Le corridor des neuf chambres
Je suis entrée par hasard dans la maison aux volets clos, poussée par une fatigue ancienne, celle qui ne vient ni du corps ni du cœur mais de l'âme qui cherche un lieu pour se reposer.
Le corridor des neuf chambres
Je suis entrée par hasard dans la maison aux volets clos, poussée par une fatigue ancienne, celle qui ne vient ni du corps ni du cœur mais de l'âme qui cherche un lieu pour se reposer.
Folle de lui
Atourneuse pour me parer
Si je deviens sa légitime
Je sais, je fais ma turlutaine
Quand va t'il me demander ma main... !?
Crois-tu qu'il veuille d'une péronnelle
D'ailleurs il ne fait pas son patelineur...
Ta mère le trouve même grimaud !
Si je le vois tournevirer auprès d'une autre
Aaaah je serais capable de tigrerie !!
Je ne me contenterai pas de gourmandiller !!
Bon qui vivra verra
Tu as de vues sur lui, mais lui........ !!
J'oubliais te dire........
Oui, quoi donc.... !?
Oooh rien, enfin, il est gay Ziggy ma Céline...................
Le potentiel érotique du boulanger
Comme la pâte sous la paume,
mais jamais sans douceur.
Il y a chez le boulanger
ce pouvoir discret :
des mains qui savent attendre,
presser sans brutalité,
sentir le moment juste
où la matière cède.
Il se lève avant le désir des autres,
réveille la chaleur,
fait gonfler ce qui semblait inerte.
Dans la farine, il blanchit le monde,
dans le four, il provoque la métamorphose.
Son corps penché parle d’effort,
son tablier cache mal
la lente chorégraphie du quotidien.
Rien n’est montré, tout est suggéré :
le croustillant promis,
la mie encore tiède,
l’odeur qui reste sur les doigts.
Érotisme modeste,
à hauteur de comptoir.
Pas celui qui brûle —
celui qui nourrit.
Pas facile d'être boulanger
Pas facile d'être boulanger,
Je suis debout quand tout le monde dort.
Je me lève sans déranger
Ma femme qui s'endort.
Ma pâte préalablement travaillée,
Je la façonne sans arrêt pour faire,
Votre pain, s'il vous plaît.
Il mérite d'être bien préparé.
Parfois, des clients veulent me rouler dans la farine,
Pain trop cuit ou pas assez,
Avec toutes les réflexions qu'on imagine,
Ils me cherchent des miches et j'en ai assez.
Les idées noires fermentent en moi comme la levure,
Je ne suis pas un bâtard que l'on emmure,
Toutes les nuits de chaleur, je ruisselle.
Pour me consoler, je pense à ma belle.
Je ne veux pas être cet artisan mené à la baguette,
Toutes les ficelles, je les connais.
Aux râleurs je dis flûte et j'arrête.
Auprès de ma belle, je retourne me coucher.
Sa femme pour calmer ses suppliques,
Lui offrit une fin de nuit érotique.
PAIN AU MIEL
Résistance
Le pacte des cinq
Trahison et poison
Les
intrigues sont légions autour de la reine,
Elle suscite
l’amour chez son peuple,
Mais aussi
envie et haine de la part de ses courtisans.
Dans cette
pièce secrète, se trame un odieux dessein,
La première
dame de la reine veut la couronne,
Elle sait
qu’elle plaît au roi,
Et entourée
de certains amis peu scrupuleux,
Elle se
prépare à empoisonner la reine.
Le poison
lui a été apporté par l’apothicaire,
Aussi
sorcier à ses heures,
Ces
personnages au teint pâle passent leur temps à fomenter des stratégies
mortelles,
Afin de parvenir
à leurs fins et obtenir des faveurs de la future reine.
Mais
peut-être devraient-ils faire attention,
La première
dame n’a aucuns scrupules,
Et
n’hésitera pas à faire disparaître les témoins de sa vile action.
La trahison
est de mise à la cour,
Et la
méfiance est omniprésente.
Tout est
apparence, manipulations, pouvoir.
L’expérience n’avait pas eu l’effet escompté.
- Quel gâchis ! En voilà une demi-douzaine de perdue.
- Nous aurions peut-être dû faire l’essai avec un seul pour commencer.
- Regardez-moi ça, il n’y a plus un seul qui bouge.
- Pourtant, j’ai surveillé la température.
- Et moi l’humidité !
- Moi, j’ai veillé à ne pas dépasser la puissance conseillée.
- Il va falloir recommencer. Heureusement qu’on nous les fournit gratuitement.
Moi, je veillais derrière eux ; ils ne me voyaient pas vraiment, trop occupés à leur expérience, trop centrés sur eux-mêmes. Leur suffisance était un poison qui rongeait leurs âmes. Quand ils auraient fini de se lamenter, ils les jetteraient et recommenceraient sans même se douter que j’avais modifié la formule. Ils les voulaient vivants pour les exploiter, je les voulais morts pour les dévorer.
Conciliabule
Nous acceptons les excuses de François qui fut victime d'une panne d'internet et qui nous confie son texte avec un peu de retard.
Un groupuscule de comploteurs
Les voilà rassemblés,
Dans une pièce obscure,
En toute complicité,
Entretenant des haines qui durent.
Le regard est posé sur un étrange objet,
Sur lequel ils ont prêté serment,
Ils veulent pouvoir désormais s'engager
Dans des attitudes qui créent des tourments.
L'intrigue est omniprésente,
Les regards sont ambigus,
L'ambiance est lourde et pesante,
Le mystère nait dans ce lieu exigu.
Ce petit monde veut user du poison,
Pour en venir au bout du pouvoir.
Ténébreuses sont leurs raisons,
Il ne semble qu'ils ne peuvent plus surseoir.
Il est là, le poids du secret,
Derrière ces bouches fermées,
Et ces visages pâles.
Se feront-ils prendre dans leurs dédales ?
Par ce jour de printemps,
Où poussent les pâquerettes,
On vit courir dans l'herbe, un instant,
Deux corneilles venues faire leurs emplettes.
Par l'hiver, affamées
Elles avaient besoin de reprendre des forces,
Bien plus qu’à l'accoutumée,
Sans chercher à se nourrir d’écorces.
Elles se posent dans ce champ,
Une d'entre elle, a vu des aliments,
Elle s'avance à pas vaillant,
Pour les charger dans son bec, goulûment.
En oubliant de partager,
La nourriture à manger,
Sa compagne devient enragée.
Comme un corbeau, elle va le dénoncer.
LES CORBEAUX
Les corbeaux se sont donnés rendez vous sur les branches les plus hautes des grands chênes.
Les uns après les autres, ils arrivent à tire d’ailes et s’installent en douceur, toute voilure repliée. Dès que le soleil sort des nuages, ils commencent à croasser, à voleter d’un rameau à l’autre cherchant leur équilibre. Ils n’ont guère d’égards pour les couples de tourterelles cendrées qui y avaient élu domicile, pas plus que pour l’écureuil pensionnaire dans une échancrure d’arbre feuillu. Ceux ci, effarouchés, n’ont pas l’air d’apprécier cette arrivée bruyante et vont se réfugier sur les branches voisines.
Il est difficile de savoir leur nombre tant ils vont et viennent, claquent des ailes pour indiquer leur présence. L’habitant, indisposé, a bien essayé de les déloger mais, ils s’enhardissent jour après jour, envahissant tous les jardins des alentours. De leur démarche un peu pataude et maladroite, ils arpentent, souvent à plusieurs en même temps, prairies et pâturages, picorent insectes, vers de terre. Ils se disputent, parfois, quelques déchets dont ils s’en barbouillent bec et plumage. Vite effrayés par les bruits environnants, ils retournent dans les hauteurs d’un coup d’ailes.
Tout l’hiver, ils ne cessent leur bavardage puissant et rauque. Il n’y a plus guère de place que pour eux. Pour saisir le chant des autres oiseaux, il faut prêter l’oreille. Et puis, un matin, se fait un silence impressionnant. Les corbeaux se sont envolés croasser ailleurs. À nouveau, on entend roucouler les tourterelles. Le printemps est revenu!
Essai comparatif
- J’en peux plus ! Je vais emporter le reste, je terminerai ce soir. Vraiment, Pierre, tu connais
les bonnes adresses !
- L’arrière de ce Mc Do est réputé pour ses poubelles, mais je préfère de loin la pelouse le
long du parking, la table est plus joliment décorée, non ?
- Sûr ! J’en viendrais presque à aimer les enfants, et même leurs parents ! Les uns renversent
leur boîte, les autres les empêchent de ramasser, et c’est nous qui en profitons ! Tu as d’autres
coins comme ça à me recommander, pour les frites ?
- J’avais cru trouver un coin super en Bretagne, l’été dernier, quand j’ai rendu visite à mes
cousins Le Bec : une grande plage très fréquentée, avec des restaurants en front de mer, et il
n’y avait pas que des frites, crois-moi !
- Pourquoi dis-tu « j’avais cru » ? Qu’est-ce qui clochait ?
- La concurrence, mon vieux ! Les mouettes ! Et pas du genre à chercher les restes ou à
attendre que ça tombe, comme nous, non ! Du vol à l’arraché en bande organisée, la terreur
sur les terrasses, et en plus il faut entendre comme elles se marrent… Des pillardes qui
déshonorent la gent ailée ! Ça m’a dégoûté, du coup je suis remonté vers le nord, jusqu’à
Amsterdam. Très belle ville. Et toi qui a une jolie voix, Corneille, ça te plairait : dans le port,
y a des marins qui chantent, mais question atmosphère ça sent la morue jusque dans l’cœur
des frites ! Alors je suis redescendu jusqu’à Bruxelles, chez mon copain Corbecke.
- Et c’était bien ?
- Plus que bien mec ! La Belgique, c’est le royaume de la frite ! Ils maîtrisent si bien l’art de
la double cuisson que leurs frites sont croustillantes même froides ! Derrière les baraques, je
m’en suis mis plein le gésier ! En plus, parfois, ils les trempent dans la mayonnaise… Miam !
- Ah non, pas pour moi ! La mayonnaise, ça me barbouille ! Mais… En t’écoutant, j’ai fini de
tout manger ! Reste plus qu’à trouver une branche accueillante pour faire une petite sieste
avant de m’envoler vers chez moi. Et encore merci Pierre, toi au moins tu as la frite !
Ha..ha..ha !
SUR L'HERBE DES JOURS