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dimanche 28 décembre 2025

Simplicité au centre

 

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"La simplicité est, selon moi, le grand défi de ce troisième millénaire. Nous avons su développer la complexification à outrance, il nous appartient aujourd’hui de conquérir la simplicité et la sobriété comme ce que l’intelligence a de meilleur à nous offrir. 

Grâce à des technologies de grande qualité, pensées pour servir la vie, nous devons ré-orienter notre créativité vers de nouvelles productions intelligentes, inspirées par le souci d’augmenter nos aspirations au bien-être par l’art de la simplification : des productions durables et utiles. 

Cela implique, bien entendu, de recentrer nos modes de vie vers d’autres objectifs que servir encore et encore la machinerie économique : remettre l’humain et la nature au centre de nos préoccupations."

-Pierre Rabhi-

"La tristesse de Gaïa", Actes Sud, 2021

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dimanche 1 mai 2022

Le changement intérieur

 

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"Il ne suffit pas de manger bio et de se chauffer au solaire. Il n'y aura pas de changement de société sans changement humain. Et pas de changement humain sans changement de chacun. J'espère que l'humanité comprendra enfin que la grande mutation sera celle de l'âme humaine." (Pierre Rabhi)

dimanche 5 décembre 2021

Hommage à Pierre Rabhi



Car nous entrons dans une ère où, face aux planifications de l'homme, la nature décidera et mettra des limites.



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La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l'égard de la vie.





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lundi 1 février 2021

L'humain, c'est de la nature !

 

Le penseur, engagé en faveur de l'environnement, alerte sur les risques de

 dissocier l'être humain de la nature qui nous entoure.

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Une interview à écouter de Pierre Rabhi sur RCF (11 min.)

À l’aube d’un potentiel troisième confinement en France, les interactions sociales semblent à nouveau en sursis. "L’être humain a besoin du contact, il est clanique. C’est dans sa nature, il ne peut pas vivre seul", affirme Pierre Rabhi. Pour autant, il constate également que la solitude augmente. "Il y a une désocialisation de plus en plus forte", déplore-t-il. 

METTRE NOS APTITUDES AU SERVICE DE L'ENVIRONNEMENT

L’homme, c’est celui que Pierre Rabhi tient pour responsable du changement climatique. Il prend exemple sur l’Amazonie, ravagée par la déforestation. "Notre impact est terrible par rapport aux autres créatures", se désole-t-il. Selon lui, la terre nourricière est droguée de chimie. "Nous avons répandu sur la planète des nuisances épouvantables", lâche Pierre Rabhi. 

"Les êtres humains se sont proclamés intelligents, ça n’est pas vrai", affirme le penseur. Pour lui, nous avons confondu aptitude et intelligence. "Nous sommes grisés par nos aptitudes. L’intelligence est dans la vie. Cette dissociation que nous avons créée entre nous et la vie aboutit à notre condamnation", alerte-t-il.

CULTIVER LE CONTENTEMENT

Cette attitude destructrice s’explique selon Pierre Rabhi par un consumérisme démesuré et "la peur de manquer, vouloir plus et encore plus". Face à cela, "il faudrait cultiver le contentement car sans ça on est constamment dans le désir"

Dans "Frères d’âme" (éd. de L'aube), une série d’entretien menée avec le journaliste Denis Lafay et le philosophe Edgar Morin, Pierre Rabhi témoigne. Si tout semble l’opposer à Edgar Morin, il assure que "ce qui nous a rapproché, c’est nos consciences, nos âmes, nos exigences, nos désirs d’un monde différent". Selon lui, "il faut dépasser les particularismes qui ont divisé l’humanité pour aboutir à quelque chose qui va amener la convergence des consciences humaines".

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mercredi 13 novembre 2019

Les contradictions du monde avec Pierre Rabhi


"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien" 


Une conférence enregistrée en octobre 2019, dans le cadre de la 4e édition du forum d’idées "Une époque formidable", organisé par "La Tribune" au Théâtre des Célestins de Lyon. Pierre Rabhi, agriculteur, essayiste, pionnier de l’agro-écologie et fondateur du mouvement Colibris.

mercredi 18 avril 2018

Un jour, l’humanité sera forcée d’arrêter la croissance....

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Paysan, philosophe, auteur à grand succès, l’écologiste Pierre Rabhi réagit aux récentes statistiques sur le recul de la biodiversité. Il dénonce une course absurde à la croissance qui aboutit selon lui à une impasse.
"Un jour, l’humanité devra choisir entre une miche de pain et un lingot d’or. Elle sera forcée d’arrêter la croissance pour sa survie", affirme dans le 19h30 Pierre Rabhi, figure de proue de la décroissance et chantre de "la sobriété heureuse".
"Aujourd'hui, on se rend compte que l'être humain est de plus en plus une catastrophe naturelle, c'est-à-dire qu'il est en train de s'éradiquer lui-même en éradiquant la vie", précise le philosophe dans un entretien à l'émission Tout un monde.
Et Pierre Rabhi de s'élever contre le "gaspillage de la vie humaine" induit par la course à la croissance. "Je suis persuadé qu'il s'agit d'un système esclavagiste: on vous engage à donner toute votre existence contre un salaire. Le vrai capital, c'est votre vie. Vous le sacrifiez en capital financier."

 

jeudi 22 mars 2018

Matthieu Labonne : spiritualité et écologie


J'ai pu inviter Matthieu Labonne 
pour une conférence lors du Marche du Végétal que j'organise mi-avril... 
Et cela me fera plaisir de l'écouter comme dans cette interview.


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jeudi 25 janvier 2018

« Mon père m’a placé par amour »

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«Je suis né dans une oasis du Sahel algérien. Je me souviens du désert qui s’étendait à perte de vue et de la joie immense des villageois lorsque la pluie s’annonçait.
Ma mère est morte lorsque j’avais 4 ans. Il ne me reste rien d’elle, pas même une photo. Mon père, le forgeron du village, modelait les outils de la vie quotidienne. C’était un musicien et un poète. Puis le “progrès” est entré dans notre vie avec les colons français venus pour exploiter la houille du sous-sol de notre région.
Les cultivateurs du village furent les premiers à descendre dans la mine. Comme ils n’avaient plus besoin d’outils, mon père dut se résoudre à y descendre aussi, pour nous faire vivre. Je l’ai vécu comme une aliénation. J’étais malheureux de le voir revenir le soir, le visage noir de poussière de charbon, fermé, triste et silencieux. La musique n’enchantait plus notre maison…

« Renier l’islam n’a pas été sans problème »

Pour m’offrir la chance de choisir ma vie en toute liberté, mon père me confia à un couple de Français. Avec eux, j’ai découvert l’amour absolu et l’idéal de justice que porte le message du Christ. Son “aimez vos ennemis” m’a profondément rejoint.
Pourtant renier l’islam n’a pas été sans problème. Je le ressentais durement lorsque je retournais au village pour les vacances. J’imagine aujourd’hui combien me confier à des Européens, catholiques de surcroît, a été une décision courageuse et douloureuse pour mon père. Il a fait ce choix avec la conviction profonde que c’était pour mon bien, malgré le déchirement que cela a occasionné pour nous deux.
Cette grande souffrance est aujourd’hui dépassée, mais je dois reconnaître qu’elle a fondé mon choix d’une vie qui bannit toute forme d’aliénation. J’ai toujours essayé d’être en cohérence avec ce que je dis. Je cultive ma terre, selon les règles de l’agroécologie, mais pour moi être écologiste, ce n’est pas uniquement manger bio et bannir les pesticides, c’est une éthique qui s’applique aussi à la façon dont on considère les gens autour de soi. »


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source : La Croix 

dimanche 31 décembre 2017

Pierre Rabhi nous montre le chemin... en 2018


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Parfois, je suis découragé, tant d'efforts pour si peu de changements, j'ai l'impression de me battre contre des moulins à vent. Je ne suis pas Dieu, je ne me suis pas attribué de mission, mais je veux être cohérent avec moi-même : le peu que je peux faire, je le fais. 

Aujourd'hui je constate un éveil très fort, dans tous les sens, qu'il faut soutenir. C'est mon chantier. Il faut nourrir ceux qui viennent m'écouter, pas avec des théories générales sur le monde qui ne va pas bien, mais avec des réalités tangibles, humaines. 

Je suis seulement armé de mes convictions, qui me donnent des forces considérables. Ce n'est pas le moment de flancher. Et puis donner sa démission d'être humain, mais à qui ?! Non, je fais ma part, avec amour et bienveillance. 
 
Pierre Rabhi

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jeudi 21 décembre 2017

La dualité et la prédation... Rappel de Pierre Rabhi


Sachez que la Création ne nous appartient pas mais que nous sommes ses enfants :

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samedi 25 novembre 2017

Pierre Rabhi et le sacré

À méditer

« L'humanité dans sa globalité et l'homme dans son individualité sont rongés par la vanité, celle de croire qu'ils peuvent tout dominer y compris le destin, Dieu ou la nature. » 
« Notre conviction est que nous ne vivons pas une crise matérielle mais la rupture avec le sacré dans le sens le plus élémentaire. Ce sentiment n'a rien à voir avec des théories complexes. Il nous installe en tout instant dans une attitude bienveillante à l'égard du vivant. » 
« Il n'y a pas besoin de doctrine pour vivre la spiritualité. Selon moi, le respect du vivant est vraiment le gage selon lequel on a compris l'essentiel. »
« J'appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. » 
Citations tirées de La Puissance de la modération

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L'agriculteur spirituel
1938 Naît à Kenadsa. 
1960 S'installe avec sa femme en Ardèche, où il travaille comme ouvrier agricole. 
1963 Devient paysan. 
1992 Fonde l'association les Amis de Pierre Rabhi, rebaptisée Terre et Humanisme en 1994. 
1997 Reconnu par l'Onu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification. 
2004 Crée les Amanins, un site agroécologique dans la Drôme. 
2007 Lance le mouvement Colibris.

dimanche 23 juillet 2017

Trois conseils pratiques pour se réconcilier avec la nature


1. Cultiver un potager
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Si vous pouvez cultiver un jardin, lancez-vous. D'abord pour le rapport aux lois de la nature qui est extraordinaire. Les saisons nous enseignent la patience. En outre, cultiver un potager, ce n'est pas simplement produire ses légumes, c'est apprendre à s'émerveiller du mystère de la vie. Personne n'est capable de réaliser cette magie sinon la vie elle-même, avec cette subtilité, comme celle du corps humain. On plante une petite graine et, dans cette graine, il y a potentiellement des tonnes de graines. C'est magique que dans une petite graine endormie, insignifiante, il y ait une puissance de vie aussi considérable.

Cultiver son jardin, c'est aussi en quelque sorte un acte politique et légitime de résistance. Soit nous laissons les multinationales et l'affairisme planétaire nous nourrir en brevetant la vie, en nous rendant dépendants et en nous confisquant notre capacité d'assurer par nous-mêmes notre propre survie, soit nous cultivons nos jardins qui, en plus du bonheur que cela nous procure, nous relient aux forces vitales sans lesquelles nous n'existerions pas.

2. Incarner l'utopie dans nos choix de consommateurs

Nos choix de consommation sont importants. Cependant, chaque fois que je fais le plein d'essence, je donne de l'argent aux multinationales contre lesquelles je fulmine. Je ne peux nier les contradictions dans lesquelles je me trouve emprisonné. Nous sommes tous pris dans un système que nous ne cessons de récuser. Celui-ci, pour perdurer, a recours à tous les stratagèmes subjectifs et symboliques afin de manipuler, avec la publicité, les consciences et de produire du consentement. On ne vend pas seulement de l'usage, mais aussi du rêve et du fantasme. Le temps est venu de sortir de l'envoûtement pour incarner les utopies créatrices d'un monde tangible fondé sur la conscience.

3. L'amour pour changer le monde

Si l'on part du principe qu'il ne peut y avoir de changement de société sans changement humain, le travail que chacun peut accomplir est celui qu'il fait sur soi-même, sur sa propre transformation. Et un travail important à mes yeux consiste en l'incarnation de l'amour dans sa relation avec ses semblables, même si c'est difficile. ]e pense également qu'il faut être tolérant à l'égard des individus et ne pas juger trop vite les personnes, parce qu'elles sont probablement en voie de transformation. Par contre, je suis intransigeant et dans une protestation sans appel contre ce qui outrage le caractère sacré de la vie.

C'est à partir de nos microcosmes que l'on construira l'apaisement planétaire, en élaborant une harmonie toujours plus grande dans nos familles et dans nos couples. Chacun de nous dispose d'un espace dans lequel il est souverain et où son libre arbitre peut s'exercer pleinement. Il n'est pas d'autre force capable de donner à la vie sa plénitude et son sens que l'amour. Rappelons-nous de cette évidence.



Pierre Rabhi

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vendredi 31 mars 2017

Geste d'évidente transcendance...

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Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'au tréfonds de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les gestes qui nous relient aux évidences ...

Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers, pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées ...

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Pierre Rabhi

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samedi 21 janvier 2017

Il est temps... avec Pierre Rabhi



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A 78 ans, vous vous dites fatigué et confiez ne pas arriver à lever le pied. Comment vivez-vous ce temps que vous passez à écrire, parler, sensibiliser ?


Disons que je ne tiendrais pas le coup si je n’étais pas engagé dans des enjeux gravissimes (la faim dans le monde, la destruction de l’environnement, etc.). L’humanité est folle et la planète est entre des mains inconscientes… Comme l’a prouvé le scientifique Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humain, notre présence sur terre est fort récente et seule l’humanité a su introduire de la dualité dans la réalité terrestre… Tout cela pour des raisons imbéciles, spécieuses, et de surcroît avec des déséquilibres profonds, notamment entre masculin et féminin !
Votre vision n’est pas très optimiste…

L’évolution générale n’est pas bonne, même s’il y a de petits progrès de-ci de-là… Nous sommes capables de toutes sortes de prodiges et de prouesses techniques et technologiques, mais à force de mobiliser notre génie sur la destruction et la mort, nous retournons cette prodigiosité contre nous. La question est de savoir pourquoi nous sommes dans cette contradiction et comment nous nous sommes installés dans cette ornière. Il s’agit aussi de savoir si nous avons le temps de changer la donne. Comment appréhendez-vous cette question du temps ?
Depuis l’origine de l’humanité, le temps est indexé sur le temps cosmique (les saisons, le rythme du vivant), raison pour laquelle je peux renoncer à beaucoup de choses, sauf à mon jardin, qui me reconnecte à cette temporalité. J’ai aussi appris à m’écouter : revenir à son corps et à sa respiration permet de garder la vraie cadence de la vie.
Le tout consiste à échapper à la frénésie dans laquelle notre société est entrée : quand la logique de profit accélère le temps pour des finalités stupides, la société ne crée plus de joie et l’on recourt aux anxiolytiques pour atténuer notre mal-être. Cette frénésie est presque une épidémie généralisée… On est tombé dans cette anomalie pour gagner du temps, mais cette normalité nous piège maintenant.


Le retour à la terre et la permaculture, dont on parle beaucoup aujourd’hui, nous permettraient donc d’apaiser notre rapport au temps ?


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Oui ! Le jardin oblige à la patience, car on ne peut semer aujourd’hui et récolter demain. Certains moyens artificiels accélèrent le processus, mais le vrai temps, celui qui est ponctué par la respiration ou les battements du cœur, est le seul à procurer un sentiment d’éternité. De même, la civilisation agraire imposait un temps différent de celui de la société industrielle dans laquelle les gens acceptent d’être enfermés dans des villes, d’être enfermés toute leur vie dans des boîtes, dans un espace où le soleil se lève et se couche pour rien. C’est à se demander s’il existe une vie avant la mort.
« Je retiens que le temps qui passe est une durée qui m’est octroyée, une soustraction permanente sur ma durée. » C’est comme si on restait dans le coma pendant onze mois, avant de profiter, pendant le mois restant, de ce que le système nous confisque… Il faut donc s’interroger sur les raisons qui nous poussent à être dociles à la frénésie plutôt que d’essayer d’innover pour mieux la supporter ! Prenons donc le problème à sa racine : quel mode d’organisation l’humanité doit-elle adopter pour jouir de ce que la vie sur Terre lui offre ?


Vous affirmez dans votre livre être convaincu qu’il n’y a pas de changement de société sans profond changement humain, et qu’il nous faut ensemble prendre conscience de notre inconscience. Mais a-t-on le temps d’attendre cette prise de conscience ?

Il y a un moment où chacun de nous est ramené à l’espace de liberté où l’on peut exercer sa spontanéité, sa liberté… C’est pour cette raison que nous avons créé le mouvement Colibris (association fondée en 2007 qui mobilise « pour la construction d’une société écologique et humaine »). Et c’est pour cette raison que j’ai organisé ma vie avec une cohérence de pensée et de conviction, car c’est par l’exemple et la cohérence qu’on arrive à convaincre. Le problème est surtout de savoir si nous sommes capables de changer les choses, de créer un autre espace-temps et de sortir du système esclavagiste qui nous est imposé.
Qu’apprend-on le plus avec le temps ?

Je retiens que le temps qui passe est une durée qui m’est octroyée, une soustraction permanente sur ma durée. On déduit sans cesse sur un capital vie dont on ne sait l’importance… donc pour moi le temps s’imprime sur quelque chose qui a une saveur d’éternité… C’est ainsi que l’on perçoit notre contingence, que l’on passe dans la vie sans arrêter le temps.


Interview de Pierre Rabhi
Journal Le Monde

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samedi 14 janvier 2017

Pierre Rabhi... vu de l'intérieur...


Les problèmes sont en moi déjà !
La nécessité du changement intérieur... 
et du travail sur soi (corps, émotions, pensées)



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jeudi 29 décembre 2016

A la rencontre de Matthieu Labonne

En suivant le MOOC de Colibris, "création d'une oasis", j'ai découvert Matthieu Labonne. 
Voici un extrait audio et une vidéo pour vous permettre de le connaître.

Présentation par Alain Chevillat
Extrait d'une plénière du forum à Ciel Ouvert : 
Imparfait mais debout (nov. 2015 - 12 min.)





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mardi 27 décembre 2016

Pierre Rabhi : "En fait, je suis milliardaire"


Dans La Convergence des consciences, le chantre de l’agroécologie, Pierre Rabhi, se dévoile (un peu) à travers l’exercice de l’abécédaire
Pierre Rabhi publie la Convergence des consciences. (Sipa)
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Pierre Rabhi, êtes-vous… à la mode?
Je récuse ce terme. Si j’étais Johnny Hallyday, j’arrêterais. Je me situe dans des problématiques d’une gravité extrême, qui concernent la survie ou la disparition de l’humanité.
 … solitaire?
Quand j’ai commencé mon combat contre la destruction des sols, la disparition de la biodiversité, bref, toute la connerie humaine qui saccage autour de soi, il n’y avait pas grand monde. J’étais un petit paysan de l’Ardèche face au modèle triomphant des Trente Glorieuses. Après avoir été un petit employé de banque en Algérie, je me retrouvais en France rangé dans une "boîte", à la Someca. Mais je ne voulais pas être un produit national brut.
Voir notre vidéo : 


… riche?
En fait, je suis milliardaire. Un aristocrate. De ma fenêtre en Ardèche, on aperçoit 17 clochers. La nature m’offre des milliards en biens. Quand nous avons acheté notre maison, avec mon épouse, Michèle, il n’y avait ni eau ni électricité mais quel confort, ce silence profond et cette sensation d’être hors du temps. Ce bien commun appartient à l’humanité et aux générations qui nous succéderont. Aucun argent ne devrait s’en prétendre le possesseur.
 … pour la modernité? Votre grand-mère qualifiait le pétrole de pus…
Oui, elle ne savait ni lire ni écrire, mais elle fonctionnait sur d’autres éléments et notamment l’intuition. Je ne me prosterne pas devant la science. Rappelons que c’est un scientifique qui a fabriqué la bombe atomique.
 … féministe?
Selon les trois religions monothéistes, Dieu est masculin. Or les deux énergies masculine et féminine ont besoin l’une de l’autre pour s’équilibrer.
 … musicien?
Pendant des années, j’ai torturé le violon. Ça accompagnait mes jours. Maintenant, je n’ai plus le temps?; je me suis engagé dans l’écologie. Quitte à faire des choix, je préfère aller au marché. Là, chaque mercredi, je refais le monde avec mes copains. C’est autre chose que le supermarché avec ses tubes à tue-tête! Mais la musique ne m’a pas totalement quitté. J’ai un fils qui est premier prix de guitare classique au conservatoire de Paris.
… cinéphile?
Apocalypse Now est l’un de mes films préférés. Quel regard sur la violence, quel décryptage de la barbarie qui nous guette?! On devrait tous méditer sur les terrifiantes brutalités qu’ont été les guerres du XXe siècle. Moi, je n’ai jamais tenu un fusil. Si je n’avais pas été exempté de service militaire, j’aurais demandé à être brancardier.
… fan de BD?
J’ai toujours un Bibi Fricotin dans mon sac. Depuis mon enfance, je n’en rate aucun numéro. C’est naïf, il y a quelque chose qui me touche. J’ai été moniteur de colo, on passait la journée à chanter des choses très simples. C’était comme ça.
 … lecteur du Petit Prince?
"essentiel est invisible pour les yeux", j’aime cette vision de l’âme. L’auteur fait passer son personnage dans une autre réalité. Pour moi, ce n’est pas un livre sur le suicide, comme vous l’avancez.
 … l’ami des stars?
J’aime beaucoup Marion [Cotillard]. Ce n’est pas qu’elle soit une star, ça je m’en fous. Ce qui m’accroche, c’est la conscience de quelqu’un, sa lucidité, sa bonté. ­Marion est une amoureuse de la nature. Vous ne pouvez pas savoir la misère qui règne dans ce monde que l’on admire, celui du cinéma qui gagne beaucoup d’argent. Leur vie n’a plus de sens; ils l’imitent, ils font illusion. C’est leur métier. Mon ami Yehudi Menuhin m’expliquait : "L’orchestre qui joue une symphonie, c’est merveilleux, mais il ne faut jamais aller en coulisses." De Marion, je garde l’amitié d’une âme.
 … amoureux?
Ça aurait été difficile si ma femme, Michèle, n’avait pas accepté de me suivre dans mon aventure de paysan à la campagne, cette vie ouverte aux animaux, aux végétaux. Ensemble, nous avons investi le plus précieux capital : notre vie. 

 La Convergence des consciences, Le Passeur, 231 p., 17.90 euros. 


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jeudi 8 septembre 2016