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samedi 15 novembre 2025

Le rêveur fervent

 LE RÊVEUR FERVENT

si cette vie est un rêve
alors je rêverai
de toutes mes forces
de toute mon âme
et si mon âme elle même
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est illusion
alors je choisirai
de croire en elle
de toute ma ferveur
j’embrasserai le rêve
étreindrai l’illusion
et nous danserons
danserons
une danse éperdue
à contre temps
de toutes les indifférences
à rebours
de tous les évitements
à contre courant
de tous les détachements
la danse
de la souffrance
et de l’émerveillement
la danse
de l’affection ordinaire
de la douleur ordinaire
de la joie ordinaire
de l’épreuve ordinaire
de l’espoir ordinaire
de la peur ordinaire
et si je suis moi même
rêve et illusion
qu’importe
qu’importe
je rêverai passionnément
je rêverai
être ce je
cet humain
tout autant banal qu’unique
et déchirant d’humanité
et si la conscience
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à l’issue du rêve
se résorbe en elle même
peu importe
je reviendrai
moi le rêveur
rêver de concert
avec tous les rêveurs
frères et sœurs
produits ou pas du rêve
solidaires dans le rêve
je laisserai la conscience
se contempler elle même
et je reviendrai
ordinaire
parmi les ordinaires
et mon rêve
sera si fervent
qu’il renverra
la conscience
à elle même
en son néant

Gilles Farcet

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samedi 1 mars 2025

Poésie de la nuit


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Comme elle est étrange cette vie incarnée dont nous cherchons avec tant d’application à en cadrer une moitié, lui donnant une structure, une logique, une chronologie rythmée par le temps, un sens, des valeurs, un échelonnement d’importance, une direction, un début, une fin et dont l’autre moitié nous échappe totalement. Faite de nuits obscures, de lambeaux de raison, d’anachronisme, de distorsion du temps, de l’espace ou du souvenir, d’images ineffables, de quêtes insaisissables, de batailles marécageuses ou de fulgurances, cette face nocturne de notre vie, l’air de rien, nous entraine dans un monde parallèle, illogique et sensible, glacé ou sensuel, dont nous émergeons chaque matin recréé à neuf, pour aborder un nouveau jour de raison, laissant au fond du lit, ces parts de rêve ou de cauchemar, cette poésie de la nuit.
L’une de ces deux moitiés n’existerait pas sans l’autre et l’autre sans l’une...
Et l’autre sans lune...

Elisabeth Kuhn
art graphique: Rebekah Myers

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jeudi 26 septembre 2024

L'appel à pratiquer

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« Chaque vision claire d’un comportement mécanique est un appel à pratiquer. Nous proclamons vertueusement les grands principes de justice et de vérité, et pourtant, à la moindre révélation de nos illusions psychologiques et personnelles, de nos mensonges et de nos échecs, nous n’intervenons pas. C’est la première montagne qu’il nous faut gravir pour atteindre le sommet du potentiel humain et de la conscience éveillée. Si nous tentons d’éviter cette ascension, peu importe combien de « cris et de fureurs » nous agiterons, nous ne franchirons pas, nous ne pourrons pas franchir les limites d’une existence identifiée aux rêves et que nous croyons être l’état d’éveil. »

Extrait de « Juste ceci », à paraître mi-octobre. 365 courts enseignements de Lee Lozowick

(Hohm Press - tirage limité dans un premier temps.)

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vendredi 21 juin 2024

Rêve

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 « On rêve d'une minute de silence universel où le monde se tiendrait soudain immobile et muet, les yeux clos, attentif au seul respir du vent dans les arbres, au chuchotement clair d'un ruisseau, au déploiement d'une herbe dans la lumière, à l'unanime pulsation du sang dans les cœurs, une minute pour que le monde reprenne conscience et se réajuste à la seule réalité qui vaille, le pur sentiment d'exister un et multiple, entre deux néants, sur la terre perdue dans les cieux innombrables. »

Jean Pierre Siméon - La poésie sauvera le monde

peinture Charles Guilloux 1886-1946 - La rivière au crépuscule

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jeudi 16 mai 2024

Cerveau de nuit et cerveau de jour

Comme des jardins sauvages ou des jardins travaillés, 
prenons le temps de regarder fonctionner notre cerveau :


samedi 11 mai 2024

La vie sauvage du cerveau

 Chaque matin, une de mes amies artistes note un des rêves qu’elle vient de vivre, et l’illustre d’un dessin aussi beau qu’énigmatique. Puis, elle publie tout ça sur Instagram, et le résultat est fascinant. Un peu embarrassant parfois, tant elle s’y livre avec sincérité. Elle m’a expliqué sa méthode pour ne pas oublier ses rêves : sortir tout doucement du sommeil, les laisser remonter à son esprit, et surtout les noter tout de suite, dès le réveil. Je m’y suis entraîné, et j’ai pratiqué quelque temps, ça marche très bien.

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Mais au bout d’un moment, j’ai laissé tomber. Il y a tellement d’activités intéressantes à observer dans notre cerveau ! Moi mon truc, c’est plutôt ce qui s’y passe quand nous sommes éveillés : voir vivre les autres humains, tenir un journal pour comprendre mes émotions et réactions, méditer…

Et pour ce qui s’y passe la nuit, je préfère laisser faire ma cervelle ! Et observer le résultat sans trop chercher à creuser, un peu comme un jardin que je laisserais vivre, à l’état naturel, sans y intervenir. Bon, c’est vrai que c’est un univers incroyable, je suis d’accord avec ce qu’en disait l’humoriste Pierre Dac : « Les rêves, c’est pour ne pas s’ennuyer en dormant. » Effectivement, on ne s’ennuie jamais en rêvant ; et parfois, avec sa musique étrange, vient un songe qui nous marque pour toujours.

C’est ce que le psychanalyste Jung appelle les « grands rêves », il assure qu’on n’en ferait que quelques-uns dans sa vie. Pour ma part je me souviens très précisément de mon Grand Rêve, je l’ai vécu vers l’âge de 10 ans.

Ça se passe dans une immense pièce sombre, avec des femmes qui marchent en silence dans des coursives qui me surplombent ; moi je suis en bas, tout seul, allongé sur de grands lavabos collectifs, comme ceux d’une école ou d’une colonie de vacances ; j’ai froid, je me demande ce que je fais là, tout seul, ce que font ces femmes, et ce qui va m’arriver. Je ne cherche pas à fuir, à agir, à partir. J’attends, sans peur, calmement, mais avec l’impression que quelque chose d’important va advenir…

Bizarre, hein ? Et le plus bizarre, c’est que je m’en souvienne aussi précisément depuis si longtemps. Bon, pour l’interprétation, ne comptez pas sur moi, je vous laisse la faire, si ça vous amuse. Mais vous feriez mieux de vous plonger dans vos propres grands rêves, tiens…

Vraiment, j’adore les rêves : faire les miens, écouter ceux des autres. Mais j’adore de loin, comme j’adore la poésie hermétique, celle de Saint-John-Perse, par exemple, qui reçut le prix Nobel de littérature en 1960. Un passage :

« Écoute, ô nuit, dans les préaux déserts et sous les arches solitaires, parmi les ruines saintes et l’émiettement des vieilles termitières, le grand pas souverain de l’âme sans tanière,

Comme aux dalles de bronze où rôderait un fauve.

Grand âge, nous voici. Prenez mesure du cœur d’homme. »

C’est beau, n’est-ce pas ? On peut en rester là, et laisser courir notre esprit à partir de ces images et de ces mots ; ou bien, on peut rentrer dans l’exégèse, et décoder peu à peu, puisque c’est un grand poème sur le vieillissement. Moi, bien souvent, j’en reste là, la musique des mots et la poésie des rêves me suffisent.

C’est passionnant les rêves que nous faisons la nuit, c’est émouvant, remuant, révélateur parfois… Mais il y a un truc encore plus passionnant, c’est la vie que nous menons de jour.

Et pour ma part, je préfère réfléchir à mes jours qu’à mes nuits, comprendre la veille plus que le sommeil. Je me sens proche du philosophe Diogène, quand il dit : « Nous sommes plus curieux du sens de nos rêves que des choses que nous voyons éveillés. »

Oui, de mes deux cerveaux, cerveau de jour et cerveau de nuit, je préfère jardiner le premier et laisser le second vivre sa vie sauvage, non sans admirer sa créativité !

Christophe André

 (source : le blog)

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dimanche 10 mars 2024

Accompagner la fin de vie

 D’où vous vient cette détermination ?

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Elle s’est forgée au fil des années, mais aussi des rencontres avec ce que j’appellerais des “compagnons de route”, qui m’ont aidée tout au long de ce cheminement. Je pense en particulier aux philosophes que j’ai côtoyés, comme Bertrand Vergely, Emmanuel Hirsch, de l’espace Éthique de l’AP HP, ou, plus récemment, Cynthia Fleury. Après nos échanges, il m’a paru évident que l’abandon des personnes vieillissantes ou vulnérables, l’abandon des mourants et le silence sur cette mort qui est notre destin à tous n’étaient pas dignes d’une société des droits humains. 

Cette prise de conscience s’est imposée à moi à la suite d’un rêve survenu durant les années où j’exerçais en tant que psychologue clinicienne dans la première unité de soins palliatifs créée en France, en 1996, à l’Hôpital universitaire '. Ce rêve, survenu alors que j’avais une quarantaine d’années, j’en ai fait le récit dans La Mort intime, et le voici tel que je l’ai raconté : “Je suis dans une cuisine où se dresse devant moi une grande cheminée. Un homme que je ne connais pas se trouve à côté de moi. Il me demande de monter sur un tabouret et de regarder à travers un trou percé dans le conduit. Je grimpe sur le tabouret, jette un œil et vois ce qui ressemble à un conduit de cheminée avec de la suie à l’intérieur. Et là, mon regard est attiré par un filet de miel coulant au milieu de la suie. Je m’interroge : « Du miel dans un conduit de la cheminée ? » Je teste la consistance avec le doigt et goûte : c’est bien du miel. Alors je redescends, bouleversée, puis je dis avec force à cet homme : « Il faut que j’aille dire aux gens qu’il y a du miel dans la suie ! »”Je me réveille alors avec le sentiment d’avoir fait un grand rêve, un rêve qui m’indiquait mon destin. En tant qu'analyste jungienne, j’étais depuis longtemps habituée à travailler sur le matériel onirique de mes patients, et il m’a paru évident que ce rêve me disait en quoi consiste ce “mandat céleste” dont je vous parlais tout à l’heure. Je travaillais déjà sur tous ces thèmes que notre société rejette : la vulnérabilité, la maladie, la dégradation physique, la mort. Tout ce qui fait peur. Tout ce qui dégoûte. Tout ce que l’on cache. La suie, c’est cela. Mais dans la suie coule du miel, ce que j’ai découvert lorsque j’accompagnais des personnes si fragiles. Le miel représente la douceur, la tendresse, le partage, quelque chose de bon et de précieux qui existe au milieu de cela. Tout est parti de là !

Les personnes en Ehpad ou en fin de vie, mais aussi leurs proches, leurs soignants, souhaitent bien sûr qu'on les accompagne, qu'on les écoute, qu’on les comprenne, mais elles attendent également des réponses et des solutions concrètes aux questions quelles se posent pour vieillir décemment, mourir dignement et partir sans souffrir. Êtes-vous en mesure de leur apporter cela ?

Je n’ai pas de recettes toutes faites. En revanche, après avoir beaucoup observé et interrogé de personnes âgées remarquables, je sais qu’il existe des pistes pour se donner les meilleures chances de vivre une vieillesse riche, épanouie, constructive et en bonne santé. Mes dix années d’expérience au chevet des mourants m’ont aussi montré ce qui permet à une personne en fin de vie - même si chaque cas est particulier - de mourir sans souffrance physique ni morale. Mais pour cela, un énorme travail de prise de conscience collective doit être accompli. La génération des boomers - la mienne -, celle qui a prôné dans sa jeunesse l’imagination au pouvoir, doit rivaliser d’imagination, justement, pour ne plus compter sur ses enfants ou sur l’État pour régler ses problèmes de grand âge et de fin de vie, car la solidarité intergénérationnelle a atteint ses limites. Nous sommes les premiers dans l’histoire de l’humanité à vivre aussi longtemps. Il est possible de faire de cette nouvelle donne une chance, une véritable opportunité, ou bien au contraire un enfer. À nous de choisir, et vite, car c’est aujourd’hui, maintenant, que tout se joue. Les solutions existent. Je les expérimente seule ou avec d’autres personnes de ma génération. Reste à trouver la volonté individuelle et collective de les appliquer.

Si la génération actuelle du troisième âge ne prend pas très vite conscience que c’est à elle de se donner les moyens de rester autonome le plus longtemps possible, elle se prépare un quatrième puis un cinquième âges très difficiles. Bien sûr, la perte d’autonomie peut être consécutive à la maladie, à une fragilité chronique ou à un accident, mais si les bonnes pratiques - sur les plans physique et psychique - sont mises en place assez tôt, nous savons que nous avons de grandes chances de parvenir à l’âge de quatre-vingt-dix ans en ayant conservé notre autonomie. Or les gériatres nous disent que celui qui atteint cet âge en étant autonome a huit chances sur dix de le demeurer jusqu’au bout, ce qui contribue grandement à une fin de vie digne et paisible. Prévenir la perte d’autonomie n’est donc pas un vœu pieux mais une réalité possible, et une grande satisfaction lorsqu’on obtient les résultats escomptés. À l’âge qui est le mien, c’est dans cette logique que je m’inscris.

source : extraits de l'Eclaireuse - entretiens avec Marie de Hennezel

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jeudi 8 juin 2023

Le trésor de la vie


Ne vous laissez pas leurrer par des techniques ! Il n'y a pas de techniques de démontage de l'ego. Il n'y a pas de techniques pour faire de Dieu la victime de votre avidité. Il n'y a pas de techniques pour s'emparer du réel. Il y a la possibilité d'une vie de rigueur, de discipline, de conscience. Mais n'attendez pas de quelque technique qu'elle fasse de vous des êtres conscients.

Peut-être y a-t-il des différences à constater entre les disciplines de conscience. Mais si nous restons dans le rêve et le sommeil, nous serons continuellement les victimes de nos mécanismes, de nos automatismes, et opposer à cela la mentalité moderne de la technique efficace serait une autre façon de perpétuer le rêve. 

Depuis toujours, il y a la même base à toute discipline. Si la finalité de l'existence c'est aimer, avant que de pouvoir aimer il faut être conscient, et ne peut être conscient que celui qui s'oblige à la conscience

De la même façon que le rêve, le sommeil semble être devenu notre nature, il faut s'obliger de telle façon que la conscience soit notre nature. Personne ne peut nous rendre conscients, aucun événement, aucune situation en particulier. Pourquoi ? Parce que tout veut nous rendre conscients, parce que tout aspire à la conscience, ce qui vit aspire à la conscience. C'est pourquoi ce n'est ni un événement ni une situation en particulier que l'on doit favoriser ou privilégier : tout est conscience.

Tout est conscience, tout aspire à sa propre reconnaissance. Et nous faisons partie de ce mouvement-là : tout doit être occasion de travail, tout doit être occasion de conscience pour  nous.

C'est le manque de conscience qui engendre la souffrance, qui engendre la destruction. Parce que c'est dans le manque de conscience qu'il y a l'irrespect de ce qui est, le manque de souci, de soin de ce qui est.

C'est pourquoi celui qui vit dans la conscience, on doit voir dans sa vie, dans ses actes, dans ses relations le souci constant du bien. Aujourd'hui plus que jamais des êtres conscients sont nécessaires, je ne donnerai aucune technique, je ne peux que rappeler l'obligation de conscience.

La vie est très courte, vous ne savez pas ce qu'il y avait avant votre naissance, vous ne savez pas ce qu'il y aura après votre mort. Ce que vous pouvez savoir aujourd'hui, vous le savez par le biais de l'existence, de ce qui n'était pas avant votre naissance et de ce qui ne sera plus après votre mort. Ce que vous savez aujourd'hui, vous le savez au travers de votre corps. Alors qui peut dire ce qu'il y a quand il n'y a plus de corps ? Mais au moment de partir, quand vous serez devant la dernière porte à laquelle nul ne peut échapper, c'est la vie tout entière qui vous posera une question : « Comment as-tu aimé ? » Vous saurez à ce moment-là ce que vaut votre existence. Vous saurez à ce moment-là si vous avez vécu. Vous saurez si vous appartenez au club des AA, les Amoureux Anonymes.

Seule une ouverture dans la conscience peut nous faire accéder à une qualité désintéressée de vie où nous n'aurons pas le souci de ce que nous allons récolter de notre vie après la mort.

Vous connaissez la fable du laboureur et ses enfants : il y a un trésor dans le champ, et on laboure, on laboure, et le trésor c'est le labourage. De la même façon il y a des gourous, des maîtres, des saints qui vous parlent d'un trésor, et vous labourez, vous labourez, vous labourez avec des tas de techniques, mais le trésor est dans le labourage.

Dans le zen, maître Dogen dit : « La pratique est l'éveil, et l'éveil est la pratique. » Et en français découvrir un trésor se dit « inventer un trésor ». Alors si vous voulez trouver le trésor de la vie, inventez la vie. Seule une conscience libre de l'ego et libre de l'intérêt personnel peut inventer sa vie.

Yvan Amar - Tisser le lien

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vendredi 8 juillet 2022

Le poème

 

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"Un poème sommeille en moi

Qui exprimera mon âme entière.

Je le sens aussi vague que le son et le vent

Non modelé dans sa forme accomplie.


Il n’a ni stance, ni vers, ni mot.

Il n’est même pas tel que je le rêve.

Rien qu’un sentiment confus de lui,

Rien qu’une brume heureuse entourant la pensée.


Jour et nuit dans mon mystère intime

Je le rêve, je le lis, je l’épelle,

Et sa vague perfection toujours

Gravite en moi à la frange des mots.


Jamais, je le sais, il ne sera écrit.

Je sais et j’ignore à la fois ce qu’il est.

Mais je jouis de le rêver,

Car le bonheur, même faux, reste le bonheur."


Fernando Pessoa 1888-1935

photographie: Gertrude Käsebier 1852-1935 - «Heritage of Motherhood.» 1904

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vendredi 20 mai 2022

On se réveille...

 
ON SE RÉVEILLE POUR FAIRE FACE AU JOUR NOUVEAU, VOILÀ TOUT 

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Il espérait, oui, il espérait servir encore.

Il espérait qu’il lui serait donné de faire son temps, tout son temps. Il espérait pouvoir goûter l’expérience de la vieillesse et, le moment venu, dire « au revoir tout le monde » avant de radicalement tourner le dos à cette existence au final tant aimée, pour s’éveiller du rêve de la vie, bien réel tant qu’il se déploie, évaporé dès qu’il cesse.

De plus en plus, quasiment chaque nuit, une lucidité s’invitait en ses songes, l’amenant, alors même qu’il sommeillait toujours, à laisser de côté les situations à résoudre dont il percevait qu’elles n’existeraient que le temps du rêve et se dissiperaient avec lui.

C’était dorénavant à peu près ainsi qu’il envisageait ce qu’ils appelaient « la mort » : une transition, fût-ce vers un « néant » - mais pour concevoir le néant il fallait bien quelque chose et quelqu’un, et aussi ce qu’ils appelaient « la vie » : il s’agissait de vivre, pleinement, complètement, sans réserve ni protection, tous les épisodes, situations, rebondissements, de les goûter à plein sens pour, venu le moment, mais juste à ce moment-là et pas avant même s’il y avait détachement progressif, s’en désintéresser radicalement et à jamais. Sans reniement aucun.

Pourquoi renier ses rêves de la nuit ? On se réveille pour faire face au jour nouveau, voilà tout.

Gilles Farcet

extrait du livre "La réalité est un concept à géométrie variable"

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lundi 13 décembre 2021

La nuit n'est jamais complète

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 La nuit n’est jamais complète.

Il y a toujours, puisque je le dis,

Puisque je l’affirme,

Au bout du chagrin

Une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée

Il y a toujours un rêve qui veille,

Désir à combler, Faim à satisfaire,

Un cœur généreux,

Une main tendue, une main ouverte,

Des yeux attentifs,

Une vie, la vie à se partager.

La nuit n’est jamais complète.

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Paul Eluard

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vendredi 20 août 2021

Imaginer votre réalité future


Contrairement à ce que vos professeurs vous ont peut-être dit lorsqu’ils vous surprenaient à regarder fixement par la fenêtre lorsque vous étiez en cours, laisser votre esprit vagabonder peut constituer une première étape essentielle pour atteindre vos objectifs...

Accordez-vous donc des moments pour rêver et jouer. Quel vœu demanderiez-vous à Cendrillon d’exaucer si elle venait vous rendre visite ? Elle s’assurerait que vous avez l’influence, les contacts et les ressources nécessaires pour que votre désir devienne réalité. Vous avez votre objectif en tête ? Voici la marche à suivre :

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1. Dressez une liste des éléments importants concernant votre objectif, des raisons pour lesquelles vous voulez l'atteindre, puis classez-les par ordre d’importance.

Vos valeurs vous surprennent ? Vous êtes-vous rendu compte que des choses que vous jugiez importantes ne l’étaient pas tant que cela après tout ? Avez-vous pensé à une valeur qui manquait au départ ?

2. Maintenant, toujours éveillé, imaginez-vous en train de flotter en dehors de votre corps et projetez-vous dans l’avenir, à l’époque où vous pourriez avoir atteint l’objectif fixé.

3. Prêtez attention aux images, sons et sensations et modifiez-les.

Parvenez-vous à les rendre plus puissants, vibrants, éclatants, et à aller encore au-delà ?

4. Depuis l’avenir, retournez-vous sur le présent et laissez votre inconscient identifier ce qu’il a besoin de savoir et vous aider à en prendre conscience, pour vous permettre d’atteindre votre objectif.

N’oubliez pas de noter quelle serait la première mesure à prendre !

5. Une fois le rêve bien savouré, revenez à la réalité et prenez cette première mesure

Vous vous surprendrez !

extrait de La PNL, Programmation Neuro-Linguistique pour les nuls

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dimanche 27 septembre 2020

Conscience tragique.

"Le rêve est fascinant : il concerne tout le monde et on en sait si peu..." 

Et dans le cerveau, que se passe-t-il quand on dort?

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"Il ne faut pas voir le cerveau endormi comme au repos, encore moins éteint. Il travaille tout autant qu’à l’éveil : il garde les informations utiles et supprime les autres, fait des synthèses et des rapprochements entre des souvenirs identiques, les distribue dans le cortex pour qu’ils deviennent pérennes, fait de la régulation émotionnelle…
Il procède à un gros tri destiné à faire de la place et du sens pour le lendemain. Et pour cela, il a besoin de se mettre en veilleuse. Il ne conserve que la capacité à identifier s’il y a besoin de se réveiller ou non. Et tout cela, il l’accomplit de façon totalement différente de l’état de veille, ce qui permet un équilibre entre une pensée rationnelle et une pensée associative, émotionnelle. La nuit, les modes de raisonnement ne sont pas linéaires ou logiques - les contraires sont possibles. Cerveau éveillé, cerveau rêvant… Nous avons besoin des deux.
Ce monde qui n’accorde de la valeur qu’à la conscience, à la logique et pas du tout à l’inconscient, à la rêverie, c’est dramatique."

Perrine Ruby
Chercheuse en neurosciences
source : Sciences et avenir 2020


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samedi 18 janvier 2020

Mots inventés du soir...


Le bonheur
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dessin: Egon Schiele 1890-1918
les amants 1909

"Celui qui embrasse une femme est Adam. La femme est Ève.
Tout se passe pour la première fois.
J’ai vu une chose blanche dans le ciel. On me dit que c’est la lune, mais
que puis-je faire avec un mot et une mythologie ?
Les arbres me font peur. Ils sont si beaux.
Les animaux tranquilles s’approchent pour que je dise leur nom.
Les livres de la bibliothèque n’ont pas de lettres. Quand je les ouvre, elles surgissent.
Parcourant l’atlas je projette la forme de Sumatra.
Celui qui brûle une allumette dans le noir est en train d’inventer le feu.
Dans le miroir, il y a un autre qui guette.
Celui qui regarde la mer voit l’Angleterre.
Celui qui profère un vers de Liliencron est entré dans la bataille.
J’ai rêvé Carthage et les légions qui désolèrent Carthage.
J’ai rêvé l’épée et la balance.
Loué soit l’amour où il n’y a ni possesseur ni possédé mais où tous deux se donnent.
Loué soit le cauchemar, qui nous dévoile que nous pouvons créer l’enfer.
Celui qui descend un fleuve descend le Gange.
Celui qui regarde une horloge de sable voit la dissolution d’un empire.
Celui qui joue avec un couteau présage la mort de César.
Celui qui dort est tous les hommes.
Dans le désert, je vis le jeune Sphinx qu’on vient de façonner.
Rien n’est ancien sous le soleil.
Tout se passe pour la première fois, mais éternellement.
Celui qui lit mes mots est en train de les inventer."

Jorge Luis Borges 1889-1986

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dimanche 15 septembre 2019

Rêve intérieur

Les personnages de mon rêve
sont venu converser avec moi
hors de mon rêve.


Et cela, ils n’ont pas pu le supporter.

Ils se sont sentis prisonniers
des formes truquées
de ce rêve à l’envers.


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je n’ai pas su les retenir.

Je n’ai pas su créer pour eux un autre rêve au
dehors.
Un rêve véritable.


Pourrai-je me remettre à présent

à converser avec eux au-dedans?


Roberto Juarroz, 15ème Poésie Verticale

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lundi 9 septembre 2019

Celui qui garde ses rêves...


J’ai passé quelques jours tout seul au bord d’une longue rivière. Il n’y avait ni TV, ni radio, ni littérature, ni beaux-arts, ni musique. Tout ce qui existait là était vivant. La musique vivait entre l’eau et le rocher, sur les lèvres d’une autre rosée rencontrant une rosée d’herbe vivaient les beaux-arts. La poésie vivait sur les antennes d’un insecte tâtant le sol. Le roman vivait dans le long voyage tranquille de cet insecte.
Tout ce qui existait là bougeait. L’eau, des feuilles d’arbre, des nuages, des oiseaux et de petits animaux bougeaient sans cesse et l’eau de pluie, les cris des insectes nocturnes, la lumière du jour et le clair de lune de la nuit et la lumière d’eau de la rivière et l’ombre de toutes ces choses bougeaient. Ce monde qui bougeait autour de moi faisait mouvoir mon corps en me repoussant. Tout mon corps exposé, je me mis à respirer en imitant la respiration des feuillages épais des arbres.
Enfin, j’ai pu savoir que même ma chair, étant vivante, respirait. Le corps qui respirait, dés qu’il se fut échappé des ordres compliqués de ma tête inquiète, se mit à être à l’aise. Mes épaules devenaient légères ; mes yeux devenant vifs, je pouvais voir des fruits d’arbre se cacher dans la toile d’araignée ainsi que le chant d’amour que créent les insectes en agitant leurs ailes. J’ai enfin compris que toutes les choses du monde bougeaient en une seule chose.
Toutes les choses du monde n’en formaient qu’une. Elles ne pouvaient être différentes. Alors je me suis décidé à rejeter la différence entre le grand et le petit. Je me suis décidé à rejeter la différence entre le visible et l’invisible, entre vivre et mourir. C’était une décision difficile pour moi-même. Quelques jours après, alors que je disais au-revoir à la rivière en quittant le rivage désert, elle s’est approchée de moi sans mot dire pour mettre quelques rivières claires et longues dans mon cœur. Alors je suis devenu rivière
Celui qui garde ses rêves - Mah Chong-gi

Peinture Marthe Brilman
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« Alors qui suis-je maintenant ?
Un cornouiller à la peau crevassée
par le vent d’hiver sourit sans répondre.
Celui qui garde ses rêves est heureux. »


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lundi 28 janvier 2019

Espérance


Une vidéo pour ceux qui se disent que c’est trop tard pour vous, trop tard pour vivre vos rêves, trop tard pour changer ce qui vous dérange... trop tard pour la relation à laquelle vous aspirez, trop tard pour dire je t’aime ou pardon à vos enfants ou à des gens que vous savez avoir blessé ... trop tard pour quoi que ce soit...
Maintenant, c’est toujours le bon moment !!!
N’arrêtez jamais d’avoir des rêves. Et vivez les!!! 
Tendrement

Armelle Six


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mercredi 21 novembre 2018

« Lâcher prise pour créer »


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« J'adore prendre le train, regarder le paysage défiler par la fenêtre, rêvasser... Souvent, les idées surgissent durant ces moments-là, quand on ne cherche pas à contrôler ses pensées. Ces idées naissent de l'imprévu, comme lorsque l'on dessine en téléphonant, sans trop réfléchir, et que c'est la main qui crée... Je suis toujours étonnée de constater que les voyageurs des transports en commun se plongent dans leurs écrans d'ordinateurs, de téléphones, comme s'ils refusaient coûte que coûte de se laisser aller ou de s'ennuyer. Je pense qu'il n'est pas indispensable de vouloir remplir les vides... Il faut oser s'accorder cette possibilité de lâcher prise. J'ai une fille de 10 ans, et j'ai envie de lui transmettre cette capacité à rêver et à créer, à regarder le monde qui l'entoure avec émerveillement. » 

Marie Leonetti, créatrice de bijoux

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mardi 20 novembre 2018

« Comme une respiration, une bulle d'oxygène »

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« Je m'accorde des temps de rêverie pour laisser émerger des visions, des pensées fugaces. C'est comme une respiration, une bulle d'oxygène. Dans un monde où tout va très vite, où les individus sont malgré eux saturés d'images à chaque instant, il faut s'autoriser ces pauses, ces temps d'accalmie pour rêvasser ou s'ennuyer. L'ennui est un bel espace où les rêveries s'imposent naturellement, entraînant avec elles la venue d'idées inattendues. Selon moi, il faut défendre absolument le silence, la lenteur, la contemplation, la rêverie... Ce sont des formes de résistance poétique au monde chaotique, en perte de sens, dans lequel nous vivons. Nous sommes immergés dans une époque de doutes profonds et d'immenses violences, économiques, sociales, politiques. Offrir aux gens la possibilité de rêver et de créer me semble absolument vital. »

Pascal Colrat, illustrateur et photographe

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Les songes de l'illustrateur
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Déjà auteur de deux recueils de « rêveries illustrées », L'homme qui... et Pleine Lune, Pascal Colrat travaille pour plusieurs grandes institutions culturelles et expose régulièrement en France et à l'étranger.
Les Animals, de Pascal Colrat, Riveneuve Éditions, 15 €. À paraître le 22 novembre.