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mardi 12 février 2019

On the set #222

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A still from Ferry Radax’s Thomas Bernhard: Three Days, 1970.

[Thomas Bernhard, † le 12 février 1989. Jean Renoir, d'autres fois clic-clic, Charlie Schulz, Emmanuel Kant, Screamin' Jay Hawkins et Jean-Michel Atlan.]

dimanche 12 février 2012

Des journées entières dans les livres #93

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Le monde et l’humanité sont parvenus à un état infernal auquel le monde et l’humanité n’étaient encore jamais parvenus au cours de l’histoire, voilà la vérité, voilà ce qu’a dit Reger. En fait, c’est positivement idyllique, tout ce que ces grands penseurs et ces grands écrivains ont prophétisé, a dit Reger, tous tant qu’ils sont, bien qu’ils aient estimé avoir décrit l’enfer, n’ont tout de même écrit qu’une idylle positivement idyllique, voilà ce qu’a dit Reger. Tout ce qu’on trouve aujourd’hui est rempli de grossièreté et rempli de méchanceté, de mensonge et de trahison, a dit Reger, jamais l’humanité n’a été aussi impudente et perfide qu’aujourd’hui. Où que nous regardions, où que nous allions, nous ne voyons que méchanceté et bassesse et trahison et mensonge et hypocrisie et jamais rien que l’abjection absolue, peu importe ce que nous regardons, peu importe où nous allons, nous sommes confrontés à la méchanceté et au mensonge et à l’hypocrisie. Que voyons-nous d’autre que mensonge et méchanceté, qu’hypocrisie et trahison, qu’abjection la plus abjecte lorsque nous sortons ici dans la rue, lorsque nous nous hasardons à sortir dans la rue, a dit Reger. Nous sortons dans la rue et nous entrons dans l’abjection, a-t-il dit, dans l’abjection et dans l’impudence, dans l’hypocrisie et dans la méchanceté.

Thomas Bernhard, † le 12 février 1989. L'an dernier clic-clic, Atlan et son Grand Roi Atlante.

vendredi 10 juin 2011

Un profond silence (des journées entières dans les livres #61)

ImageMais une fois que j’ai eu prononcé, pour ainsi dire en guise de remerciement pour le prix, quelques phrases que j’avais jetées sur une feuille de papier en toute hâte et avec la plus grande répugnance, juste avant la cérémonie, une petite digression philosophique, pour ainsi dire, où je me bornais à rappeler que l’homme est misérable et que la mort lui est assurée – l’un dans l’autre, je n’avais pas parlé plus de trois minutes –, le ministre, qui n’avait absolument pas compris ce que j’avais dit, a bondi de son siège, indigné, en me brandissant son poing sous le nez. Écumant de rage, il m’a encore traité de saligaud devant toute l’assistance et il a quitté la salle non sans avoir claqué derrière lui la porte vitrée avec une telle violence qu’elle s’est brisée en mille éclats. Dans la salle, tout le monde avait bondi sur ses pieds, et avait suivi des yeux avec stupéfaction la sortie du ministre. Pendant un instant avait régné, comme on dit, un profond silence.