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11 juillet 2022

Sieste impromptue / chatondaniel

 

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Sur un banc de bois
Sous l’arbre roi
Heure exquise
Dans le ciel, aucune brise.

C’est l’heure où l’apaisement,
Vous saisit gracieusement.
Rêve dans la nature,
Sous les branches de verdure.

Le maître et son chien se reposent,
Lui, sur un banc en bois
Dur, mais bien droit,
De la promenade, c’est la pause.

Le chien, couché, adossé aux pieds du banc,
Surveille l’horizon,
Nez tendu vers leur maison
Avec eux, aucun caban.

Drôle de position pour cet homme !
Aurait-il une crampe dans la jambe gauche ?
Il n’est pas prêt à l’embauche ;
Le sommeil l’assomme.

Sorties dans la forêt pour les besoins du chien,
Le banc a eu raison du courage du maître ;
Sa fatigue il ne le faisait pas connaître,
Une petite sieste lui fera du bien !

Une bête peut montrer le bout de son museau,
Comme un factionnaire, l’animal reste à son poste,
Il est de garde en avant-poste ;
Il ne regarde même pas passer les oiseaux.

Il est aux aguets,
Il ne peut bailler.
Seul comme une âme en peine,
Chez lui, aucune haine.

Il ne se lèvera pas pour arroser le pied de l’arbre,
Il reste de marbre !
Il attend le réveil de son ami,
Devant le tronc du tilleul endormi. 

 

le blog de chatondaniel 

 

Yolo ! /Lecrilibriste

 

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Premier jour de vacances

Dans cet îlot de verdure

Allongé sur un banc fortuit

La tête dans les étoiles

Perdu dans un horizon bleu

Il regarde deux tout petits nuages

Qui flottent et flirtent légers

Avant de passer devant le soleil

Mais pourquoi cette jambe en l’air

Esquisse-t-il un pas de danse

En rêvant à sa cavalière d’hier ?

Regarde-t-il sa cheville

Et l’entorse qui l’a fait souffrir ?

Ou compte-t-il ses orteils

Pour voir si le compte y est ?

Qu’importe, serein il lâche prise

Sans se soucier de demain

A ses pieds, son chien veille

Lui, n’a pas sommeil

Attentif et fier, il surveille

Le repos de son maître


Le blog de lecrilibriste 

Monsieur JULIEN / K

 

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Lorsqu’ils se promenaient dans le  parc, il n’était pas rare que les passants habitués tombent sur cette scène. C’était même pour certains un repère, un passage obligé.

 
Gérard Julien prenait l’air, comme tous les jours ou presque.
Il faisait la sieste  sur son banc, son chien Buster à ses pieds. 
 
Jusqu’en 1982, l’horizon de Gérard Julien était fait de défis, de conquêtes et d’exploits prodigieux entamés dans les années soixante-dix.
Pendant dix bonnes années, les limites avaient sans cesse été repoussées.
Jusqu’à la cascade de trop. De trop, on ne le sait qu’après. Ce fut la fin de sa carrière.

Et peu à peu l’oubli.   

Ici, tout le monde, sachant qui il était, restait discret, preuve d’une courtoise et respectueuse complicité.

Gérard adoptait souvent cette posture, la jambe gauche levée, on ne savait trop s'il dormait ou pas, et beaucoup se demandaient secrètement s’il rêvait de toucher encore les cimes qui avaient fait son succès.

  


 Le blog de K

10 juillet 2022

De période en période / Mony

 

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Ma Francinette, je l’adore !

On se comprend d’un regard. Regard qui parfois en dit long.

Ce ne fut pas toujours le cas, je l’avoue bien humblement. Pensez, une vie commune de près de quarante ans ce n’est pas tous les jours une sinécure.

Il y eut la période rouge (oui, il faut s’y faire, j’aime mettre de la couleur dans mon quotidien), rouge comme ma bagnole un peu sport, du moins je tentais de m’en persuader. J’avais 25 ans et aux dires de ma Francinette chérie la pédale de gaz était sollicitée plus que de raison.

-         Armand, voyons, lève le pied, tu vas encore te choper une contravention carabinée et tu sais que notre budget est serré.

Carabinée ? Ha, ha, elle me faisait marrer avec cette expression d’un autre temps. Je rigolais moins quand il me fallait ouvrir le portefeuille face à un gendarme peu accommodant…

Du rouge, je suis passé au grenat. Pas de grande nuance me direz-vous et pourtant ce période grenat a laissé des traces, je suis devenu un expert en vins grâce à mon job de représentant commercial d’une grande appellation dont je tairais le nom.

La semaine terminée, je ne pouvais m’empêcher de savourer l’un ou l’autre cru au grand dam de ma Francinette chérie.

-         Tu lèves le coude plus que de raison, Armand, ce n’est pas sérieux, répétait-elle.

Le grenat me plaisait énormément, pourtant vint un matin où je fus las de parcourir le pays en tous sens et je cherchais un autre boulot.

Période jaune comme, hum, passons…

Ce travail me dévorait, volait ma jeunesse, je n’avais plus le temps de voir ma vie s’écouler tellement je consacrais du temps à faire du chiffre d’affaires. Je ne voyais quasi plus Francine (oui, à l’époque jaune, ce n’était plus ma Francinette chérie) et parfois quand une journée de travail interminable s’achevait enfin, je n’avais pas le cœur de rejoindre notre foyer. Jaune ! Cocue, elle l’était ma pauvre compagne et je n’en suis pas fier.

-         Je t’en supplie, Armand, lève le pied, ce boulot te dévore, nous dévore. A quoi bon continuer à vivre ensemble si l’on ne se voit plus ?

Un évènement inattendu changea alors notre triste destin. Un matin, alors que l’aube pointait à l’horizon et que j’étais déjà sur le départ pour rejoindre mon bureau je découvris un chiot tremblant de froid ou de désarroi devant la porte du garage. Moi qui avais toujours rêvé d’un chien je n’y fus pas insensible et je l’embarquais dans la voiture recouvert d’un plaid. Il jappait de bonheur et je n’étais pas loin d’en faire pareil.

Francine à son tour fut ravie de cette compagnie au pelage soyeux. Elle ne cessait de le caresser, de le cajoler et enfin, ensemble, nous trouvions le temps de faire, en compagnie de Noisette, de longues promenades dans les bois.

Fini le jaune funeste, la période noisette avait commencé et elle perdure encore à l’heure qu’il est.

Ma Francinette chérie, fine mouche, m’avait suggéré de postuler pour un emploi au plein air où Noisette pourrait m’accompagner. Je ne me fis pas prier et c’est avec bonheur que je suis devenu garde – homme à tout faire dans un domaine privé où j’ai coulé des jours heureux.

Noisette a vécu une belle vie à nos côtés. D’autres chiens lui ont succédé mais la période noisette est toujours de mise à l’heure où sonne ma retraite.

Ma Francinette, je l’adore ! On se comprend d’un regard… ou d’un geste. Il me suffit de lever le pied et elle devine que je veux prendre du bon temps et me reposer un peu.

Pourvu que cette période noisette se prolonge encore et encore !

Et vous avez-vous également une période de prédilection ?

 

 

Le blog de Mony