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mardi 21 mai 2024

Cheikh Bentounes: «Passer de la culture du 'je’ à celle du 'nous’»


Initiateur de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix (JIVEP), célébrée le 16 mai, le cheikh Khaled Bentounes est présent à Genève pour sa 7e édition qui a pour thème «La paix au cœur de l’éducation». Guide spirituel soufi, il travaille à resserrer les liens de fraternité entre cultures, traditions et religions. Pour lui, le vivre-ensemble et le faire ensemble vont de pair et l’éducation à la paix est le germe d’un monde réconcilié.

Geneviève de Simone-Cornet, pour cath.ch

Vous êtes le guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya. Quelles valeurs promeut votre confrérie?

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Khaled Bentounes: Les valeurs que promeut le soufisme, et ce depuis des siècles, c’est d’abord l’expérience: goûter la réalité divine, qui nous dépasse, et essayer d’en être les témoins vivants. Ne dire et ne faire que ce qui passe par l’expérience sinon nous tombons dans le piège de l’ego: nous pensons que la vérité nous appartient alors que nous lui appartenons.

Puis, nous réfléchissons à la façon de maintenir les liens entre les cultures, les traditions, les religions. Pour nous, les êtres humains sont les lettres du même alphabet. Chacun est à respecter en tant que tel: il ressent l’appel divin à sa façon et on ne peut s’immiscer dans son intimité. C’est sa façon d’agir, son comportement, sa bienveillance, son humanité, qui nous montrent la réalité de son intériorité: un être humain se révèle par ses actions.

Comment assumez-vous votre rôle de guide spirituel?

Cette fonction m’a été léguée par les sages de l’ordre soufi. Je m’efforce de tout faire pour préserver ce patrimoine spirituel, qui a son siège dans le cœur, des troubles, des incertitudes et des doutes de notre époque. Car nous vivons une période de l’histoire de l’humanité où le matérialisme s’est incrusté dans nos vies au quotidien.

«Comment retrouver cette notion où chacun de nous fait partie du tout qu’est l’humanité?»

Je fais en sorte, avec mes faibles moyens et dans la mesure de mes possibilités, de tisser des liens entre les humains de cultures, de religions, de philosophies et d’intérêts divers dans un monde de plus en plus déstabilisé, traversé de crises sociales, politiques et de sens au goût amer. Sans oublier la crise climatique, qui menace l’humanité entière. Et les premiers touchés sont nos enfants et nos petits-enfants.

Vous êtes l’initiateur de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix (JIVEP), adoptée le 8 décembre 2017 par l’Assemblée générale des Nations unies. De quelle intuition est née cette journée?

La JIVEP a été acceptée à l’unanimité des 193 Etats membres: c’est une chose exceptionnelle alors que personne n’y croyait!

L’intuition de cette journée remonte aux écrits philosophiques de mon arrière-grand-père, dans les années 1920. Il décrivait alors l’humanité comme un corps dont chaque être est une cellule et chaque nation un membre. Il disait que l’on ne peut accorder une prééminence à un membre, que l’humanité est un tout où chacun, en travaillant pour lui-même, travaille pour le corps entier.

Comment retrouver cette notion où chacun de nous fait partie du tout qu’est l’humanité? Cette question nous a poussés à oser l’aventure de la JIVEP. Et c’est au Congrès international féminin pour une culture de paix qui s’est tenu à Oran en 2014 sur le thème «Parole aux femmes» que la décision a été prise de demander aux Nations unies de célébrer une journée du vivre-ensemble en paix.

«Le vivre-ensemble est le faire ensemble: car le premier ne peut exister sans le second»

La JIVEP a bénéficié d’un concours de circonstances: car le 8 décembre 2017, alors que le monde vivait sous la menace d’un conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, se réunissaient simultanément le Conseil de sécurité, qui débattait de cette menace, et l’Assemblée générale, qui statuait sur cette journée. Ce jour-là, j’ai senti que l’humain l’avait emporté sur l’aspect politique: la crainte d’un conflit qui pouvait être nucléaire a permis de faire l’unité. Ainsi, parfois, les chocs sont salutaires.

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source : Cath.ch

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mardi 6 décembre 2022

Pourquoi je me lève demain ?


Une question importante : 
Pourquoi je me lève demain ?
avec Cheikh Khaled Bentounes.


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jeudi 17 septembre 2020

Quand les eaux furent changées (Conte soufi)

 

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En des temps très anciens, Khidr, le maître de Moïse, avertit les humains qu’un jour prochain l’eau de la Terre disparaîtrait, hormis celle qui aurait été mise en réserve : elle serait remplacée par une eau différente qui rendrait les hommes fous.

  Seul un homme l’entendit. Il recueillit de l’eau en grande quantité et la conserva en lieu sûr. Puis il reprit le cours normal de sa vie en attendant le jour où l’eau de la Terre changerait de nature.

À la date fixée, les rivières cessèrent de couler, les puits se tarirent, et l’homme qui avait écouté, voyant cela arriver, gagna sa retraite et but l’eau qu’il avait recueillie. Quand il vit, de son refuge, les torrents se remettre à couler, il revint parmi les hommes, et constata qu’ils pensaient et parlaient désormais d’une façon tout à fait différente et ne gardaient aucun souvenir de ce qui s’était passé, ni de l’avertissement qu’ils avaient reçu.

Quand il voulut leur dire ce qu’il savait, ils le crurent fou. Il était en butte à l’hostilité des uns ; à d’autres, il inspirait de la compassion ; il ne pouvait se faire comprendre de personne.

Il ne but pas une goutte de leur eau : chaque jour il retournait à sa cachette et puisait dans ses réserves.

Puis il finit par se dire qu’il ferait mieux de boire l’eau nouvelle : il ne pouvait plus supporter l’impression de solitude qu’il ressentait à vivre, se comporter, penser différemment de tous les autres.

  Il but de l’eau nouvelle, devint semblable à eux, oublia tout de sa réserve d’eau originelle.

 Ses frères humains le regardèrent alors comme un fou qui aurait miraculeusement recouvré la raison.


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vendredi 18 mai 2018

"nous avons tous à revoir notre définition de la paix"

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Mercredi 16 mai a été célébré la première journée internationale du vivre-ensemble en paix, une journée décrétée par l’ONU à l’initiative de la confrérie soufi Alawiyya

A l’approche du Ramadan, c’est également l’occasion d’évoquer la foi des musulmans et leur place dans la société française. Une place qu’occupe également le soufisme. "Le soufisme est une école ésotérique, qui enseigne l’intériorité. Comment vivre la religion en harmonie par la pratique extérieurement, mais aussi par une quête spirituelle à l’intérieur. Le soufi, c’est celui qui cherche le sens" explique le cheikh Khaled Bentounès, responsable spirituel de la confrérie soufi Alawiyya.

(interview par RCF :14 min.)

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jeudi 22 juin 2017

Une conférence de Faouzi Skali (3)


"Aujourd’hui plus que jamais, on voit l’importance de la dimension soufie, qui se trouve au cœur de la société marocaine. Il s’agit d’un rempart contre l’extrémisme. Il y a donc un besoin d’en témoigner dans le monde entier."
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Troisième partie : (15 min.)
 

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mercredi 21 juin 2017

Une conférence de Faouzi Skali (2)


"Rappelle-toi que tu n’es pas seul au monde. Tu dépends de mille créatures qui font le tissu de ta vie."



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Deuxième partie (15 min.)
 

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lundi 19 juin 2017

Une conférence de Faouzi Skali (1)


Un précieux partage de ce qui peut se transmettre à travers une pratique spirituelle... Un témoignage de Faouzi Skali imprégné du soufisme.

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Première partie (16 min.)
 

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lundi 29 mai 2017

Les mots du silence...



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Sa méfiance envers les mots était si intense que souvent il ne parlait pas pendant des jours. Cela faisait l'objet d'une autre de ses Règles : la plupart des problèmes du monde viennent d'erreurs linguistiques et de simples incompréhensions. 
Ne prenez jamais les mots dans leur sens premier. 
Quand vous entrez dans la zone de l'amour, le langage tel que nous le connaissons devient obsolète. Ce qui ne peut être dit avec des mots ne peut être compris qu'à travers le silence.

Extrait de
Soufi mon amour de Elif Shafak


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mardi 17 novembre 2015

Cheikh Khaled Bentounès: "qui sont-ils pour prétendre agir au nom de Dieu ?"


Réagissant aux attentats qui ont touché Paris, le chef de la confrérie soufie Alawiyya a rappelé qu’il était plus que jamais nécessaire de bâtir des ponts entre les religions, dans la paix.
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A l’annonce des attentats perpétrés par des terroristes islamistes à Paris vendredi soir, le cheikh Khaled Bentounès reconnaît "avoir été touché au plus profond de son être". Actuellement en Algérie, le chef de la confrérie soufie Alawiyya devait inaugurer vendredi une chaîne de télévision dans ce pays, dans l’espérance de pouvoir relier "les deux rives de la Méditerranée, pouvoir travailler, se connaître et échanger". Une ambiance joyeuse très vite ternie à l’annonce des premiers bilans.

Pour Khaled Bentounès, ces attentats sont une nouvelle catastrophique pour "tous ceux qui travaillent à construire des ponts entre les civilisations, entre les cultures et les religions". Ce dernier ajoute que "plus que jamais, il faut être déterminé à aller de l’avant." "Nous pensons aux familles" explique le cheikh, "et toute notre compassion va vers ceux qui, innocemment, ont été touchés à Paris".

"Je voudrais que les gens réfléchissent profondément et mettent aujourd’hui tout ce qui est en leur pouvoir pour agir ensemble, afin de ne pas être emporté dans ce tourbillon de violence et de haine" ajoute ce représentant de la branche pacifique de l’Islam. Khaled Bentounès ajoute à ce propos que "Dieu n’appartient à personne. Dieu est trop grand pour appartenir à une seule communauté."

"Qui sont ces gens-là pour prétendre agir au nom de Dieu" s’interroge avec émotion le chef de la confrérie Alawiyya. "En tant que musulman, et en temps qu’être humain, je refuse cela" conclue-t-il.


Interview de Cheikh Khaled Bentounes par la radio RCF
(6 min.)



source : RCF


jeudi 22 janvier 2015

Cheikh Bentounès : "Il faut réapprendre la valeur de la vie à nos enfants"


Pour le guide spirituel soufi, c'est l'éducation qui est à l'origine du mal qui frappe l'islam de France.



"C'est dans ses bureaux de Clichy-la-Garenne que le cheikh Bentounès nous reçoit. Pour le guide spirituel soufi, rien n'excuse l'horreur commise à la rédaction de Charlie Hebdo et dans l'Hyper Cacher, les 7 et 9 janvier 2015, et les auteurs de ces attentats sont des faibles d'esprit : "Pour ces jeunes, l'islam est devenu le refoulement de toutes les frustrations, de leurs échecs. Ils n'ont pas appris à filtrer la puissance des mots et du verbe. Or, sans éducation, l'information religieuse peut être dangereuse." 

 Pour le cheikh, qui est aussi le cofondateur du Conseil français du culte musulman, ces djihadistes ne cherchent qu'une chose : devenir célèbres à tout prix, même si le prix, c'est leur vie. La seule solution pour combattre ces dérives : l'éducation. "Nous devons apprendre à nos enfants qu'avant d'être noirs, juifs, musulmans ou chrétiens, nous sommes d'abord une conscience, un être humain". Un message de sagesse et d'apaisement destiné à la société tout entière et à une communauté musulmane victime collatérale d'un islam tourmenté."


vendredi 16 janvier 2015

Une société qui tourne à vide avec Cheikh Khaled Bentounes

Khaled Bentounès est le chef spirituel de la confrérie soufie Alawiyya, établie à Mostaganem (Algérie), qui compte des milliers d’affiliés dans le monde. Il est notamment le fondateur des scouts musulmans de France.

Le Point: N’est-il pas temps pour les musulmans de réagir fermement contre la violence djihadiste?

Khaled Bentounès: Le problème dépasse l’islam. C’est notre société qui tourne à vide. Nos jeunes sont consumés par le consumérisme. Parce qu’on n’entend parler que de violence, les gens vivent dans la peur, se replient sur eux-mêmes et finissent par refuser l’autre. Les extrêmes cultivent cette peur, et en tirent prétexte pour appeler à l’exclusion.

ImageIriez-vous jusqu’à dire que l’extrême droite populiste et xénophobe a finalement les mêmes intérêts que l’islam radical ?
Non, mais ils ont un point commun : tous appellent au sang en poussant les communautés à s’opposer. Il faut s’interroger sur ce que nous faisons pour vivre ensemble et cultiver les valeurs qui nous protègent de la démence.

Quelles sont les valeurs du futur, selon vous?
La plus essentielle est l’humanité. Il faut absolument réapprendre où est la ligne rouge entre humain et inhumain. Et enseigner à nos enfants la sacralité de la vie. Tout être humain, quel qu’il soit, croyant ou non, musulman ou non, quels que soient sa religion, sa philosophie, son peuple, son sexe et sa race, doit être respecté. C’est une obligation fondamentale pour chacun de nous. Mais il est aussi essentiel de refuser la violence et tout ce qu’elle implique. Il faut s’unir en tant que citoyens pour défendre les principes d’égalité et de fraternité. C’est en étant unis que nous pourrons donner du sens à la vie. C’est pour cela que nous avons demandé à l’Onu la création d’une journée mondiale du vivre-ensemble.

Une journée des femmes, une «pour vivre ensemble»... Ce genre d’initiative n’est-il pas vain?

Non, car j’en suis convaincu, c’est un moyen de poser le problème de la vie en société, de marquer la frontière entre ceux qui ont confiance dans l’humanité, qui se battent pour elle, et ceux qui n’ont qu’un désir, la détruire
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jeudi 30 octobre 2014

La sagesse des soufis avec Eckhart Tolle

« Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n'es pas " autre qu'Allah! "…Autrement dit : " Connais-toi toi-même " ou " Connais ton être " signifie " sache que tu n'es pas " Toi " alors que tu l'ignorais. »

 « Tu n'es qu'une bulle d'écume dans ce fleuve battu par la tempête ; une fois que tes yeux seront ouverts le monde t'apparaîtra comme un rêve. »

 « De l'amour nous sommes issus. Selon l'amour nous sommes faits. C'est vers l'amour que nous tendons. À l'amour nous nous adonnons. »

 Ibn El Arabi




jeudi 23 octobre 2014

A l'école de la femme avec Cheikh Bentounes


L’Algérie abritera prochainement le premier Congrès International Féminin pour la culture de la paix...

«La femme est la première école dans l’éducation d’un enfant. C’est elle l’élément-clé dans la transmission d’une culture de la paix, c’est elle qui apportera à l’islam cette dimension de la rahma (tolérance), principe générateur de vie, dont elle est la détentrice ». 
C’est en ces termes qu’explique, dans un entretien accordé au quotidien El Watan, l’organisateur principal du Congrès International Féminin pour la culture de la paix, Cheikh BenTounès, guide de la Tariqa Alawiya, la place de la femme dans la société algérienne.
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« Donner une autre image de l’Algérie, une autre vision d’un islam tolérant en apportant une réflexion nouvelle sur la place de la femme dans la société et son rôle important dans la culture de la paix », voilà l’objectif de notre Congrès qui se veut « une occasion pour améliorer la vie en société », 
voici donc l’idée principale du congrès international féminin, organisé sous le slogan «Parole aux femmes», selon son organisateur principal Cheikh BenTounè, guide de la Tariqa Alawiya.
Cette manifestation vise à donner une nouvelle image de ce que doit être le musulman du XXIe siècle, loin des idées véhiculées par un islam radical. 

S’exprimant sur la dimension mondiale donnée à cette manifestation importante, Cheikh BenTounès, précise que plus de 25 nationalités venant du Japon, Indonésie, Turquie, Canada, Etats-Unis, Mexique, pays d’Afrique et du Moyen Orient participeront à cet événement qui se propose d’offrir une nouvelle vision sur la culture de la paix. Le congrès s’axe principalement sur le rôle de la femme et son apport indispensable en raison du fait que celle-ci est « la première école dans l’éducation d’un enfant », précise-t-il.

Cet guide spirituel a, par ailleurs, déploré le fait que la place importante que l’islam a toujours accordée à la femme est occultée dans la société actuelle. Il cite, à ce propos, l’absence dans la mémoire collective des musulmans des noms de 9000 femmes qui avaient pourtant accompli des actions grandioses par le passé. «Elles étaient des mouhadithate (transmetteuses de hadith) des oulémas, des mafatis et même des imams qui ont dirigé la prière », précise-t-il. 

Il évoque, entre autres, la première femme imam désignée par le Prophète (QSSL) lui-même et la sécurité de Médine confiée par Sidna Omar à une femme. L’écrivain et pédagogue revient aussi sur l’histoire de cette femme qui, à la bataille d’Ouhud, avait protégé le Prophète d’une mort certaine en s’interposant entre lui et un homme qui voulait le tuer. Le Guide de la Tariqa Alawiya s’interroge également sur la place accordée à toutes ses femmes qui ont illuminé l’islam et dont les noms sont à peine évoqués. 
Pour l’organisateur de ce congrès, « c’est pour dévoiler ce qui a été voilé que cette manifestation sur la femme est organisée ».


source: Algérie Focus

mercredi 4 juin 2014

La Paix avec Cheikh Bentounes

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La paix. Beaucoup y aspirent, les Etats en parlent, mais qu'elle est sa nature réelle? Est-ce l'absence de guerre? Comment s'engager à la construire? Cheikh Bentounes le clame haut et fort. "Le monde de demain se construit avec l'autre et non pas l'un contre l'autre". 
Or, l'actualité semble lui prouver que cet idéal est encore très lointain. Sa réponse ne souffre d'aucune ambiguïté: "agissons!" Car la paix, c'est un état d'être.



Interview de Cheikh Bentounes pour RTS
(14 min.)

Invité: Cheikh Bentounes, maître soufi de la Confrérie Alâwiyya. 

Quelques repères biographiques :
Cheikh Bentounès, né Khaled Bentounès, est l'actuel maître soufi de la Tariqa Alâwyya. Il est né en 1949 en Algérie, plus précisément dans une ville qui dessine déjà son avenir, Mostagenem. C'est là que siège la tariqa Alâwyya. En 1968, il part à Paris pour ses études d'histoire et de droit. Il rencontre sa femme et monte une entreprise d'import-export. Sa vie bascule en 1975 à la mort de son père, chef spirituel de la confrérie Alâwyya. Le conseil des sages le désigne alors comme successeur. Porteur d'un message de paix fort, Cheikh Bentounes participe au dialogue inter-religieux, à la création du Conseil français du culte musulman et cofonde les Scouts musulmans de France. Il organise notamment avec eux l'initiative non partisane de la Flamme de l'Espoir Citoyen pour encourager les jeunes Français à voter durant l'élection présidentielle française. Son engagement spirituel l'a amené à soutenir des actions pour le développement durable. Depuis 2000, il participe à la réintroduction de la culture de l'arganier en Algérie. Son enseignement est un enseignement universel, non confessionnel. Il tend à favoriser l'éveil d'un regard intérieur.


dimanche 29 décembre 2013

Au coeur des derviches tourneurs ...


À Istanbul, Philippe Charlier nous fait découvrir l’ordre musulman mystique des derviches tourneurs, accompagné de Julien Jalaleddin Weiss Kanun, musicologue spécialiste de la musique ottomane et Turc d’adoption. 

Caractérisé par une danse semblable à une transe, dont le tournoiement continu rapproche l’homme du divin, l’ordre a été créé par Jalal Al-Din Rumi, un mystique soufi du XIIIe siècle. 

Un voyage initiatique à la rencontre d’un islam voué à la beauté et à la contemplation.





samedi 24 août 2013

L'art soufi de la respiration

L'art de respirer pour venir au monde, l'art de souffler pour s'y tenir droit : un héritage soufi pratiqué par le danseur Abdeslam Michel Raji. Pour lui le souffle n'est pas qu'une affaire de respiration, c'est une danse, un art, une technique apprise dans son enfance au Maroc au sein d'une communauté soufie. 
Inspirez, écoutez, soufflez !
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 La danse du souffle (réalisation Olivier Toulemonde 16’16’’) 
« Si je sais expirer, je peux mieux encore inspirer » 


dimanche 28 juillet 2013

Ibn Arabî Le sceau de la sainteté

Grand maître spirituel de l’Islam, ce philosophe et mystique est lu par les intellectuels soufis. Pour lui, se découvrir, c’est découvrir Dieu en soi et inversement.
Par Faouzi Skali

Ibn Arabî est né à Murcie dans une Andalousie au carrefour de l’Orient et de l’Occident, à une époque d’alliance entre la science et la foi, où savants et métaphysiciens marchent main dans la main.
Ibn Arabî rencontre Averroès, très jeune. Son père, inquiet de l’engagement mystique précoce de son fils, l’a envoyé porter des livres au vieux philosophe de Cordoue. En frappant à la porte d’Averroès, celui-ci lui ouvre et lui dit : " oui ". Ibn Arabî le regarde et dit : " oui " à son tour. Puis, il le regarde de nouveau et dit : " non ". Le philosophe lui demande alors : " Qu’est-ce que vous, mystiques, découvrez de plus que nous [philosophes] ne puissions trouver déjà à travers la voie rationnelle ? " Pour Ibn Arabî la réponse se situe entre le oui et le non.
Car la voie mystique n’est ni rationnelle ni irrationnelle. L’esprit s’échappe des limites de la matière. C’est autre chose que la philosophie, hors du domaine de la raison. Sans comprendre leurs propos, on traite les mystiques de blasphémateurs, on les crucifie, on les condamne car ils parlent de choses que le commun des mortels ne peut pas admettre. Quand Ibn Arabî dit tout cela à Averroès, il a près de 14 ans.
Musulman, Ibn Arabî se forme aux théologies à sa façon. Il considère que Jésus est son premier maître spirituel. Véritable génie, il acquiert une science considérable en fréquentant par la lecture différents maîtres et prophètes. Il écrit des livres d’une façon très spéciale, notamment les Gemmes de la sagesse. Il dit l’avoir " reçu " d’un trait, une nuit, réveillé par le prophète Mahomet.
La sagesse est représentée par une pierre dont la forme est comparée à la Tradition. Ainsi, la pierre est la même pour tous les hommes, mais elle est taillée de façon différente selon les religions, selon les formes prophétiques dictées à Abraham, Jésus et Mahomet, le dernier prophète.
À La Mecque, il écrit son ouvrage majeur, l’œuvre métaphysique la plus importante de l’Islam : les Illuminations mecquoises. D’une très grande profondeur, elle résume les aspects spirituels et métaphysiques propres au soufisme, son enseignement initiatique. Ces révélations conjuguent à la fois une extrême rigueur dans la conception et un travail visionnaire qui doit à Ibn Arabî son surnom de fils de Platon.
Ibn Arabî n’est pas influencé par la scission entre raison et foi qui transparaît déjà avec Averroès. Au contraire, avec Ibn Arabî, la foi en tant que vision, conscience et expérience du cœur entre en ligne de compte. La profondeur soufie d’Ibn Arabî se situe dans la rencontre entre l’amour et la connaissance, le cœur et la raison. Il est allé très loin dans le voyage de l’âme vers la proximité divine et exprime cette expérience avec une extrême beauté en commentant ces propos du Prophète : " Celui qui se connaît lui-même, celui-là connaît son Seigneur. " Son voyage spirituel explore son être dans ses profondeurs les plus intimes.
Vivre dans le monde, c’est sans cesse se rapprocher du mystère de l’être divin. Dans un hadith qoudsi (propos divin), Dieu dit : " J’étais un trésor caché, j’ai aimé à être connu. J’ai alors créé le monde afin que je sois connu par lui. " Ibn Arabî s’appuie sur cette explication de la Création pour faire comprendre le but de l’existence. Il s’agit bien de réaliser ce désir de Dieu d’être connu. Ibn Arabî insiste ainsi sur l’importance du désir et de l’amour divins. Ce " soupir du miséricordieux " dont il parle, c’est la manifestation de l’existence, le souffle. Toute l’existence n’est que l’émanation de cette nostalgie divine. L’homme, ou l’âme humaine, quand elle se fait transparente par la prière, devient l’œil par lequel le divin se regarde lui-même. C’est l’œil de la contemplation.
Ce que personne avant lui n’avait imaginé avec tant de cohérence, devient avec Ibn Arabî un aboutissement mystique, une extraordinaire synthèse. Ce n’est pas un hasard si le Moyen Âge l’appellera le Docteur Maximus ! Quant à certains soufis, ils diront de lui qu’il porte le " sceau mahométien ".
En effet, il fut bien l’héritier du Prophète sous ses aspects tant ésotériques que spirituels. Et Ibn Arabî reste, aujourd’hui encore, une référence importante pour toutes les écoles soufies à travers le monde, au titre du visionnaire métaphysique.
Pour qui s’intéresse au soufisme, Ibn Arabî est une étape cruciale. Il trouvera chez lui une liberté, une capacité de transcender les limites de la raison et des formes, d’élargir la conscience dans la connaissance et l’amour divin. Ibn Arabî lui indiquera la voie vers des domaines extrêmement profonds, voire déconcertants. Il comprendra que la perception est toujours au-delà de ce qu’on imagine, qu’elle nous rend humbles devant une connaissance sans limites. A.S.

Né dans la médina de Fès, Faouzi Skali est directeur du festival de Fès depuis sa création en 1994. Spécialiste du soufisme, il est l’auteur de Jésus dans la tradition soufie, en cours de traduction chez Albin Michel.

"Le sommeil loin de Toi me devient interdit.
Comment peut-on dormir séparé de l’Aimé ?
L’amour est ma religion et ma foi. "

Le grand maître soufi
1165 Naissance à Murcie (Espagne).
1179 Rencontre avec Averroès, à Cordoue (Espagne).
1196 À Fès (Maroc), révélation du " sceau de la sainteté mahométienne.
1203 Commence les Conquêtes spirituelles mecquoises.
1223-1240 S’installe à Damas (Syrie), où il finit sa vie.

Aller plus loin avec le soufisme
À VOIR
- Participer au festival de Fès
Fès organise depuis dix ans un festival de musiques sacrées du monde.
Les invités de cette année : chanteurs soufis du Kurdistan iranien, derviches tourneurs de Konya, moines danseurs du Tibet, mais aussi Monserrat Figueras, sœur Marie Keyrouz et Yousou N’Dour...
Du 28 mai au 5 juin.
Les concerts se déroulent dans des lieux magnifiques : place Bab Boujloud, porte de la Bab Al Makina, patio du musée Batha...
- Les rencontres de Fès
Parallèlement au festival se tiennent des rencontres sur le thème Une âme pour la mondialisation. Invités : Laure Adler, Bertrand Collomb, Leïla Shahid, Jorge Semprun...
Du 29 mai au 2 juin, de 9 heures à 13 heures.
- Le festival off
En marge des manifestations officielles, des concerts gratuits ont lieu tous les jours à 17 h 30, place Bab Boujloud.
Soirées soufies, à partir de 23 heures, à travers la ville.
Tout le programme sur www.fesfestival.com
Y aller
- Avec La Vie : Jean-Claude Petit, ancien président de Malesherbes Publications, accompagne un groupe de lecteurs à Fès, pendant le festival (2 120 €). Inscriptions : Martine Lominé, 163, bd Malesherbes, 75017 Paris.
Tél. : 01 48 88 65 34.
- Avec Terra Diva, 340 €. Hôtels de 79 à 191 € par jour pendant le festival. 29, rue des Boulangers, 75005 Paris, 01 44 07 10 12.
- Liaisons directes Paris (Orly)-Fès avec la Royal Air Maroc. Aller-retour le 27 mai et le 7 juin : 479,42 €.
- Sur les traces d’Ibn Arabî
La mosquée Aïn el Khaïl, dans le cœur de la médina de Fès. Ibn Arabî y vécut, y travailla et y reçut sa révélation. Cette petite mosquée est menacée par deux maisons mitoyennes qui risquent de s’écrouler. Laïla Skali, architecte, se mobilise pour la sauver et en faire une bibliothèque sur le soufisme et Ibn Arabî.
À lire
- Ibn Arabî dans le texte
Traité de l’amour se lit aisément. L’introduction de Maurice Gloton, traducteur et spécialiste des grands soufis, propose une chronologie éclairante sur la vie d’Ibn Arabî. Dans la même collection, mais plus ardus pour les non-arabisants : la Sagesse des prophètes et les Illuminations de La Mecque.
Albin Michel, 8,60 €.
- L’Esprit de Fès : en quête de sens et de beauté
Pour ce livre anniversaire, Nathalie Calmé a recueilli des témoignages d’artistes, philosophes, économistes... venus au festival depuis dix ans. En vente au festival, disponible en librairie début juin, éd. Albin Michel. A.S.

Ibn Arabî et l’amour
"L’amour est ce rapport
Qui concerne aussi bien l’homme que Dieu,
Bien que notre science
Ignore cette relation.
Car l’amour est savouré,
Mais son essence incomprise.
N’est-ce pas étonnant, mon Dieu ! Ô mon Dieu !
L’Être même de Dieu
Est fondé sur l’amour,
Lui qui voit en nous comme en Lui,
Sans que nous soyons principe d’analogie.
Le terme de l’amour chez l’homme
Est de réaliser l’union :
L’union de deux esprits
Et l’union de deux corps.
Aussi l’excellence de l’amour
Est-il l’effet de l’Excellence !"
Extrait de Traité de l’amour, Albin Michel coll. Spiritualités vivantes.

jeudi 16 mai 2013

Javad Nurbakhsh, un maître de la confrérie soufie nématollahi.


Celui qui connaît Dieu

Celui qui connaît Dieu est libéré
du souvenir de tout autre que Lui.

Celui qui devient son patient
sait que Sa douleur n'a d'autre remède que Dieu.

L'adoration de soi n'est pas l'adoration de Dieu
cette vérité est notre parole.

Deviens néant pour que tu Sois,
c'est une évidence que l'Etre absolu, c'est Dieu.

La goutte ne s'est pas regardée elle-même et elle est devenue l'océan,
le premier c'est l'annihilation et le deuxième c'est la permanence.

Aucune querelle n'existe entres les espiègles de Dieu,
celui qui est devenu un espiègle de Dieu devient aimable.

Donateur de lumière de toutes les créatures,
tu es la seule et unique personne, même si il existe des milliers de miroirs.

Extrait du Divan du Dr. Javad Nurbakhsh. - Traduit du persan.




A travers l’amour, J’ai atteint un lieu
Où nulle trace d’amour ne subsiste,
Où Je et Nous et le tableau de l’existence
Ont été oubliés et mis de côté.
Dr  Javad Nurbakhsh
1926-2008