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samedi 6 février 2016

Relance de la consommation

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[Antoni Tàpies, Gary Moore, Patrick Macnee, la Saint-Gaston et Hadley Chase clic-clic (et Lantoine et Orwell et un ours).]

lundi 25 janvier 2016

lundi 12 novembre 2012

The Quality of Hurt (des journées entières dans les livres #125)

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Un agent de police arriva enfin, mais la foule était déjà trop dense pour qu’il pût la tenir en main. Il fit donc de son mieux et dit : « Ne le lynchez pas ici, faites-le sortir de la ville. »


[Chester Himes, † le 12 novembre 1984. La Saint-Diego, sinon, Neil Young et des sorbets aux marrons clic-clic.]

jeudi 13 septembre 2012

Portraits of Power

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Richard Avedon, George Wallace, former Governor of Alabama, with his valet, Jimmy Dallas, Montgomery, Alabama (from the series Exiles: The Kennedy Court at the End of the American Century), July 31, 1993, Gelatin silver print, 20 x 16", © The Richard Avedon Foundation.

Le Wallace en question est mort un 13 septembre - l'occasion surtout de voir, revoir, Avedon.

mardi 21 décembre 2010

Révolution

Un an donc, depuis le premier billet de ce blogue. Ce 21 décembre 2009, on avait voulu faire dans le politique, on donnait la leçon aux jeunes cadres de l'économie sociale de marché, Valls et autres, ces néo-socialistes tellement impatients de se joindre à la ratonnade progressiste qui levait - laïcité, burqa, vous connaissez toutes ces choses. Pourquoi donc a-t-il fallu que cette colère, légitime et à laquelle il n'est rien à retrancher, donne un texte si grandiloquent ? Bon sang, l'exercice est plus difficile qu'il n'y semblait - et donc zou, pas de regret, direct la critique rongeuse des souris : ceux qui ne l'ont pas lu ont bien fait. La suite au prochain épisode.

samedi 13 novembre 2010

La Saint-Brice

Compte tenu de la nature du propos en cause qui instille l’idée auprès de militants politiques que le seul fait d’être “arabe” constitue un problème tout au moins quand “il y en a beaucoup”, [...], et eu égard à l’autorité susceptible de s’y attacher, au vu de la qualité de responsable politique de premier plan de son auteur, par ailleurs en charge d’éminentes fonctions ministérielles, Brice Hortefeux sera condamné à payer à la partie civile une somme de 2000 euros à titre de dommages et intérêts.

L’effet délétère sur le lien social d’un tel propos, quand il est tenu par un responsable de si haut niveau, justifie qu’il soit fait droit à une mesure de publication judiciaire dans les termes retenus au dispositif.

Il sera fait droit, en outre, à la demande d’indemnité pour frais de procédure.

clic-clic

dimanche 17 octobre 2010

Des journées entières dans les livres #16

ImageCompte tenu de ce que l'on a pu connaître de l'auteur, de ses manières, compte tenu aussi de sa manière, pas terrible, on devrait s'abstenir : il faut pourtant reconnaître que ce livre-ci a compté, plus qu'on ne l'imagine, dans la compréhension de notre nationale part d'ombre.

vendredi 17 septembre 2010

Bien-pensance, mon amour

Je me contenterai d'exprimer ma sympathie en rappelant ce que les Roms n'ont pas : ils n'ont pas de bombe atomique ; ils n'ont pas de police ni de services secrets ; ils n'ont pas d'officines de propagande ; il n'existe pas de Romland, enfermé dans ses frontières, ni de gardes frontières Roms ; ils ne s'identifient ni à une religion déterminée, ni à une idéologie, ni à une histoire glorieuse reconstruite après-coup. Les Roms sont ce vers quoi nous voulons tendre et, j'ose encore l'espérer, notre avenir.

[Luc Boltanski, en conclusion de son impeccable article clic-clic sur le présent (pauvre) piège à (pauvres) cons.]

lundi 23 août 2010

We stand defeated America

they have clubbed us off the streets they are stronger they are rich they hire and fire the politicians the newspaper editors the old judges the small men with reputations the college presidents the wardheelers (Listen businessmen college presidents judges America will not forget her betrayers) they hire the men with guns the uniforms the policecars the patrolwagons

all right you have won you will kill the brave men our friends tonight


there is nothing left to do we are beaten we the beaten crowd together in these old dingy schoolrooms on Salem Street shuffle up and down the gritty creaking stairs sit hunched with bowed heads on benches and hear the old words of the haters of oppression made new in sweat and agony tonight

our work is over the scribbled phrases the nights typing releases the smell of the printshop the sharp reek of newprinted leaflets the rush for Western Union stringing words into wires the search for stinging words to make you feel who are your oppressors America

America our nation has been beaten by strangers who have turned our language inside out who have taken the clean words our fathers spoke and made them slimy and foul

their hired men sit on the judge’s bench they sit back with their feet on the tables under the dome of the State House they are ignorant of our beliefs they have the dollars the guns the armed forces the powerplants they have built the electric chair and hired the executioner to throw the switch

all right we are two nations

America our nation has been beaten by strangers who have bought the laws and fenced off the meadows and cut down the woods for pulp and turned our pleasant cities into slums and sweated the wealth out of our people and when they want to they hire the executioner to throw the switch


but do they know that the old words of the immigrants are being renewed in blood and agony tonight do they know that the old American speech of the haters of oppression is new tonight in the mouth of an old woman from Pittsburgh of a husky boilermaker from Frisco who hopped freights clear from the Coast to come here in the mouth of a Back Bay socialworker in the mouth of an Italian printer of a hobo from Arkansas the language of the beaten nation is not forgotten in our ears tonight

the men in the deathhouse made the old words new before they died


If it had not been for these things, I might have lived out my life talking at streetcorners to scorning men. I might have died unknown, unmarked, a failure. This is our career and our triumph. Never in our full life can we hope to do such work for tolerance, for justice, for man’s understanding of man as now we do by an accident.

now their work is over the immigrants haters of oppression lie quiet in black suits in the little undertaking parlor in the North End the city is quiet the men of the conquering nation are not to be seen on the streets

they have won why are they scared to be seen the streets? on the streets you see only the downcast faces of the beaten

the streets belong to the beaten
nation all the way to the cemetery where the bodies of the immigrants are to be buried

we line the curbs in the drizzling rain we crowd the wet sidewalks elbow to
elbow silent pale looking with scared eyes at the coffins

we stand defeated America

(John Dos Passos, sur l'exécution de Sacco et Vanzetti, le 23 août 1927, in The Big Money, La grosse galette en VF).

jeudi 1 avril 2010

Le domaine des subjectivités construites

Sur Article XI, une salutaire intervention de Serge Quadruppani sur LE sujet, encore et toujours : toutes les frictions entre les morales et les modes de vivre ne m’empêcheront pas de penser que l’essentiel se joue dans ce que nous avons de commun.
C'est titré De la défense de la femme à celle des animaux (en passant par la chrétienté) : les innombrables visages de la haine du bougnoule, et c'est là clic-clic.

dimanche 21 mars 2010

C'est reparti

Soirée électorale sur la 2. Première intervention de l'UMP, Copé : le mot est lâché avant même toute analyse un peu précise des résultats. Seconde intervention, cinq minutes plus tard : le mot, encore. Comme au premier jour : burqa mon amour.
La petite gauche : Hollande, silencieux.

vendredi 5 février 2010

Que dis-je, une loi ? Une Loi !

Image21. Tout le jargon sociétal sur les "communautés" et le combat aussi métaphysique que furieux entre "la République" et "les communautarismes", tout cela est une foutaise. Qu'on laisse les gens vivre comme ils veulent, ou ils peuvent, manger ce qu'ils ont l'habitude de manger, porter des turbans, des robes, des voiles, des minijupes ou des claquettes, se prosterner à toute heure devant des dieux fatigués, se photographier les uns les autres avec force courbettes ou parler des jargons pittoresques. Ce genre de "différences" n'ayant pas la moindre portée universelle, ni elles n'entravent la pensée, ni elles ne la soutiennent. Il n'y a donc aucune raison, ni de les respecter, ni de les vilipender. Que "l'Autre", [...] vive quelque peu autrement, voilà une constatation qui ne mange pas de pain.

22. Quant au fait que les animaux humains se regroupent par provenance, c'est une conséquence naturelle et inévitable des conditions le plus souvent misérables de leur arrivée. Il n'y a que le cousin, ou le compatriote de village, qui peut, volens nolens, vous accueillir au foyer de St Ouen l'Aumône. Que le chinois aille là où il y a déjà des Chinois, il faut être obtus pour s'en formaliser.

23. Le seul problème concernant ces "différences culturelles" et ces "communautés" n'est certes pas leur existence sociale, d'habitat, de travail, de famille ou d'école. C'est que leurs noms sont vains là où ce dont il est question est une vérité, qu'elle soit d'art, de science, d'amour ou, surtout, de politique. Que ma vie d'animal humain soit pétrie de particularités, c'est la loi des choses. Que les catégories de cette particularité se prétendent universelles, se prenant ainsi au sérieux du Sujet, voilà qui est régulièrement désastreux. Ce qui importe est la séparation des prédicats. Je peux faire des mathématiques en culotte de cheval jaune et je peux militer pour une politique soustraite à la "démocratie" électorale avec une chevelure de Rasta. Ni le théorème n'est jaune (ou non-jaune), ni le mot d'ordre qui nous rassemble n'a de tresses. Non plus d'ailleurs qu'il n'a d'absence de tresses.

Derrière la Loi foulardière, la peur
Alain Badiou
, Circonstances 2, Lignes/Léo Scheer, 2004

lundi 28 décembre 2009

Du courage

En reprendre ces jours-ci, à lire certains, qui ne lâchent rien, malgré la calomnie, la condescendance, les quolibets fussent-ils feutrés (n'est-ce pas excessif ? demande-t-on à Todd). Même si, bien entendu, il y a chez chacun matière à discuter, à s'opposer - reste avant tout matière à ne pas désespérer.

Alain Badiou, qui se prend de face, et longuement, Alain Finkielkraut sur le site du Nouvel Obs : c'est passionnant, entre autres le refus sans concession (
"l'islamisme, ce sont des groupuscules fascistes, je ne vois aucun inconvénient à dire ça"), clair et net, exemplaire, du piège à cons :


"Ces questions sont insignifiantes, c'est ça ma conviction.
Moi je suis sur ces questions un nietzschéen rigoureux. Dieu est mort, et depuis longtemps. Donc il faut partir de l'idée que quand on est face à de phénomènes dits de civilisation ou de religion, ils dissimulent autre chose que leur qualité apparente. Qu'est-ce qui se tient vraiment là-derrière ?
"

Et aussi sur la responsabilité, toujours, de ceux qui choisissent de parler :

"Et vous croyez que vous allez faire ça innocemment ? Eh bien vous vous trompez. Il y aura des gens pour se servir de cette pseudo construction intellectuelle. Car la situation est grave. Mais elle n'est pas grave comme vous pensez.
"

Emmanuel Todd, dans le Monde,
citoyen révulsé, pour qui "taper sur Nicolas Sarkozy est une activité saine, morale et satisfaisante" comme expliqué lors de son très remarquable passage sur Causeur mais qui n'en reste pas là, qui confirme à contre courant certaines de nos intuitions, sur l'intégration, qui cahin-caha est en train de réussir malgré la violence sociale, sur l'identité française même qui a de quoi le rendre plutôt optimiste, etc. Tout cela va encore déchainer les wishful thinkers de la guerre ethnique qui vient, comme ils disent, ces anticonformistes si prudents qu'ils n'osent plus le mot race.

Pour finir, encore un lien sur le Nouvel Obs avec extraits en avant-première (
sortie le 6 janvier) :
"
Underworld USA », de James Ellroy, est le dernier volet de sa grande trilogie criminelle. En huit cents pages éblouissantes et cauchemardesques, il raconte l'Amérique des années 1960."
Ma foi, que des écrivains de ce calibre continuent à se colleter la réalité de leur société, ça aide aussi, pas qu'un peu, à garder courage.