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vendredi 17 avril 2026

Kangourous

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Voilà
comment c'est arrivé. C'était mon seul jour de libre de la semaine. J'étais en avance pour mon rendez-vous chez l'ostéopathe. Je me suis donc promené sur la dalle. Cette fois ci, (est-ce parce que je n'étais pas venu depuis longtemps ?) cet endroit au cœur du quinzième arrondissement m'a soudain paru bizarre. Architecture urbaine des années soixante-dix. Grands immeubles. Espaces verts qui n'en sont pas vraiment. Végétation assez pauvre. Tout semble plutôt artificiel. Et puis il y a eu ça : cette déconcertante association, entre le lampadaire et ces peluches derrière la vitre. J'avais en poche ce livre de Simenon où il est beaucoup question de fenêtres et dont il ne me restait plus que quelques pages à lire. La résolution de l'histoire me paraissait incertaine. Je crois que pour une raison qui m'échappe je la redoutais. J'ai essayé d'imaginer à quoi ressemblait l'enfant qui vivait dans cette chambre. J'ai déclenché. première publication 9/10/2014 à 00:10

samedi 31 janvier 2026

Soldes

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Voilà
Ce sont les soldes d'hiver "Profitez en pour soutenir les banques et les multinationales dans leur effort continu pour asservir l'humanité en vous faisant dépenser de l'argent que vous n'avez pas, pour acheter des choses dont vous n'avez pas besoin."

samedi 1 novembre 2025

Atlas d’anatomie

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Voilà,
l'esprit carabin s'affiche assez volontiers dans les devantures des librairies médicales et des magasins d'articles de médecine. A l'occasion de la  parution de l'édition 2007, de l'atlas d'anatomie des Dr Frank H. Netter et  Carlos A. G. Machado, les vendeurs de la librairie Vigot Maloine, Rue de l'école de médecine s'en étaient donné à cœur joie. 
Dès sa 1ère édition en 2007, le "Netter" s'est affirmé comme un ouvrage remarquable grâce à la qualité et à la beauté de son graphisme. Les planches présentées sont à la fois fidèles à l'anatomie qu'elles illustrent et agréables au regard. Peints et réalisés à la main, ces dessins d'une exactitude stupéfiante, permettent au lecteur de découvrir des structures anatomiques sous un angle que seule une illustration peut fournir. C'est un ouvrage inspirant pour tous les médecins ostéopathes kinésithérapeutes, mais aussi pour les artistes qui travaillent sur les représentations du corps. Puisque désormais l'on célèbre Halloween en France, cette photo m'a semblé de circonstance.  
Sinon je continue mes déambulations dans Paris, autant par hygiène — parce que, même si c'est de plus en plus difficile, il faut bien marcher n'est-ce pas ? — que par désœuvrement. J'erre souvent sans but dans un état de distraction permanent. 

 
Souvent je suis perdu dans mes pensées et j'ai du mal à me concentrer sur le moment présent ; cela peut s'avérer périlleux lorsque l'on marche en ville où il y a des feux rouges, des voitures, des vélos des trottinettes et des feux de circulation pas toujours synchronisés. Parfois il m'arrive d'apercevoir des images sur les murs. La juxtaposition de ces deux- là rue du Renard m'a paru étrange.
Celle de gauche a été réalisée par Heber Fleitas, un street artiste  argentin. Il est connu pour réinterpréter des œuvres classiques, en leur donnant une touche moderne et colorée. La formation artistique de Fleitas est ancrée dans la scénographie. Il considère les murs de la ville et les espaces publics comme des scènes urbaines, où son art peut devenir une  "scénographie urbaine ». Ses fresques murales ne sont pas simplement décoratives ; il les considère comme de puissants outils de communication et d'éducation", est il écrit sur un site qui lui est consacré. Je n'ai pas pu trouver d'informations sur l'auteur des peintures couvrant l'autre mur.
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mercredi 15 octobre 2025

L'envie me quitte tout doucement

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Voilà,
j'ai de moins en moins de choses nouvelles à raconter et à montrer sur ce blog. L'envie me quitte doucement d'écrire et même de photographier, et c'est la raison pour laquelle, de plus en plus fréquemment, je republie d'anciens articles. En outre, trop souvent je me répète, m'insurgeant devant les mêmes choses. Mon espace intellectuel se rétrécit. Ma capacité d'émerveillement se tarit. Le monde me fatigue toujours un peu plus. Tant de nouvelles alarmantes s'accumulent. Il y a des prises de conscience qui, à l'époque où nous vivons devraient se faire mais n'adviennent pas. Je ne parle pas seulement des désastres écologiques, dont les gouvernements des grandes puissances et les décideurs de l'industrie semblent pour la plupart se contrefoutre totalement. 
S'il n'y avait que ça, cela serait déjà terrible. Mais la militarisation croissante de la planète, la mainmise des oligarchies sur les gouvernements, la multiplication des pouvoirs autoritaires, la restriction des libertés dans un nombre croissant de pays, l'appauvrissement des populations, la recrudescence des génocides en cours dans de nombreux endroits, la décivilisation à l'œuvre dans le monde entier, à l'exception de la Chine peut-être, le triomphe de la bêtise de l'arrogance de l'irresponsabilité  dont Trump est le parfait exemple, mais qui advient aussi lentement dans le pays où je vis, tout cela me consterne. Le monde fait un bruit de fond qui m'affole. Je veux dire qu'il me rend littéralement fou. L'envahissement des images trafiquées, des fake-news sur les réseaux sociaux n'arrange rien.
Bien sûr je pourrais me satisfaire de partager des poèmes glanés ici ou là au cours de mes lectures. De publier des photos sans aucune légende, ou bien me contenter de rendre compte des nombreux films que je vois, (car je vais souvent au cinéma, comme on se drogue). Ou encore témoigner des quelques expositions auxquelles je me rends. Mais je n'en ai même plus la force. Cette contrainte que, jusqu'ici, je me suis imposé par hygiène mentale, pour essayer de lutter contre l'engourdissement de la pensée me pèse de plus en plus. Je me réveille le matin sans envie ni désir. Je traîne au lit et m'abandonne à des rêveries qui me ramènent à des périodes lointaines de ma vie. Je n'aime pas ce que j'entends et vois autour de moi.
Je repense à ce qu'écrivait en 2009, dans "N'espérez pas vous débarrasser des livres",  Umberto Eco,  — c'était l'époque de Berlusconi (comme on oublie vite) — "L’ignorance est toute autour de nous, souvent arrogante et revendiquée. Elle fait même du prosélytisme. Elle est sûre d’elle, elle proclame sa domination par la bouche étroite de nos politiciens. Et le savoir, fragile et changeant, toujours menacé, doutant de lui-même, est sans doute un des derniers refuges de l’utopie. [...] Le savoir, c'est ce dont nous sommes encombrés et qui ne trouve pas toujours d'utilité. La connaissance, c'est la transformation du savoir en une expérience de vie." Je ne peux m'empêcher de mettre cela en relation avec ce qu'a déclaré Lech Walesa il y a quelques mois, suite à l'élection du candidat populiste au poste de président de la Pologne,  : " La démocratie en Pologne s'est effondrée le 1er juin 2025. Pour la première fois de l'histoire, la moitié de la société polonaise a élu un président qui est un proxénète, un escroc, un usurier, un menteur et un toxicomane – avec le soutien indéfectible de l'Église catholique, qui est censée prêcher les valeurs de l'Évangile. Ce n'est pas mon président et ne le sera jamais. […] La Pologne est ma patrie, mais ce n'est plus mon pays. Pour l'instant, je m'exile intérieurement – ​​dans le monde de la nature, de la musique et des livres. Ce qui m'attend ensuite, je l'ignore. Pour ma santé mentale, je vais arrêter de lire ce qui se passe en Pologne. Je ne commenterai plus l'actualité. J'ai besoin de prendre soin de moi. Adieu Pologne." C'est — quand on s'approche de la mort —une sage décision. Je devrais m'efforcer d'en faire autant.

dimanche 5 octobre 2025

Déambulation

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Voilà,
la fondation Cartier pour l'Art Contemporain a quitté l'immeuble du 261 Bd Raspail. Conçu par Jean Nouvel il fut inauguré en 1994 à l'emplacement de l'ancien Centre Culturel Américain qui avait connu des heures glorieuses dans les années soixante-dix. L'architecte avait pris soin de préserver le cèdre planté à cet endroit par Chateaubriand en 1823. Malheureusement il fallut l’abattre en 2020, la sécheresse l’ayant considérablement fragilisé.
J'ai beaucoup fréquenté la Fondation Cartier, qui se trouvait non loin de chez moi. J'y ai fait de nombreuses photos. Celle-ci a été prise en 2008, lors d'une rétrospective consacrée au sculpteur César dont on peut reconnaître une version du pouce géant qui se trouve aussi dans le quartier de La Défense.
Pour visiter les collections de la fondation il faudra désormais se rendre dans le centre de Paris, place du Palais Royal. Une adresse prestigieuse et plus centrale. Plus minérale aussi. Avant de se trouver à Raspail avec son petit jardin, la fondation était autrefois située dans un vaste parc à Jouy-en Josas. J'y étais allé il y a fort longtemps avec Agnès.  
 
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Non loin, au 11 rue Campagne-première (la rue où meurt le personnage de Belmondo à la fin de "A bout de souffle") se trouve depuis 33 ans la librairie de Hubert Bouccara  "La Rose de Java", librairie hors-norme entièrement consacrée à l’œuvre de Romain Gary et de Joseph Kessel (l'enseigne porte le nom d'un de ses romans). Denis Gombert la décrit comme "un lieu atypique, vrai petit coin de paradis parisien pour lecteurs passionnés".  
 
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Poussant la promenade vers la station de métro Port Royal, je me suis retrouvé, du côté de la rue Pïerre-Nicolle où j'ai quelques souvenirs. C'est là que se trouvait le collège d’Agnès, lorsque je l'ai connue. A l'entrée d'un immeuble, j'ai remarqué cette peinture qui bien sûr n'existait pas à l'époque. 

dimanche 31 août 2025

La bonne place

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Voilà,
en prenant de l’âge je trouve qu'elle est de plus en plus difficile à trouver la bonne place. Selon Alejandro Jodorowsky, "il faut apprendre à marcher plus lentement, à faire nos adieux à celui que nous étions, et à accueillir celui que nous sommes devenus. Vieillir, ce n’est pas seulement une affaire de temps, c’est une épreuve de courage : accepter notre nouveau visage, embrasser avec fierté ce corps qui nous a portés, et laisser tomber les peurs, les jugements, les fardeaux que les années n’ont pas su effacer. Devenir vieux, c’est apprendre à être en paix avec soi-même, à lâcher ce qui ne nourrit plus, et à chérir ce qui demeure encore. C’est comprendre que la vie se transforme, que les adieux jalonnent la route, et que chaque larme versée peut ouvrir la voie à un sourire nouveau, à un rêve inattendu, à une raison de plus de continuer d’avancer.". Je note, je note... Je vais faire de mon mieux, mais ce n'est pas gagné...
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lundi 25 août 2025

Au milieu de ce qui devient

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Voilà,
les choses sont là, parmi les forces les mouvements les possibles. Elles demeurent au milieu de tout ce qui devient. 
Supposons un être humain, de ceux que l’on dit doué de raison. Imaginons-le ensemble, dans ce léger écart temporel qui fonde notre relation toi le lecteur ou la lectrice face à  ton écran et moi derrière mon clavier. Faisons pour une fois œuvre commune. Il est là donc, depuis un petit nombre d’années – du moins au regard de l’histoire de l’humanité. Mais, parce qu’elles se brouillent, les choses peu à peu s’effacent de son propre horizon. Elles ne se manifestent plus désormais que comme des signaux indicateurs de sa défaillance croissante, de sa débâcle prochaine. Bien évidemment il a du mal à se faire à cette réalité autant qu’à cette perspective. Cela le contrarie. S’il fait encore illusion, il lui arrive de plus en plus souvent de perdre pied. La terre tourne, sa tête aussi. Mais c’est comme si sa tête voulait tourner ailleurs que sur cette terre. Il va lui être bien difficile pense-t-il, de continuer à distraire – comme on le lui demande avec empressement (on lui reconnaîtrait quelques dispositions pour cela) – son prochain. Rien ne dit en outre que le prochain viendra. Il a tellement de trucs à  faire, le prochain. Lui aussi guette les signes, rassemble des indices et se soucie de son avenir. Il projette même de tout arrêter en récriminant. Tout arrêter, la bonne blague. Mais, d’ici-là, qui sait si cet être auquel nous avons encore le loisir de nous intéresser, ou plus précisément, la relation de cet être, aux choses qui l’entourent et au prochain qui s’éloigne, ne sera pas d’une tout autre nature. Ça s’est déjà vu. Alors, ne le négligeons pas et soyons indulgents avec lui, tant qu’il s’agite encore.

mercredi 25 juin 2025

Antiquité sonores

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Voilà,
au début de la rue de Vaugirard, se trouve le magasin Paléophonies qu'il me semble avoir toujours connu. Un endroit merveilleux pour tous les collectionneurs de vieux tourne-disques et de platines anciennes. Récemment dans la vitrine, j'ai vu un Revox. C'était le magnétophone qu'utilisait Didier Flamand lorsqu'il faisait ses spectacles. Il en possédait deux chez lui avec lesquels il réalisait ses montages sons. Cela m'a fait bizarre de constater que cela comptait désormais pour une antiquité.
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mercredi 14 mai 2025

Tirage ce soir

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Voilà
j'ai pris cette photo il y a fort longtemps, non loin du marché des enfants rouges dans le troisième arrondissement de Paris. Là se trouve la boutique "images et portraits" de Fabien Breuvart, photographe plasticien. Il s'est spécialisé dans la revente de photos trouvées, anciennes  et anonymes. J'aime bien, lorsque dans une image, apparaissent d'autres images et aussi lorsqu'il y a de l'écriture ou de la typographie. Je m’étonne de ne l’avoir encore jamais publiée sur ce blog.

dimanche 11 mai 2025

Pêle-mêle avec peintures murales

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Voilà,
au cours de mes promenades bellevilloises évoquées précédemment, je suis passé par la rue de la Villette où j'ai aperçu ces oiseaux multicolores sur la façade d'un groupe scolaire. C'est un quartier très prisé des muralistes qui s'en donnent à cœur joie un peu partout. 
Rue des cascades, où je suis déjà passé il y a longtemps, j'ai trouvé un autre motif animalier sur le rideau de fer d'un café littéraire.
 
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Bien que le quartier ait beaucoup changé depuis, j'ai repensé à ce film de Maurice Delbez intitulé "un gosse de la butte" et rebaptisé "rue des cascades". On y voit en particulier Suzanne Gabriello, cette comédienne pour qui Jacques Brel aurait écrit "Ne me quitte pas" dans un autre café, situé sur la butte Montmartre. L'action du film se passe dans un café épicerie "Le postillon" qui n'a pas survécu, à la différence du Vieux Belleville, rue des envierges.

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Le film de Maurice Delbez est disponible en streaming sur le net et je le recommande. Il était particulièrement audacieux pour l'époque.  Il raconte l'histoire d'Hélène, séduisante veuve quadragénaire interprétée par Madeleine Robinson et mère du petit Alain,  qui tient un café-épicerie-crémerie à Ménilmontant, alors en pleine évolution en ce début des années 1960. Lorsqu’elle essaie de refaire sa vie avec Vincent, un Antillais de vingt ans son cadet, Alain témoigne d’abord de l’hostilité à ce dernier avant d’être conquis par sa gentillesse et de devenir son ami. À cause d’un drame de la jalousie où sa voisine et amie Lucienne est assassinée par son mari qui l'a surprise en flagrant délit d'adultère avec son neveu plus jeune, Hélène prend conscience de sa grande différence d’âge avec Vincent et décide de mettre fin à leur liaison.Le film évoque sans détour le désir féminin, montre un couple mixte.  Au début des années soixante, l'histoire d'une mère blanche qui refait sa vie avec un jeune Noir de vingt ans son cadet, dans le décor presque sauvage du Belleville des années 1960, cela devait être trop audacieux. Le film n'a guère séduit les critiques et les directeurs de salles ont refusé de montrer le film. Le réalisateur Maurice Delbez, a du éponger 40 millions de francs de dettes. Il a pu cependant revoir son film ressorti en 2017 dans une copie neuve peu de temps avant sa mort. Il repose à présent dans un charmant petit village de l'Aveyron.

dimanche 9 février 2025

Pérégrinations

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Voilà,
au cours d'une de mes récentes promenades dans le quartier j'ai remarqué ce papier peint collé sur un mur de l'immeuble qui fait l'angle de la rue Schœlcher et de la rue Victor Considérant. Simone de Beauvoir y a habité, et aussi, avant-guerre, Lee Miller, qui fut modèle sur de nombreuses photos de Man Ray son compagnon pour un temps, et aussi photographe de guerre. Elle compte au nombre de ceux qui découvrirent les camps de la mort en 1945. Elle est aussi connue pour cette photo d'elle dans la salle de bains de l'appartement d'Hitler à Berlin.

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Continuant mes pérégrinations j'ai poussé jusqu'au cinquième arrondissement où sur un mur de l'ancienne faculté de Censier, j'ai vu cette fresque de Louyz une artiste dont j'ai déjà montré des réalisations dans ce blog. Elle est très présente du côté du quartier de la butte aux cailles qu'elle enchante de ses peintures très colorées peuplées d'animaux et de végétations tropicales.
 
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Comme il faisait beau ce jour là, j'ai longtemps marché à pied, faisant maints détours et volé au passage cette photo du café restaurant La Gentiane, rue Stanislas dans le sixième, à cause de cette silhouette factice qui semble nous regarder à travers la vitre. Je crois que les amoureux étaient trop occupés pour faire attention à moi
Parfois j'ai l'impression de vivre une vie en trompe l'œil, une vie qui n'en est plus tout à fait une et dans laquelle je me laisse happer par les images des autres.

dimanche 19 janvier 2025

Pêle-mêle avec miroir

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Voilà,
pourquoi je tiens encore ce blog. Parce qu’il me permet d'écrire comme ci ou comme ça, sans contrainte de style de genre ou de sujet. Parce que je peux y proposer des images de nature et de facture différentes. Parce qu'il m’offre la possibilité de ne pas m’en tenir à une seule identité ou une seule forme d’expression. Parce qu’il est un terrain d’expérimentation où je peux raisonnablement m'extérioriser en étant relativement protégé. Parce qu'il y est loisible d’être indifféremment grave ou futile. Parce qu'il me contraint à formuler ce qui me passe par la tête (d'autres font des sports cérébraux comme les mots croisés). Parce qu'il m'offre en outre l’opportunité d’échanger  parfois avec des inconnus. Parce qu'il renvoie une image multipliée fragmenté de ce que je suis. Parce que cela me donne l'illusion d'être encore en lien avec ce monde.
"Les poèmes sont des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort" écrivait René Char. Il en va de même pour ces photos et aussi ces images dessinées ou trafiquées que j’accumule depuis quinze ans sur ces pages. Elles transforment le rapport que j’ai avec le monde. Elle ne racontent rien de particulier. Elles ponctuent des moments de réflexion, parfois, mais aussi des moments de vide, de songerie.
 

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Ceci dit, je suis de moins en moins inspiré, et les brouillons qui s’accumulent n'offrent pas grand chose de nouveau. J’ai beaucoup ressassé. Ce sont toujours les mêmes obsessions, les mêmes terreurs et je me lasse de tout ça. En outre l’humour et la dérision semblent m'avoir quitté. Toutefois, je constate aujourd’hui que nombre de lecteurs ou de personnes de mon entourage qui me trouvaient autrefois pessimiste  — quand il me semblait n’être que lucide —, écrivent à présent des choses bien plus sombres que je ne l'ai fait. Je ne devais pas être tout à fait à côté de la plaque. Il est vrai que le futur immédiat est plus anxiogène que jamais pour ceux de ma génération. Que ce soit sur le plan politique, géostratégique, ou écologique. On s'apprête vraisemblablement à vivre des temps étranges.

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Au lendemain des élections américaines David Lynch avait constaté dans une vidéo "what a great time to be alive if you like the theater of absurd. La mort l'a pourtant surpris avant le lever de rideau. On se rappellera simplement ce proverbe turc "when a clown moves into a palace he doesn't become a king, the palace becomes a circus". Nous en savons déjà un peu quelque chose dans ce pays où je vis.

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En fait j'envie l'ami Pierre toujours prompt à imaginer une histoire ou Christine qui  chaque jour agence avec délicatesse un nouveau poème et une image apaisante, ou bien encore Bill qui quotidiennement dépose une vision enchanteresse de paysage. Tous regardent le monde avec sollicitude et soin y ajoutant un peu de beauté. Comme Agathe qui dans son paradis, fait dialoguer entre eux les objets et crée d'oniriques compositions. Mais pour ce qui me concerne l'imagination me fait de plus en plus défaut. 
 
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Tout me paraît flou, incertain. J'essaie de composer des images qui rendent compte de cet état. Cependant ces tentatives me satisfont moyennement. Pas grand chose pour me stimuler ces derniers mois. Je subis le contrecoup de tout ce que j’ai du refouler entre Octobre et Avril. En fait ce qui est désagréable, c'est que désormais la mort approche. Et qu'elle se précise dans un monde tourmenté, traversé d'idées sales et d'affects troubles et malsains qui ne manquent pas de m'éclabousser. Bon, je ne suis pas complètement dépressif, ça ne m'empêche pas d'être futile, d'aller au cinéma, aux expositions, de regarder le rugby à la télévision et parfois au stade avec ma fille. Pendant ce temps là, je ne pense pas aux douleurs nouvelles.
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dimanche 3 novembre 2024

Pêle-mêle avec dessins

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Voilà
par hasard au détour d'une rue, ici dans le quatorzième à l'angle de la rue du départ et du Boulevard Edgar Quinet, on trouve encore des traces de la célébration des Jeux Olympiques, comme si on ne pouvait se résoudre à l'idée que la fête est finie.

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Même les rues sont encore pavoisées comme ici, Bd St Germain. La mairie semble vouloir garder les bannières jusqu'à la fin de l'année.
 
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Sinon, je suis tombé par hasard sur cette phrase attribuée à Sénèque : "En suivant le chemin qui s’appelle plus tard, nous arrivons sur la place qui se nomme jamais". Cela m'a inspiré cette illustration.
 
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Comme je ne sors plus beaucoup et que je n'ai plus trop l'occasion de prendre des photos, je recommence à traficoter des images chez moi.

lundi 28 octobre 2024

Love unlimited

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Voilà,
c'est dans les années 1830 que l’usage du terme "clochard" s’est répandu à partir du plus grand marché de Paris, point central du ravitaillement de la capitale : les Halles. Comme dans la plupart des marchés français, la cloche était alors utilisée pour y annoncer l’ouverture et la fermeture du marché. Si les marchands et les clients étaient surtout intéressés par le coup de cloche d’ouverture des ventes, les indigents et les mendiants du centre de la capitale attendaient impatiemment celui marquant la fermeture du marché. Ainsi, pouvaient-ils se ruer vers les restes de victuailles laissés par les commerçants.. Leur ponctualité face au son de cloche leur vaudra très vite le surnom de "clochard".
Ce qui cloche aujourd'hui, c'est le nombre vertigineux de pauvres et l'impuissance de notre société à contenir cette détresse. Si les Halles se sont excentrées hors de Paris, la misère elle, y est toujours présente. Et parfois d'étranges collusions s'opèrent. Ainsi cette femme, dans le quartier Beaubourg, allongée devant la boutique "passage du désir" où sont vendus des sextoys et des articles érotiques. Dans la vitrine un présentoir porte la mention "Love unlimited". J'aimerais montrer des choses plus réjouissantes, mais c'est aussi de cela que mes jours sont faits. On ne peut y échapper.
On vit vraiment une époque formidable. Ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles

dimanche 8 septembre 2024

La fête est finie

 
Voilà 
en passant par la rue des Archives, il y a quelques jours m’est apparue cette façade d'un bar gay du marais. C'est très "camp" comme on dit aux U.S.A. Comme l'a été d'ailleurs à bien des égards la cérémonie d'ouverture des Jeux.

 
La fête est à présent bel et bien finie, maintenant que s’achèvent aussi les Jeux Paralympiques. Il n'y aura plus cette liesse et cette ferveur pour dissimuler la misérable réalité politique et intellectuelle de ce pays et le fait qu'en dépit des apparences, la société française est travaillée par des forces obscures qui ne tolèrent pas les valeurs d'humanisme véhiculées par les jeux. Il faut se rappeler que des plaintes pour "menaces de mort" ont tout de même été déposées par Thomas Jolly, Thierry Reboul,  Alexandre Billard et Maud Le Pladec, la chorégraphe de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024. La directrice des danses de l’évènement, aurait reçu "plusieurs messages haineux", menaçant son intégrité ainsi que le bon déroulement et la sécurité des cérémonies des Jeux olympiques sur son adresse mail personnelle ainsi que sur son compte Instagram.

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Plusieurs courriels injurieux et haineux ont été adressés au directeur artistique Thomas Jolly et à Thierry Reboul, directeur exécutif des cérémonies de Paris 2024. Ces messages, reprenant un verset du Coran, indiquaient que le "châtiment d’Allah s’abattra sur les organisateurs à Saint-Denis", mais d'autres étaient le fait d'extrémistes de droite et de fondamentalistes catholiques, ayant vu une allusion à la cène du Christ, quand il ne s'agissait que d'un banquet de l'Olympe. On ne peut pas non plus exclure l'hypothèse de trolls alimentés par des comptes russes. Alexandre Billard, le directeur général adjoint de l’agence événementielle Ubi Bene, a lui aussi reçu des menaces, ainsi que certains acteurs de la cérémonie, comme la DJ Barbara Buch. 
Il est paradoxal que ce pays ait offert une telle image d'ouverture et de tolérance, quand c'est le parti d'extrême-droite qui désormais dicte sa loi au président, et que 30% de la population se reconnaît dans ses propositions.

vendredi 5 juillet 2024

Mal à la tête

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Voilà,
"J’ai mal à la tête et à l’univers entier. Les douleurs physiques – plus nettement douleurs que les souffrances morales – entraînent, en se reflétant dans notre esprit, des tragédies qui leur sont étrangères. Elles provoquent une impatience à l'égard de tout qui, concernant tout, n'exclut aucune étoile" Pessoa "Le livre de l'Intranquillité (331)"

vendredi 21 juin 2024

Downtown Beirut

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Voilà,
non loin de l'atelier que m'avait prêté cet été-là Yoshiko Chuma, une chorégraphe dont la compagnie de danse s'appelait "The school of hard knocks" — en échange je devais nourrir le chat —  , se trouvait au 158, 1st Avenue, le Downtown Beirut. Ce bar disposait d’un excellent jukebox les bières n'y étaient pas chères et la musique plutôt bonne. 
Le lettrage de l'enseigne était très en vogue dans les années 80. Cet oblique ascendant, je l’ai, dans des propositions d’affiches, quelquefois utilisé à la même époque. On utilisait ces feuilles en plastique sur lesquelles étaient surimprimés des lettres et des symboles que l'on décalquait ensuite sur un rhodoïd placé au dessus de l'illustration et que l'on appelait "Letraset", du nom de l'entreprise qui les fabriquait. Cette phase du travail était particulièrement pénible et chronophage et m'exaspérait souvent, surtout lorsqu'il y avait beaucoup de noms à disposer.

lundi 6 mai 2024

Gentillesse

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Voilà,
j'avais rencontré beaucoup de gentillesse cette fin d'après-midi de Janvier au fond de ce café. Juste une heure partagée, une présence, quelques mots de réconfort dont j'avais tant besoin et ce sourire si singulier. Je fus vraiment désarmé par tant de bonté, de générosité et de désintéressement. En chinois le mot Cheng désigne l'authenticité parfaite.

dimanche 28 avril 2024

Un coup de crayon enlevé qu'ils disent

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Voilà,
Je me fais que citer le cartel situé à l’entrée du magasin Van Cleef & Arpels qui prétend «faire souffler un vent de fraîcheur sur la place Vendôme ! Depuis sa fondation en 1906, la Maison célèbre chaque année l'éveil de la nature et s'inspire de la vitalité de la faune et de la flore dans ses créations. Complice de Van Cleef & Arpels ce depuis 2020, l'artiste Alexandre Benjamin Navet a imaginé un univers coloré. Son coup de crayon enlevé habille ainsi la façade des salons Vendôme, de fleurs élancées accompagnant avec poésie le retour du printemps.
Ils ne se sont quand même pas beaucoup foulés pour le texte, mais bon ! Paris sera toujours Paris, capitale du luxe et de la frivolité. D'ailleurs place Vendôme, où se trouvent enseignes de bijoutiers et de haute-couture et Grands Hôtels, le Ministère de la Justice constitue une sorte d'anomalie.

dimanche 18 février 2024

Relax

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Voilà,
boulevard Raspail, on pouvait apercevoir il y a quelques mois, cette peinture sur la vitrine d'un salon d'esthéticienne je crois. Une fois de plus j'ai pensé à ces illustrations du dessinateurs Kiraz dans les années soixante, qui mettaient en scène "les parisiennes", des femmes élégantes aux yeux en amande et aux jambes interminables qui firent les beaux jours des magazines  Jours de France et Paris Match. Avec le temps, elles sont devenues le symbole d’une élégance un peu surannée, d'une futilité mutine qu'incarnaient dans le cinéma français des actrices comme Mireille Darc ou Marlène Jobert. Pour ma part je trouvais ces dessins complètement ringards et je ne jetais sur eux qu’un regard distrait et souvent consterné en feuilletant les journaux dans les salles d'attente de médecins ou de dentistes. Je n'imaginais pas qu'ils s'imprimeraient pourtant de façon durable dans ma mémoire.
 
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Peut-être que cette femme piqueniquant seule devant un bar de St Germain des prés, où des coussins ont été disposés à cet effet pourrait être une illustration vivante de ces filles dessinées que j'associe aussi à ce vieux tube de Jacques Dutronc qui enchanta mon enfance.
 
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Sinon je suis retombé par hasard, en rangeant ma bibliothèque sur le livre d'Emmanuel Carrère "d'autres vies que la mienne". En le feuilletant j'ai noté ce passage auquel je ne peux que souscrire : "Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu’on est libre, que le bonheur se décide, que c’est un choix moral. Les professeurs d’allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d’accord, c’est un péché, c’est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n’arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c’est comme entre les pauvres et les riches, c’est comme la lutte des classes, on sait qu’il y a des pauvres qui s’en sortent mais la plupart, non, ne s’en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c’est comme dire à un affamé qu’il n’a qu’à manger de la brioche". Avec l'âge il arrive que la mélancolie se teinte d'effroi. Les nouvelles que l’on peut lire ici ou là n’incitent guère à l’allégresse, mais relax, tout de même,  puisqu'ainsi vont les choses dans le meilleur des mondes possibles.

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