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| Dürer, Sancta Birgitta, incunable imprimé en 1500 à Nuremberg ; bibliothèque municipale de Charleville-Mézières |
| NB - Chavanges |
| NB - Chavanges |
| NB - bac traversant le Rhin |
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| Dürer, Sancta Birgitta, incunable imprimé en 1500 à Nuremberg ; bibliothèque municipale de Charleville-Mézières |
| NB - Chavanges |
| NB - Chavanges |
| NB - bac traversant le Rhin |
On a déjà parlé ici un peu de la question du langage, dans les camps, évoquant notamment un possible isolement d’Elmar Krusman (ici notamment).
Et plus généralement le langage, la communication, peuvent apparaître
comme une opposition au mal (on en parlait là...) , mais tout aussi
bien, le mal, à travers le serpent, peut travestir ce moyen… Alors…
Sans forcément remonter au texte biblique, on peut lire (je l’ai fait sur
l’heureuse recommandation d’Héloïse Combes) Claudie Hunzinger, Les
grands cerfs.
– À noter que, peu de temps après cette recommandation, l’auteure
obtenait le prix Femina (que Dhôtel obtint en 1956…) pour Un chien à ma
table, lors que le prix Femina de l’essai était attribué à… Annette
Wieviorka… –
Page 88 (éditions J’ai lu), il est question des bois des cervidés, des cerfs
en l’occurrence, qui attirent bien sûr la convoitise de chasseurs :
« Parce que, qu’est-ce que c’est ce “trophée” si ce n’est un mirage
donnant l’illusion à celui qui s’en empare de posséder enfin ce qui lui
manque, lui manquera toujours : une souveraineté perdue avec
l’acquisition du langage. »
Mais, les animaux : êtres totalement sans langage ? Ce n’est pas dit…
Êtres sans passé : pas dit non plus complètement (on connaît la mémoire
des lieux des éléphants…) Alors : sans passé reformulé, raconté, ça, sans
doute, oui. Sans passé articulé au langage.
Tenez, page 134, il est question d’étudiants des Beaux-Arts. Qui arrivent
dans les Vosges, non loin de Colmar, au domaine de la narratrice,
ensauvagé pour le moins… et certains y arrivent… d’Angers… Ville des
Apocalypses… Et la forêt, puisque l’ensauvagement, et les Vosges à un
endroit un peu enclavé – perte de certains repères alors (temporels,
spatiaux…), on en reparlera –. Et la narratrice a un compagnon qui
s’appelle Nils. Vous ne comprenez rien ? Tant pis, il faut suivre…
Page 134 :
« Ils ne savaient rien en arrivant. Ils savaient seulement qu’ils n’allaient
pas s’ennuyer en ce coin de montagne. Hélène leur avait raconté un tas
de trucs sur nous et sur les Hautes-Huttes pour les décider à venir. (…)
Elle leur avait (…) parlé (…) de la faute des pères, du capitalisme, du fric,
et elle leur avait annoncé qu’elle allait les emmener dans un écart
temporel, une petite poche de passé dans le présent, c’est-à-dire une
petite poche d’avenir. Un minuscule topos utopique. Politique. Un îlot non
amalgamé. Elle leur avait parlé de la force du passé. De la scandaleuse
force révolutionnaire du passé. Une force capable d’agir sur le présent. De
faire bloc. Alors quand ils ont débarqué le premier soir, à leurs yeux
brillants, à leur silence, j’ai bien senti qu’ils s’attendaient à je ne sais quoi.
(…) Disposer de livres en quantité, sur place, à portée du lit, dormir avec
des livres, c’était pour eux le rêve. »
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| Tenture de Apocalypse, Musée du Château d'Angers |
Et on retrouve des anges ; des messagers.
Bon, mais dans l’Apocalypse, il n’y a pas que des livres. Mais aussi des
lapins, parmi des fleurs auxquelles on peut donner des noms. On y
reviendra sans doute.
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| Tenture de l'Apocalypse, Musée du Château d'Angers |
Lapins ; érotisme au Moyen Age.
Lit.
Et on en arrive donc à la bibliothèque, au livre, le besoin d’histoire avant le
sommeil ; on est là au cœur de l’enfance humaine.
Nils Blanchard
P.-S. Bon, mais meilleurs vœux bien sûr, aux quelques lecteurs de ce blog.
Peut-on espérer que cette année marque la fin de l'agression russe en
Ukraine...
Des Cévennes, je suis revenu à la mi juillet pour entendre parler d’incendies monstres liés à la canicule. Il est vrai que nous en eûmes quelques échos là-bas.
NB - Intérieur de l’église de Langogne (?) |
Il y a quelques années : ces incendies inattendus en Suède. Là, un journal – je
ne sais plus lequel – avait titré que les oiseaux brûlaient dans leurs nids…
Ici, on parle en hectares.
En chiffres.
Mais quelle signification ont-ils pour l’heureux propriétaire d’un panzer ?
Là n’était pas la question cependant. À Saint-Flour-de-Mercoire (Lozère),
monument aux morts très particulier : les photographies en médaillon des tués
de la Première Guerre mondiale y apparaissent.
19 visages (pas autant que de noms).
« Aux héros ». Au-delà de la manière d’aborder la commémoration d’un
traumatisme passé (noms, chiffres… ou ces photographies…), on remarque
cette mention, qui questionne une certaine tendance actuelle, anachronique, à
présenter les Français du début du XXe siècle comme des pacifistes absolus.
Ce qui ne signifie pas qu’ils étaient pour autant des va-t-en-guerre
sanguinaires.
Du reste, pas de médailles ou de grades ici. Des photos.
| NB - Monument au morts de St-Flour |
| NB - Monument aux morts de St-Flour |
Paul Léautaud (auteur de la citation titre de ce billet) et Jules Roy, dont il fut
question à des derniers billets, se sont rencontrés peu après la guerre aux
déjeuners de Florence Gould. Le premier fut amusé par le second, qui
respectait le talent d’écrivain du premier. Pour le reste… Jules Roy rentrait
meurtri d’avoir dû larguer des bombes sur la Ruhr qui, il le savait, avaient
touché des civils.
À ces déjeuners, aussi… Jean Paulhan… Le Maast du Guerrier appliqué ; on
en reparlera vite aussi, car la marche faite en juillet nous a conduit jusqu’à
Saint-Jean-du-Gard.
Un autre auteur encore : Ernst Jünger.
Léautaud, Paulhan (résistant, rappelons-le), Jünger, se côtoyèrent aux
déjeuners Gould (avenue de Malakoff) lors qu’un Elmar Krusman, un Maurice
Vissà (dont on reparlera), « vivaient » encore dans leurs camps annexes.
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Paul Léautaud et Florence Gould, années 1940 |
Au retour d’une marche, quand on a discuté et plaisanté au fil des chemins,
des bourgs, églises, avec un ami et des rencontres de hasard, quand on
reprend contact avec « les actualités », il est question bien évidemment aussi
de l’inflation, des économies nécessaires d’énergie rendues d’autant plus
urgentes que le président russe semble désormais miser sur une prolongation
du conflit qu’il a déclenché…
On se souvient que dans une des églises de la région de Langogne, nous
avions trouvé un bulletin paroissial du 22 mai 2022. Le texte de la première
page est de Jean-Marie Clavel (de l’équipe pastorale), qui commence par
évoquer en négatif, à travers les Actes des apôtres, les querelles et rivalités
dans la « communauté chrétienne ». Il poursuit sur l’évocation de la ville sainte
dans l’Apocalypse…
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La Jérusalem céleste (source, site de la paroisse de Puteaux ;
© CC BY-SA 4.0I), tapisserie du château d’Angers
Et dernière partie du texte :
« Bien réels par contre sont les affrontements que vit notre monde avec des
ruines à n’en plus finir et des familles déplacées et les personnes
assassinées ! Nos vies peuvent trouver, après “aimez-vous les uns les autres”
dans l’évangile de dimanche dernier, des bases solides pour vivre la fraternité
et la paix : “Je vous laisse ma paix ; je vous donne ma paix” nous dit
l’Évangile… Que l’Esprit de sagesse et d’intelligence puisse venir sur le
président Poutine... »
Dans son blog, il y a déjà quelques semaines (le 12 juin), Thomas Nydahl
de relever (« snappa upp ») des extraits du Dagens Nyheter :
« – Inte ens i mina värsta mardrömmar skulle jag ha kunnat tänka mig att
ryssarna anfaller oss. Att de skulle göra så här! De var ju våra bröder.
(…)
– Pappa var ryss. Mamma ukrainska. Jag förstår ukrainska utan problem, men
jag har alltid talat ryska. Över halva befolkningen i Charkiv har sina rötter på
ryska sidan – Kursk, Voronezj, Belgorod... men nu är ryssarna inte längre våra
bröder. Inte på hundra år, säger Nikolaj Rjabynin. »
« Pas même dans mes pires cauchemars je n’aurais pu imaginer que les
Russes puissent nous attaquer. Qu’ils agiraient de la sorte ! Ils étaient nos
frères !
(…)
– Papa était russe. Maman, ukrainienne. Je comprends sans difficulté
l’ukrainien, mais j’ai toujours parlé russe. Plus de la moitié de la population de
Kharkiv sont originaires de Russie – Koursk, Voronej, Belgorod… mais
désormais les Russes ne sont plus nos frères. Et ce pour un siècle, dit Nikolaj
Rjabynin. »
Gare aux comparaisons intempestives… Mais Allemands et Français se sont
réconciliés après 1945. Il est vrai qu’il y avait alors des personnages aussi
singuliers qu’Ernst Jünger, Jean Paulhan…
Et Jünger, qui d’ailleurs lit alors la Bible à ses moments perdus, d’évoquer
dans son journal (Second journal parisien) Léautaud (« le dernier des
classiques peut-être »), pour s’inquiéter de sa situation financière, le 1er mai
1944 :
« Sans doute, Léautaud est un cynique, satisfait de son fauteuil et de la
société de ses chats, et par qui l’on risque de se faire éconduire
grossièrement. Il faut encore tenir compte de la malencontreuse situation
politique, qui projette sa lumière trouble sur chaque action humaine. »
Nils Blanchard
Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute a...