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jeudi 30 novembre 2023

Péter autant qu'on veut

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Samedi nous recevions Traou qui est venue habiter au pied des Alpes, et nous avons passé une excellente soirée, comme si nous nous retrouvions, après des années éloignées. On a bu sagement, on a mangé sans excès et vers onze heures nous nous sommes quittés sans omettre (hélas) de nous faire la bise.
Le lendemain je me suis réveillée avec la gorge un peu irritée, sans plus. Fatiguée, mais la nuit avait été une fois de plus un peu trop courte. Dimanche a passé, un rhume timide a accompagné le lundi.
Il va falloir que je change mon matelas me suis-je dit, le dos un peu en compote mardi matin, le rhume bien installé et une fatigue assez intense, nuits trop courtes évidemment.
  
J'avais pris mon mercredi après-midi pour aller à Colmar, nous avions réservé une chambre dans un hôtel le soir et le lendemain on récupèrerait mes parents à la gare pour aller ensemble à l'enterrement de mon oncle pilote. Mon frère et ma soeur iraient directement de Strasbourg au lieu de la cérémonie. 

Mardi soir je suis rentrée vraiment, mais vraiment fatiguée, les yeux qui brûlent, le nez coulant constamment. Il me restait trois tests trouvés lors d'un état des lieux de sortie, que les locataires ne voulaient pas récupérer. Ah ben tiens, au moins de ce côté je serai rassurée. Vaccinée le 24 novembre, j'étais tranquille. Je fais le test, et en attendant je suspend une machine avec des pulls que je vais emporter en Alsace, il est prévu de la neige.
Quelques minutes après je reviens dans le séjour et PAF (le chien)

Franchement, mis à part ma fatigue, j'allais plutôt bien, mais le médecin m'a fortement déconseillé de faire le trajet, même en changeant de masque toutes les deux heures. J'ai pensé à ma soeur qui me clouerait au pilori, à mes parents et ma tante fragiles, et la mort dans l'âme j'ai prévenu mon petit frère qu'il devrait aller chercher mes parents à la gare. Maman a immédiatement compris et approuvé, je me suis traînée au lit et le lendemain...

à commencé le vrai Covid. Immense, incommensurable fatigue et tiens tiens, le café, la tisane, le schweps  et l'environnement ont semblé nettement affadi. Et puis ce matin plus d'odeur, un goût transformé, c'est reparti pour 15 jours si tout va bien et JP est au lit avec 39°

La seule consolation, c'est que vous pouvez péter autant que vous voulez, je naviguerai dans un univers aseptisé d'odeurs.
 

mercredi 29 décembre 2021

quatrième dose

Nous sommes rentrés d'Alsace sous la pluie, sans nous arrêter pour ne croiser personne, juste un petit pipi dans une aire tranquille et essence à une pompe loin de tout. Comme seul compagnon de voyage, le Delta si j'en crois mon PCR d'hier. 

Cinq heures de route, mais l'impression d'avoir fait le tour du monde tant nous étions fatigués. Contents d'être seuls pour pouvoir enlever nos masques que nous ne quittions plus depuis que le test antigénique nous avait informés de notre contagiosité. Et puis bonne nouvelle, nos voisins du dessous sont en vacances, aucune odeur n'infecte notre appartement, un truc positif dans cette fin d'année chaotique.

Je m'étais fait faire ma dose booster le 16 décembre et JP le 21 (est-ce très malin, lui avais-je dit, de la faire faire juste avant Noël ?). Le lendemain il s'était réveillé fatigué, très fatigué, nous devions prendre la route direction l'Alsace pour fêter Noël avec les enfants et ma soeur venue de Paris. L., la compagne de G. nous rejoignant le 25 au soir. Que JP fasse une réaction à un vaccin est tellement dans l'ordre des choses que nous n'avons pas un instant tiqué. G. était arrivé le 17, pour passer une petite semaine avec nous et repartir avec ma Yaris que je lui offrais. Il était sorti plusieurs soirs voir des copains, il avait bien un rhume qui trainait mais tous le monde allait bien. 

Nous sommes donc partis chacun dans nos voitures, G. avec la Yaris, nous avec la Civic, JP avait fait une grosse sieste avant et bon, ce n'était qu'un vaccin après tout.

Nous avons récupéré à Mulhouse C., le lendemain arrivait ma soeur. La maison était froide mais pas glaciale, mon frère ayant chauffé durant tout le week end précédent, il faisait un petit 12°, et nous avons gardé nos vêtements jusqu'au couché.

Le lendemain JP était encore assez naze, nous sommes parties ma fille et moi, faire les grosses courses de Noël au Cora de Houssen, gigantesque mais agréable, puis un tour chez Picard pour les buches et quelques petits délices, et ensuite direction la gare pour chercher ma soeur.

Dans la nuit du 23 au 24, JP s'est mis à tousser, il avait dû prendre froid en arrivant dans la maison, oui il est fragile, les poumons en très mauvais état, je suis allée lui faire une tisane avec du miel de sapin. 

Le lendemain c'était Noël, en Alsace nous le fêtons le soir, et nous avions un énorme chapon que nous avons farci avec un foie gras frais et quelques marrons, enfourné pour trois heures dans le four à pain que G. avait chauffé. J'ai préparé du choux rouge aux marrons délicieux. Pendant ce temps, G. est allé coupé un sapin dans la forêt, et C. durant deux heures l'a décoré de dizaines de boules en verre coloré et a déployé la crèche avec tous les santons.

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Puisqu'il était déjà tard, une fois que nous étions tous joliment habillés, nous avons débouché le crémant offert par mon petit frère, et avons déballé nos cadeaux. Ensuite nous nous sommes régalés, le chapon (du Cellier des montagnes) était une vraie tuerie.

Le lendemain JP était toujours aussi fatigué, toussant, se mouchant, l'histoire du vaccin semblait moins plausible, et je m'étais réveillée encore plus fatiguée, mais comme depuis l'opération je suis vraiment à ramasser à la petite cuillère, cela ne m'alertait pas plus que ça. 

Allez, puisque ma soeur avait apporté des auto-tests, elle en a fait un à JP, et... il a viré immédiatement positif MERDE ! Allez à toi maman ont dit les enfants, et PAF positif ! Celui fait à G. étant négatif, on s'en est arrêté là sur le moment. On a revêtu nos masques que l'on a plus quitté jusqu'à notre départ. 

Aucune possibilité de faire un test PCR jusqu'à lundi, et le soir nous avons appris que G. était positif (*) et les autres non.

Je suis allée mardi vers onze heures faire mon test pour l'arrêt de travail, le résultat ne faisant aucun doute. C'est au moment où je me suis parfumée, avant d'aller au labo, que j'ai réalisé que je ne sentais plus rien. 

Si ça se trouve, nos voisins sont bien là, et empestent notre appartement...


*à ce jour, il n'a pas de symptômes à part la perte d'odorat mais qui semble revenir doucement. On croise si fort les doigts...

mercredi 4 août 2021

Des livre mais surtout un !

Il pleut, il fait 12° le matin, le ciel est gris, faire du vélo n'a rien de plaisant, heureusement qu'il y a la lecture qui m'évite de trop traîner sur twitter qui est de plus en plus désolant de bêtise, les arguments des anti vaccins me désespèrent. Autour de moi j'ai l'impression d'être cernée par des "scientifiques" qui attendent de se faire vacciner, accusent les vaccinés de répandre le virus, parlent de dictature, j'en ai tellement tellement marre. Vivement le bord de mer, dans notre petite maison de pêcheur.

Alors voilà ce que j'ai lu ce mois-ci, parfois même au soleil. Mis à part le livre de Sylvie que j'ai lu avec grand plaisir, la moisson de ce mois n'est pas enthousiasmante.


Jorn Lier Horst
Le code de Katharina
Cela fait vingt-quatre ans que Katharina Haugen a disparu. Depuis, Wisting explore obstinément les archives de ce dossier non élucidé. Et personne n’a jamais pu déchiffrer ce qu’on appelle le code de Katharina : des chiffres, des lignes et une croix que la jeune femme avait griffonnés sur une feuille trouvée dans sa cuisine.L’ouverture d’une enquête sur son mari, Martin, suspecté d’avoir jadis été impliqué dans l’enlèvement de la fille d’un industriel milliardaire, laisse envisager un lien entre les deux affaires. Mais tout cela remonte à si longtemps… Wisting sera t-il capable d’arracher des aveux à un homme avec qui, sans être tout à fait son ami, il pratique parfois la pêche au lancer et à la foëne ?  Bon polar, agréable à lire.

Tatiana de Rosnay
Célestine du bac
"Lui, dix-huit ans, fils de bonne famille, solitaire et rêveur. Elle, sans âge, sans domicile, abîmée par la vie et l’alcool. Tout les sépare. Pourtant, un jour, rue du Bac, à Paris, leurs chemins se croisent. Contre toute attente, une extraordinaire amitié se noue. De celles qui changent une vie. De celles qui forgent à jamais une personnalité. Saisir sa chance, affronter le mystère familial qui le hante, c’est ce que Célestine va transmettre à Martin. Et plus encore… Bon c'est bien à cause du titre que j'ai acheté ce livre. Euh, franchement, était-il nécessaire de le sortir du tiroir dans lequel il était resté ?"

Ariane Chemin Marie France Etchegoin
Raoult une folie française
Alors s'il y a bien un intervenant durant cette loooongue période de covid qui m'a exaspérée, c'est bien Raoult. Ses cheveux crasseux, sa barbe mal soignée, son masque sur le menton, son air méprisant, sa façon de parler monocorde, rien mais rien chez lui n'est séduisant. Et curieusement, c'est peut être ce livre qui me l'a rendu plus supportable, bien qu'il n'y soit pas vraiment épargné. C'est un livre intéressant, très agréable à lire. J'y ai découvert plusieurs personnalités qui ont contribué, en soutenant les thèses complotistes de Raoult, à foutre un beau chaos. Parce que oui, j'ai tout fait pour éviter de lire les théories complotistes et du coup, je ne savais pas que par exemple, Bruno Gaccio, adhérait à ces conneries.
édit du jour : Raoult suggère de se tartiner les narines avec du vickvaporub. Il ne nous aura rien épargné !

Karine Giebel
Satan était un ange
Livre écrit en 2014 mais la monnaie en France est en francs, ça fait bizarre. L'un vient d'apprendre qu'il n'en a plus pour très longtemps à vivre, et l'autre est un jeune homme qui est pris en stop par celui qui va mourir. Les deux quittent une histoire et s'embarquent pour une fuite dans le sud. Des invraisemblances, une histoire un peu poussive, je ne peux pas dire que cela m'ait enthousiasmée, mais ce n'est pas non plus désagréable à lire.

Janine Boissart
Loup, y es-tu ?
Dans la petite bibliothèque de l'immeuble, tiens me dis-je, un livre de cette auteure que je n'ai jamais encore lu, pourquoi ne pas démarrer par celui-ci. Je sais qu'elle écrit des livres en général sur la période médiévale, mais là il semble que ce soit une histoire contemporaine et puiqu'elle est reconnue, pourquoi pas. Je démarre ce livre, pas mal écrit, mais mais, cela fait tout de même roman à l'eau de rose. Je le lis, je m'étonne, mais bon. Et puis, le livre fini, je lis sa biographie et là nulle trace de livres médiévaux, mais des succès télévisés. Ah ben j'ai confondu Jeanne Bourrin et Janine Boissart.

Sylvie Lassalle
Les ombres et les lumières
Deuxième livre de Sylvie Lassalle, c'est toujours un peu angoissant d'ouvrir un livre écrit par une amie, en se disant "et si cette fois j'étais déçue ?". Du coup je n'ai pas dit que je l'avais acheté, si jamais je ne l'aimais pas ou moins que le premier, je ne dirais rien. D'ailleurs je me l'étais gardé pour mes vacances, un mois plus tard. Et puis dimanche, mon ordinateur étant resté dans la chambre, et ne voulant pas réveiller JP, je me suis fait couler un bain, et j'ai ouvert le livre... que je n'ai refermé qu'une fois fini, midi passé. Oui il est aussi bien que le premier ! Jules et Anna vivent ensemble, tous les deux ont un travail, mais puisqu'on leur propose la direction d'un cinéma en plein essort, ils déménagent et découvrent une petite ville où tous les monde n'est pas franchement heureux de les voir arriver. Comme toujours je n'en dirai pas plus, pour ne pas déflorer l'histoire. Mais sincèrement, sans l'ombre d'un doute, je vous le conseille.

Fred Vargaz
Un peu plus loin sur la droite
Je n'arrive pas à savoir si j'aime ou non les polars de Vargas. Il y a dans ses livres, des personnages tous plus déglingués les uns que les autres, et l'intrigue est invraisemblable. Louis Kehweiler qui, on ne sait pourquoi, passe son temps, à surveiller des gens, trouve un matin un bout d'os qu'il identifie immédiatement comme celui d'un humain. Il n'aura de cesse de retrouver à quel corps appartenait ce bout d'os et pour cela part en Bretagne.

vendredi 18 juin 2021

Histoire masquée

Or donc, depuis hier nous n'avons plus besoin de mettre un masque dehors. Et qu'est ce que cela change pour moi ? 

Ben pas grand chose.

Je n'ai jamais vraiment mis de masque dehors, je suis tout le temps en vélo, et en vélo pas besoin de masque. Je vais rarement me balader en ville depuis la pandémie, mais si je m'y balade et ne suis pas entourée de monde, je ne mets pas le masque. Je ne sais pas si, à part en plein centre ville, le masque était obligatoire à Annemasse. S'il l'était, ben sincèrement ce n'était pas flagrant.

Je le mets toujours quand je rentre quelque part, toujours, même si je suis seule en entrant dans un immeuble. Je prends des ascenseurs, je risque de croiser du monde, et évidemment si je suis avec des clients, je demande que eux aussi portent le masque, nez compris. 
Et puisque pour l'instant le masque à l'intérieur reste obligatoire, bah franchement, cette nouvelle "liberté" ne change rien pour moi.

Le truc qui me soulagera le plus lorsque le masque ne sera plus obligatoire à l'intérieur, sera de ne plus m'énerver dans ma tête lorsque je croiserai mes collègues et autres nez au vent. 

Rien ne donne un air plus crétin, que ces nez qui pointent au dessus d'un masque.

vendredi 21 mai 2021

Question de connection

Troisième jour du défi du New York Times que relie le Dr CaSo :
Se reconnecter avec quelqu'un avec qui on n'aurait pas parlé depuis longtemps, ou quelqu'un que l'on côtoie et parler de choses personnelles.

Pardon mais...

Aujourd'hui est mon jour de présentiel à l'agence, je vais donc parler ça oui ! aux locataires, aux collègues présentes, aux propriétaires et artisans, mais je ne vais pas étaler mes états d'âme (Éric 😶). Alors ? j'appelle une amie, et pif paf pouf je lui balance tout ? Ben nannnn, bien sûr que non !

Je n'ai pas de mal à m'ouvrir aux amis lorsque nous nous retrouvons en petit comité. Evidemment, comme chacun, je ne raconte pas tout, en général, moins je vais bien et moins je m'ouvre aux autres.  J'ai eu dix ans un psy chez qui je pouvais sans dommage dire ce qui me semblait être le pire chez moi, et cela m'a fait le plus grand bien. J'ai maintenant celle chez qui je vais tous les mois, à qui je dis souvent des choses que je ne dirai nulle part ailleurs, bien qu'elle ne soit pas psy, parce que j'y suis en confiance. 

Mais, il me semble que personne ne raconte tout de soi. 

Si le NYT propose se défi, c'est parce qu'il a été constaté que durant le confinement certaines personnes se sont renfermées, ont perdu des connections avec l'extérieur, d'autres ont renoué avec des amis perdus de vue. 
Je ne sais si un défi peut d'un coup relier cette vie à celle d'avant. 

Une chose avec laquelle nous avons immédiatement renoué, les terrasses ! Et hier nous avons invité notre voisine à boire un apéro sous les tilleuls, retrouvant avec plaisir le serveur aux yeux de velours qui resplendissait de retrouver ses clients revenus comme si rien ne s'était passé. 

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mardi 18 mai 2021

Alors ?

Déjà savoir si je tiendrai dix jours ? Dr CaSo lance un nouveau défi

Alors ? Comment est-ce que je me sens, là en ce moment ? 

En essayant de définir exactement comment je me sens, je dirai que je me sens absente, absente de la vie. Je me "sans" ai-je écrit par erreur, lapsus !

Au début de notre enfermement, c'était comme un jeu, il faisait beau, très beau, le monde entier semblait s'être arrêté, les locataires se terraient chez eux, il n'y avait que la famille et quelques amis perdus de vue qui appelaient. Les apéros zoom avec les copains, les enfants. Un temps suspendu, un mois, deux mois qu'importait ce temps, puisqu'il allait finir un jour, et que tout redeviendrait vivant, le virus loin de nous, la tranquillité retrouvée.

Nous étions partis en vacances, au bord de la mer, trois semaines au soleil, en vélo, à déjeuner au restaurant, à voir les enfants, à lire dans un transat, oubliant vraiment que le covid restait tapie, pas si loin, mais ignoré.
En rentrant, repris le travail à plein temps à l'agence, bien sûr avec le masque sur le nez, ou sous pour la moitié des collègues, les entrées, les sorties, les pannes, les grincheux, les gentils. Retrouvant vite nos habitudes, le virus se rapprochant discrètement.

Et puis, nouveau confinement, l'enchantement en moins, les restrictions, les peurs qui reviennent, le couvre-feu, la perte lente de l'envie, se perdre dans la lecture. 

Faire des projets ? Ne plus écouter les nouvelles. Détester de plus en plus ce gouvernement jouant avec nos peurs.

Et là, me posant ce matin la question, l'évidence, je suis absente de ma vie.

mercredi 14 avril 2021

Millilitres de chance

Cette année, quoiqu'il se passe, j'avais décidé que je prendrai mes vacances spéciales anniversaire. Celles de l'année dernière étant tombées à l'eau en raison du confinement strict, je n'avais gardé que le 8 avril comme journée hors du temps. Evidemment, à peine trois jours avant mes supposées vacances en Alsace, un nouveau confinement avait été décrété et sur le moment j'ai eu un vrai coup de déprime. 

Et puis, notre merveilleux épidémiologiste ayant dit à mots couverts que la maréchaussée serait conciliante, limite les yeux fermées jusqu'au lundi de Pâques au soir, nous sommes partis un peu avant 8 heures samedi, passant par la France pour éviter des problèmes à la douane. Week-end froid mais ensoleillé, loin du bruit, sans masque, sans couvre-feu dans le terrain, idéal pour se préparer aux jours suivants où, rentrée à la maison, j'ai totalement déconnectée du boulot, au point d'avoir eu l'impression d'être partie trois semaines. 

J'ai repris tranquillement mon poste lundi, un peu à l'agence histoire de voir ce que j'avais dans ma bannette, un peu en télétravail pour décanter mes mails et demandes diverses. Et puis, vers seize heures, alors que je commençais déjà à en avoir ras la casquette, ma collègue à l'accueil m'appelle : "Dis Valérie, ça n'a rien à voir avec le boulot, mais j'ai le pharmacien qui est là et me demande si on a une personne de plus de 55 ans, parce qu'il a une dose de vaccin sur le bras." vaccin... euh là tout de suite ? dans ma tête je n'ai pas vraiment le choix, si on m'apporte sur un plateau cette dose c'est que c'est un signe.
"C'est quel vaccin ? - le pharmacien répond que c'est l'aztrazeneka mais je sais déjà que je vais dire oui. Et je file à toute vitesse sur mon vélo pour profiter de cette opportunité inespérée, le premier jour où la vaccination est autorisée pour les biens portants un peu moins jeunes. 
Il m'attend, me pose des questions en rafale, non je ne suis pas enceinte, non je n'allaite pas, non je n'ai pas de fièvre non non non et pouf un petit coup de désinfectant, une piqure dans le bras "un peu plus mou s'il vous plait les muscles" et je repars après avoir donné mes coordonnées pour dans 6 à 8 semaines.

Le soir tout va bien, aucune douleur au bras, je zappe le doliprane qu'il m'a conseillé, des vaccins j'en ai eu quand même quelques uns, je n'ai jamais eu quoique ce soit comme réaction.

Et puis vers quatre heures je me réveille, j'ai froid, j'ai des nausées, j'ai mal partout, des picotements, l'impression de revenir deux mois en arrière quand j'ai eu ce foutu virus dont on n'a pas trouvé le nom, mais qui m'a mis à plat presque deux mois complets. Je prends un doliprane, impossible de me rendormir, je grelotte malgré un pull et deux couvertures. Je traine toute la journée, malade, fiévreuse, douloureuse, nauséeuse, prenant toutes les huit heures un comprimé. Le soir je file au lit tôt, m'endors en vrac et ce matin, ne me reste que le mal de tête lancinant. Je croise les doigts que cela s'estompe vite.

J'ai appris ensuite, que si j'ai eu droit à cette dose, c'est que le pharmacien avait déjà frappé à plusieurs portes des commerces alentours, et que tous ont décliné l'offre. Non non tout va bien a dit celui qui reçoit les clients masque sous le nez très lâche au point qu'il retombe souvent sous le menton. Non non non surtout pas ce vaccin dangereux à dit l'autre. Et le pharmacien en désespoir de cause, est venu frapper à la porte de l'agence fermée pour cause covid, et ma super collègue m'a appelée, je suis la seule éligible, tous les autres étant bien plus jeunes.

Maintenant il faudrait que JP puisse aussi l'être, mais c'est une autre histoire, personne ne veut prendre le risque en raison de ses antécédents allergiques. Pourvu qu'à Lyon où il doit se rendre la semaine prochaine, ils soient un peu plus courageux.

samedi 27 mars 2021

OSEF les consignes !

Hier soir nous étions sept pour l'apéro. Ras le bol des restrictions, picoler et bavarder pendant plus de trois heures, se montrer des vieilles photos et rire sans masque, avec le lendemain la tête un peu en vrac mais vraiment, quelle bonne soirée !
Parce que oui on a bien bien picolé, deux bouteilles de champagne, une de rouge, de la bière blonde et de la bière au rhum, du pineau des Charentes, du coca et de la tisane pour la fin. On a fait fort, mais on a bien bien rigolé, même si évidemment on a quand même parlé covid. 
Et puis Zoom nous a gratifié, une fois encore, de rallongements jusqu'à la nuit noire. Un grand pont qui fait du bien, entre Rennes et Annemasse. On oubliait presque que nous n'étions pas tous dans la même pièce.

Ce matin, alors que dorment encore C. et JP, je parcours Twitter, toujours aussi anxiogène. Je fais l'effort depuis quelques temps, de lever le pied en m'interdisant d'y être constamment. Je ne cherche plus à être au courant de tout, j'ai éliminé nombre de comptes qui tout bien réfléchi, ne faisaient qu'aggraver cette impression pesante que jamais plus l'insouciance ne reviendrait. J'y lis qu'en fin de semaine prochaine nous serions sans doute un peu plus enfermés. Je cherche une raison de me réjouir quand même pour ma semaine de congé. J'espère toujours que nous pourrons aller en Alsace, voir l'éclosion du printemps. 

Au bureau les cas contacts se multiplient, une collègue reçoit un coup de fil, se lève, plie ses bagages et file rapidement. Et quelques jours après revient testée négative. Mais entre temps, il y a en a déjà un ou deux autres qui eux aussi ont reçu un coup de fil, et qui attendent de pouvoir revenir. C'est devenu tellement naturel. On part, on revient, rien ne change, ceux qui se baladent le masque sous le nez continuent vaillamment à laisser leurs narines à l'air, d'autres sont sagement bien emballés. On sait maintenant qu'il est tout à fait inutile de demander le respect des gestes barrière. L'air absolument stupéfait et légèrement saoulé de celui à qui on demande de remonter le masque est tellement usant que l'on préfère simplement se reculer pour maintenir une distance plus grande. 

Il y a les clients qui entrent sans masque, qui sortent un truc immonde et marron de leur veste, le pose de guingois sur le nez le temps de poser une question ou de donner un document et qui avant de sortir enlève ce qui semblerait avoir été un masque il y a longtemps, et le refoutent dans leur poche. Il y a ceux qui respectent totalement les consignes, prennent une dose de gel, gardent les distances. Et toujours, toujours, tous les clients,  qui se décalent afin de ne pas être derrière la plaque de plexi posée sur le bureau de l'accueil pour poser les questions, tous, absolument tous !

Faut-il user son moral en tentant de faire respecter les consignes, alors qu'ici, à Annemasse, il semblerait que cela soit ringard de le faire ?

mardi 23 mars 2021

une certaine peur

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Poster une photo de mars 2020 est le nouveau jeu éphémère de Twitter depuis hier, et en cherchant le peu de photos faites ce mois là, j'ai retrouvé celle-ci. Le parc tout nouveau, remplaçant un parking, totalement vide, herbe encore en graine, silencieux dans une ville morte. 

J'étais allée, munie de mon attestation pro, faire rapidement un tour à l'agence pour y chercher un document. C'était la première fois que je bravais l'extérieur. Nous étions confinés, réellement confinés, et ce jour là, nous nous étions retrouvés à trois, rasant les murs, nous parlant à trois mètres les uns des autres, sans masque puisqu'il n'y en avait pas. Au retour, j'avais comme une voleuse, pris quelques photos du printemps qui démarrait sous un soleil insolent pour nous les enfermés. 

Il n'y avait personne, vraiment personne dans les rues. Tout était arrêté, seuls les oiseaux s'en donnaient à choeur joie, une impression d'apesanteur, comme si l'air lui même restait en suspend, attendant que la vie revienne. 

En rentrant je m'étais complètement déshabillée, changée, lavée de ce danger invisible qui tuait tous ceux qui bravaient l'interdit.


vendredi 19 mars 2021

Ah Putain !

 Quand je pense qu'il y a un an nous apprenions que nous étions en guerre et que nous allions être confinés... et que tout cela recommence. Certes d'abord pour le nord et les gens qui habitent à Paris et tout autour, mais avec ce gouvernement de charlots, je crains que nous soyons bientôt nous aussi con...cernés.

J'avais prévu pour mes vacances d'anniversaire rituelles, de passer quelques jours à Paris, histoire de rapporter à C. quelques affaires qui attendent à la cave de retrouver un chez-eux, et surtout de revoir maman que je n'ai plus vue depuis septembre. Sans doute aussi aller diner avec ma soeur, enfermée dans un douze mètres carrés, coincée depuis des mois en télétravail, seule, et dont le moral doit plonger bien bien profond. 

Une fois de plus le printemps est synonyme d'enfermement pour beaucoup, machinmacron savait depuis des semaines qu'il fallait, pour stopper l'ascension fulgurante du petit nouveau, enfermer tous le monde. Il a préféré attendre, attendre encore, au cas où le variant file à l'anglaise, ou bien que les vaccins fassent un effet (placébo ? puisqu'il est quasi impossible de se faire vacciner).

Mais pour moi, le plus pénible est cette impression de ne jamais jamais jamais savoir depuis un an, de quoi demain sera fait. Que trouvera encore ce gouvernement de cloches pour nous détruire la vie ? Les rumeurs distillées par les journalistes, les politiques, avec lesquelles on nous gave chaque instant, sont délétères. J'ai beau ne plus regarder les informations, couper le son dès que j'entends le mot covid, mon cerveau tourne en boucle sur ce manque de liberté.

Il va falloir que je trouve un autre exutoire que les apéros qui ne font qu'élargir les limites de mon moi.

jeudi 25 février 2021

Rebelote

Attention les filles, ai-je dit solennellement, je pose trois jours de vacances, préparez-vous au reconfinement !

Evidemment, je tente d'en rire, mais cette situation, le cul entre deux chaises, depuis un an maintenant, me pèse affreusement. Les premières vacances qui ont été annulées, devaient me laisser fêter mon anniversaire sous le soleil printanier alsacien. Mais le ciel nous étant tombé sur la tête, je n'avais pris qu'un jour, un mercredi si mes souvenirs sont justes, pour souffler les bougies en tête à tête avec JP. Et puis j'avais ensuite tenté une ou deux fois de poser des jours, mais le couperet tombait un ou deux jours avant, et j'annulais, mon compte se remplissant lentement de jours à prendre avant le mois de mai suivant. 

Je lis, ce matin, que la région Grand Est (quelle merde aussi cette dénomination pour la plus belle des régions) serait concernée par un reconfinement, tout comme la région parisienne d'ailleurs. Et pourquoi ai-je pris ces trois jours de vacances ? Eh bien pour retrouver mes frères et mon père dans notre maison d'Alsace. Et qui est-ce qui vient de ces deux régions concernées ? Eh bien mon père et mes deux frères !

Sera-ce un confinement weekendien ? Nous enfermer les week-end, nous libérer pour le turbin ? 

Je me souviens de la toute première fois que l'on nous a enfermés. Sortir relevait presque du suicide, quelle trouille pour mettre un pied dehors, se laver encore et encore les mains, changer de trottoir lorsque l'on voyait au loin arriver un autre piéton, se retenir de respirer, passer son chemin en croisant les doigts. Un an a passé, nous avons survécu, puisque nous sommes encore là, moi qui croyais que mes parents, JP et G. ne s'en sortiraient pas. Au deuxième confinement déjà, nous abordions plus sereinement le dehors, faisant juste attention d'avoir l'attestation qu'entre temps nous pouvions remplir vite fait sur le smartphone, pour ne pas grever son budget de ces 135 euros arbitraires. Nous avions le gel, les masques, le virus était là, mais la vie aussi, qui continuait. 

Un troisième confinement, seulement les jours où nous pourrions souffler, oublier le boulot, sortir le nez au vent ? Une fois encore ne pas voir le printemps éclore ? Faire les cent pas sur le balcon, pour ceux qui ont la chance d'en avoir un. Rêver à un hypothétique vaccin dont on nous rebat les oreilles, à longueur de semaine, mais qui semble loin d'être accessible. Pensent-ils vraiment que cela va passer tranquillement ?

J'ai des doutes...

mardi 2 février 2021

janvier déjà...

Je tricote mes petits carrés de coton, 95 empilés dans un grand sac, chaque soir un nouveau, et si je continue à ce rythme, il me resterait encore un mois à cliqueter des aiguilles en regardant l'écran, le livre du moment, le temps qui passe doucement. Ensuite il faudra coudre joliment tout ça, et voir si les couleurs choisies sont belles entre elles. Trois fois par jour aussi, je m'arrête, m'assieds, pose mon smartphone en équilibre, choisis une vidéo, casque sur les oreilles, et je respire, lentement, cinq minutes, cela me fait du bien. 
Mes parents ont eu samedi matin leur première injection de vaccin contre le covid, ils devront attendre un mois pour la deuxième injection, alors qu'il est préconisé de la faire vingt jours après la première. J'espère que malgré cela ils seront moins vulnérables. 
Et puis je télétravail, trois jours par semaine, je fais des états des lieux de sortie, beaucoup de licenciements en Suisse, je somatise, je n'aime pas cette situation d'enfermement, j'attends le printemps et le 4 février, j'aurai tenu un mois sans alcool. 

Alors Champagne !

Je lis tout de même un peu et voici les livres de janvier :

André Schwarz-Bart
Le dernier des Justes (prix Goncourt 1959)
J'ai commencé ce livre en début d'année dernière. C'était un cadeau de C. pour Noël. Il n'y a pas de mots pour raconter ce livre, je l'ai refermé avec ce désespoir que me procure à chaque fois l'ignominie de l'Holocauste. Et pourtant, bien que très lourd, il dégage une poésie si triste, si fataliste. Commencer l'année en finissant cette histoire, contrairement à ce que j'ai ressenti tout au long de ce livre, m'a donné une sorte d'apaisement. La beauté du geste d'Erni, le dernier des justes, entourant les enfants mourants dans la chambre à gaz et leur promettant un paradis où toute l'horreur vécue serait effacée et où l'amour baignerait leur vie, console de tant de monstruosité.

Laurent Petimangin
Ce qu'il faut de nuit (meilleur premier roman de la rentrée littéraire 2020)
J'ai eu le cœur brisé par ce roman. Si un de mes enfants avaient pris un chemin politique radicalement différent du mien, s'il avait choisi de suivre des faschistes, malgré mon immense tristesse, je n'aurai jamais pu couper les ponts comme le fait le père de Fus. Je ne pourrai jamais ne plus aimer un de mes enfants, quelque soit ce qu'il aurait fait. Ce roman est sombre, lourd, il reste si présent une fois le livre refermé.

Peter May
L'île au Rébus
L'histoire se passe sur l'île de Groix, étant coincée en haute Savoie, cela me fait rêver. J'ai parcouru, via Google earth, les chemins pris par Enzo McLeod, l'enquêteur appelé par la belle-fille d'un homme tué il y a vingt ans et dont cette mort reste encore une énigme. Elle avait reçu, juste avant le meurtre, un appel de son beau-père, la prévenant qu'il laisserait des indices pour que son fils trouve le meurtrier, mais celui-ci hélas étant mort très peu de temps après son père, personne n'avait réussi à les résoudre. C'est McLeod spécialiste du genre, qui s'y attaque. Bon polar, qui ne révèle qu'en toutes dernières pages cette énigme.

Vanessa Springora
Le consentement
Conseillé par ma libraire, ce livre fait froid dans le dos, et fait chuter de leur piédestal plusieurs célébrités dont Françoise Dolto (hélas). Vanessa, très jeune fille, rencontre à la faveur d'un diner mondain, Gabriel Mazneff qui la prend dans ses filets et dont il lui faudra des années pour s'en échapper. C'est terrible, même si je n'ai pas été subjuguée par l'écriture. GM comme il est appelé dans le livre est un personnage abject.

Camille Kouchner
La familia grande
En refermant ce livre, je me suis dit que tous ces adultes qui ont élevé Camille et ses frères et sœur, était maltraitants. Il reste peut être Marie France Pisier que l'on peut sortir du lot, mais Evelyne la mère est terriblement malsaine, la grand'mère également, Bernard Kouchner affreux, et bien évidemment, le plus abject, ce beau-père, profitant de la situation et violant Victor, peut être d'autres ? Le doute est légitime. Que cela ait réveillé les consciences, que le Metooincest éclose, pas étonnant, ce livre est une bombe qui ne peut que faire réfléchir. Est ce que moi aussi je suis passée à côté de ces violences faites aux enfants. Ne pas savoir si ses propres enfants ont eu à subir cela, lors de gardes, à l'hôpital, quand je n'étais pas là pour protéger. Je ressors de ce livre réellement bouleversée.

mardi 26 janvier 2021

Ben alors !

C'est quoi cette histoire ! Hier matin nous allions être confinés pour vendredi soir, et hier soir pif paf pouf, annulée l'intervention de notre grand manitou. 
Alors, confinés ou pas confinés dimanche prochain ?

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Lorsque j'ai d'un geste ample, ouvert le grand rideau blanc qui me fait office de volet la nuit, j'ai découvert dimanche matin un soleil resplendissant, un ciel bleu azur, en suspension des paillettes de neige, un temps rêvé pour quitter la ville.

Et, puisque c'était le dernier week-end de liberté avant plusieurs semaines nous avait-on avertis, il serait criminel de rester enfermés. Allez hop, même sans petits restaus pour se sustenter, il y aurait bien, là haut à Sommand, une baraque à frites et soyons optimistes, des toilettes ouvertes, un peu avant midi nous sommes partis retrouver la neige.

Cette année, rien à voir avec la désolation hivernale de l'année dernière. Certes les restaurants étaient encore ouverts, mais nous avions dû grimper tout en haut de la montagne pour retrouver un semblant d'espace blanc, si l'on regardait du bon côté, celui où le soleil peine à effacer la couche légère immaculée.

Dès la sortie d'Annemasse, les champs sont recouverts, et puis l'on monte et chaque lacet nous fait découvrir ces sapins croulants sous l'épaisse couche scintillantes. A l'arrivée, le parking est presque plein et sur les pistes, les courageux ont chaussé leurs raquettes, skis accrochés au sac. Une fois tout en haut, se régalent en traçant des belles courbes dans l'épaisse neige poudreuse.

En bas, nous sommes nombreux, le sourire rayonnant, à nous enfoncer à chaque pas, certains sont installés sur leur chaise pliante, croquant dans des sandwichs en se dorant au soleil.

Pour nous, ce sera repas chaud, le restaurant fait de l'emporté, le service par contre laisse à désirer, nous commandons des nuggets et des frites et attendons, attendons, attendons comme une vingtaine de personnes d'être servis, buvant une bière face aux montagnes blanches. 
Il faudra une heure et demie pour enfin repartir avec notre sac en papier et nos précieux en cas. Mais puisque c'est notre dernier week-end...

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Et puis hier soir, sur les réseaux qui bruissent, il est dit que le chef ne veut pas se faire dicter son agenda et que non, il ne parlera pas, ou pas tout de suite, quand il voudra. Alors si dimanche prochain il fait encore beau, nous repartirons là haut, prendre notre dose de rêve hivernal. 

samedi 2 janvier 2021

en avant toute

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 En deux mille vingt nous avons survécu à ce foutu covid. Je n'ai maintenant qu'une hâte c'est que mes parents puissent se faire vacciner, mais il va falloir encore attendre. Malgré leurs âges plus que vénérables, n'étant pas en Ehpad, ils ne sont pas dans la liste des premiers servis. Hélas, pour ce qui est de mon JP et mon G., rien n'est moins sûr en raison d'une part de l'allergie médicamenteuse gravissime faite par JP et de l'immunosupression de G. Je vais encore croiser les doigts pendant plusieurs mois.

Avec le confinement, et les couvre-feux divers, j'ai lu, beaucoup. Quatre vingt un livre plus un démarré depuis des mois et que je lis lentement, très lentement. Le dernier d'Axel Kahn, m'a emmenée sur les chemins, tranquillement, me donnant l'envie de partir, sac au dos, crapahuter dans les montagnes alentours. 

Je continue jour après jour, mes petits carrés de coton, le plaid de G. devrait donc voir le jour cette année. 

J'avais bien commencé l'année avec près de dix kilos perdus, et puis... le confinement, les apéros, le stress, le manque fou de sommeil, tout cela m'a fait reprendre petit à petit six kilos. J'espère que cette cohérence cardiaque démarrée hier va remettre un peu d'ordre et que je vais retomber sur mes pattes.

Ma collègue née comme moi en 57 est partie le 31 décembre à la retraite. JP me tanne pour que je fasse de même, mais là, présentement, je n'en ai pas envie, du tout. Alors lundi, je repartirai vers mes locataires, mes propriétaires qui m'ont gâtée encore pour Noël de chocolats dont certains faits maison. Je m'énerverai, je rirai, me moquerai gentiment, jusqu'à ce que j'en ai marre. 

Demain est un autre jour...

jeudi 10 décembre 2020

Les jours s'en vont, je demeure...

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Les jours passent, confinés, déconfinés, reconfinés, couvrefeutés. Passent les jours, mornes jours.

J'enfourche mon vélo, quasi quotidiennement, mon attestation professionnelle dans mon sac à dos, je vais à l'agence, je fais des entrées, des sorties, rien de particulier, si ce n'est qu'une fois ma journée de travail finie, je suis lasse, il fait froid, les montagnes alentours sont enneigées. Alors je reste chez moi, sortir ne me tente même plus, je ne vois plus le bout de cette période délétère. 
Un artisan me raconte qu'il a eu le covid, rien de bien méchant pour lui, mais son épouse est bien plus atteinte, début de cirrhose au foie, épuisée, pas encore tirée d'affaire. Une collègue qui l'a également, au fond du lit, incapable de se lever, jambes mortes, une autre qui depuis février n'a plus ni goût ni odorat. 
Dehors place de la Mairie, qui est joliment animée, avec musique et deux manèges pour enfants, sapins qui clignotent et façades sur lesquelles sont projetés des paysages enneigés, foule qui s'attarde, masques sous le menton, dégustant aux stands des gaufres et churos, marmaille excitée courant autour. 

Le 15 décembre, nous devons, (devions ?) être libérés. J'ai en tête un week-end en Alsace, revoir ma maison, monter dire bonjour à Hervé, sous son houx qui doit être couvert de fruits. Las, il semble que pour la troisième fois je vais devoir annuler ces vacances. 

Le 20 G. a prévu de venir nous voir, suivi de près par C., nous passerions nos fêtes ensemble, tranquilles, sans folie, juste nous 4, sagement. 

En attendant, je tricote, chaque soir un carré de coton, Pénélope à son ouvrage...

mercredi 11 novembre 2020

Les gens qu'on aime #7

 quelqu'un qu'on voit souvent

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Mes amis sont loin, ils ont quitté la haute Savoie pour rejoindre un amour, pour recommencer une nouvelle vie comme nous le ferons dès que je serai à la retraite, pour  retrouver leur région d'origine ou tout simplement de l'autre côté de la frontière fermée.
Et puisque nous sommes confinés, à nouveau, mes seules interactions sont avec les locataires bien moins tolérants qu'au printemps, les propriétaires énervés qu'à nouveau les locations soient freinées, et heureusement mon JP.
Il y a bien eu des réunions zoom, mais parfois on s'y sent encore plus seule que lorsque l'on est seule. Les WhatsApp qui font du bien, avec les enfants, les longs téléphones avec maman qui a toujours mille choses à raconter, mais les amis, cette année sont partis et ce n'est pas enfermée, que je vais m'en faire des nouveaux. 

Je ne crois pas être déprimée, mais stressée sans nul doute. La situation américaine, ce virus qui s'approche, sournoisement, et risque d'attaquer ceux que j'aime, le manque de liberté qui me pèse effroyablement et dont je ne vois pas vraiment la sortie.

Alors je me soigne, je prends un truc pour dormir, un truc contre le stress, je lis, et je rêve de soleil, de printemps, de liberté... 




mardi 3 novembre 2020

Rebelote

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l'âne d'Oléron qui fait des bisous

Ma première journée de télétravail vient de se terminer. 

Hier j'étais à l'agence, une sorte de permanence, bien plus active que lorsque le confinement n°1 avait démarré. Je me suis donc baladée en vélo, sous le soleil, 16°, petit vent doux, croisant beaucoup de monde, masque protégeant le menton ou le coude. 
Et ce matin j'ai retrouvé mon écran posé cette fois sur mon bureau. J'ai abandonné la chambre d'amis, je suis plus confortablement installée, et cela me change, confinement n°2 oblige.

J'ai dû sortir deux fois, pour vérifier des travaux, et préparer un état des lieux. Bien sûr il y a moins de monde, mais on est loin du désert de mars et avril. Pourtant j'ai croisé au retour, un bon gros rat, un peu étonné de me voir, et pas vraiment pressé de quitter les lieux.

J'ai décidé que, bien que faisant très attention, j'allais me permettre de faire un petit tour quotidien dans mon périmètre autorisé. Et puis je prends du magnésium et le soir une ampoule d'un mélange de plantes qui doit m'aider à dormir.

J'ai envie de faire quelque chose qui serait mon ouvrage du confinement, un patchwork ? Je réfléchis...


dimanche 1 novembre 2020

Première bonne nouvelle du mois

La bonne nouvelle, c'est que ma librairie sera partiellement ouverte. Il suffira de les appeler au téléphone, pour qu'ils préparent les livres que je pourrai aller chercher lors de ma balade d'une heure. Elle est en effet dans le périmètre autorisé, et cela me fait vraiment plaisir.
Le mois d'octobre m'a fait découvrir un nouvel auteur de polars qui, au fur et à mesure de ma découverte, se glisse dans mon Panthéon des auteurs chéris. Et puisque nous sommes à nouveau confinés, dans une des régions les plus touchées par ce foutu covid, je vais pouvoir lire toute la série tranquillement.

Adler Olsen - Miséricorde
En parallèle se déroulent deux histoires à plusieurs années d'écart. Une jeune femme séquestrée dans une cave, un policier gravement traumatisé par une intervention qui s'est mal passée et dont un de ses coéquipier ne s'en est pas sorti, et qui est relégué dans un service nouvellement créé. Je n'avais, je crois, jamais croisé cet auteur dans une librairie, et c'est pas le biais de notre petite bibliothèque de l'immeuble, qui tient malgré le déconfinement, vaille que vaille, que je l'ai découvert. Il s'agit du premier livre d'une série policière qui devrait en comporter en tout dix. Je vais lire le deuxième rapidement, voir si les défauts du premier sont estomptés, quoique je me demande si cela n'est pas surtout dû à une traduction un peu hasardeuse.
 
Adler Olsen - Profanation
Deuxième livre de la série Carl Morck, trouvé dans ma bibliothèque de l'immeuble, apparemment grâce à un voisin je vais pouvoir me faire toute la série. J'ai trouvé qu'il y avait un très net progrès sans la narration, que les défauts assez lourds du premier s'étaient vraiment estompés. L'inspecteur Morck, dans son sous-sol aménagé en département V, fouille dans un dossier normalement cloturé par la condamnation d'un homme pour meurtre, après avoir trouvé sur son bureau plusieurs documents tendant à démontrer que cet homme qui s'est dénoncé n'était pas seul à participer aux meurtres de deux jeunes gens. Mais les soupçons pèsent sur trois hautes personnalités et Morck va avoir beaucoup de difficuté à mener son enquête. Son assistant, Assad, prend lentement du galon, et une nouvelle recrue vient s'ajouter à ce département. Si je trouve le troisième tome en bas, je n'hésiterai pas à le lire.

Adler Olsen - Dossier 64
Eh non, la bibliothèque s'est tarie, et perdant patience, je suis allée acheter le troisième tome. Sauf que... Zut et zut je me suis trompée croyant suivre la chronologie, mais une fois lu je réalise qu'il me manque le tome 3. Adler Olsen s'attaque cette fois-ci à un dossier noir de l'histoire du Danemark. La stérilisation forcée pour des femmes jugées non aptes à faire de beaux et intelligents enfants en raison de leur origine sociale. J'apprécie de plus en plus cet auteur au fur et à mesure que je le découvre.

Paul Vacca - La petite cloche grêle
A force de lire des avis positifs (retweetés pas l'auteur il est vrai) j'ai acheté ce petit roman, premier roman de Paul Vacca. Il y parle de la relation tendre et complice qu'il avait avec sa mère, adoratrice de Proust, morte alors que Paul était encore très jeune. C'est un livre avec les défauts d'un premier roman, mais très nostalgique, triste et agréable à lire.

Mazarine Pingeot - Se taire
Chaque histoire de viol réveille chez moi, non pas des angoisses, mais des souvenirs de l'après, lorsque je suis sortie de là fracassée. Je sais si celle qui écrit l'a vraiment vécu, il me semble que Mazarine ne fait que rapporter ce qu'on a pu lui raconté. Mathilde doit pour le journal qui l'emploi, photographier une sommité du monde politique récemment couronnée du prix Nobel, et dont la fille s'est suicidée. Il la viole, une fois le viol consommé, malgré cela, elle fait sa séance photo. Ce sera sans doute cela qui fait qu'elle pliera et acceptera de ne pas porter plainte, sa famille lui déconseillant de la faire. Oui, on peut après un viol, continuer à faire semblant de vivre, juste après. Je suis bien allée boire un café avec celui qui venait de me détruire...

Cristina Alger - Park Avenue Très très bonne surprise. 
Je l'ai trouvé dans notre bibliothèque de confinement-1 et je ne m'attendais pas à grand chose, au vu de la couverture. Eh bien je me suis régalée. Un homme se suicide, et provoque un séisme dans le monde de la finance. Une famille est particulière touchée, et on assiste à un sauve qui peut assez jouissif. Pour qui ne connait pas ce monde là, c'est très agréable à lire. 

Arnaldur Indriadason - Les roses de la nuit
Une jeune femme, nue, morte, vraisemblablement assassinée, déposée sur la tombe du héros national de l'indépendance islandaise, un soir, alors qu'un couple s'envoyait en l'air dans le cimetière. C'est le début de l'enquête menée par Erlendur, un peu tirée par les cheveux. Mais ce n'est pas un mauvais policier, il se lit avec plaisir.

mercredi 28 octobre 2020

du rose, du gris

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Lire, hier soir, sur Twitter, que nous allions à nouveau être confinés pour une durée minimum de quatre semaines, a eu raison de ma nuit. Difficile de m'endormir, réveillée à peine deux heures après, pour ne plus fermer l'oeil de la nuit. Je suis fatiguée.

Je cherche ce qui pourrait redonner un peu d'énergie à cette période sombre. Je n'ai pas du tout envie de devoir à nouveau télétravailler. Je n'aime pas mélanger le travail et mon intimité. Tout est bien plus compliqué.

Hier soir je suis allée me faire couper les cheveux. Lentement je deviens grise, quelques mèches blanches, dans l'ensemble je suis assez contente, même si j'aimerais que cela aille plus vite. Sans doute serai-je tout à fait grise lorsque la pandémie ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

Me remettre à mon blog serait une solution pour me forcer à trouver des moments positifs à cette vie que je traverse en ce moment, sans grand plaisir.

dimanche 24 mai 2020

télétravail


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Capucines du balcon
J'ai rapporté, le premier soir du confinement, l'ordinateur du bureau qu'il était hors de question que j'installe dans ma chambre. Bien séparer le travail de ma vie privée. J'ai donc investi la chambre des enfants-amis, dégageant tout ce qui encombrait le bureau pour y faire un vrai endroit de travail. Vue sur le ciel et le balcon qui à ce moment là était encore endormi. JP a immédiatement commandé un routeur pour facilité la connexion, et une fois le VPN opérationnel, j'ai pu démarrer ce fameux télétravail tant vanté sur les réseaux.
Le premier mois a été d'un calme impressionnant. Plus de problèmes de plomberie, d'électricité  ou autre, et mis à part un immeuble où il a fallu calmer les rages de certains résidents ne supportant pas les cavalcades d'enfants confinés, j'ai vraiment eu l'impression que la vie était devenue parfaite pour ceux qui à longueur de temps me sollicitent pour le moindre bobo.
Alors, même si la culpabilité que je combats à longueur d'année me titillait, j'ai pris mes quartiers d'été sur le balcon. Le matin je faisais sagement une demie-heure de yoga, je pédalais sur mon stepper, je respectais à la lettre les règles diététiques hormis l'apéro du soir.

Le deuxième mois a vu l'arrivée d'un portable professionnel qui a permis de me joindre plus directement. Personne n'en a abusé, et j'ai là aussi institué une règle absolue, couper le son hors des heures de boulot.
Je garde la règle stricte du : huit heures trente je m'installe, douchée, habillée, concentrée. Midi je me déconnecte et reprise à treize heures jusqu'à dix sept heures où je ferme tout et quitte la chambre. Le week-end je pousse mon matériel pro et je passe en mode libérée-délivrée avec machine à coudre prête pour la création.

Eh bien ce n'est pas si mal. J'ai un temps exécré cette façon de travailler, mais depuis que j'ai une journée à plein temps à l'agence où je peux faire tout ce qui est compliqué à la maison, d'autant plus que nous avons à nouveau la liberté de sortir sans attestation, je reconnais que je commence à me dire qu'une ou deux journées en télétravail serait une bonne façon de finir ma vie professionnelle.

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mon bureau chez moi