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mardi 9 juillet 2019

vieillir (24) à la ferme

 
1mn25

on leur avait dit, les fermes sont trop petites, il faut agrandir, remembrement, déchirements de voisinage, ils avaient obéi,
on leur avait dit, il faut défricher, arracher les petites vignes, on vous donnera des subventions, ils avaient obéi,
on leur avait dit, il faut arrêter la brebis pour faire du lait, puis les quotas laitiers, une amertume, ils avaient obéi,
on leur avait dit, on va créer une grande coopérative, vos revenus seront assurés, tous les petits marchés de bestiaux étaient morts, fini les discussions autour du prix, le boire un coup au bistrot avant de rentrer, mardi à Hasparren, mercredi à Peyrehorade, vendredi à Saint-Palais,  ils avaient obéi,
on leur avait dit, il faut améliorer les races, alors en avant insémination, éponges, veaux et agneaux étaient devenus plus gros, bienvenue aux césariennes, le vétérinaire un familier, "et quand tu l'appelles un dimanche, avec le prix que ça coûte, tu rattrapes jamais" les bêtes pressurées ne faisaient plus de vieux os, ils avaient obéi,
le Crédit Agricole avait prospéré, les tracteurs grossi, arrachées les vignes au côté de la maison,  disparues haies et fougeraies à grands coups de bulldozer, les oiseaux allaient nicher on ne sait où,
une deux générations avaient passé,
ils avaient été les jeunes dans la longue chaîne des générations,
et ils étaient au seuil de la vieillesse, le corps déformé, porter des seaux, soulever des bottes de foin, forcément des traces, l'élevage, celui qui ne vous laisse pas un dimanche, ils avaient aimé mais en 40 ans une incitation et son contraire, les quotas, plus de quotas, le cochon, le kiwi, le lait de brebis, ne pas mettre tous les oeufs dans la même panier, la sagesse mais c'était quand même à perdre la tête,
ils étaient devenus experts en constitution de dossier, mendier une aide à un organisme ou un autre, on va quand même pas laisser perdre, ils savaient, avaient un comptable, tenir la paperasserie en ordre, les vaccins des bêtes, leur carnet et tout ça, valait mieux mais c'est pas ça qui vous fait un orgueil,
qui pour leur jeter la pierre, ils étaient restés, la terre empoisonnée, la viande aux hormones, manquerait plus qu'on leur fasse porter le chapeau, le paysage entretenu, des retraites de misère, se contenter, ils savaient, une propension à courber l'échine, mais l'amertume,
"il y a deux ou trois ans, je n'imaginais pas que je pourrais vivre sans brebis, si j'en gardais deux ou trois, je m'attacherais trop"
alors bientôt la ferme dirait juste qu'elle avait été
puis elle disparaîtrait

mercredi 21 mars 2018

un dimanche (29) à la ferme

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un chat s'étire au soleil, les manech rentrent à la bergerie, les unes par le pré au vieil acacia, d'autres par le pont sur la rivière, Marcel le jars parade avec sa petite famille auprès de sa blanche compagne parade, un veau vient de naître, du foin, des odeurs, tendresse

mercredi 20 avril 2016

espérance de vie


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Pépette ! Accoudée à la barrière, elle contemple son troupeau. Un nouvel appel, bêlement en écho, Pépette se fraie un chemin parmi les brebis qui se pressent vers les mangeoires. Voix reconnue. Main tendue. Au creux, des grains de maïs. Friandise privilège. J'ai essayé de la donner, je ne me sentais pas le courage de la voir mourir. Ils l'auraient gâtée pourtant mais ici elle a ses habitudes, sûr, ça l'aurait tuée. Alors je la garde. Combien ça vit ? je me souviens d'en avoir mené une jusqu'à 14 ans mais aujourd'hui avec l'insémination artificielle, les jumeaux, des fois des triplés ou même des quadruplés, le lait qu'on leur pompe, jusqu'à deux litres et pendant six mois de l'année, à sept, huit ans, elles sont plus bonnes à rien.

dimanche 21 février 2016

on avance, on avance


https://youtu.be/Bk5SdVha5aE

cliquer sur l'image pour vidéo 40 secondes

mercredi 11 novembre 2015

il suffit de passer le pont

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Il suffit de passer le Pont Georges Brassens

 Il suffit de passer le pont,
C'est tout de suite l'aventure!
Laisse-moi tenir ton jupon,
J't'emmèn' visiter la nature!
L'herbe est douce à Pâques fleuri's...
Jetons mes sabots, tes galoches,
Et, légers comme des cabris,
Courons après les sons de cloches!
Din din don! les matines sonnent
En l'honneur de notre bonheur,
Ding ding dong! faut l'dire à personne:
J'ai graissé la patte au sonneur.


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Laisse-moi tenir ton jupon,
Courons, guilleret, guillerette,
Il suffit de passer le pont,
Et c'est le royaum' des fleurettes...
Entre tout's les bell's que voici,
Je devin' cell' que tu préfères...
C'est pas l'coqu'licot, Dieu merci!
Ni l'coucou, mais la primevère.
J'en vois un' blotti' sous les feuilles,
Elle est en velours comm' tes jou's.

Fais le guet pendant qu'je la cueille:
"Je n'ai jamais aimé que vous!"

Il suffit de trois petits bonds,
C'est tout de suit' la tarantelle,
Laisse-moi tenir ton jupon,
J'saurai ménager tes dentelles...
J'ai graissé la patte au berger
Pour lui fair' jouer une aubade.
Lors, ma mi', sans croire au danger,
Faisons mille et une gambades,
Ton pied frappe et frappe la mousse...
Si l'chardon s'y pique dedans,
Ne pleure pas, ma mi' qui souffre:
Je te l'enlève avec les dents!

On n'a plus rien à se cacher,
On peut s'aimer comm' bon nous semble,
Et tant mieux si c'est un péché:
Nous irons en enfer ensemble!
Il suffit de passer le pont,
Laisse-moi tenir ton jupon!
Il suffit de passer le pont,
Laisse-moi tenir ton jupon!

jeudi 17 avril 2014

La République des Pyrénées (en ligne le 17 avril 2014)

Agriculture : la Confédération paysanne manifeste contre la Fromagerie des Chaumes

Par Laurence Fleury
Publié à 06h00
Mise à jour : 07h58


 Les brebis Lacaune utilisées pour le tournage d'un spot publicitaire, provoquent la colère de la Confédération paysanne.
 Les brebis Lacaune utilisées pour le tournage d'un spot publicitaire, provoquent la colère de la Confédération paysanne. (Laurence Fleury)

Une poignée de bergers paysans, membres de la Confédération paysanne, a fait le déplacement hier matin pour assister au tournage du film publicitaire qui avait lieu dans un pré, à proximité du petit village béarnais de Lys.
Les vedettes du spot étaient une douzaine de brebis de race Lacaune, mises en situation dans le piémont béarnais avec en arrière plan les splendides montagnes enneigées de la haute vallée d'Ossau. "C'est du mensonge ! s'indigne Michel Erbin, porte-parole de la Confédération paysanne du Béarn. Ils utilisent le paysage pyrénéen, entretenu grâce aux brebis de races locales, Basco béarnaise, Manech à tête rousse ou à tête noire, pour mettre en avant la Lacaune qui n'est absolument pas de la région et surtout pas adaptée à la montagne ni à la transhumance."

Interdite pour l'AOP Ossau-Iraty
Depuis quinze ans, la fromagerie des Chaumes, sous l'égide de l'industriel Bongrain, encourage l'installation et le développement d'élevages de race Lacaune, pourtant interdite dans le cahier des charges de l'AOP Ossau-Iraty. En Béarn et au Pays Basque, 80 exploitations de brebis Lacaune produiraient aujourd'hui 40 % du lait de la fromagerie des Chaumes.
Ce que dénonce la Confédération paysanne, c'est l'utilisation tronquée de l'image du pastoralisme béarnais pour faire la promotion d'une race de brebis exogène et intensive, ce qui induit le consommateur en erreur. "Avec ce type de brebis, peu rustique ni adaptée au terrain, on ne pourra plus aller en montagne d'ici vingt ans car la forêt aura repris le dessus. Que les consommateurs ne s'y trompent pas ! Ce sont les brebis locales qui entretiennent le paysage et la bio diversité, et c'est avec leur lait qu'on fait du fromage de qualité."

Dérégler la production de lait
Selon la Confédération paysanne, la Fromagerie des chaumes aurait mis un système de surprime visant à payer plus cher le lait produit hors saison, en août et novembre lorsque les races locales sont taries ou en estive, de façon à inciter les éleveurs à produire du lait toute l'année. De surcroît, la brebis Lacaune donnerait deux à trois fois plus de lait que les Basco béarnaises ou les Manech. Un lait moins gras, donc moins coûteux au final s'il est produit à plus grande échelle. "Je fais 30 000 litres de lait avec 300 Béarnaises, annonce Michel Erbin. Combien produis-tu avec tes Lacaune ?" Et l'éleveur choisi pour le spot publicitaire de répondre sans dévoiler sa production : "Une partie du lait des fromageries est importée d'Espagne et d'Aveyron parce qu'on n'en produit pas assez dans le département, alors pourquoi ne ferait-on pas du lait chez nous avec des Lacaune ?"