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mardi 22 juillet 2025

Extra-Muros

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Voilà,
c'est une vue dont on ne peut se lasser. C'est l'un des plus beaux panoramas d'Europe. Le pont d'Avignon. Le Rhône. La cité des Papes, le Mont Ventoux au loin. En cette fin d'après-midi j'ai déjà le départ dans la tête. J'ai commencé à faire ma valise. Je suis allé me promener extra-muros, au-delà des remparts vers l'île de la Barthelasse. Comme d'habitude, il y aura eu des jours où j'aurais trouvé le temps long et finalement ce mois aura vite passé. Je n'aurais pas eu le temps de faire ce que j'avais supposé. Visiter des amis à Nîmes, Arles... L'été, durant le festival, Avignon vous tient captif. 
Ce jour là, j'ai réfléchi à ma mélancolie. Mais ma mélancolie, je ne sais pas d’où elle vient exactement. Peut-être de la solitude, d’avoir été longtemps un enfant unique qui en outre, ne pouvait pas avoir beaucoup d’amis parce que la petite cellule familiale déménageait fréquemment. Je me suis toujours senti en quelque sorte coupé du monde, à part. De plus, j’avais des dispositions pour la nostalgie ce qui n’arrange rien. Contrairement à ce que j’ai lu dans un article du journal « Le Monde », il y a quelques mois, j’ai des souvenirs qui datent de bien avant l’âge de trois ans. Oh pas vraiment des souvenirs mais des images associées à des sensations comme ça, précises. 
Et puis à partir de trois ans je peux dérouler le film de mon histoire. Sans doute parce que, à cet âge-là je me suis retrouvé dans un environnement totalement différent. D'ailleurs, j’avais déjà changé d’environnement précédemment. Je suis né en Allemagne. J’ai quelques souvenirs de poussette que j’ai déjà évoqués par ci par-là. Je me suis ensuite retrouvé dans la région de Saumur dans la douceur angevine. Là aussi j’ai des images précises : un accident de voiture, la nuit, la rampe qui menait à la maison de mon grand-père, l'odeur de la Loire. Et puis ensuite ce fut l'Algérie. Je me souviens très bien, non pas de la première partie du voyage parce que la génitrice m’avait drogué au sirop de Phenergan ou de Théralène pour que je sois calme durant le trajet en 4CV de Saumur à Marseille. En fait je réalise à quel point je devais être défoncé. Mais ensuite dans le bateau je me souviens des sensations, des images, de l’arrivée sur Alger, la mer verte, la ville blanche, la découverte du géniteur que j'avais finalement assez peu vu dans les premières années. Très peu de temps après ma naissance il est allé en Algérie parce qu’il était militaire de carrière. Ma génitrice qui quelques années auparavant avait épousé un homme qui une semaine, après leur mariage était parti en Indochine. Donc elle avait passé 18 mois seule et avait décidé que cela ne se reproduirait pas. Elle l'a rejoint en Algérie. De l’Algérie, j’ai des souvenirs nombreux et très précis, parfois pénibles que j’ai déjà évoqués dans ce blog. Je me souviens que là-bas, j’avais déjà la nostalgie de paysages d’endroits que je ne connaissais pas, mais qui m’étaient suggérés par des chansons, en particulier, l’adaptation de green fields par les Compagnons de la Chanson. Et vers huit ans il me semblait avoir énormément de souvenirs comme si j'avais déjà vécu une longue vie. Tout s'imprimait, les chansons les visions les odeurs... Les images du passé remontent, je n’y peux rien, c’est comme ça, je suis goupillé comme ça. Aujourd’hui encore c’est la même chose. Le présent me renvoie souvent au passé. Avignon par exemple, je suis à Avignon  à l’époque du festival. J'y ai exercé mes premiers jobs d'été quand j’avais 17 ans, 18 ans. Eh bien tout ça remonte terriblement. A cause des murs, des rues. Les visages, les noms, les gens de l’époque, les spectacles vus à ce moment là, oui la jeunesse, les souvenirs de jeunesse ont la même densité, peut-être même plus de densité que le présent. Je ne prenais pas de photos à l'époque. Aujourd'hui les photos aident à se rappeler. En ce temps là, la sensation s'imprimait sans que je réalise que cela serait pour longtemps. Pourtant, j'ai toujours autant de mal à reconnaître les visages. C'est curieux... Mais finalement, j'aime bien avoir cette faculté de souvenirs. Je ne m'ennuie pas. C'est juste parfois que cela me rend un peu vague, tout ce temps qui me traverse.

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mardi 15 juillet 2025

Comme un bateau-mouche

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Voilà,
Je ne suis pas particulièrement hypermnésique, mais tout à coup reviennent en mémoire, ces mois de juillet que je passais à Paris, lorsque j'habitais sous les toits du bâtiment Boncourt de l'École polytechnique, rue de la montagne sainte Geneviève. Cela se passait lorsque mes parents avaient "posé leurs congés" pour Août. J'aimais ces temps de solitude où je traînais essentiellement au quartier latin, dans les librairies, chez les disquaires alors nombreux du côté du boulevard St Michel ou de la rue des écoles. J'aimais me promener. Parfois, je longeais la Seine avec ses bouquinistes et je poussais jusqu'au pont Alexandre III pour voir la Tour Eiffel. Je le fais encore souvent, c'est un panorama dont je ne me lasse pas car je suis toujours un touriste dans cette ville.
Ou bien lorsqu'il faisait très chaud je passais l'après-midi à la maison à regarder le tour de France, surtout les épreuves de montagne. C'était au temps de  la rivalité entre Eddy Merckx et Luis Ocaña. Je glandais pas mal, lisant parfois, écoutant de la musique sur mon Teppaz. Parfois, je me faisais du pop corn à la poêle. 
C'était une préadolescence paisible. Les deux parents travaillaient. Je pouvais jouir pleinement du temps qui passe. Tout était au présent ou au futur proche, et l'avenir pouvait bien attendre.
A présent j'entrevois le terme de ma vie trop vite passée. Impossible de ne pas y penser. C'est dans l'ordre des choses. On ne peut sans cesse procrastiner. Il faudrait que je me prépare. 
Trop de gens autour de moi disparaissent. Pour le moment je suis encore là, relativement valide. Tant que dure le miracle, quelle que soit sa nature, il faut à tout instant s'en réjouir, bien sûr. Mais tout de même, il arrive parfois que, telle un bateau-mouche sur la Seine, passe une légère angoisse...

jeudi 20 février 2025

L'immensité des nuages

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Voilà,
Assis seul en silence 
Un pâle rayon de lumière s'infiltre dans mon cœur
Le monde est pris par des agitations diverses 
Comment oublier la folie des hommes 
Quand par hasard une journée de sérénité est entre mes mains
Je comprends que j'ai connu trop d'années de vaine agitation
Mon cœur voudrait trouver refuge dans l'immensité des nuages
(Sôseki in "Oreiller d'herbes")

vendredi 24 janvier 2025

Un jour de pluie à Belem

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Voilà,
"Il pleut, mais voilà ce qui arrive quand il pleut : je me sens réconforté par la sensation d'être à l'abri de tout. Il pleut, et c'est comme si cette pluie tombait en moi, me nettoyait de quelque chose d'indéfinissable, une mélancolie sans raison que je porte en moi, comme si j'étais fait de cette matière légère qui tombe des cieux. Tout devient plus vrai, plus intime, comme si la pluie avait apporté, avec ses gouttes, un voile de vérité sur tout ce qui existe." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité)

jeudi 26 décembre 2024

Réminiscence

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Voilà,
quand il m'arrive d'évoquer cela, je sens bien que la plupart du temps, mes interlocuteurs pensent que ce n'est pas possible, que j'affabule. Pourtant — et je peux l'éprouver de nouveau en me concentrant bien, et mieux encore, lorsque je suis dehors et qu'il fait froid, sec, et un grand ciel bleu — je me souviens de cette sensation de transport d'émerveillement et de toute puissance, quand assis dans ma poussette et bien emmitouflé, je voyais le monde bouger autour de moi. C'était en Allemagne. C'est alors que je commence à me constituer en tant qu'être. C'est à ce moment que je prend conscience que je suis au monde et que je ressens. Je crois que c'est dans la densité de ces moments-là, que s'est formée ce que a langue allemande nomme, l'Innerlichkeit, qui désigne tout à la fois la lumière intérieure, la profondeur de l'âme et l'intensité des sentiments  Et que, ressentir fait plaisir. Prendre conscience, avoir du plaisir, n'a rien à voir avec le langage. Je ne le sais pas encore, puisque, à l'époque je ne sais pas ce qu'est le langage. Ce que j'éprouve c'est l'épanouissement dans le pur instant qui se déploie en durée, l'intensité du bien-être éprouvé. Je ne peux le nommer. Je ne sais pas que ça s'appelle un délice. Sans doute ai-je l'impression de ne faire qu'un avec le monde qui s'imprime dans mon regard, dans mes poumons. Je vois je respire ça me plaît. Ce qui me traverse me plaît. C’est cela donc qui inaugure la lignée des souvenirs. Il y en a un  autre en Allemagne à travers les vitres d’une voiture. Je suis à l'avant, sur les genoux de ma génitrice et je vois un fleuve en contrebas avec des péniches et une ville. Mais de celui-là je ne suis pas sûr qu'il ne soit pas une recomposition. Qu'importe. Pour revenir au premier, il m'arrive parfois d'avoir envie de l'éprouver complètement encore. Mais cela voudrait dire que je suis sur un fauteuil et que l'on me pousse, perspective tout à fait inacceptable. J'ai repensé à cela il y a quelques semaines sur les bords de la Côle.

mercredi 27 novembre 2024

Passerelle Debilly

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Voilà,
hier en me rendant au musée du Quai Branly, pour l'exposition "Zombies", profitant du beau temps, j'ai eu envie de photographier le pont "satanique" comme l'ont qualifié des culs-bénits traditionalistes français. C'est en effet à cet endroit que pendant la cérémonie des J.O. s'est déroulée la scène avec un Dyonisos nu et bleu que des crétins aussi incultes que malintentionnés ont confondue avec un pastiche de la cène. Le 7 octobre dernier plusieurs centaines de catholiques traditionalistes se sont d'ailleurs réunis sur la passerelle Debilly à Paris pour une prière de rue visant à "réparer le mélange de blasphème, de satanisme et d'idéologie LGBT" de la cérémonie d'ouverture des Jeux 2024. Les participants de ce rassemblement non autorisé par la préfecture, y ont demandé "l'aide de la Vierge Marie pour combattre les ennemis de l'Église".

mardi 26 novembre 2024

Quand tombe la nuit

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Voilà,
"dans les ombres indécises d'une lumière qui va bientôt mourir, avant que la tombée du jour ne se change en nuit précoce, j'aime à errer sans penser parmi ce que devient la ville, et j'avance comme si tout était irréparable. Je savoure, avec mon imagination plus qu'avec mes sens, la tristesse diffuse qui me hante. Je marche au hasard, et feuillette en moi, sans le lire, un livre au texte intersemé d'images rapides, à partir desquelles je forme nonchalamment une idée qui n'aboutit jamais.
Certains lisent aussi rapidement qu'ils regardent, et terminent sans avoir tout vu. De même, je tire du livre qui se feuillette tout seul dans mon esprit une vague histoire inachevée, souvenir de quelque autre vagabond, morceaux de descriptions de crépuscules ou de clairs de lune avec des parcs au beau milieu et des allées où des silhouettes, vêtues de soie, passent et repassent.
J'indiscrimine à force d'ennui et d'or. Je marche tout à la fois dans la rue, dans la fin du jour et dans ma lecture faite en rêve, et ces divers chemins sont tous réellement parcourus. J'émigre et me repose - comme si j'étais à bord d'un navire déjà parvenu en haute mer.
D'un seul coup, les réverbères morts font coïncider leurs lumières subtiles des deux côtés de la longue rue qui dessine une courbe. Avec un choc, ma tristesse grandit encore. C'est que le livre est fini. Il reste seulement, dans la viscosité aérienne de la rue abstraite, un mince filet de sentiments, tout extérieur, comme un filet de bave du Destin stupide, qui tombe goutte à goutte sur ma conscience d'être.
Quelle vie différente que celle d'une ville où la nuit tombe. Quelle âme différente que celle d'un homme regardant tomber la nuit. Je marche, incertain et allégorique, être irréellement sensible. Je suis comme une histoire qu'on aurait racontée, et si bien racontée qu'elle aurait pris chair, mais sans bien pénétrer en ce monde-roman réduit à un début de chapitre : "A cette heure on pouvait voir un homme descendre lentement la rue de..."
Qu'ai-je à voir avec la vie ?
"
(Pessoa  Le Livre de l'Intranquillité 181) 

jeudi 17 octobre 2024

Un spot

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Voilà,
il y a quelques jours j'ai réalisé que le pont Alexandre III était un spot pour les photos de mariage des Japonais. Je comprends ; c'est une perspective fascinante. Pas le mariage, mais cette vue sur la Seine le ciel de Paris et la Tour Eiffel. Je me réjouis souvent des paysages que  peut offrir cette ville où j'aime tant musarder quand il y fait beau.
Mais à l'heure où j'écris ces lignes "le ciel est si bas qu'on le croit au rez-de-chaussée". Une pluie ininterrompue tombe drue et inonde les rues. 

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Alors je reste à la maison, je traîne, je fais apparaître des silhouettes de vagues visages, je s'occupe à donner une forme à mon ennui, à mon angoisse à ma sédentarité. Il faudrait faire tant de choses concrètes, et puis je remets ça à plus tard, à la Saint Glinglin, dont voici un possible portrait.

lundi 19 août 2024

Comme un jour d'automne

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Voilà,
cette année le 15 Août qui est un jour férié — bien que peu de monde dans ce pays sache encore ce qu'est l'Assomption de la Vierge — tombait un jeudi. Le weekend a donc commencé plus tôt s'étirant jusqu'au 18. En cette période, Paris est souvent quasi désert, mais cette année, c'est encore plus flagrant. Il n'y avait que les touristes. 
J'aime la ville en cette période. La semaine dernière, durant quelques jours, une très grosse canicule s'est abattue  sur la capitale. Et puis vendredi, il a plu toute la journée. Les feuilles séchées sont tombées des arbres et dimanche ressemblait à un jour d'automne mélancolique.

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Les bulletins radio et les nouvelles sur les réseaux sociaux ne parlaient que de la mort d'Alain Delon. Je me suis promené un peu l'après-midi. Sur le pont Saint-Louis qui relie les deux îles, l'ambiance était étrange. Mais c'était bon d'être là, vivant, et de goûter la saveur de ce jour paisible. Il ne faut pas délaisser les menus bonheurs. Et tant pis si l'on n'a plus beaucoup de prise sur les choses.

jeudi 27 juin 2024

Le Fleuve

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Voilà,
j'aime cette ville, j'aime la lumière qu'elle offre parfois. Et ce fleuve aussi je l'aime bien. Ce jour là — c'était vendredi dernier je crois —, ce gros cumulus au loin m'a impressionné. il avait plu dans la journée, mais il faisait une moiteur de mousson tout à fait inhabituelle. C'était aussi le premier jour depuis longtemps où l'on pouvait enfin voir du ciel bleu. Pour un temps, j'ai oublié les tracas, la confusion et l'agitation médiatique qui accable le pays. J'étais content d'être là.

jeudi 21 mars 2024

Une belle promenade

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Voilà,
il y a des gens qui tentent parfois des choses fort audacieuses, voire téméraires et stupides peut-être dans le but de publier une "story" singulière sur leur compte instagram. Certes ma photo eût été plus originale si elle avait saisi l'homme en déséquilibre avant qu'il ne bascule malencontreusement dans la Seine, mais après tout, celle-ci fera bien l'affaire. Je l'ai prise au cours d'une longue promenade en compagnie de ma fille, qui nous a menés de chez nous, jusqu'au quais de la rive droite, en passant par le jardin du Luxembourg, le boulevard Saint-Michel, les bords de Seine au niveau du quai du Louvre. C'était une belle journée avec un avant-goût de printemps.
 
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Ces menus bonheurs illuminent mes jours. Bien sûr il y a a toujours ce voile de mélancolie qui ne me lâche pas, tant que nous ne serons pas plus fixés sur l'évolution de sa santé. Si je suis soulagé de la voir en meilleure forme je n'en suis pas pour autant rassuré. Mais j'aime être avec elle. J'ai tant à lui raconter et j'aime la faire rire. Et en même temps il y a bien des choses que j'aimerais savoir et que je n'ose lui demander. Comment elle traverse cette épreuve. Ce qui lui est passé par la tête au cours de ses derniers mois. 
Quoi qu'il en soit pour sa part elle semble considérer que la guérison est imminente. D'ailleurs, pour les trois mois qui viennent, elle a de nombreux projets de voyages en Europe et de séjours avec des amis. J'espère que rien ne démentira son optimisme.

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Au retour nous sommes passés par la rue Jacob et nous avons fait un petit portrait de nous deux dans le reflet d'un miroir sphérique, comme dans une peinture flamande. Nous avions déjà fait quelque chose comme ça, il y a longtemps, à Venise

mercredi 24 janvier 2024

Un cliché très parisien (2)

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Voilà,
quelques minutes auparavant, dans le jardin des Tuileries, j'avais pensé, en dépit des douleurs et des angoisses, que malgré tout, c'était bien d'être là, par ce temps froid et sec, encore vivant, encore mobile, encore capable de voir et de ressentir. J'avais aussi songé à cette amie de jeunesse qui ressemblait alors à un portrait du peintre préraphaelite Dante Gabriel Rossetti et je m'étais demandé, si à l'époque, ou plus tard, quelqu'un lui en avait déjà fait la remarque. Et puis j'ai vu cette scène, et j'ai eu envie, le temps de traverser le pont, d'être touriste dans ma propre ville

jeudi 14 septembre 2023

Tant de ciel

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Voilà,
"ô tant de ciel s'en allant vu de si près ; 
ô tant de ciel sur tant d'horizon."
Je me suis souvenu de ces vers de Rilke, l'année dernière, c'était fin Juillet, alors que je me promenais sur une nouvelle piste cyclable que je venais tout juste de découvrir. Elle m'offrait un panorama insolite que bien sûr j'avais déjà vu, passant en voiture, mais sans qu'il me fut pour autant possible de m'attarder un moment et de sentir l'odeur du fleuve. 
Je ne m'explique pas pourquoi cette perspective me touche. Peut-être y vois-je un Paris, inhabituel, presque fictif. Il y là une sorte d'utopie new-yorkaise miniature que j'ai déjà évoquée dans un billet précédent, , avec cette mini skyline et la statue de Bartholdi. Je me sens toujours dans un curieux transport, à cet endroit. Tout me semble un peu irréel, fictif, comme s'il s'agissait d'un décor. Bon heureusement la tour Eiffel, est toujours aussi aérienne, élégante et légère. La tour Eiffel semble toujours jeune.
Il n'y a rien d’haussmannien là. Et puis la Seine, qui n'est plus tout à fait parisienne parce que les bateaux-mouches ne s'y aventurent plus. Ce sont des navires plus gros qui embarquent là pour des croisières longues conduisant à l'estuaire du fleuve. D'ailleurs ce point de vue est assez peu touristique, car de ce côté-ci des berges — celui d'où j'ai pris la photo — il n'est guère possible de marcher à pied, et les étrangers ne s'y aventurent pas.
Ces tours que l'on aperçoit ont la particularité d'être habitées par de nombreux iraniens qui avaient acheté des pieds-à-terre avec les bénéfices engrangés lors du premier choc pétrolier de 1973 particulièrement profitable à la haute bourgeoisie sous le règne du Shah. Les tours étaient alors encore en construction, mais représentaient un excellent investissement. C'est ainsi que le quartier devint le premier point de chute des riches exilés après la révolution de 1979.
Sinon, mais c'est très anecdotique, ce billet est le 2500me de ce blog. Je me demande de plus en plus souvent, pourquoi je continue. Si tout cela est bien utile.

mardi 29 novembre 2022

Hiraeth

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Voilà,
ici à Paris les jours fraîchissent, mais c'est encore un automne supportable. Il pleut de temps à autre, et ça c'est plutôt bien. En une journée il arrive que le temps change très vite. 
Parce que je me suis créé ces dernières semaines un certain nombre d'obligations qui exigent un temps dont je me sens dépossédé, je suis parfois contraint de devoir sortir plus que je ne le souhaite. Je n'ai pas tant d'activités que cela, mais elles constituent un divertissement que probablement je m'impose pour éviter d'affronter mes terreurs et mes angoisses.
La vie quotidienne est difficile. Évidemment tout est relatif. Ce n'est rien au regard de ce que doivent supporter les Ukrainiens quotidiennement bombardés par le dictateur Poutine et sa clique de généraux fous. Mais on commence à ressentir ici, les effets liés à la crise énergétique qu'amplifie la nécessaire rupture des relations commerciales avec la Russie. Les courses coûtent de plus en plus cher et, sans pourtant commettre d'excès, je vis largement au-dessus de mes moyens. Je veille à l'électricité que je consomme (j'en consomme de moins en moins, mais les factures augmentent tout de même). 
Sinon, je vis dans une sorte de vacillement et d'étourdissement permanent. Ce n'est pas si désagréable que ça d'ailleurs, mais parfois quelque peu perturbant. Il faut se résoudre à n'être plus aussi résistant qu'autrefois aux virus et aux bactéries, accepter les vicissitudes croissantes du corps, consentir aux défaillances de la mémoire autant qu'à la modification des facultés intellectuelles. Parfois une sorte d'indifférence aux choses et aux événements me gagne, en même temps qu'une certaine mélancolie. Il me semble alors éprouver ce que les gallois appellent Hiraeth : la nostalgie d’un lieu et d’une époque qui n’existent plus, le regret de n’avoir aucune prise sur le temps qui s’écoule, l’impression de n’avoir su trouver sa juste place et d’être passé à côté du bonheur. 
Et puis il y a les jours de rédemption. On se retrouve à un endroit où l'on s'est déjà attardé bien des fois, et l'on s'arrête encore. Parce que la lumière est belle, le paysage toujours aussi étonnant. Je refais la même photo. Je crois que j'ai déjà publié le même cadre, en noir et blanc peut-être — cela me dit vaguement quelque chose il faudrait que je fasse une recherche —, je me sens touriste dans ma ville, et c'est comme un bref moment de répit qui n'a pas de prix. Il y a de la beauté dans l'air. Elle ne sauve pas le monde, mais elle me préserve, un bref instant de sa cruauté, de sa sauvagerie, et du sentiment que cela ne va pas aller en s'améliorant.  

jeudi 14 juillet 2022

Pont de Grenelle

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Voilà,
il y a quelques jours, par une chaude journée, en revenant de la maison de la radio où j'étais allé enregistrer un voice-over pour une émission scientifique, je suis repassé par le pont de Grenelle. Avant d'accéder à la rive droite où se trouve le quartier Beaugrenelle, autrement appelé Front de Seine, il enjambe l'île aux cygnes au bout de laquelle on peut apercevoir une réplique miniature (mais il en existe une encore plus petite au Jardin du Luxembourg) de la statue de la liberté, érigée à cet endroit en 1889.

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Il s'agit d'un quartier résidentiel et commercial, bâti dans les années 1970. Son nom est hérité d'un projet urbain antérieur du début du XIXe siècle. C'est un des rares quartiers de Paris à comporter de nombreux immeubles de grande hauteur : Le quartier de Beaugrenelle se situe sur les quartiers administratifs de Grenelle (au nord-est) et de Javel (au sud-ouest). Bien qu'il soit en rupture avec l'espace urbain hausmannien, j'aime bien ce quartier et sa skyline. Je me souviens qu'au début des années 80, lorsque le gouvernement socialiste a libéré la bande FM l'attribuant aux radios libres, autrefois pirates, l'une d'elles où travaillait mon ami Jean-Jacques avait son studio dans une de ces grandes tours. Dans le film de Wim Wenders "l'Ami américain" (que j'adore)— mais je l'ai déjà raconté — une scène se passe dans ce quartier encore en construction. On y voit Bruno Ganz, dans une chambre d'hôtel et de sa fenêtre il aperçoit une grue en mouvement. On peut aussi remarquer au pied des tours de grands bateaux qui proposent des croisières et redescendent la Seine, jusqu'à son estuaire.

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J'aime aussi cette étrange Île aux Cygnes. Longue de 890 mètres elle ne mesure que onze mètres de large. Elle accueille depuis 1878, une promenade publique nommée l'allée des cygnes, bordée de chaque côté par une rangée d'arbres (pour un total de 322, de 61 espèces différentes) et par une série de bancs. D'une superficie d'environ 1,3 hectare, c'est la plus petite des trois îles parisiennes mais est plus longue que l'île Saint-Louis (dont la plus grande diagonale mesure un peu plus de 700 m). J'en reparlerai ultérieurement avec des photos.
 
Et puis comme c'est le 14 Juillet, un petit Georges Brassens de circonstance. J'en fais une petite traduction en anglais : 
In the village, without pretence
I have a bad reputation
Whether I'm working hard or keeping quiet
I look like a nobody
But I'm not doing anyone any harm
By following my little man's path
But good people don't like it when
You follow a different path than them
No, good people don't like it when
You follow another road than them
Everyone bitch about me
Except for the dumb, of course
 
On July 14th
I stay in my warm bed
The music playing in step
It's none of my business
Yet I do no harm to anyone
By not listening to the bugle call
But good people don't like it when
You follow another road than them
No, good people don't like
You follow another road than them
Everyone points at me
except for the armless people, it goes without saying.

when I meet an unlucky thief
chased by a redneck
I stretch out my leg and why keep it shut
the redneck falls on the ground
I'm not doing anyone any harm
By letting the apple thieves run
But the good people don't like it
If you take a different path from them
No, good people don't like
To go any other way than their own
Everyone rushes to me
Except the legless, of course

You don't have to be Jeremiah
To guess what my fate will be
If they find a rope they like
They'll put it around my neck
Yet I do no harm to anyone
By following paths that don't lead to Rome
But the good people don't like it
You follow another road than them
No, good people don't like it when
To follow another road than them
Everyone will come to see me hanged
Except the blind, of course


 

mardi 28 juin 2022

Mélanges

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Voilà,
ces temps-ci se tient à la cinémathèque une rétrospective consacrée aux films noirs britanniques à laquelle je me rends plutôt assidument, même si je n'ai pas eu le temps de tout voir. Cela faisait longtemps que je n'avais pas enchaîné tant de films et j'ai vu quelques chefs-d'œuvre, tels que "Hell is a city" de Val Guest qui se passe à Manchester, le magnifique "wanted for murder" de Lawrence Huntington, et aussi "It always rains on Sunday" de Robert Hamer avec une musique de Georges Auric, dont l'intrigue se passe dans l'east end, d'après guerre, et qui est un film qui tient à la fois du néo réalisme italien, du film social français d'avant guerre comme ceux de Carné, avec cette touche anglaise le sens de l'intrigue, l'humour, des personnages hauts en couleurs. Un film que je ne connaissais pas et qui est une merveille. Robert Hamer, qui est aussi l'auteur, dans un genre tout à fait différent, de "Noblesse oblige" qui mettait en joie Philippe Tiry à sa seule évocation — rien que le doux écho de son rire gaillard de bon vivant et sa figure qui s'illuminait alors me le rend doux à mon souvenir et continue de m'enchanter par delà les années —. 
Le soir, je rentre à vélo le long des quais profitant de la tiédeur nocturne. Paris apparaît alors comme une ville un peu futile, désinvolte où il fait bon flâner. Les gens dansent ou pique-niquent sur les quais, s'attablent en nombre à l'une des nombreuses guinguettes au bord du fleuve. parfois je m'arrête pour photographier (J'ai attendu longtemps que le métro passe. J'y tenais absolument mais je craignais que les deux amoureux du bord de l'eau s'en aillent)
 
 
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On ne songe pas à la guerre qui  menace de s'étendre à toute l'Europe. Je ne sais si tous ces gens n'en ont pas conscience ou feignent de l'oublier. A la vue de ce spectacle, parfois, je pense à la chanson de Claude Nougaro "Il y avait une ville"Sans doute suis-je très secoué aussi par la lecture du journal de guerre d'Evgenia Belorusets qui, au quinzième jour de son journal de guerre intitulé "Il est 15h30 et nous sommes toujours vivants", note ceci :"J’ai toujours du mal à imaginer ce qui se passe quand on apprend à l’avance, qu’une guerre est à nos portes, une guerre dont le cycle consiste a terroriser des villes pacifiques en larguant des bombes et à assassiner des milliers de personnes. On annonçait aujourd’hui aux informations que les pertes de la population civile ukrainienne sont bien plus élevées que celle de l’armée. Je suppose qu’avant le début de la guerre, même les hommes politiques qui l’avaient prophétisée n’y croyaient pas et espéraient qu’on pourrait l’éviter. Sans quoi le monde aurait tout fait et plus encore – pour ne pas laisser s’ouvrir cet abîme. La guerre était irréaliste, absurde, inimaginable. Et quand on se réveille au milieu de la guerre, elle conserver exactement cette qualité : elle reste toujours inconcevable. C’est la peur que nous a ligoté. La prudence paraissait une sage attitude. Chacun attendait que la catastrophe commence réellement. Désormais, à Kiev, je suis condamnée à voir en même temps que le reste du monde les maisons, les vies humaines, et les souvenirs disparaître dans un gigantesque brasier." 
Je ne peux pas m’empêcher de penser que Poutine qui fait toujours ce qu’il dit, a menacé de lancer une bombe nucléaire sur Paris Bruxelles ou Strasbourg qui sont des symboles de tout ce qu’il abhorre. 
 
*
 
Ces temps-ci les nouvelles sont consternantes aussi d'outre-Atlantique. J'ai trouvé ce dessin de Biche, paru dans Charlie-Hebdo et qui circule sur le net et que je traduis pour mes lecteurs non francophones : End of the abortion, the americans are reassured : "patience in five years he will be murdered in the school."

 

 


En décembre 2020 , j'avais rassemblé quelques notes pour un texte laissé en souffrance : en Iran, si une fille de 13 ans est violée et mise enceinte par son père, elle doit porter l'enfant à terme ou être jetée en prison jusqu'à la fin de ses jours. Ah non, pardon, c'est en Alabama. Dieu bénisse l'Alabama. Danielle Thornton a très justement remarqué que lorsque la sentence pour l'avortement est plus sévère que celle punissant le viol, on sait alors que c'est une guerre contre les femmes qui est déclarée. La raison pour laquelle un fœtus à plus de droit qu'une femme aux USA c'est qu'il peut éventuellement devenir un homme.

Ils votent une loi qui interdit l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. Au nom du respect de la vie ils condamnent la destruction d'un ovule fécondé mais en même temps ils ont instauré la peine de mort.
En même temps l'Alabama est paraît-il l’État où l'impôt pour les riches est le plus faible du pays mais où la TVA sur les produits de première nécessité, la plus élevé. C'est aussi l’État qui vampirise les plus pauvres en leur prélevant leur sang en guise d'amende, l’État où les bureaux de votes sont inaccessibles mais où il y a le plus de débits de boissons, l’État où où il y a le plus de prisonniers mais aussi où les prisons sont abandonnées faute de personnel et où la criminalité explose à tel point que l’État fédéral US a du condamner l'Alabama pour l'insalubrité de ses prisons, etc, etc... 
A part ça 28 autres États américains ont instauré des restrictions au droit à l'avortement maintenu seulement dans les états de la côte Ouest et du Nord-Est de la confédération.
Aujourd'hui ce qui fut la première démocratie et le leader du monde libre, devient une théocratie aux mains de fanatiques religieux qui n'ont rien à envier aux mollahs iraniens. Les droits y régressent au point que les armes y sont mieux protégées que les femmes et les enfants. On ne peut plus guère considérer ce pays comme un modèle de civilisation. Pourtant, j'écris sur un ordinateur conçu là-bas, j'écoute du jazz et du rock, je porte des jeans, je vois encore quelques films indépendant US... C'est aussi, hélas, la seule puissance militaire occidentale sur laquelle l'Europe insuffisamment armée peut compter...
 

 Sinon, aujourd'hui je me suis souvenu des vieux et des adultes qui dans ma jeunesse ne comprenaient pas nos tenues vestimentaires, nos cheveux longs, nos rites, n’imaginaient pas nos vies sexuelles, ne soupçonnaient pas nos activités clandestines, s’étonnaient de nos enthousiasmes pour tel artiste ou tel courant de pensée. Leurs canons esthétiques et idéologiques n’étaient pas les mêmes. et souvent nous devions leur paraître arrogants naïfs ou irrespectueux. Je suis à présent à leur place dans un autre temps qui m’échappe. Je n’imaginais pas que tant de filles seraient tatouées ou auraient un anneau dans le nez par exemple. Que tant de jeunes gens seraient travaillés par les questions de genre et d’identité sexuelle. Mais leurs sourires autant que leurs indignations et leurs inquiétudes m’émeuvent même si je ne comprends pas toujours leurs engouements. 

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Cinquante années, que je n'ai pas vu passer et que je n'ai pas non plus vraiment comprises. Je me suis débrouillé jusqu'à présent pour me faufiler entre les gouttes, pour survivre tant bien que mal. Bien qu'assez sauvage et peu doué pour la socialisation, la providence m'a tout de même fait quelques beaux cadeaux.

jeudi 6 janvier 2022

Tentative de récapitulation

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Voilà,
une photo prise en Juin 2020, au Parc Monceau, peu après le déconfinement généralisé, succédant à la première période d'enfermement du 11 mars au 17 mai 2020. Avant cette parenthèse de l'été, si vite refermée. Puisqu'il y eut un autre confinement du 30 octobre au 15 décembre 2020. Si je me rappelle bien, l'autorisation de sortie permettait alors de se déplacer plus loin. Il y en eut ensuite un troisième du 3 Avril au 3 mai 2021, un peu plus souple, durant lequel tous les lieux de distraction étaient fermés et avec un couvre-feu à compter de 19 h, je crois. Puis il y eu la fin des attestations et le couvre feu repoussé à 21 h jusqu'au 19 mai, 2021 date à laquelle les terrasses les musées les salles de cinéma ont pu de nouveau ouvrir. Il y eut ensuite l'instauration d'un passe sanitaire à compter du 15 juillet, pour contraindre avec succès les français à se vacciner. Nous voilà en décembre 2021 confronté à une cinquième vague. Tout un système de contraintes semble de nouveau se mettre en place dans le but "d'emmerder tous les non-vaccinés", comme l'a si élégamment proclamé notre président dans une interview. Je note tout cela scrupuleusement car ma perception de cette période de pandémie, les souvenirs que j'en ai sont très confus. Pour la première fois de ma vie, je ne parviens pas à mettre les événements de ma vie dans l'ordre, à rétablir une continuité, comme si cette période avait ajouté de la confusion. Je ne crois pas être le seul dans ce cas. Nombreux, parmi mes amis ou camarades m'ont confié éprouver de semblables  sensations. J'ai même lu un article dans le journal "Le Monde" où l'on explique que les jalons s'effacent dès lors que le temps n'est plus rythmé.
L'anomalie est d'essayer de rétablir l'ordonnancement du passé immédiat en tentant de dresser le catalogue de mesures de contraintes sanitaires qui en outre nous font oublier tout ce qui précéda, en France du moins : la période de répression brutales des manifestations sociales lors des deux trois années qui ont précédé la pandémie,  les révoltes des gilets jaunes, les lois franchement dégueulasses restreignant les droits des travailleurs, les nouvelles dispositions à l'encontre des chômeurs, la privatisation des chemins de fer alors que l'on sait que partout en Europe c'est un fiasco au point que la plupart des pays européens qui ont tenté cela reviennent en arrière, l'appauvrissement du système de santé, la restriction des crédits de recherche, les restrictions budgétaires dans l'éducation nationale et au ministère de la justice, le peu d'empressement à combattre les lobbies de l'agroalimentaire, sans parler des scandales comme l'affaire Benalla qui ont secoué la première partie de son mandat. Mais tout cela a été submergé part la pandémie, de sorte qu'aujourd'hui seule la question des vaccins et de tout ce qui tourne autour de ce virus semble préoccuper les français. C'est sans doute sur la gestion de la crise que se jouera l'élection présidentielle où seuls des représentants de la droite ou de l'ultradroite sont en mesure de gagner l'élection. C'est paradoxal, mais c'est ainsi : beaucoup de gens sont mécontents, mais ils vont voter pour ceux qui ont pour programme de leur rendre la vie plus difficile, puisque de toute façon ceux qui sont supposés les défendre ne veulent pas en prendre la responsabilité.
Comme disait Gramcsi "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent des monstres" en même temps que des frangipanes trop dures dans des pâtes feuilletées trop sèches. En ces molles épiphanies les galettes des rois ne sont plus ce qu'elles étaient. D'ailleurs je ne comprends même pas que les catholiques traditionalistes honorent encore la crèche. C'est quoi une crèche ? Un enfant dans une étable né d'une mère porteuse par fécondation in vitro, dont le père adoptif est juif et auquel trois métèques viennent apporter des cadeaux
Je tiens à préciser pour ceux qui l'ignorent — on n'est jamais trop prudent sur les réseaux sociaux — que cette dernière ponctuation se nomme un point d'ironie et qu'elle appelle le second degré.

mardi 28 septembre 2021

Le petit mousse

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Voilà 
j'ai retrouvé cette photo datant de Juillet 2006, du "petit mousse" au jardin public de Bordeaux. Cette embarcation dans le style des pinasses arcachonnaises naviguait sur la rivière du parc depuis la fin du XIXe siècle. Pour des raison de sécurité on l'a supprimé en 2007.
Pendant 113 ans, le bateau a proposé des promenades bucoliques sur la rivière du Jardin Public, avant d’être finalement abandonné par manque d’entretien. Je me souviens l'avoir pris enfant, en compagnie de ma grand-mère paternelle et de mes géniteurs. 
A l'initiative de Michel Suffran, un médecin bordelais malheureusement décédé en 2018, une association notamment animée par le guide Yves Simone et l’historien Kevin Desmond s'est constituée afin de lever des fonds pour  que le jardin public ne soit plus privé de sa présence. 
 
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La réplique, mise à l’eau le jeudi 15 juillet et inaugurée le 26 du même mois, nommée Va, Petit Mousse pour se différencier du bateau historique, a été réalisée à l’identique. Même longueur, même forme, même détails, comme on peut le constater sur la photo ci-dessous.
 
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Ce nouvel embarquement, réalisé par le chantier naval Dubourdieu (Gujan-Mestras) avec le soutien de 22 mécènes, a toutefois été mis aux normes en vigueur. Totalement électrique, il dispose contrairement à son prédécesseur, d’une coque en résine, au lieu d'une coque métallique. En outre un accès pour handicapés a été aménagé, raison pour laquelle il n’accueillera que 22 personnes maximum au lieu de 40.

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