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mardi 28 octobre 2025

Balade / traces / forêt

À l'occcasion de ce samedi ensoleillé (dernier jour de l’été en fait cette année), sitôt la « Kartoffelkeller » visitée, j’ai gravi – en voiture… – un peu encore le Mont Louise pour arriver à un point à 1000 mètres d’altitude. De là, d’un lieu où il y a des « Pierres de mémoire » : petite marche ; je me suis un peu enfoncé dans la forêt.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Mais à propos de voiture, ce lieu, près, autour de l’ancien camp de concentration de Natzweiler, a quelque chose quand même de particulier.
En allant à l’aller au Struthof, sur la petite route en zigzags bien après Rothau, une femme en voiture me coupe délibérément la route, tout en faisant une sorte de signe de la main, d’excuse ? de fatalité ? Elle était à un stop ; démarre juste quand j’allais la croiser.
Heureusement, conducteur somme toute expérimenté, j’avais comme subodoré la chose, n’allais pas très vite (on était de toute façon à un virage) et étais prêt à piler, ce que j’ai fait, tout en déviant à droite pour éviter l’imprudente – ou la folle ?

J'ai pensé à diverses choses, diverses symboliques dont on pourrait parer cette conductrice. Puis bien sûr j’ai eu autre chose en tête.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Mais j’y ai repensé au moment de ma promenade. Ce lieu.

Il y a là des panneaux qui datent de 2006, posés alors sans doute pour illustrer un « Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme ». De l’autre côté de la route, un panneau détaillé indique les randonnées possibles sur le thème. Il est criblé de balles (ou de jets de pierres?)

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)


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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Itou, il faut en convenir, un panneau à proximité marquant l’entrée d’une zone forestière :

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Des gens par ici ont-ils des pulsions incontrôlables : tirer sur des panneaux (entre autres) mémoriels, couper la route d’autres automobilistes ?

Songe aussi à Benoît Duteurtre, en entendant des motos faire rugir leurs moteurs.

Évidemment, plus vraisemblablement, on a simplement un faisceau de hasards…

Retour à « mon » côté de la route, vers ma balade, et aux panneaux de 2006. L’un est quasiment effacé.
On est presque dans l’archéologie des ferrailles indicatrices.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

On y lit sans trop de difficulté, néanmoins : « “Toi qui marches sur le sentier, libre et sans crainte, / entends le message des pierres, mets-toi debout, deviens sentinelle / œuvre à ce que, plus jamais, le murmure du vent dans les branches / ne soit étouffé par la plainte des opprimés.” Juin 2006 »

Il ne reste que le panneau inférieur (l’inscription) ; le haut du panneau a disparu.
Un peu plus loin, une autre inscription.

« Libre et sans crainte » ?

Celle-ci est criblée de balles aussi, et difficile à lire.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Écriture (étrangement) manuscrite : « Pierre de la Mémoire // Ici, au point culminant du Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme, / et la croisée des chemins, point de convergence entre passé et futur, / se dresse la Pierre de la Mémoire. / Les pierres couchées, de granit rose, ont symboliquement été prélevées / dans la Grande Carrière du Struthof et représentent l’homme opprimé, / humilié dont les droits fondamentaux ont été bafoués. / La pierre dressée, de granit gris, provient des abords de la RD 130 / menant au village du Hohwald, village natal du Dr Adélaïde Hautval, / médecin résistante, déportée par solidarité. / Cette pierre dressée symbolise / l’Homme debout dans toute sa dignité et sa grandeur. / Que cette Pierre de la Mémoire rayonne dans l’édification de notre futur. »

Plus loin encore, des indications mises à bas.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)

Puis c’est la forêt et un étrange silence – hormis quelques pétarades de motos plus ou moins loin – ; une douceur, aussi, de dernier jour d’été.

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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)


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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)


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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)


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NB - Struthof (Chemin de la Mémoire et des Droits de l’Homme)


Nils Blanchard


Ajout. – Il y a quelques jours, publication d’une étude de l’OCDE relevant, d’après ce qu’en dit la presse, un mal-être des professeurs un peu partout dans le monde mais notamment en France.
Bon. C’est la même OCDE qui fait paraître régulièrement les pseudo « enquêtes » PISA qui ont consciencieusement sapé depuis des décennies maintenant le travail desdits professeurs.
Une idée d’économie pour le gouvernement : sortir de l’OCDE, ce qui soulagerait la France (ce serait sans doute symbolique, mais…) de sa participation au budget de ladite organisation (5,1 % nous dit-on sur son site), et du « travail » de fonctionnaires, notamment de l’Éducation Nationale, qui sous-traitent les fameuses « enquêtes » PISA ; ceux-là pourraient être mis devant des classes.

Un point néanmoins dont ne saurait être rendue responsable l’OCDE (quoique… n’y conseille-t-on pas de mettre les jeunes élèves devant des écrans?), c’est l’effet délétère, particulièrement sur certains enfants, des « réseaux » « sociaux » et autres smartphones.

– Ajout d’étiquettes de l’article précédent : Télérama, Bernur, Haguenau.



NB

dimanche 19 octobre 2025

Publications / Pistes de Travail

Hasard des services postaux, des commandes, des réceptions d’articles… reçu il y a peu deux publications : le dernier numéro de Kustbon, dans lequel un dossier de quatre pages est consacré à l’hebdomadaire Sovjet Estland, en lien à l’article de Nordiques. Reçu aussi le livre que j’évoquais sur Jeanne Letourneau, Clichés barbares.

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NB - Hapsal (Estonie), vue de l’Aibolands Museum

Ce numéro de Kustbon est passionnant. Plusieurs sujets : l’exposition à Tallinn sur les Esto-Suédois (annoncée déjà ici). Aussi, des textes sur la petite île d’Odensholm (notamment au moment de la Seconde Guerre mondiale), île qui a été un de mes premiers centres d’attention au début de mes recherches sur Elmar Krusman, ceci pour des raisons aussi passionnantes qu’improbables ; j’y reviendrai peut-être.
Il est question aussi d’un étrange jugement, avec des Esto-Suédois impliqués, concernant un vol (présumé) sur une épave en 1756 ; mais plusieurs des prévenus meurent en prison.
(Quand on visite la prison de Marstrand, on voit un autre décor que celle de la station balnéaire riante de l’été ; on n’est pas très étonné que des prisonniers pussent décéder au dix-huitième siècle avant leur jugement, dans les prisons du Nord…)
D'autres articles encore, nouvelles diverses (dont la chronique des anniversaires et décès, où je retrouve étrangement des noms de moi connus, rencontrés au cours de mes travaux…), en Estonie et en Suède.

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NB - Estonie, région d’où était originaire Elmar Krusman

Bien, puis sur quatre pages (34-38) : recension de l’article de Nordiques avec divers commentaires et des textes issus de Sovjet-Estland. Le tout, réalisé par Mattias Reinholdsson. (Et j’y apprends que mon livre a rejoint la bibliothèque de la SOV à Stockholm où il y a plus de 600 autres volumes sur le thème des Esto-Suédois et de l’« Aiboland » – les régions par eux fréquentées autrefois en Estonie.)

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Fra Angelico, L’Annonciation - Wikipedia

J'ai reçu aussi ce livre, que j’évoquais il y a quelques jours, consacré à cette professeure d’arts plastiques rescapée du camp de Ravensbrück.
Comme il avait été dit au colloque de fin septembre, la finalité première des dessins des camps – essentielle, voire unique pour leurs auteurs – était le témoignage.
Dans ce livre, ceux de Jeanne Letourneau accompagnent des pages de récit écrites peu après la guerre.

Le récit est passionnant et méritera une plus ample étude. En une quinzaine de (grandes) pages, on entre dans l’expérience de déportée de Jeanne Letourneau par petites touches, « petites » expériences qui sont autant de cas d’école, cas d’études sur le système concentrationnaire. L’auteure écrit avec sobriété ce qu’elle a vu, expérimenté, sans essayer d’en dire plus qu’elle ne sait, sans cacher non plus ce qui est difficile à dire.
Les gardiennes (Aufseherin), plus ou moins inhumaines, les relations avec les autres déportées de divers âges et nationalités, relations particulières dans ce camp de femmes parce qu’apparaissent çà et là aussi des enfants (garçons parfois), les transferts, les appels…
À cet ensemble, la professeure de dessin qu’était Jeanne Letourneau ajoute des réflexions, très courtes, passagères – c’est comme malgré elle – artistiques. Ainsi rencontre-t-on au détour du récit, aussi inattendus soient-ils, Fra Angelico ou Dürer. On parle aussi çà et là du Moyen Age, ce qui rejoint la conclusion de mon livre (ou plutôt, ce en quoi mon livre rejoint Clichés barbares…), mais, oui, on en reparlera.

Le terme « barbares », du titre, est étrange. Il peut désigner ce qui est fondamentalement étranger à l’expérience de vie antérieure de la déportée. Page 67 : « Que devenait parmi ces rebuts d’humanité aux mœurs les plus dépravées une pauvre prisonnière politique appartenant à un milieu honnête et sain ? » Il peut désigner ce qui est cruel et inhumain, au sens moderne du terme (page 73) : « On pense aux temps barbares aux “Brunehaut” et aux “Frédégonde”, à ces récits lus dans notre enfance en frémissant d’horreur. »

Le tout est très bien présenté par des auteurs locaux ; on y lira notamment avec intérêt divers développements sur la résistance en Anjou.


Nils Blanchard


Étiquette rajoutée du dernier billet : ONU.

jeudi 9 octobre 2025

Cohorte

« Forcé » encore une fois d’écrire un billet de circonstance.

La nuit précédant l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, sa tombe a été profanée à Bagneux.

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Édition suédoise du Dernier jour d’un condamné de Victor Hugo

Je ne peux m’empêcher de plonger les gens qui ont fait ça dans cette cohorte des anonymes – parmi lesquels les gens qui s’« expriment » derrière on ne sait quels pseudonymes sur des « réseaux » « sociaux », et s’en croient très utiles et intelligents.

Je ne sais trop que penser du système du Panthéon. En revanche, Robert Badinter – et, puisque sa tombe a été profanée, les siens –, l’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité (re-pénalisée auparavant par Vichy)… sont – quel qu’en soient les manières de leur rendre hommage – de bonne mémoire pour notre pays.

Rien à voir, quoique… Ces derniers mois, j’ai été confronté à des usurpations d’identité sur je ne sais (ne veux savoir) quels « réseaux » « sociaux », anonymement cela va sans dire (pour leurs « auteurs »).
(Je me suis tout de même fendu du remplissage d’un « formulaire » aux tenanciers de l’un de ces « médias »… ledit formulaire étant à peu près incompréhensible à l’honnête homme, utilisant des termes tels que « profil Threads »…)

Retour aux honnêtes gens ; Julien Clerc, entre autres… 

« Mais on ne peut certains jours
Ecrire des chansons d'amour »


Nils Blanchard


Rajout d'étiquettes du dernier billet : Tidö, Stockholm, ONU, Israël, extrême droite, Göran Rosenberg.

samedi 12 novembre 2022

Traversée de l’Allemagne (2)

(...) En Allemagne, plus loin, souvent : des embouteillages et des travaux. (…)
Il faudrait aller voir comment se passaient les voyages de Vergennes quand il alla et revint de son ambassade.

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NB - Allemagne

Des voyages beaucoup plus longs, bien sûr, parsemés d’étapes.
Pourquoi est-ce que je me retrouve (nous retrouvons-nous) cerné sans cesse d’un sentiment d’urgence ?
Certes, j’avais des gens à voir en Suède, un article à écrire…

Et tenez, cette (mini) étape que j’évoquais au billet précédent : aire d’autoroute allemande, garçon dans une aire de jeu et ramasseur de feuille à la soufflerie bruyante… N’est-ce pas un peu à l’image de notre époque ? Plus personne ne balaie les feuilles, avec balais et râteaux, nous dira-t-on, notamment pas les professionnels.
Mais Lennart Erling, si (le 31 octobre dernier), dans Den långsamma bloggen : 

« Nu faller löven från gårdens alla stora, vackra träd (…) och det är dags att börja räfsa undan från gräsmattor och gårdsplan. Det har jag inget emot, tvärtom. Speciellt en dag som denna, då den gråmulna himlen äntligen spricker upp (…) Det är det slags arbete som befrämjar långsamt tänkande, kanske också ett slags glömska, en flykt från denna höst då overkligheten blivit verklighet. » 

« Voilà que nous sommes au temps où tombent les feuilles de tous ces grands et beaux arbres (…) et il est temps de commencer à ratisser la pelouse, le terrain. Ça ne me dérange pas, au contraire. Surtout un jour comme celui-ci, où le temps gris, couvert, se dégage enfin. (…) C’est un type de travail qui encourage une pensée tranquille, peut-être aussi un certain oubli, une fuite hors de cet automne lors duquel l’irréalité est devenue réelle. »

Bon. Mais à une station-service, m’est revenu mon interrogation sur la parole et le bien (et donc le mal). J’étais allé faire pipi aux toilettes, payantes là-bas ; avais-dû donc franchir un tourniquet à l’aide de ma carte bleue.
Tourniquet passé, une femme derrière moi m’interpelle. Voilée, d’origine étrangère (elle parlait allemand encore plus mal que moi), elle me demande comment on fait pour entrer. Je lui explique qu’il faut payer, puis entre aux toilettes en me disant que je lui paierai son « passage » à mon retour.
Et de retour, je la retrouve à la même place, mais en train d’écouter les explications d’un autre voyageur, en train, pour autant que j’aie compris, de lui dévider un cours sur les institutions politiques de l’Allemagne. Bref, ça bavasse… Je ne veux pas les déranger, m’en vais (pressé, aussi, je l’ai dit).
Puis je me fais cette réflexion que le voyageur bavard n’a peut-être pas eu la (petite) générosité de faire passer son attentive auditrice.
Conclusion : la parole n’est pas toujours du côté du bien… Voyez le serpent du Jardin…

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NB 

Pris la route classique, traversée Puttgarden – Rødby pour aller au Danemark.
Là, dans le royaume d’Hamlet, flopée d’affiches électorales le long des routes pour les élections législatives dont les résultats – c’est la mode – ont été serrés et indécis.
Sur une affiche des « Démocrates danois », le slogan : « Les Danois d’abord ». Ce genre de billevesées aussi est à la mode. Notre monde se referme, on a déjà évoqué ça…
(Ces Danois-là n’ont-ils pas été contents, pourtant, de profiter des vaccins suédois, allemands, américains, pendant la crise sanitaire, qui auraient tout aussi bien pu être indiens ou sud-africains ?)

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Gabrielle Roland Walden, dans son blog  (Gabrielles blogg), le 4 novembre dernier, s’effraie quant à elle de la manière des extrême droites actuelles de s’éloigner des principes des Nations Unies, et d’abord ceux des droits de l’homme.
Ça va un peu avec ce repli sur eux-mêmes de bien des pays ; rejeter les autres, n’est-ce pas un peu se rejeter soi-même ? En géopolitique, en tout cas…

Tenez, Elseneur (Helsingør). C’est la deuxième traversée en bateau, Danemark – Suède.

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On y reviendra, comme je dis peut-être trop souvent.


Nils Blanchard


P.-S. – La Revue des revues, dont le numéro 68 est paru récemment, évoque 84, Vie et littérature, avec sollicitude. Archivistique négative, théologie négative… Et Bernard Baillaud de finir : « Nous en reparlerons. »
Surtout, la revue (des revues…) est pasionnante ; il y est question aussi d’Edda, du Contrat social, des correspondances Apollinaire – Salmon, Paulhan – Breton, et bien d’autres choses encore…

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Enfin, à Strasbourg…

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Sujets d’hiver / comparaisons ; des mondes et des temps

Fin novembre, j’ai rencontré çà et là diverses comparaisons de « nos » mondes – bon, la Scanie, en Suède, d’un homme aux mœurs somme toute a...

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