samedi 3 janvier 2026

Hommage à Francis Hallé

Francie Hallé est décédé à la Saint Sylvestre, lui qui aimait tant les arbres !

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“ À quoi sert le beau ? Qu’est-ce qu’il signifie ? Dans les forêts tropicales, j’ai réfléchi à ça puisqu’on est entouré de belles choses. Ma conclusion, au moins provisoire, c’est que la beauté est la preuve de l’évolution a bien fonctionné et que le résultat est parfait.”

Et je constate que l’émerveillement, à mesure que les années passent, prend de plus en plus d’importance. J’en suis à prétendre que la beauté devrait faire partie intégrante de la biologie et de l’écologie 

J’ai souvent été en colère. Je me souviens particulièrement d’une altercation avec un autre chercheur qui me disait que la beauté n’était pas mesurable. Je lui avais répondu : « Et ton intelligence, tu crois qu’elle l’est ? » C’est quand même une vraie question : pourquoi la science se résumerait à ce qui est mesurable ? Qui a décidé de ça ? Quand j’ai découvert les forêts primaires, la beauté m’a sauté aux yeux. Là-bas, si tu as une empathie pour le monde végétal, l’émerveillement est permanent. Tu ne peux pas l’ignorer. Pour ma part, je crois que c’est le dessin qui m’a sauvé. Il exige une attention, un regard, de l’imagination. Ça a été une méthode très efficace pour me débarrasser de l’approche réductrice de certains scientifiques.

« L’être humain peut-il coexister avec une nature intacte sans l’abîmer ? Nous devrions en être capables, mais il nous reste à le prouver »

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vendredi 2 janvier 2026

En guise de vœux

 2026

pourquoi pas, si vous le dites
reste que ce chiffre
sonne creux
à mon oreille interne
à son tempo à elle
Ce pourrait tout aussi bien
être 2056
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Photo personnelle
2090
1836
alors oui
le temps existe
bien pratique unité de mesure
7 h 50
au moment où j’écris
m ‘indique la montre
jeudi
me dit le calendrier
tandis que l’agenda m’annonce
à quoi il est prévu
que j’occupe le vendredi
le cœur déverrouillé pourtant
fait peu de cas du temps
l’œil
lampe du corps
éclaire
une dimension atemporelle
bien des morts sont présents
nombre de soi disant vivants
déjà morts
contemporain
de mon enfance
de ma jeunesse
comme de ma vieillesse
apparu bientôt disparu
entre temps
si pleinement
partie prenante
de l’instant
je me recueille
devant la dépouille
de mes amis défunts
l'un puis l'autre
déjà loin
la fermeture de leur cercueil
muée en improbable rite
l’employé des pompes funèbres présentant à l’autre
les vis
telles des reliques disposées
en un panier
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Dessin de Etienne Appert
vêtu de pourpre
le chagrin est là
à sa place
vu depuis le promontoire de l’esprit
les vis ont déjà sauté
les justes se sont levés
les méchants précipités
là où il y a pleurs
et grincement de dents
le cauchemar de l’histoire se dévide
péripéties répétitives
quelques variantes de surface
juste pour produire l’illusion
les jours se fondent
je veux veiller
moi si gourd
si inconsistant

Gilles Farcet

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jeudi 1 janvier 2026

Aujourd'hui !


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« Kawahara, qui ne parle pas beaucoup, a dit :

"Qu'est-ce que ça peut faire si les fleurs se fanent ?

Il suffit qu'elles tiennent aujourd'hui." »

Inaba Mayumi, La péninsule aux 24 saisons

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Parce que se préoccuper déjà de « ce qui sera » alors que, « ce qui est » n’en est même pas encore à « n’être plus », revient à se précipiter de vivre par mort anticipée.

Alors, entre d’un côté, les rétrospectives de l’année sur le point de se clore et, de l’autre, les projections de l’année qui s’apprête à éclore,

Que chacune et chacun d’entre nous puisse honorer la flamme vivante – tantôt puissante, tantôt vacillante – dressée et dansante au cœur de soi à laquelle,
quels que soient les passages de relais et les transitions traversées,
nous pouvons à tout instant nous relier pour nous soutenir et nous orienter de la façon la plus juste dans les quêtes et cheminements qui sont les nôtres.

Et, qu’ils soient stables ou fluctuants, quels que soient les diamètres et les couleurs de notre cercle,
quels que soient tout ce dont il est constitué, ce qui s’y fait, ce qui y fond, ce qui en fuit,
puissions-nous à tout instant y reconnaître le centre et l’axe vivants qui d’instant en instant se cherchent et se trouvent en nous.

Marie Ghillebaert

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« Au cœur de notre vie si fragile, partout menacée par la destruction, il existe en nous, en amont de chaque dérive temporelle, un lieu lumineux de la toute-confiance. […]
De ce lieu intime de la toute-confiance émane une clarté qui, à partir du centre secret de notre âme incarnée, pénètre, soulève et guide vers l’avenir, en dépit de tous les obstacles de la vie présente, le moi chancelant dont nous nous faisons le porte-parole doublement précaire. Nous y buvons ensemble, comme à une source de vie cachée, le souffle du futur infini :
« Par-delà tout le mal
Et plus haut que la nuit »
Claude Vigée, Danser vers l’abîme

« À chaque jour suffit sa peine.
Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ;
car le lendemain aura soin de lui-même. »
Matthieu 6:34

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Claude Le Moal, La véritable histoire d’Adam et Eve enfin dévoilée, tome 1

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mercredi 31 décembre 2025

A l'orée d'une nouvelle année...


Nous allons passer d'une année à l'autre...

Ce sera l'occasion de reconnaître que depuis trente ans ...quarante ans ... soixante ans ... quatre-vingt ans ... nous passons de l'inspire à l'expire et de l'expire à l'inspire.

Le passage ! Il semble qu'il y a dans cette action le fondement de ce qu'on appelle l'être. Être c'est devenir ; devenir c'est être.

Quant au devenir, il ne se réalise pas dans le temps-pensé mais dans le temps-vécu.

Le temps-vécu ? Ce moment au cours duquel je Inspire ; ce moment au cours duquel je Expire.

Quel âge avez-vous ? Cinquante deux ans! Quel âge à votre respiration ? Quel âge a cette action vitale d'autant plus mystérieuse qu'elle est infaisable ? Y aurait-il en chacun de nous une réalité qui n'a pas d'âge quel que soit notre âge ? Une réalité qui ne serait attachée ni au passé (qui a été et jamais plus ne sera) ni au futur (qui est à venir peut-être).

Nous n'allons pas nous torturer les méninges dans l'espoir de rationnaliser le sens de la Saint Sylvestre. Nous n'allons pas prendre de bonnes résolutions que nous ne tiendrons sans doute pas.

Nous allons nous entraîner à vivre bien le moment présent, quelle que soit l'activité qui sera nôtre dans le cadre de la vie de tous les jours.

Une transformation de notre manière d'être et de notre manière d'agir qui nécessite un EXERCICE.

Parmi lesquels le plus simple de tous : ZAZEN.

Le chemin est la technique ; la technique est le chemin.

La difficulté lorsqu'on pratique zazen ou des exercices qui ont leurs racines en Orient et en

Extrême-Orient, est de donner à la technique la première place. "Les gestes doivent venir en premier, c'est seulement après que se révèle le sens des choses" dit le maître dans l'art du thé à son élève. C'est également vrai lorsqu'on pratique le tir à l'arc (Kyudo). Et cette loi de l'exercice devrait attirer l'attention des personnes qui pratiquent et enseignent le Yoga ou le Taïchi-Chuan, par exemple.

Pratiquer un exercice comme zazen exige aussi de donner au corps la place qui est la sienne : la première. Il s'agit bien entendu du corps que nous sommes (Leib) et pas du corps objectivé, du corps outil (Körper).

D'expérience je sais que lorsqu'on commence la pratique d'un tel exercice certaines choses sont difficiles à comprendre. C'est en pratiquant que petit à petit le sens de telle ou telle exigence s'éclaire.

C’est une caractéristique de l’esprit occidental que de toujours vouloir comprendre mentalement, intellectuellement une technique en imaginant que c’est la seule manière d’arriver à la réaliser. Nous allons apprendre et approfondir une autre approche de l'exercice que la compréhension.

Nous allons, comme l'indique un maître qui enseigne l'Aïkido, "Avaler la technique! Ce que vous avalez, aussitôt vous le digérez! Et ce qu'on digère nous transforme".

Ah ! J’allais oublier un exercice qui n’est pas un exercice mais une rupture avec ce qui est, inconsciemment, notre manière d’être habituelle : « Détendez-vous dans les épaules » ! Ne cherchez pas à détendre quelque chose : les épaules ; ça ne sert à rien. Détendez-vous, en tant que personne qui est tendue dans les épaules et qui, par cette manière d’être en tant que corps vivant (Leib), révèle un manque de confiance en soi. Se dé-tendre dans les épaules est un geste de confiance de l’homme entier.

C'est le moyen de découvrir le pouvoir salutaire de la respiration naturelle, cette action vitale infaisable qui révèle la présence de notre vraie nature.

Bonne année !

Jacques Castermane


mardi 30 décembre 2025

Répondre au désenchantement

 

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"Les effondrements que nous connaissons viennent d'une sorte de mort émotionnelle, d'une apathie. 

Je pense que pour lutter contre ces effondrements nous ne devons pas prendre les armes de l'adversaire parce que vous deviendriez l'adversaire. 

Il faut lutter simplement avec une puissance aimante, une attention, un regard et, j'oserais même dire, une bonté, mais la bonté il faut l'entendre comme une chose forte. 

C'est un mot qu'on a mis à la porte, c'est un mot qu'on a transformé en gueux, en mendiant et qu'on traite comme tel, mais la bonté comme je la définis, c'est la pointe acide de la pensée, c'est une pensée vitale sur le monde et c'est une pensée armée, ça ne rigole pas la bonté! 

Voilà comment je répondrais au désenchantement morne partout répandu."

- Christian Bobin

Extrait d'une émission de la Grande Librairie

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lundi 29 décembre 2025

Honorer ce que je suis

 Il y a un point qui est important, c'est d'arrêter de se dissocier. Il y a toujours un discours du mental qui vient dire : "Je suis comme ça" ou "Je devrais me comporter comme ça", etc. On a l'idée de comment on devrait être, ou de comment on devrait se comporter, et c'est plus ou moins problématique. À un moment donné, est-ce qu'on ne pourrait pas tout simplement juste être ce que l'on est ? C'est ça aussi l'authenticité : je suis ce que je suis. 

J'arrête d'être "deux" en fait. Le deuxième est toujours en train de me dire que comme je suis, ça ne va pas de toute façon : "Les autres attendent ça de moi", "Je ne suis pas à la hauteur", "Je ne suis pas assez spirituel", "Je ne devrais pas montrer ça", etc. Ce sont des discours du mental. Et l'Être est un peu à l'oubli là. 

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Donc, être "un". 

On revient à "Je ne sais pas". 

Je ne sais pas comment je dois être. 

Je me découvre dans l'instant. 

Je n'ai pas de personnage à défendre, pas d'image à défendre. Oui, par moments je vais réagir, et par moments je vais être silencieuse. On n'est pas obligé d'élaborer une histoire, de tout personnaliser. Par moments ça ne parle pas ici. Par moments c'est comme ça. C'est juste un type de langage, mais par moments on peut sentir comment on s'en tient : "Ah, ça respire", "Ah, c'est triste", "Ah, il y a de la colère"... Et quand on personnalise moins, c'est presque moins problématique déjà. 

Il arrive un moment où ça suffit de vouloir être un autre ! De vouloir avoir une autre histoire, de vouloir être moins réactif, moins agité, moins en colère, d'être plus ouvert, d'être plus ceci et cela. Mais l'Absolu n'a pas fait d'erreurs quand il a mis en place cette forme ! Et pour Lui il n'y a pas d'erreurs. C'est uniquement le discours mental qui pense qu'il y a des erreurs. 

Donc, honorez cette forme, avec ses limites, son aspect humain et son essence absolue. Cette forme se montre comme ça, elle est obligée de se montrer avec ses limites ; dès qu'on prend une forme on se limite. Donc, on a tous nos limites. Et si je vous dis cela, c'est pour petit à petit identifier cette voix du mental. J'aime beaucoup Byron Katie qui l'appelle "la salle de torture mentale", et elle n'a pas tort. Cette voix qui est tout le temps en train de nous dire que ce que l'on fait, c'est pas bien, ça ne va pas, c'est pas comme ça. Et bien sûr, les autres pareil, mais de toute façon, on traite les autres comme on se traite soi-même, il n'y a pas de secret. 

On peut être soi, mais sans en faire un truc narcissique, on peut être soi de manière humble. Se dire : "Je vais arrêter d'avoir honte d'être moi-même, de penser que je ne suis pas assez, ou que je suis trop". Tous ces critères n'ont aucune valeur, puisque pour certaines personnes je suis trop, pour d'autres je ne suis pas assez... On ne s'en sort pas ! Alors on peut se dire : "Je suis ce que je suis", mais sans devenir rebelle non plus. 

Tout simplement, je suis ce que je suis, et l'autre est ce qu'il est. Et si j'appréciais tout ça, plutôt que de tout le temps vouloir le transformer, et se dire : "Tiens, je vais apprécier ce qui est là". C'est simple, c'est l'amour. ♡

~ Nathalie Delay 

Stage dans la Drôme, mai 2022 

(extrait d'une vidéo)

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dimanche 28 décembre 2025

Simplicité au centre

 

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"La simplicité est, selon moi, le grand défi de ce troisième millénaire. Nous avons su développer la complexification à outrance, il nous appartient aujourd’hui de conquérir la simplicité et la sobriété comme ce que l’intelligence a de meilleur à nous offrir. 

Grâce à des technologies de grande qualité, pensées pour servir la vie, nous devons ré-orienter notre créativité vers de nouvelles productions intelligentes, inspirées par le souci d’augmenter nos aspirations au bien-être par l’art de la simplification : des productions durables et utiles. 

Cela implique, bien entendu, de recentrer nos modes de vie vers d’autres objectifs que servir encore et encore la machinerie économique : remettre l’humain et la nature au centre de nos préoccupations."

-Pierre Rabhi-

"La tristesse de Gaïa", Actes Sud, 2021

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samedi 27 décembre 2025

Retours d'enfance...


Toi que j'entends courir dans les escaliers de la maison
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Et qui me caches ton visage et même le reste du corps,
Lorsque je me montre à la rampe,
N'es-tu pas mon enfance qui fréquente les lieux de ma préférence,
Toi qui t'éloignes difficilement de ton ancien locataire.
Je te devine à ta façon pour ainsi dire invisible
De rôder autour de moi lorsque nul ne nous regarde
Et de t'enfuir comme quelqu'un qu'on ne doit pas voir avec un autre.
Fort bien, je ne dirai pas que j'ai pu te reconnaître,
Mais garde aussi notre secret, rumeur cent fois familière
De petits pas anciens dans les escaliers d'à présent.
Jules Supervielle
La Fable du monde
Poésie/Gallimard

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vendredi 26 décembre 2025

L'Esprit de Noël - La longueur d'onde inconnue

 

Sur la bande des fréquences humaines, il existe une longueur d’onde, que pas grand monde ne capte .
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Bien peu en connaissent ne serait ce que l’existence. La part préservée en eux , cependant, la soupçonne sans oser y croire.
Elle les travaille cette longueur d'onde, elle les tenaille, leur mémoire originelle se souvient qu’elle existe.
Mais leur "raison" la range sur le rayon des mythes, légendes, contes de fées et idéaux dont le temps est censé guérir.
Cette longueur d’onde est celle de la bonté ; celle de la compassion ; celle de la bonne volonté.
Mais attention !
Pas de la bonté mièvre, de la compassion imbécile , de la bonne volonté qui bêle …
C’est une longueur d’onde qui n’émet aucun son du moins aucun décelable à l’oreille de chair.
Ce qu’elle diffuse n’ est audible que d’une oreille intérieure , laquelle, bien qu’elle soit là, ne devient accessible que par un rare travail.
Ouverte par le travail, cette oreille intérieure capte la longueur d’onde en question, et cette longueur d’onde émet un climat.
Au sein du climat généré par cette fréquence inconnue , il n’y a plus d’argumentations défensives ; plus de répliques : plus de "débats" ; plus de vainqueur ni de vaincu.
Il n’y a plus d’humiliations ; plus de règlements de comptes.
Il y a des paroles. Parfois agréables, parfois pas, du moins de prime abord, justement pour qui se réfère encore aux fréquences connues .
Il y a des silences. Il peut y avoir des larmes, des larmes bienfaisantes qui ouvrent toujours plus grand.
Il y a des rires et des sourires.
Et tout cela a un goût qui instantanément rassasie, soulage et détend quiconque s’y relie : le goût de la vérité. Celle qui ne s'énonce pas, ne procède de personne , celle qui ne participe de rien d’autre qu’elle même.
Et qui, pourtant, n’est pas une vérité sèche, soi-disant métaphysique, prétendument "non duelle".
Une vérité incarnée, immanente à l’humain ; l’humain, en tant que lui même émanation de cette longueur d’onde si bien cachée
Toute parole, tout regard, tout sourire, tout silence, tout geste qui puise sa source dans cette longueur d’onde est investi d’une force qui ne se discute pas .
D’une autorité qui en impose sans diminuer et encore moins écraser .
Cette longueur d’onde, elle est là, toujours. Elle émet.
Mais il est si difficile de s’y connecter, si difficile de la trouver et surtout de ne pas la perdre une fois captée.
S’y connecter, se brancher sur elle, est en soi un travail, travail rendu possible par tant de nettoyages d’écuries, d’audaces et de périples hasardeux au bord des précipices .
Cette longueur d’onde ne prêche pas ; elle n’enseigne même pas, quoiqu’elle soit condition préalable à toute transmission digne de ce nom.
Est ce qu’elle prie ?
Oui mais pas de la manière connue .
Elle ne demande rien. Elle confie, elle invite, elle remet,…
Elle est en elle même prière.
Cette longueur d’onde n’est pas bon marché.
On ne s’y abonne pas par quelques slogans psychologiques ou spirituels, ni par des concepts philosophiques , si impeccables de rigueur soient ils .
Elle ne se brade pas à la foire des "éveils".
Elle se paie cher.
Très cher.
En unités de prétention, de mensonge, d’illusion, de postures, de déni, de résistance, d’évitement et autres noms donnés à ce qui, au final, n’est rien sinon le faux.
Elle ne diffuse aucune recette.
Elle ne résout rien.
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Et cependant, elle éclaire tout, de sa lumière inouïe.
Elle est l’unique issue.
La seule réponse.
Le vœu que je m’adresse, chaque année et chaque jour, est de me souvenir d’elle, de me connecter à elle et, autant que possible, de demeurer de plus en plus en elle.
Pas pour m’y protéger.
Pas pour mon confort, pas pour « ma » paix , mais pour la paix.
Afin d’être son serviteur dans la multiplicité complexe du visible .
Si, derrière la mécanique des « fêtes », la litanie des vœux pieux, des souhaits qui sonnent creux, des prières pour la forme, si il existe un esprit de Noël, c’est en cette longueur d’onde et en elle seule que cet esprit vit.
Cette fréquence n’appartient qu’à elle même.
Elle n’est à personne.
Certainement pas à une élite dont je m’imaginerais être, parce que j’ai le front d’écrire pareil texte.
Et elle est notre terre commune.
Elle est l’esprit de Noël, de Hanouka, de Divali, de al -Mawlid al nabawî.
Amen Om Shalom Salam aleykoum

Gilles Farcet

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mercredi 24 décembre 2025

La vérité avant Noël

 "Les paroles de Jean-Yves Leloup ne cherchent jamais à convaincre ni à expliquer. Elles invitent à ralentir, à se souvenir, à écouter autrement, à faire confiance à une intelligence plus vaste que le mental. Une intelligence faite de douceur, d’humilité, d’attention.

Une vraie source de sagesse et d’inspiration à déguster juste avant Noël pour renouer avec notre lumière intérieure !"


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mardi 23 décembre 2025

Oui au refus du oui...

 

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" Me vient à l'esprit que, par contraste, notre époque marche sur la tête en valorisant le non. Elle nous a convaincus que refuser c'est faire montre d'intelligence, de puissance, d'autonomie, d'indépendance. Méfiance, rejets, réfutations et critiques systématiques passent pour des vertus. Seuls le niais ou le frêle acquiescent.

Une faiblesse que de dire oui? On a besoin de force pour consentir, de courage pour dire oui au risque, oui au danger, oui à l'aventure, oui à l'autre, oui à l'amour quand il se présente, oui à l'amour quand il demande des efforts, oui à la Révélation, oui à Dieu."

( Le Défi de Jérusalem - Eric-Emmanuel Schmitt )

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lundi 22 décembre 2025

Point de non retour

 Aujourd’hui, je vous parle d’un point très particulier, qui n’est pas un point d’acupuncture.

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C’est un tout petit point blanc au milieu d’une immensité noire.
Ce petit point, vous le connaissez tous, il est sur ce dessin : ☯️
Il nous parle de l'incroyable évènement cosmique que nous sommes en train de vivre :
LE MOUVEMENT DANS L’IMMOBILITÉ.
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🟡 21 décembre, solstice d’hiver : 隆冬 lóngdōng
🔹Pour l’esprit occidental : l’entrée dans l’hiver
🔹Pour l’esprit chinois : l’apogée de l’Hiver 冬 dōng
🔹Pour tout l'hémisphère Nord : la nuit la plus longue et la renaissance de la lumière
🔹Pour qui médite dessus : un truc vertigineux, une alchimie bouleversante
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🟡 Que se passe-t-il en terme de Mouvement ces jours-ci ?
Si vous avez déjà eu l’occasion d’observer l’évolution de la place du couchant à l’horizon, alors vous savez qu’aux solstices, pendant plusieurs jours, l’emplacement est quasiment le même, comme si le soleil hésitait avant de changer de sens.
Une sorte d’immobilité vigilante, à l’écoute, pour mieux gérer et suivre le nouveau mouvement naissant.
Cette hésitation, ce retournement profond, on est en plein dedans !
J’aimerais vous donner quelques exemples de cet instant incroyable.
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🟡 Lorsque vous vous préparez à sauter 🤾, il y a tout le moment de préparation, de repli pour la prise d’élan.
C’est comme un recul à l’intérieur de vous, une condensation.
Puis vient le moment d’initier l’élan pour le saut lui-même. Une ultime flexion des genoux pour l’appui, et le mouvement s’inverse.
🔹C’est ça.
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🟡 Lorsqu’un groupe d’oiseaux 🐦 ou un banc de poissons 🐠 change de direction : on ne saurait pas dire lequel a initié le mouvement, mais on constate une accumulation, une densification et comme un ralentissement, avant de repartir fluidement.
🔹C’est ça.
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🟡 En calligraphie chinoise 🖌, pour tracer un trait droit, on trace en vérité une espèce de 8. On fait une sorte de boucle “sur place” avant de lancer le pinceau.
🔹C’est ça.
Le mouvement est déjà beau en soi, mais c’est encore plus délicieux à vivre avec le résultat visuel de l’encre, qui ne ment pas et nous montrera si c’était bien vécu donc bien exécuté.
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Comprenez-vous ce qui se joue en vous en ce moment ?
Nous sommes dans des jours d'inertie maximale.
Soyez à l’écoute, ressentez ces derniers instants d’immobilité apparente, de repli sur soi avant la poussée, toujours laborieuse au départ, qui permettra au yáng 陽 de renaître des profondeurs du yīn 陰 !
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Alice Korovitch
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