un blablacar de Saint-Sébastien à Bilbao, elle roule tendue, une colère rentrée, les yeux fixés sur la route, quarante-et-un ans disait l’annonce, là-bas à Bilbao un cours groupe de Capoeira, Les enfants, j’en peux plus, c’est horrible, t’as pas idée, j’ai fait ma part un garçon et une fille, douze et quatorze ans, obligée de me je me taire tout le temps, elle fait le geste de se bâillonner, mais j’ai un cahier et je note tout, pour leurs dix-huit ans, s’ils ont besoin de moi je ferai ce qu’il faut mais je les pousserai vers la sortie, tellement hâte, tout à l’heure, avant de partir le petit au foot, bien sûr ses affaires n’étaient pas prêtes, il a fallu l’aider et l’accompagner, l’autre à la danse, là c’est mon tour, je respire, elle se détend peu à peu, demain je les accompagne à Madrid pour Noël, une semaine, j’aime autant ne pas y être, ça tombe bien je travaille, mes sœurs n’ont pas d’enfants, elles savent pas ce que c’est, elles les attendent comme de petits dieux, ils en font ce qu’ils veulent. elles voient même pas qu’ils ont grandi, prévoient des activités, ils n’en veulent pas, c’est simple, ils veulent rien, puis elles m’appellent pour que j’arbitre, je mettrai mon téléphone en mode avion
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vendredi 2 janvier 2026
lundi 29 décembre 2025
conversation (57) entre amies
un café, pas des gamines, elles se font face Mais si tu es très bien, je ne le dirais pas sinon, moue dubitative de l’autre, silence, tu es, elle cherche, mignonne, oui, c’est ça la, tu es mignonne, dans sa voix sa physionomie une restriction légère, un temps encore, examen sérieux et approfondi, mais tu devrais te maquiller, un sourire radieux, comme moi ! je mets juste un peu de ricils, rien d’autre, je vais te montrer, tu veux que je te le fasse ?
vendredi 26 décembre 2025
au marché (34) de Noël de la place Clémenceau
il a promis d’apporter le petit colis demandé, des savonnettes, du lait pour le corps, passer au petit chalet, son employée Nicolas ne devrait pas tarder, les ânesses se sont échappées, qu’est-ce que vous voulez, quand il fait doux comme ça, le foin elles n’en veulent plus, c’est comme nous par ce temps à la soupe et raclette, on préfère les salades
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| Journal La République des Pyrénées, 26 décembre 2017 |
mercredi 17 décembre 2025
Petites choses (133) qui touchent
Ligne de bus Toulouse/Bilbao, changement de conducteur, elle passe le volant, encore une journée de travail terminée, la tension se relâche, son soulagement joyeux et à nouveau parler Tu sais ce qui m’est arrivé à… [arrêt précédent] ? On allait repartir et juste quelqu’un me rapporte une sacoche avec tout dedans, le passeport, un étranger, regard appuyé à son collègue sur le mode tu sais ce que c’est, toi, il ne bronche pas, les clés, tout je te dis ! Alors ni ni deux j’ai pas le droit, l’air bravache, alors, j’ai pris le gauche, au rond-point au lieu d’aller vers l’autoroute je suis sortie juste après vers la ville, ils étaient une poignée dans le bus à le guetter aux vitres, j’allais laisser tomber et faire demi-tour quand quelqu’un a dit Je crois que c’est lui là-bas, deux trois coups de klaxon et bingo Vous avez rien oublié que je lui fais, sa tête, tu peux croire qu’il était heureux, allez, bonne route
lundi 15 décembre 2025
Famille (16)
elle ne va pas fort, des vacances, sa sœur Ben non, on peut pas t’emmener avec nous dans les Alpes, cette année on prend le chien, y a plus de place dans la voiture
samedi 13 décembre 2025
lundi 8 décembre 2025
conversation (56) dans le bus
le battement des essuie-glaces, un paysage noyé de pluie, portable, nous sommes à Mouguerre dit l’application météo, et à Mouguerre donc temps couvert et sec, sourire, le voisin sourit aussi Sans doute le rêve de demain
jeudi 4 décembre 2025
Famille (15)
elle vient d’accoucher, tout s’est bien passé, à sa sœur Je l’aurais bien appelé Augustin, mais tu m’as piqué le prénom, son neveu Augustin a dix ans
mardi 2 décembre 2025
Famille (14)
une vie rivée à la ferme, la retraite, pour le vieux couple enfin le temps d’une courte escapade vers un sud rêvé, le fils à mi-voix, est-ce possible J’espère qu’ils vont pas trop dépenser.
jeudi 27 novembre 2025
Conversation (55)
mercredi 12 novembre 2025
Petites choses qui (130) piquent
Les petits, leurs cris, leur agitation, non, décidément elle ne les supporte pas. Son air aussitôt agacé, un sujet de plaisanterie dans le groupe. Ce jour-là, un bambin trottine entre les tables de la pizzeria, on s’apprête à la charrier, elle coupe court, discrète rotation vers la-sans-enfants J’ai élevé les miens.
Nullipares et alors ? collectif coordonné par Chloé Delaume
Le livre le demande clairement : plutôt que de demander aux femmes qui n’ont pas d’enfants les raisons de ce choix, ne faudrait-il pas interroger celles qui, par passivité normative, le font et le transforment ainsi en automatisme, en comportement attendu.
jeudi 30 octobre 2025
Conversation (55)
- J’ai vu Manal dans le bus, tu vois qui c’est ? à peine reconnue, incroyable ce qu’elle a changé, élégante, gracieuse, pantalon noir et chemisier ivoire fluide, en première année de médecine. - Sûr, de celles qu’on n’oublie pas, en guerre contre le monde entier et tout le temps une tête de petite à qui on vient de prendre sa poupée
lundi 27 octobre 2025
conversation (54)
c’est vrai qu’au plus petit pet en travers je suis chez lui [le généraliste] et tu sais ce qu’il m’a dit la dernière fois, elle rit, un grand rire joyeux, Un jour tu vas finir par m’amener ton chat !
vendredi 17 octobre 2025
conversation (53)
au pied du funiculaire un groupe de quatre cinq très jeunes hommes. L’un râle Faut pas être pressé, montrer le raidillon, le boulevard juste au-dessus, À pied vous y êtes de suite, puis les observer, athlétiques, crânes rasés, de jeunes recrues ? et poursuivre C’est vrai que vous êtes chargés, ils sont lourds vos sacs, l’un, la mélancolie d’un sourire Le plus lourd c’est le cœur, un silence, ses copains se figent et le regardent
mercredi 15 octobre 2025
Parole (11) d’homme
On les a connus radieux, jeunes, grands, beaux, des enfants brillants. Il l’a quittée. La croiser changée. Un ancien collègue à vos côtés Ce n’était pas Madame… ? Une hésitation, acquiescer. Lui Elle a pris cher.
samedi 11 octobre 2025
Conversation (52)
Veuve depuis peu. Quand j’ouvre mon frigo, c’est pathétique, y a rien, j’aimais pourtant cuisiner. S’il m’arrive quelque chose chez moi et qu’on ne trouve, on se dira que je suis morte de faim.
samedi 4 octobre 2025
conversation (49) au marché
un air bout de course, vêtements froissés, élimés, pourtant quelque chose d’une élégance à la Jean-René Caussimon, d’amples gestes flottants et appliqués, il empile des cagettes de carottes, le nouvel aide de la maraîchère donc, quelqu’un Alors comme ça, vous êtes en stage de reconversion ? Lui De régénérescence, un temps, il cherche ses mots Cet été personne au centre-ville, la mort, et pareil pour tous les commerces, sourire las, ici ça me fait du bien, je sors, je vois du monde
vendredi 3 octobre 2025
conversation (48)
la façade s’effrite, elle dit encore Fabrique de pâtes alimentaires S.P.A.S.O. de gros engins de chantier, dépecer le bâtiment,
au volant de son camion, il attend son chargement et veille Ce que ça va devenir on sait pas, la structure de l’ensemble va être conservée, une ancienne fabrique ça fait rêver, dans le bâtiment à droite on a trouvé d’immenses cuves peut-être pour fabriquer la pâte, on en parle entre nous, on se demande, y aurait sans doute moyen de savoir en cherchant sur Internet, c’est comme cette poulie à hauteur du toit, à gauche, sûrement pour soulever des seaux de farine, on se fait des films, parfois on trouve des trucs, par exemple dans les toitures, petit sourire désolé mais notre boulot à nous c’est démolir
lundi 4 août 2025
Petites choses (121) désagréables à supporter
pour la plupart des enfants de paysans dans cette petite école, à l’un Tu pues l’ensilage, et c’est vrai que pas terrible cette odeur d’herbe fraîche en décomposition qui fermente sous les grandes bâches de plastique, les bêtes en raffolent, faut croire qu’elle s’est inscrustée dans son épaisse tignasse, penser à d’autres odeurs qui isolent, rayon poissonnerie, abattoir Tu as beau te doucher, te récurer à fond, tu peux y aller, rien n’y fait, il t’en reste dans les recoins, sous les ongles et tu traînes ça avec toi jusque tes jours de repos
vendredi 1 août 2025
vieillir (75)
il tourne vire dans la librairie, grand corps ingrat, imposant et cassé à la fois, se raconte à la caisse, un ancien militaire, un peu plus tôt au Comment ça va ? d’une connaissance Comme quelqu’un qui a un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane, protestations, il insiste C’est que j’ai soixante-dix ans, penser à part soi, pas plus ? l’autre, Justement, j’espère qu’on a encore quelques bonnes années devant




