïe, et que Le système Boone (02) et Et le coucou... (05) peuvent être reliés au goût et à la vue.
Je n'y insiste pas, me bornant à constater le silence éditorial de Kemp depuis 3 ans, comme s'il tenait à séparer ces 5 premiers romans d'une suite éventuelle de son oeuvre.
Je note encore une belle communauté d'idée entre Tanguay et la traduction de Senseless, qui n'est paru en VO aux USA que fin 2001, et en 2002 en France, sous le titre Sens interdits. La 4e de couverture précise que le livre a été écrit avant le 11 septembre 2001.

Il s'agit de la prise en otage à Bruxelles d'un économiste américain, séquestré par un groupe de terroristes aux motivations peu claires. Sa captivité est filmée et diffusée sur Internet, avec en points forts l'élimination successive des 5 sens de l'otage.
Peut-être, le livre étant ensuite paru en poche, avais-je déjà vu ce résumé, qui n'aurait eu alors rien pour m'inspirer, mais le roman ne relève absolument pas du gore et laisse deviner une grande subtilité de l'auteur.

Le nom de l'otage est Eliott Gast, or hostage, "otage" en anglais, est dérivé du mot host, "hôte", et c'est exactement le sens de l'allemand Gast.
Le prénom est peut-être aussi savamment choisi, l'une des traductions de The Waste Land de TS Eliot étant La Terre Gaste...
Les noms anglais des 5 sens, Imagedans l'ordre où ils sont "hôtés" à Gast, sont Taste Smell Touch Hearing Sight, leurs initiales étant les 3 consonnes du mot HoST. Le français OTAGE pourrait être encore plus adéquat, Odorat Toucher Audition Goût..., Et l'otage découvrira après sa dernière opération, une énucléation au cours de laquelle il s'est évanoui, que ses ravisseurs lui ont laissé un oeil, ce dont il tirera une satisfaction indicible.

Eliott Gast n'a pas été enlevé au hasard. Il est secrètement le commis d'une "agence gouvernementale", chargé de distribuer des subsides à diverses personnalités vues favorablement outre-Atlantique. Gast n'a rien d'un héros, aussi, voyant son activité connue de ses ravisseurs, n'a-t-il aucun scrupule à leur assurer qu'il n'est qu'un pion, et qu'un bien meilleur otage serait son patron, Alec Moore.
Un nom apparemment plus quelconque qu'Eliott Gast, mais qui me frappe particulièrement. Leslie Moore est le personnage principal de Moore le Maure, le second roman de Percy Kemp. C'est également un agent secret, mais surtout quelqu'un qui perd progressivement le sens du toucher. Le roman s'achève sur cette phrase:
Il était devenu, dans le sens premier du mot, un être insensé.
C'est un détournement de sens absolument identique que Stona Fitch a commis avec son Senseless. Si Moore le Maure était traduit en anglais, ce serait évidemment le mot senseless qui rendrait cet "insensé".

Alec m'évoque immédiatement un polar atypique que j'ai apprécié, Abel Brigand, de JM Villemot. Une jeune fille est supposée assassinée, on découvre une à une d'anciennes lettres d'elle, donnant d'étranges rendez-vous à un oncle qui peut être soit le chirurgien Alec Cooper, soit le peintre Alain Vogt. On s'aperçoit que les lieux des rendez-vous épellent un prénom, Aéroport, Lac... Ce n'est pas suffisant pour déterminer le bon candidat, et le lieu suivant ne permet toujours pas de départager ALEc et ALAin car c'est l'Eglise d'une Abbaye...
Enfin le Cirque du 4e RV désigne ALEC, mais le curé-détective découvre un autre mode de lecture des rendez-vous, qui privilégient chacun l'un des sens, la Vue, l'Odorat, le Goût, le Toucher, et c'est VOGT que ces autres indices accablent...
Il y a là bien des échos avec l'OTAGe de Sens interdits, qui ne peuvent être des emprunts puisque Abel Brigand, publié en décembre 01, devait être écrit bien avant la parution américaine de Senseless en octobre.
Et Moore le Maure était paru en juillet.

Ainsi en 2001 sont parus trois livres où les sens sont au premier plan, deux en France avec un MOORE et un ALEC, et un aux USA avec un ALEC MOORE.
J'ai quelque part un livre titré 5,Image ni plus ni moins, recueil de nouvelles sur les 5 sens, 5 dues à des auteurs connus, 5 autres lauréates d'un concours sur ce thème.
Je le retrouve et ne suis pas surpris de voir qu'il a été imprimé en novembre 2001.
Je relis, et suis frappé par la qualité littéraire d'une nouvelle primée, Little green apples de Sébastien Fevry, que je me rappelle avoir aussi remarquée à l'époque, mais j'avais alors manqué d'attention.
Elle concerne l'odorat, et se présente comme le journal du gardien Henri d'une décharge privée, pendant 8 jours consécutifs, du Dimanche 8 avril au Dimanche 15 avril.
En 2001, l'année du concours, le 8 et le 15 avril étaient bien des dimanches, et pas n'importe lesquels, celui des Rameaux et celui de Pâques, en conséquence le journal d'Henri couvre exactement la Semaine sainte, mais ce n'est en rien explicite dans le texte, et le savoir n'aide pas immédiatement à comprendre les aspects intrigants de la nouvelle.
Je connais un roman en huit chapitres intitulés de Dimanche 2 avril à Dimanche 9 avril, qui se passe en 1944 où on peut vérifier qu'il s'agit aussi de la Semaine sainte, et Et le huitième jour... d'Ellery Queen (1964) se révèle sans ambiguïté une parodie pascale, même si ses intentions ne sont pas absolument claires.
Il m'est apparu que ce texte se référait abondamment aux Manuscrits de la mer morte, de M Burrows, avec des détails très précis comme le nombre sacré 50 des Esséniens de Qumran se retrouvant à l'identique chez les Quenanites de Queen.
Le mercredi le gardien de Fevry veut chasser un couple qui s'est introduit dans la décharge, mais les choses tournent mal et il tue les jeunes gens.Image Des idées de pureté le poussent le lendemain à refuser l'accès aux camions apportant de nouvelles immondices sur "sa décharge", qu'il veut transformer en un lieu agréable et parfumé, et il y plante 50 pommiers. Son patron vient lui demander des comptes le vendredi, Henri le tue lorsqu'il essaie d'arracher ses pommiers... Evidemment ça finit mal pour Henri le dimanche.
Chez Queen le Maître de la communauté de Quenan est condamné et mis à mort par les siens, le Vendredi (saint). Il y a aussi un Adam et une Eve.
Il existe dans la tradition chrétienne de multiples correspondances entre la Semaine de la création et la Semaine pascale, entre le pommier de la désobéissance et la croix du Christ, qui aurait été faite de son bois.
Mes connaissances en théologie sont limitées, et j'ai contacté Fevry, qui enseigne à l'Université de Louvain, pour lui demander quelques éclaircissements.
Il a été plutôt surpris. Bien qu'ayant effectivement voulu donner un côté édénique à sa décharge, il n'avait pas pensé à tout ça, notamment à la symbolique du pommier, Little green apples lui ayant été inspiré par la chanson homonyme de Tom Jones. S'il avait bien lu jadis Et le huitième jour..., il n'en avait pas vu toute la profondeur, et n'y pensait en aucune façon lors de l'écriture de son texte...

Je n'ai pas eu de peine à le croire, car j'ai jadis aussi lu innocemment ce Queen, et c'est dans des circonstances stupéfiantes que j'en ai entrevu le secret.
Autre curiosité, le judaïsme fête lui aussi une période pascale de 8 jours, laquelle commence le jour de Pessah, le 15 Nissan qui est une fois sur 7 un dimanche, alors que la semaine chrétienne s'achève le jour de Pâques, obligatoirement un dimanche. En principe, la Pâque chrétienne étant censée indexée sur la fête juive, elle devrait tomber le jour de Pessah lorsque celui-ci est un dimanche, mais les modes de calcul sont indépendants, si bien que c'est rarement le cas. Aussi, environ une fois tous les 10 ans en moyenne, la semaine Sainte chrétienne coïncide exactement avec les 8 jours de Pessah, du 15 au 22 Nissan, et c'était le cas en 2001.

Le fait que Pâques soit tombé un 15 avril, le même quantième que le 15 Nissan, peut être remarqué, mais il y a plus frappant.
La date importante de Abel Brigand est aussi le 15 avril, celle de la disparition de la jeune Alice supposée assassinée, en fait séquestrée, et qui réapparaît bien vivante à la fin du roman. Rien ne permet cependant d'affirmer que l'action se déroule en 2001, l'année de parution.
Je considère ce qui vient comme proprement ahurissant, peut-être parce que je suis intimement concerné. J'ai participé deux fois à des concours de nouvelles, et ai été primé une fois, en 2001 précisément, comme Fevry, pour le concours Les nouveaux Arsène Lupin, les textes primés ayant été édités dans un recueil paru en juin 01.
Or ma nouvelle, qu'on peut lire ici, s'inspirait d'une aventure de Lupin dont la date clé était le 15 avril, le 15-4 plus exactement, ce que j'avais transposé en 15 Rabi, 4e mois du calendrier musulman, dans mon histoire se passant en Arabie.
En jouant avec le sens des mots, il pouvait être question de sens dans mon texte, où le héros avait pris l'identité Nipulen-Esra, Arsène Lupin lu dans l'autre sens, mais il y a mieux.
J'ai signé cette nouvelle Annette Devi, en partie parce que je comptais publier prochainement un roman sous ce pseudonyme, Indécente (L'), construit autour d'un roman dans le roman, La fin monsieur Win signé Enid Navette, où les 5 enfants Twenty, d'initiales OPQRS, mouraient dans de mystérieuses circonstances, privilégiant chacune l'un des 5 sens. Mais, sans assurance d'avoir un éditeur, je n'ai pas finalisé ce projet qui n'a donc été publié ni en 2001 ni plus tard.

Alors que je n'imaginais d'autre lien entre ce billet et le précédent qu'Ellery Queen, j'ai appris en l'écrivant que Senseless vient d'être adapté au ciné, avec dans le rôle d'Eliott Gast l'acteur Jason Behr, dont le nom est étymologiquement l'ours germanique, et dont le prénom est comme il l'a été vu l'anagramme de la colombe hébraïque.

vendredi 4 juillet 2008

Jonas, story of a fallen King

J'ai trouvé le 1er juin un Laurie King d'occasion, Hantises, dont je n'avais pas repéré la parution en 2003, chez Ramsay, alors que son premier éditeur était Albin Michel.
J'apprécie les romans de Laurie King, pour leur qualité psychologique, et aussi parce que son premier roman était si riche en coïncidences que j'avais pensé que Laurie King ("laurier roi") était un nom calqué sur celui de mon auteur favori, Ellery Queen ("aulne reine").

Dans Un talent mortel (1996 en France), la peintre Vonnie Adams est assassinée dans une petite communauté en dehors du monde, un de ses tableaux représentant son cousin en train de scier du bois est mentionné.
Dans Le village de verre (1954), d'Ellery Queen, la peintre Fanny Adams est assassinée dans une petite communauté en dehors du monde, un de ses tableaux montrant un tas de bûches constitue l'indice désignant le coupable, son neveu.
J'ai alors écrit à Laurie King, qui m'a gentiment répondu qu'elle s'appelait bien ainsi, et qu'elle n'avait jamais lu d'Ellery Queen...

Depuis, j'essaie de lire tous les Laurie King traduits en français, avec parfois du retard puisque Hantises (A Darker Place) date en VO de 1999.
C'est un roman à part, inaugurant une nouvelle héroïne, Anne Waverly, professeur de théologie, travaillant occasionnellement pour le FBI en infiltrant des sectes suspectées d'activités dangereuses.
Anne est donc devenue Ana Wakefield pour entrer dans la secte Change, et sa couverture est si bonne qu'elle devient Ana dans la narration, ce qui ne peut que me séduire puisque "ANA" est pour moi un mot clé, notamment à cause du Domaine d'Ana de ImageLahougue, et des multiples coïncidences en rapport avec ce roman, essentiellement sur les noms Ana, Théo et Jonas des personnages ajoutés par Lahougue à l'intrigue originale du Voyage au centre de la terre. J'ai évoqué ici ma sidération en voyant les noms des deux principaux personnages du roman de Verne, Otto et Axel, être devenus Theo(dore) et Jonas dans une adaptation TV.

Ana est prof de théo..., c'est un peu léger, d'accord, mais quel va être le personnage satanique auquel elle va être confrontée ? Jonas !
Il s'agit de Jonas Seraph, le leader de la branche anglaise de la secte, là où il se passe les choses les plus suspectes, là où Ana se fait transférer après avoir réussi son entrée dans la branche américaine.
Après quelques jours dans la secte, elle rencontre Jonas, qui lui évoque aussitôt un ours:
ImageAprès cette page 302 de la rencontre, la comparaison ursine apparaît plusieurs fois, or Jonas est la forme grécisée de l'hébreu iona, "colombe", et je me suis intéressé ici à l'omniprésence des ours dans le voisinage des saints colombins, notamment saint Colomba d'Iona, évangélisateur de l'Ecosse. J'y remarquais que le nom hébreu de l'ours, dov, est homophone de la colombe anglaise, dove.
Il se trouve qu'il y a aussi un Dov dans cette histoire ! C'est certes un personnage de modeste importance, Dov Levinski, professeur dans la branche américaine de la secte, dont le prénom est mentionné une dizaine de fois, qui prononce quatre phrases entre les pages 176-181 pour ensuite disparaître totalement, après ces derniers mots:
Au milieu de la visite, Ana se glissa jusqu'à Dov:
– Surveillez les gosses sans moi pendant un moment, il faut que j'aille aux toilettes.
– Ça ne peut pas attendre cinq minutes ? répondit Dov agacé.
– Ce n'est pas pour faire pipi, chuchota-t-elle gaiement. A l'approche de la ménopause, on a des pertes importantes aux moments les plus inattendus.
Dov devint écarlate et s'éloigna d'elle comme si elle avait la peste. Ana fila à grandes enjambées vers les toilettes pour dames.
(Il s'agit d'un subterfuge, permettant à Ana de contacter un agent du FBI.)
Je ne crois pas qu'il y ait plus d'une trentaine de personnages dans ce roman, et parmi eux donc Jonas et Dov, la colombe et l'ours hébraïques.

Il y a aussi un Jason, bien plus important. C'est un adolescent extrêmement prometteur dont les dirigeants de la secte ont perçu les potentialités.
C'est de fait le 3e personnage important du roman. Jonas est engagé dans une entreprise suicidaire, la transformation alchimique de son corps, folie qu'il entend partager avec quelqu'un, Jason ou Ana. Ana parvient à sauver Jason, et sort grièvement blessée d'un duel à mort avec Jonas.
Jonas a fait remarquer à Jason que leurs prénoms sont composés des mêmes lettres, dans un ordre différent (le mot anagramme n'est pas mentionné). Ceci a une signification implicite évidente, puisque Jason conquérant de la Toison d'or est emblématique pour les alchimistes, mais je vois d'autres possibilités.
Ainsi divers auteurs ontImage soulevé l'idée que le livre biblique de Jonas ait été en partie inspiré par le mythe de Jason, pour d'autres raisons que l'anagramme qui ne s'est révélée que plus tard. Ci-contre une coupe grecque montrant Jason avalé par un monstre, comme plus tard Jonas par la baleine. Il est frappant que le nom grec Jason soit lui-même anagramme de celui-de son père, le roi Eson (Ἰάσων et Αἰσων en grec, soit IASON et AISON). Le jeune Jason de King, n'ayant pas de père, est particulièrement disposé à subir l'influence d'un adulte comme Jonas.

Jonas Fairweather a choisi de devenir Jonas Seraph. S'interrogeant sur les raisonsImage de ce changement, Ana (alors encore Anne Waverly) note sur son carnet les différentes acceptions de la racine hébraïque saraph (ou tsaraf, selon les tranlittérations).
Comme d'autres documents donnés en tête de chapitres, celui-ci n'est pas traduit, et le contenu du chapitre ne rend pas compte de toutes les pistes envisagées.
Ni de celles qui ne l'ont pas été, ainsi, si le sens qui s'imposera de seraph-tsaraf est celui de "purifier par le feu", Anne ne semble pas connaître un terme kabbalistique dérivé, le tserouf, qui désigne précisément l'anagramme.
C'est plus exactement une technique de permutation généralisée des lettres, spécialement associée à Abraham Aboulafia, kabbaliste espagnol du 13e siècle, et il est donc amusant de trouver ce Seraph "serouphant" son propre prénom.

A propos de la traduction, je vois page 321 Jonas citer "Arnold de Villanova", qui doit rendre l'anglais Arnold of Villanova, alors que "Arnaud de Villeneuve" serait mieux venu. Je n'accablerai pas ici un traducteur peut-être sous-payé, et je dois à des circonstances exceptionnelles de connaître Arnaud de Villeneuve, nomen mysticum de Rohmer selon le sieur Parvulesco...
Je ne vais pas revenir sur cette affaire, préférant constater que l'alchimiste Villeneuve est un exact contemporain d'Aboulafia, né en 1240. Deux anecdotes les concernant ont de curieux échos.
En 1280, Aboulafia prit le chemin de Rome pour sommer le pape d'améliorer le sort des Juifs. Nicolas III ordonna qu'on le brûlât dès son arrivée, mais ce fut lui qui mourut le jour même où Aboulafia arrivait à Rome...
Condamné pour sorcellerie, Arnaud de Villeneuve fut sauvé du bûcher par le pape Boniface VIII, qu’il avait guéri. Son successeur Clément V malade l'appela pour le soigner, mais Villeneuve mourut en 1317 sur le chemin de Rome...
Puisqu'il est question de tserouf ou d'anagramme, ARNOLD est un prénom de choix pour un LARDON puisqu'il se décline en ROLAND, RONALD, ROLDAN, LORAND, de quoi ravir les amateurs de la sextine inventée par Arnaut Daniel.

J'ai déjà mentionné ici le tserouf et sa racine tsaraf, à propos de Perec, dont le nom d'origine hébraïque a pour racine parats, "briser", exact renversement de tsaraf, "purifier". Or Perec était le champion du palindrome et de l'anagramme.
Ana-Anne signale sur son carnet le nom Tsarfat d'une petite ville entre Tyr et Sidon, mais ne semble pas savoir que c'est aussi le nom de la France dans la tradition juive. Le renversement de tsarfat donne le verbe parats à la seconde personne du singulier : "tu briseras".
J'ai trouvé Hantises le 1er juinImage dernier dans une solderie. Le lendemain, dans une bibliothèque, j'ai consulté le recueil Les dix Paroles (1995), pour son étude finale Lechon Haqodech (La Langue Sainte) de Joseph Elkouby. J'ai pris un cliché de ce tableau montrant les sens apparentés de 20 verbes trilittères débutant tous par les lettres PR. Je n'avais pas encore étudié le tableau de Laurie King où, pour transcrire le nom Seraph, 4 lettres hébraïques sont envisagées pour l'initiale S (samek-sadeh-sin-shin), les deux autres lettres RP ne permettant aucune équivoque. Les 4 inversions correspondant à ces 4 formes sont présentes dans le tableau d'Elqouby.

Le titre de ce billet fait référence au livre de Michel Pastoureau qui avait motivé mon billet ours-colombes, L'ours, histoire d'un roi déchu, en pensant aussi au père de Jason, également roi déchu, mais en ne souhaitant pas la chute de Laurie King...

lundi 23 juin 2008

aix-ter

Trois événements de l'après-midi Imagedu samedi 14 à Aix m'ont directement évoqué ma participation à la revue Teckel, créée par Jean-Bernard Pouy.
Je n'aurais pas eu besoin de cela pour y penser, indirectement, car cette journée et les suivantes ont été marquées par la récurrence du nombre de Fibonacci 55, particulièrement par son partage en 21 et 34, les deux termes précédents de la suite de Fibonacci, or mes contributions à Teckel Imageont totalisé 55 pages, en 5 articles dont la répartition s'est trouvée, par hasards successifs, remarquablement conforme à cette suite. Je l'explique en détail ici, mais en voici un aperçu:
— Ces 55 pages se répartissent en 34 pour les deux premiers numéros, et 21 pour les deux suivants (le n° 4 doit paraître prochainement).
— Les 34 pages se répartissent en 13 pour le n° 1 et 21 pour le n° 2.
— Ma contribution du n° 1 était en 2 articles de 5 et 8 pages.
— Ces 2 articles étaient les seuls sur le nombre d'or et Fibonacci, le premier étant une création à contrainte fibo, Sator aux 4 vents, inscrite dans une matrice de 21 × 34 lettres, où se retrouvent tous les fibos précédents (en gras).
Image
Donc, ce samedi aixois, après un premier passage au cloître des Oblats, j'ai été courir les lieux de la ville où se trouvent des livres, notamment la bibliothèque Méjanes.
Les quelques titres que je cherche au rayon polar sont absents, mais je remarque deux livres inconnus, à commencer par Voyage au centre du mystère, de René Réouven (1995).
Je m'y plonge, m'attendant à quelques coïncidences venant étoffer le réseau autour du Domaine d'Ana.
Rien d'immédiat dans cette voie, mais quelque chose d'assez énorme à propos du Mauvais jour d'Alfred, mon étude de 21 pages du Teckel n° 2, consacrée aux multiples coïncidences entre l'Affaire Dreyfus et les romans populaires antérieurs ou postérieurs, où je remarquais notamment :
Les Habits Noirs, de Féval (1863), où il y a une histoire de bordereau, où un innocent est envoyé au bagne, et revient se venger sous le déguisement de Trois-Pattes, nom équivalent à Dreyfus (trois pieds).
— diverses oeuvres de Jules Verne, notoirement antisémite avant l'Affaire, laquelle n'a rien arrangé dans un premier temps, car Verne n'imaginait pas l'Armée et l'Etat capables de telles fourberies. Il s'est ensuite rendu à la raison devant l'évidence de la culpabilité d'Esterhazy, et ce revirement peut transparaître dans divers romans, dont Les frères Kip (1902), envoyés au bagne pour un crime dont ils étaient innocents, le maître mot du livre étant la "revision" de leur procès. Je remarquais notamment le début du roman à la taverne des Trois Pies (trois pieds ?), et la première condamnation à mort des frères, exécutoire vers le 9 mars 1886 si leur pourvoi était rejeté.
Or le 9 mars 1886 a été un jour funeste pour Verne, son neveu Gaston pris d'une crise de démence s'étant mis à tirer des coups de revolver, dont un vint fracasser le pied de l'écrivain, lequel demeura handicapé le restant de ses jours, se déplaçant difficilement avec une canne.
La canne de Gaston... Mon étude tenait du festival de cannes, la plus notable d'entre elles étant celle octroyée par Gaston Leroux dans Le Parfum de la dame en noir (1908) à son supercriminel Frédéric Larsan, alias Ballmeyer, plus ou moins contraint au suicide par son fils Rouletabille le 13 avril 1895. Au soleil Imagecouchant le "corps de trop" est expédié discrètement au fond de la mer (ci-contre une image d'un téléfilm de 1966). Or ce 13 avril 1895, pratiquement au même instant compte tenu du décalage horaire, Dreyfus est embarqué pour son probable dernier voyage, la courte traversée de l'île Royale à l'île du Diable, où tout est prévu pour qu'un homme normalement constitué périsse rapidement. Détail frappant entre autres, Larsan-Ballmeyer est appelé familièrement Fred, comme Dreyfus par ses proches.

Réouven imagine dans son roman un fils caché de Verne, né en 1849, génie du crime haïssant son géniteur pour sa phallocratie et son antisémitisme, entre autres. La première partie du roman est une confession de ce mauvais garçon datée du 1er avril 1886, dans laquelle il revendique sa pleine responsabilité dans l'attentat mené contre Jules Verne. Il est en outre affilié à la bande des Habits Noirs telle qu'elle est décrite dans les romans de Féval, dont une caractéristique est de livrer un faux coupable à la justice, ainsi en va-t-il de Gaston pour cet attentat.
Suit une seconde partie relatant l'enquête parallèle d'un policier sur la piste de ce génie du crime, que j'ai à peine regardée.
Enfin vient, en guise d'épilogue, une courte lettre du fils à son père, datée de septembre 1894, où il lui confie que sa dernière machination est sur le point de devenir publique, et qu'elle conduira à l'accusation inéluctable d'un Juif innocent, Dreyfus. Le malfaisant se réjouit en pensant au cas de conscience qu'il va poser à son père.

Voilà donc un étrange rapprochement, et en accord avec le thème floral de la journée puisque le vrai nom de Réouven est Sussan, apparenté à shoshan, la "rose" en hébreu.
Mes yeux ont encore relevé une curiosité de ce livre, où il est dit que Lautréamont a d'abord été enterré à l'emplacement 9257 de la 35e division du cimetière du Nord (Montmartre). Je ne sais si c'est vrai, mais 35, 57 et 92 font partie d'une série additive de Fibonacci, en progression d'or (j'ai parlé ici des golden numbers 57 et 92).

L'autre livre est le recueil de nouvelles Le dernier homme, dirigé par Jérôme Leroy, où je remarque un texte de Sébastien Lapaque, dont je détaille le rôle en tant que journaliste dans ma page sur les coïncidences teckeliennes.
Je n'ai jusqu'ici lu qu'une fiction de Lapaque, son roman Les barricades mystérieuses, dont j'ai remarqué la structure en 3 parties de 6-6-6 chapitres, et je suis curieux de découvrir cette nouvelle, d'autant que son titre est homonyme du titre français d'un Ellery Queen, Le mot de la fin.
Agréable texte, sous forme d'un journal où un écrivain amateur relate dans un futur proche différentes étapes de la privatisation de l'alphabet, jusqu'à l'amendement "esarlintou" daté du 3 mars, garantissant l'accès libre à tous des 10 lettres les plus usitées. Il faut payer pour utiliser les autres, que sinon les claviers transforment en ® (registered sign), envahissant peu à peu le journal de Franck Dumoncel, qui s'y livre à quelques exercices pour demeurer compréhensible.
Je pense évidemment à Perec,Image et plus particulièrement à son recueil Alphabets constitué de 1936 "vers" de 11 lettres, les 10 lettres esarlintou + 1 autre. J'étudie ici les aspects dorés de ce livre exceptionnel dont, notamment, les occurrences du substantif le plus fréquent, "or" précisément, dessinent le rapport 34/55 entre les deux parties du recueil.
Il est admis que la naissance de Perec en 1936 n'est pas étrangère à la structure de son livre. Je me demande si la date "esarlintou" donnée par Lapaque est une référence à la mort de Perec un 3 mars (1982), et m'étonne d'avoir débuté ma page précitée par un poème d'Alphabets écrit le 3 mars 76, choisi pour d'autres raisons.
Je m'étonne encore que l'unique nom de la nouvelle de Lapaque soit, selon mes critères, un nom doré:
FRANCK DUMONCEL = 53 87

L'un des artistes invités par Andréa Ferréol était le sculpteur Gilles de Kerversau, le frère d'Antoine de Kerversau, éditeur de Teckel.
Sur un site présentant quelques-unesImage de ses oeuvres, je remarque ce Berger Bélier, qu'on peut voir à Paris rue du Texel !
Quel pourrait être le chien de ce berger ?
Je vois que Kerversau a exposé récemment dans un château, celui de Condé, comme le Prins de Nombre d'or.
Je n'imaginais pas trouver par le net meilleure corrélation avec mon obsession, mais voici que je vois que Gilles a collaboré au poche Baleine spécial édité par son frère à l'occasion des 40 ans de Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe.
J'ai consacré une page à la collection de poche Baleine, où, sans aucune intention en ce sens d'AdK (Antoine de Kerversau), le rapport entre Poulpes et non-Poulpes est resté proche du nombre d'or. Beaucoup de numéros réalisent l'équilibre idéal, et c'est notamment le cas de ce n° 186, 22 mars 2000 : c’est un bon jour pour Gabriel, qui est encore le 115e Poulpe (115/186 = 0.618). Il se trouve que j'y ai participé avec un petit texte, perdu dans la masse des 130 contributions diverses, dont la photo d'une sculpture poulpeuse de GdK.
ImageCi-contre, AdK et moi nous partageant un mille-feuilles glacé en janvier 06. On devinera à mon air concentré que j'étais en train de répartir le gâteau en 618 feuilles d'un côté et 382 de l'autre.

mercredi 18 juin 2008

l'affaire tournesol

18 juin: j'ai achevé hier mon billet précédent débuté le 16 juin, dont la première image était originellement Imagecette photo que j'avais prise le 14, et que j'ai ensuite remplacée par une photo presque identique où Sébastien posait le lendemain, entre son tournesol et sa rose, en compagnie d'Andréa Ferréol, organisatrice des Flâneries d'Aix.
Je mentionnais dans ce message un autre événement du jour, la rencontre du peintre Rein-Jan Prins qui nous a montré les 34 toiles non vendues parmi les 55 de sa récente exposition. Je m'étais borné à un petit parallèle avec une structure similaire chez Perec, en brûlant cependant d'en dire plus.
Ces nombres de Fibonacci 34 et 55 apparaissent précisément dans les vraies fleurs de tournesol, où on peut compter 34 spirales tournant dans un sens et 55 dans l'autre au coeur de la fleur, ces nombres étant ceux rencontrés le plus fréquemment. Pour d'autres tailles, on rencontre d'autres couples qui sont toujours des nombres adjacents de la suite de Fibonacci, 21-34 et 55-89 essentiellement. Il n'y a là nulle magie, mais l'effet d'une dynamique de croissance aujourd'hui bien expliquée.
Il y a peu de temps, je me suis aperçu que, lors de la composition de mes billets blog, chaque billet ou post avait un identifiant de 19 chiffres, ou postID, qui restait identique de la création du billet jusqu'à sa publication et ultérieurement après d'éventuelles modifications. Après avoir étudié l'ensemble de mes posts, j'avoue n'avoir aucune idée de comment est déterminé ce postID, que je suis toujours curieux de découvrir, attentif aux signes du hasard.
Voici donc que ce billet débutant par un tournesol et mentionnant les nombres 34-55 débutait par les chiffres 3455... J'estimais ne pas devoir en parler, pensant que ces ID n'étaient accessibles qu'à moi, or hier un hasard de manipulation m'a conduit à remarquer que, lorsque le pointeur passait sur le champ "Commentaires", au bas du billet blog, l'ID du billet comme celui de mon blog apparaissaient au bas du navigateur, affichant l'adresse de la page où consulter les commentaires, ou en proposer (je signale à cette occasion que j'ai récemment ouvert à tous la possibilité de commenter).
J'avais encore un doute. Mon ordinateur est connu de l'hébergeur Blogger qui ne me demande aucun mot de passe quand je me connecte, aussi je voulus vérifier si tout un chacun avait accès à ces pages montrant mes identifiants, en partant d'un autre blog hébergé par Blogger. La première idée qui me vint fut le blog de Jean-Bernard Condat, que je consulte régulièrement, et c'est d'ailleurs à partir de son blog qu'il m'est venu l'idée l'an dernier de créer le mien.

J'y suis donc allé, mais Condat n'accepte pas les commentaires sur son blog, et ne pouvait donc répondre à mon problème. L'en-tête des blogs de Blogger comporte un champ blog suivant, sur lequel j'ai cliqué, pour arriver au blog de Leapin Leo, et à son post du 18 juin, essentiellement cette photo:
ImageUne fleur de tournesol (note de septembre 09: ce blog a hélas disparu) et la qualité de la photo permet, Imagesinon de compter exactement les spirales du coeur, grossi ci-contre, du moins de déterminer qu'il s'agit d'une fleur de type 34-55.
En étudiant la commande "blog suivant", qui m'a amené à ce soleil 34-55 alors que je vouais savoir si l'ID débutant par 3455 de mon billet tournesol était accessible à tous, j'ai compris qu'elle donne accès à un blog où vient d'être publié un nouveau billet, sans rapport avec le blog à partir duquel la demande a été faite. J'aurais donc tout aussi bien pu partir de mon propre blog, affichant le tournesol de Sébastien, pourvu d'avoir cliqué au même instant sur "blog suivant", attendu que Blogger, hébergeant des blogs par dizaines de milliers, doit recevoir plusieurs billets par seconde.

Lorsque j'ai découvert qu'à chacun de mes billets correspondait un ID, le 23 mai dernier, j'ai étudié chaque cas, ce qui n'a abouti qu'à une seule curiosité, mais sacrément bizarre.
Mon billet du 12 décembre dernier était consacré à L'ami de mon amie de Rohmer, se prêtant remarquablement bien à une analyse dorée. Je terminais sur une image de Perceval le Gallois, que je venais de voir, une représentation de la crucifixion avec le Christ sur une croix doublement dorée.
Voici donc ce qu'on peut voir en sélectionnant décembre 2007, en allant à la fin du second billet, et en pointant sur "1 commentaires", sauf que sur cette copie d'écran le pointeur n'apparaît pas :
ImageMon identifiant de blog, ou blogID, se termine par les chiffres 1480, tandis que l'identifiant du billet, ou postID, débute juste ensuite par les chiffres 888.
Or 888 et 1480 sont les valeurs des mots Iêsous Christos, selon l'alphabet numéral propre au grec ancien, Jésus-Christ on l'aura deviné. Ces valeurs ont été largement commentées, déjà par les gnostiques des premiers siècles de notre ère, 888 parce que c'est un nombre frappant, faisant écho au fameux 666 de l'Antéchrist, 888 et 1480 ensemble parce que ce sont 3 et 5 fois 296. Ainsi le nom complet 8 (×296) se partage en 3 et 5 (×296), et il n'en faut pas plus à certains pour voir là la divine proportion, 3-5-8 étant 3 nombres de la suite de Fibonacci.
J'avais mentionné cette harmonie des valeurs 888 et 1480 dans mon second billet, où je relatais une bizarrerie survenue pendant l'écriture du billet : alors que je venais de donner cette valeur 888 du Jésus grec un incident me fit perdre le début de mon billet, et lorsque je redémarrai le navigateur il s'afficha une page 888.com pour une raison encore indéterminée.
J'y expliquais aussi pourquoi ce "miracle" n'avait pas réussi à me convertir, et je persiste aujourd'hui, avec cette exceptionnelle coïncidence : je donne pour la première fois une image montrant Jésus-Christ (plus exactement quelqu'un jouant son personnage), en annonçant que je la commenterai ultérieurement, et juste dessous le champ commentaires fait apparaître dans mes blogID et postID les séquences 1480 et 888 du Christ Jésus...
De la suite dans les ID, donc, mais il y en a aussi dans l'ID 3455... de mon dernier billet commençant par un tournesol et mentionnant les nombres 34-55, et je ne ressens pas le besoin d'adhérer aux Fervents Adorateurs du Saint Tournesol.Image
Coïncidence entre les deux coïncidences, j'avais donné dans un autre billet sur Rohmer cette image de coeur de marguerite empruntée au site de JP Davalan, où se distinguent très bien les 34 et 55 spirales.

Leapin Leo a créé son blog en janvier dernier, et depuis février il semble poster chaque jour une photo accompagnée d'un court commentaire, ainsi son tournesol a été pris à la station Shell de Wrightsville Beach, Caroline du Nord.
Ceci m'a interpellé, Wrightsville étant jusqu'ici pour moi une ville imaginaire de Nouvelle-Angleterre où Ellery Queen, mon auteur polar favori, a situé bon nombre de ses intrigues, mais bien sûr Wrightsville est un nom assez ordinaire pour ne pas s'étonner de l'existence d'un tel toponyme. Je venais ce mercredi de ranger un carton de livres que m'avait rendu ma fille, parmi lesquels La ville maudite, le premier Queen introduisant Wrightsville.
J'ai jadis personnifié le phénomène des coïncidences en le baptisant l'éon Napol. Mon amie dp m'a fait remarquer qu'il y avait une certaine similitude entre les lettres de LEON NAPOL et celles de LEO LEAPIN. Elle ne croyait pas si bien dire, car j'ai forgé le mot NAPOL à partir du mot PLAINE, exacte anagramme de LEAPIN (probablement pour leaping, "sauteur").
Il s'agissait alors pour moi d'un jeu numérique 15-39 (dans l'alphabet de 23 lettres du 16e siècle) inspiré d'un motif 5-13 que j'avais repéré dans Rabelais.
Par la suite j'ai appris que 5 et 13 étaient des nombres de Fibonacci, non consécutifs, avec un saut du 8 intermédiaire. Sachant que Fibonacci avait établi sa suite à partir des générations d'un couple de lapins, ce sauteur LEAPIN également anagramme de LAPINE me semble décidément significatif, d'autant que le prénom de Fibonacci était Leonardo.
Et le tournesol de Leapin Leo est venu souligner des curiosités survenues les deux jours précédents.

Lundi,Image quelques instants après que j'eus commencé le billet aix-ode, ma compagne avait au courrier cette revue à laquelle elle est abonnée, Plaisirs de peindre.
La couverture renvoyait à un article intérieur, où le peintre Joël Simon expliquait en 4 pages la marche suivie pour réaliser le tableau, à partir d'une photo dont le détail ci-contre permet de constater qu'il s'agit Imageencore d'une fleur à 34 et 55 spirales.
Je décortique le nom du peintre, qui livre les valeurs
JOEL SIMON = 42 70
or 42/70 = 3/5, le même rapport que 888/1480 de Iêsous Christos.
Jésus, Jehoshua, est en hébreu un nom théophore, formé à partir du Tétragramme JHWH.
Joël, Jahoel, est un nom doublement théophore, signifiant "JHWH (est) Dieu". Eliaho, Elie, lui est équivalent, composé en hébreu des mêmes lettres.
Constatant que ELIE NAPOL est l'exacte anagramme de LEAPIN LEO, je me demande si je n'aurais pas découvert le prénom du malicieux éon.

Cette affaire tournesol m'a rappelé quelque chose, avec un autre Joël, Joël Sternheimer pour ne pas le nommer, polytechnicien ayant jadis fait quelques pas dans le showbiz sous le nom d'Evariste.
Sternheimer affirme avoir découvertImage une équivalence vibratoire propre à chaque acide aminé, ce qui permet de transformer en partition une séquence protéique. Parmi les curiosités les plus citées, il y a une séquence de la protéine ATP6 du tournesol qui équivaut aux premières notes du refrain du célèbre O Sole mio. Ci-contre une représentation par l'artiste Laurent Duthion, on trouvera ici plus de renseignements, hélas traduits du japonais.
Sternheimer a des partisans qui prétendent vérifier ses théories par des expériences rigoureuses. C'est bien possible, mais dans ce cas précis je resterais perplexe, O Sole mio étant la chanson napolitaine de référence...
La page japonaise suggère qu'elle a été composée au milieu des champs de tournesols qui auraient inspiré un artiste particulièrement réceptif. Il semble du moins vérifié qu'elle a bien été composée à Odessa, ville particulièrement concernée par mes vaticinations dorées.

Le tournesol est communément appelé "soleil", et Tryphon Tournesol est enlevé et emmené au Temple du Soleil dans l'album de Tintin homonyme. Il est sérieusement envisagé que Hergé ait été influencé par le nombre d'or, et cette page étudie une image du Temple du Soleil.
Je propose pour ma partImage la couverture du Piège diabolique, d'EP Jacobs qui a collaboré étroitement avec Hergé. J'ai tracé ci-contre deux sections d'or qui se croisent à une intersection particulièrement nette, au centre d'un mandala.
Cette image mériterait plus d'attention. Attendu qu'elle a été légèrement recadrée selon les éditions de l'album, il vaudrait mieux étudier le dessin original.

Mardi soir, j'ai mis exceptionnellement la radio, sur France-Musique, peu avant 20 h où commenceImage l'émission d'Arièle Butaux, Un Mardi idéal, laquelle débutait par le duo Musica Nuda venu présenter son nouvel album, intitulé 55/21.
Je n'ai trouvé nulle part la raison de ce titre, mais j'ai appris sur le site du duo que la première présentation de l'album avait eu lieu la veille, lundi 16, au théâtre San Carlo, à Napoli (Naples).
Depuis que j'ai fait la relation entre la suite de Fibonacci et le rapport 13/5 de la plaine Napol, j'ai pris l'habitude d'appeler Napol un rapport doré au carré, approchant le carré du nombre d'or (2.618), au lieu du rapport doré usuel (1.618). 55/21 en est une bonne approximation (2.619).
MUSICA NUDA = 66 40
C'est ce que j'appelle un nom doré, dont les deux composantes correspondent au partage doré idéal de la somme 106.

Une petite chose encore. Je suis évidemment allé voir quel était l'ID du billet Sunflower de Leapin Leo, et j'ai remarqué qu'il débutait par les chiffres 911 (je rappelle que ce blog a disparu).
En préparant lundi mon billet aix-ode, j'ai sélectionné 3 photos sur la vingtaine que j'avais prises à Aix, qui portaient les numéros 020, 009 et 011 dans le fichier correspondant. On peut le vérifier en cliquant sur chaque photo, sauf pour la première avec le monsieur Tournesol que j'ai remplacée par une autre photo transmise par Sébastien, mais j'ai donné au début de ce message la photo originale 020.
S'il n'y avait aucune velléité numérologique dans mon choix, j'avais remarqué que 9-11-20 formaient une suite additive (9+11=20), ce qui avait été souligné par une curiosité : en même temps que la nouvelle photo, Sébastien m'avait envoyé un courriel en circulation énumérant de prétendues curiosités du 11 septembre, du 9/11 anglosaxon, en partie fantaisistes.
Il y a une curiosité arithmétique dans la suite additive de type Fibonacci formée à partir des premiers termes 9 et 11 :
9-11-20-31-51-82-133-215-348-563-911-...
Au 11e rang apparaît 911, concaténation des premiers termes 9 et 11. Or une série additive S de premiers termes quelconques S1 et S2 est liée à la suite F de Fibonacci de telle façon que son terme de rang n est déterminé par la formule :
Sn = S1 × Fn-2 + S2 × Fn-1
soit, pour le 11e terme d'une série débutant par 9 et 11:
S11 = 9 × F9 + 11 × F10 ou
911 = 9 × 34 + 11 × 55
c'est-à-dire que la petite curiosité de l'ID débutant par 911, 11e terme d'une série additive débutant par 9 et 11, est magnifiée par l'intervention de 34 et 55, nombres de spirales du tournesol, concaténés en 3455, le début de l'ID de mon billet qui avait motivé l'enquête m'ayant mené à ce post 911...

Voilà pour le côté tournesol de l'affaire. Il y a d'autres aspects que je compte aborder prochainement.