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samedi 10 septembre 2022

Le jeu de Kim

 Sur le circuit 2022 d’Art et chapelles, nous avons vu aussi la chapelle du château de la Galoisière.

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Il y avait là des œuvres de Patrick Rocard, artiste segréen, nous a expliqué la

jeune femme qui officiait en ce lieu. Elle nous a expliqué aussi que les

diverses installations de l’artiste (séries de dessins parfois en carrés, 

sculptures avec beaucoup d’escaliers) étaient inspirées du jeu de Kim.

Là, on en arrive à Rudyard Kipling, dont il y avait d’ailleurs un texte dans la

chapelle.


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Rappel : « Plusieurs objets sont disposés devant tous les joueurs qui 

disposent d'un peu de temps pour les observer et les mémoriser tous. Puis les

objets sont cachés et le meneur de jeu modifie quelque chose : il peut retirer 

un objet, en ajouter un, modifier les emplacements, etc.

Après quoi, les objets sont à nouveau révélés aux joueurs qui doivent trouver 

quel objet a changé. » (Wikipedia.)


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Bon, évidemment, le jeu de Kim est une formidable manière, aussi, de 

réfléchir aux témoignages, dans une entreprise historique. L'utilisation de 

la mémoire ne peut-elle, du reste, s’identifier souvent à un vaste jeu de Kim ? 

Elle déplace, retire, replace des objets. Et ce ne sont pas uniquement les

facultés mnésiques qui sont en cause, mais aussi la censure, la volonté de 

protéger quelqu’un ou quelque groupe, la paresse, la bêtise…


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Illustration de Colette Fovel

Lien aussi, bien improbable (quoique…), à André Dhôtel. Je regardais 

justement, très récemment, la couverture de La plus belle main du monde, qui

peut ramener à La plus belle histoire du monde. (Pour ne pas parler des 

Poèmes comme ça (titre posthume) et Histoires comme ça.) C’est comme

ça…


Nils Blanchard



P.-S. 


Elizabeth II avait dix ans à la mort de Rudyard Kipling.

 

Elle a régné 70 ans, ce qui fait une époque, comparable à l'ère victorienne 

(63 ans), ou au règne de Louis XIV (72 ans). On peut aussi comparer 

cela avec la période soviétique, dont le dernier chef, Mikhaïl Gorbatchev, 

est décédé dix jours plus tôt ; elle s'est étendue sur 70 ans (pour le sigle

URSS), quelques années de plus pour la prise de pouvoir de Lénine.

La Troisième République a duré 70 ans. 

La Cinquième République dure depuis près de 65 ans maintenant, mais dans 

quel état...  


N. B.


lundi 11 juillet 2022

Du pacifisme, et des chapelles, aussi

 Nous voilà déjà au temps où, dans la région où j’ai passé mon enfance, se tient comme chaque année le parcours proposé par Art et chapelles en Anjou Or j’ai reçu une lettre récemment, d’une amie de La Route inconnue, de l’autre côté de la France, des Ardennes. Il y est question aussi de chapelles.

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Chapelle allemande de 1917, Falaise (Ardennes)

Pendant l’été, les articles de ce blog seront un peu moins nombreux

qu’à l’habitude, parce que je serai en vacances (les seuls moments 

de l’année où un professeur, qui plus est mal noté, peut travailler un

peu sérieusement). Et on pourra s’autoriser quelque liberté par 

rapport aux thèmes habituels de ce blog. Ou… Vraiment ?

Dès le premier article, on a parlé de paix, et de chapelles abandonnées.

On s’est pas mal interrogé – et l’on continue – sur la politique de

neutralité de la Suède.

Neutralité n’est pas pacifisme.


Dans le Göteborgs Posten, le 20 mars dernier, j’ai retenu le texte de

Jonas Eek (un prêtre, je crois) : « Varje kyrka är ett skyddsrum » – 

« Toute église est un lieu protégé ». Il y est question bien sûr de la 

guerre en Ukraine, de lutte entre bien et mal sur quoi je pourrais 

revenir pour d’autres raisons… Et on lit ceci :


« Varje dag nås vi nu av bilder från krigets Ukraina. Vi blir åter 

medvetna om krigets vansinne. Men det finns också andra bilder; 

en som fastnat hos mig är kyrkan som ett skyddsrum. »


« Chaque jour viennent à nous des images de la guerre en Ukraine. On 

reprend conscience de la folie de la guerre. Mais il y a aussi d’autres 

images ; une, gravée en moi, celle d’une église comme un lieu 

protégé. »


En l’occurrence, sur la carte, la chapelle allemande a dû être construite

non vraiment comme un abri, mais comme un hommage aux soldats 

allemands tués au front.


Les pacifistes, eux, sont souvent peu férus d’hommages.

Un Paul Léautaud connaissait mieux les sépultures de ses chats dans

son jardin que les monuments à la gloire des soldats morts au front.


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Paul Léautaud et ses chats


Jugez plutôt ; il écrit à André Billy, le 23 novembre 1914

(Correspondance, Flammarion, 10/18, 1972, pages 443-444) :


« J’ai su, comme vous, la mort d’Alain-Fournier en même temps que

celle de bien d’autres, dont le nom m’était connu, sinon la personne. 

J’ai fort bien connu Fournier. Je le voyais souvent au Mercure (…) Du

moins, Fournier, lui, y était parti [à la guerre], si j’en juge par une 

lettre qu’il écrivit alors à Péguy, dans des sentiments guerriers. Je ne

sais pas, mais cela me dispose à m’attendrir un peu moins sur lui. (…)

Vous voyez bien, mon cher ami, que je n’ai pas acquis des sentiments

nouveaux, appropriés aux circonstances. Ces histoires me font horreur, 

et la grandeur, je me le reproche quelquefois, m’en échappe. Là non plus, je ne

crois pas et mon manque de foi me fait me détourner.

(…)

J’ai toujours mes soucis. Je les ai même plus grands, ma réserve 

d’argent épuisée et tous mes moyens se trouvant réduits à l’allocation 

du Mercure. Je dure comme je peux. Je vis chez moi en pardessus, le 

chapeau sur la tête, gelant, grognant, ricanant, plein d’impatience et de 

sarcasmes. Quannous foutra-t-on la paix, Grands Dieux ! Cette guerre 

m’agace, que de choses elle m’a déjà coûtées, que de mauvaises 

choses  elles m’a déjà occasionnées, que de mécomptes, que de 

soucis, que de chagrin ! Je devais passer de si belles

vacances ! Allez, moi aussi je suis bien atteint.

(…)

Il y aura quelque littérature patriotique, certes. Mais je crois qu’on 

s’en lassera vite. Ne vous semble-t-il pas que nous sachions déjà 

tout ce qu’on nous racontera là ? 1870 n’est pas si loin qu’on 

garde encore quelque fatigue detoutes les balivernes qu’il nous 

a values. (…) »


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Alors, bien sûr, tous les conflits ne sont pas semblables. Et un (autre) 

de mes projets – j’ai déjà pas mal avancé – est une étude de la 

position de Léautaud – ce formidable écrivain – face à la 

Seconde Guerre mondiale. Le moindre que l’on puisse dire est que 

les sources ne manquent pas. Disons-le tout de suite :

Léautaud n’y apparaît pas si sympathique… Mais bien loin, 

néanmoins, du mal incarné.



Nils Blanchard




P.-S. Annonce il y a quelques jours de la démission de la présidence 

du Parti conservateur de Boris Johnson.

Je ne fais pas partie des gens qui l’ont bêtement comparé à 

Donald Trump. Je me souviens d’une certaine classe, par exemple, 

lors de sa rencontre avec la ministre d’État suédoise il y a 

quelques semaines.

Et parlez-en aux Ukrainiens…


vendredi 4 mars 2022

De la paix (des chapelles abandonnées à Gammalsvenskby)

Non, je n’ai pas été voir cette exposition de photos de Sam Vesterberg et Kari Hahne Lundström, qui ont photographié 53 chapelles abandonnées en Suède.

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Sam Vesterberg et Kari Hahne Lundström, capture d'écran

En même temps, quelques clics et pressages de touches sur internet mènent à ces photographies… – Chapelles abandonnées, donc, vues d’extérieur, de l’intérieur, en pleine campagne – qui mènent un peu au bout du monde.

Tenez, il y a un livre d’Åke Edwardson, dont le commissaire Winter résout des crimes dans la bonne ville de Göteborg, aidé par le non moins bon Fredrik Halders, qui a pour titre Huset vid världens ände. On peut traduire ça à peu près par… La maison du bout du monde. Et La maison du bout du monde, c’est un roman d’André Dhôtel, aussi. En fait, en français, le livre a été traduit sous ce titre : La maison au bout du monde. Et Edwardson en avait sorti un nouveau, en novembre, quand je me baladai précisément vers Göteborg. Mais il n’est pas en poche, j’ai trop à lire en ce moment… j’en ai reporté la découverte. Mais ça s’appelle : Det trettonde fallet, tout simplement. – Le treizième cas. – Allez… chez Selma Stories, on lit ce résumé :

« Kriminalkommissarie Erik Winter har varit hos familjen i Marbella. På planet hem lägger han märke till ett tyst par. I Sverige hamnar han i bilen efter dem. Plötsligt gör parets bil en våldsam gir och kör med fruktansvärd kraft in i klippväggen. Kvinnan i bilen heter Sara Brendner. Samma Sara Brendner blev trettio år tidigare vittne till det våldsamma mordet på hennes pappa, ett mord som aldrig klarades upp. »

Je traduis ? Je traduis…

« Le commissaire Erik Winter a été chez sa famille, à Marbella. Au retour, dans l’avion, son attention a été attirée par un couple silencieux. En Suède, en voiture, il se retrouve derrière eux. Soudain, la voiture du couple fait un virage brutal et fonce très violemment dans le mur de pierre. La femme dans la voiture s'appelle Sara Brendner. La même Sara Brendner qui, trente ans auparavant, fut témoin du meurtre brutal de son père, meurtre qui ne fut jamais élucidé. »

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Ces chapelles. Elles sont abandonnées et pourtant, il se détache un étrange sentiment de paix de ces photographies.
Et, depuis le 24 février dernier, je pense à un village d’Ukraine, qui s’appelle Gammalsvensby. Mot à mot, le « vieux village suédois ». Ce sont des Suédois d’Estonie qui l’ont créé, venus de l’île de Dagö, transportés là, par quel caprice punitif ?, par des troupes, russes, de Catherine II.

On en reparlera.

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Blason de Gammalsvenskby (Ukraine)


Nils Blanchard


Mattias Reinholdsson - Vagues agressions / Laclos par là-dessus

Retour Ouest – Est (un peu (trop?) traditionnel pour moi ; j’en reparle… ) Mais en rentrant, consultant le site de la SOV (Estlandssvenskarn...

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