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dimanche 12 avril 2026

Persister tenacement

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Voilà,
"La seule attitude digne d'un homme supérieur, c'est de persister tenacement dans une activité qu'il sait inutile, respectant une discipline qu'il sait stérile, et s'en tenir à des normes de pensée, philosophique et métaphysique, dont l'importance lui apparaît totalement nulle". Sans aucunement aspirer au statut d’homme supérieur – notion qui m’est parfaitement étrangère – il me paraît parfois que poursuivre la rédaction de ce blog s'apparente à ce que décrit Pessoa dans le fragment 89 du Livre de l'Intranquillité.
J'entretiens à l'égard de cette entreprise une attitude de plus en plus ambigüe. Lorsque je publie des textes comme celui-ci ou celui-là ou encore cet autre, je suis plutôt content. Je me dis que cela ressemble à ce à quoi j'aspirais lorsque j'ai commencé. Toutefois de plus en plus souvent, j'éprouve — comme je m'en suis déjà ouvert il y a quelques mois — une sorte de découragement mêlé de lassitude, raison sans doute pour laquelle ces derniers temps, je publie souvent d'anciens posts. Car ces exercices d'hygiène mentale me prennent de plus en plus de temps. Trop de pensées tohubohutent dans ma tête ; les mettre correctement en forme requiert une force et une énergie qui m’abandonnent. Je le déplore. Parfois j'ai envie de prendre congé mais une part de moi ne veut pas (ou est incapable) de lâcher l'affaire. C’est que je redoute de ne plus être physiquement en mesure d’écrire d’ici peu. Tout est si laborieux. Même sortir du lit le matin. Alors je m’accroche à l’idée qu’il faut persévérer. 
Pourtant je diffère sans cesse la publication de certains posts déjà rédigés parce qu’ils me semblent inadéquats. Quoi qu’il en soit, tôt ou tard, il viendra bien le moment où je ne maîtriserai plus rien...
Là, présentement, au moment où je rédige ces quelques lignes, je voudrais juste en savoir un peu plus sur les mystères de la comète 3I/Atlas et sur les énigmes soulevées par les phénomènes qu'elle a manifestés depuis son apparition dans notre système solaire. J'ai lu quelques trucs troublants sur les réseaux à ce sujet, mais je n'ai pas assez de connaissances pour faire la part du vrai du faux et du plausible dans ce que je lis. J'espère que lorsque je serai devenu une abstraction, comme cette image, j'aurais accès aux réponses qui, au cours de  mon existence, n'ont jamais rencontré leurs questions. Allez, un petit peu de Bach pour se calmer

lundi 16 mars 2026

Entre deux attitudes détestées

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Voilà,
"il me faut choisir entre deux attitudes détestées - ou bien le rêve que mon intelligence exècre, ou bien l'action, que ma sensibilité a en horreur ; ou l'action, pour laquelle je ne me sens pas né, ou le rêve, pour lequel personne n'est jamais né.
Il en résulte, comme je déteste l'un et l'autre, que je n'en choisis aucun, mais comme, dans certaines circonstances, il me faut bien ou rêver, ou agir, je mélange une chose avec l'autre."
Fernando Pessoa " Le livre de l'Intranquillité" 

dimanche 21 décembre 2025

Loup blanc

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Voilà,
en passant hier rue de la Mare, j'ai vu ce nouveau mural peint par Louyz, dont j'aime beaucoup le travail d'ailleurs souvent mentionné dans ces pages. Son terrain de jeux est plutôt dans le treizième et surtout vers la butte aux cailles mais ce fut une heureuse surprise de la trouver du côté de Belleville. J'ai repensé à cette phrase de Pessoa "Fictions d’interlude, qui viennent couvrir, multicolores, le marasme et l’aigreur de notre intime incroyance" (Livre de l'Intranquillité 325).
Sinon je suis très content que l'on ait enfin atteint le solstice d'hiver. Désormais la tendance va s'inverser, les jours vont cesser de diminuer, les énergies vont nous porter vers l'éclosion. Dans le Yi-Jing, "le livre des mutations" le solstice correspond à l’hexagramme (, “Retour”). Il annonce le retour du Yang, fragile mais porteur de renouveau. Le solstice d’hiver nous enseigne que l’obscurité n’est jamais définitive : elle est le berceau du jour. "Selon Lao Tseu "Dans chaque hiver, il y a un printemps qui sommeille". C'est quand même le moment où il faut faire preuve d'un peu d'optimisme, se relier au cosmos et se rappeler que si on n'est que poussière c'est quand même de la poussière d'étoile ! En Médecine Traditionnelle Chinoise, c’est le moment de préserver son énergie, de se nourrir de chaleur intérieure et d’accueillir le cycle du renouveau. Allez hop ! On sourit.

jeudi 4 décembre 2025

Crépuscule

 
Voilà,
"À quoi bon contempler des crépuscules, puisque j’ai en moi des milliers de crépuscules différents – sans compter ceux qui n’en sont pas – puisque non seulement, je les compte en moi, mais encore, puisque je les suis en moi-même ?"  Fernando Pessoa in "Le livre de l'Intranquillité"

mardi 9 septembre 2025

Sans savoir si je dors

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Voilà,
"Je ne dors pas. J'entre-existe.
Des vestiges flottent dans ma conscience. Je sens peser en moi le sommeil, sans que mon inconscience me pèse… Je ne suis pas. Le vent… Je m’éveille et je redors, et je n’ai pas encore dormi. Paysage de sonorité, aiguë et troubles, au-delà duquel je ne me connais pas. Je savoure, précautionneusement, la possibilité que je sois en train de dormir. En effet, je dors, mais sans savoir si je dors. Il y a toujours, dans ce que je crois être le sommeil, un son de fin de tout, de vent dans la nuit, et si j’écoute mieux, le bruit de mes poumons et de mon cœur."
Fernando Pessoa in Le Livre de l'Intranquillité -281 
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vendredi 29 août 2025

Comme une journée glacée

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Voilà,
"Je vois clairement aujourd’hui que j’ai échoué, et je m’étonne seulement, parfois, de n’avoir pas prévu que j’allais justement échouer. Qui avait-il donc en moi qui annonçât une victoire ? Je n’avais ni la force aveugle des vainqueurs, ni la vue pénétrante des fous.… J’étais lucide et triste comme une journée glacée." Fernando Pessoa Le livre de l'intranquillité 319

vendredi 11 avril 2025

Autos tamponneuses

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Voilà,
cette photo prise à Saint-Gengoux-le-National, Bourgogne en mai 2022 n'est certes pas d'une actualité brûlante, mais les manèges déserts dans les fêtes foraines de province dégagent une mélancolie teintée d’ennui. Cela me fait penser à cette réflexion de Pessoa : "L’ennui… C’est peut-être, au fond, l’insatisfaction de notre âme intime, à laquelle nous n’avons pas donné de croyance, l’affliction de l’enfant triste que nous sommes, intimement, et auquel nous n’avons pas acheté son jouet divin. […] Oui, l’ennui c’est cela : la perte, pour l’âme, de sa capacité à se mentir, le manque, pour la pensée, de cet escalier inexistant par où elle accède, fermement, à la vérité." 

jeudi 6 mars 2025

Un arbre

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Voilà,
"je ne puis m'empêcher de considérer l'humanité comme l'une des toutes dernières écoles de peinture figurative de la Nature. Je ne distingue pas, fondamentalement, un homme d'un arbre ; et, sans aucun doute, ma préférence va à celui des deux qui produit le meilleur effet décoratif." Fernando Pessoa, ( Le Livre de l'Intranquillité. 161) 
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jeudi 13 février 2025

Comme une Suisse aplatie

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Voilà,
"tout au fond le Tage est un lac d'azur, et les collines de la rive sud semblent celles d'une Suisse aplatie. Un petit navire (un cargo noir à vapeur) quitte le port, du côté de Poço do Bispo, et se dirige vers l'embouchure du fleuve, que je ne peux voir d'ici" Fernando Pessoa

vendredi 24 janvier 2025

Un jour de pluie à Belem

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Voilà,
"Il pleut, mais voilà ce qui arrive quand il pleut : je me sens réconforté par la sensation d'être à l'abri de tout. Il pleut, et c'est comme si cette pluie tombait en moi, me nettoyait de quelque chose d'indéfinissable, une mélancolie sans raison que je porte en moi, comme si j'étais fait de cette matière légère qui tombe des cieux. Tout devient plus vrai, plus intime, comme si la pluie avait apporté, avec ses gouttes, un voile de vérité sur tout ce qui existe." (Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité)

dimanche 22 décembre 2024

Tout fuit

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Voilà
"Je ne pleure pas la perte de mon enfance ; je pleure parce que tout, y compris mon enfance, se perd. C'est la fuite abstraite du temps – et non la fuite concrète du temps qui m'appartient – qui me meurtrit, dans mon cerveau physique" Pessoa (L.I. 266)

mardi 17 décembre 2024

Dormir et dédormir

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Voilà,
"de l'autre côté de moi, bien loin derrière l'endroit où je gis, le silence de la demeure touche à l'infini. J'écoute la chute du temps, goutte à goutte, et aucune des gouttes qui tombent n'est entendue dans sa chute. Je sens mon cœur physique oppressé physiquement par le souvenir, réduit à rien, de tout ce qui a été ou de tout ce que j'ai été. Je sens ma tête matériellement posée sur l'oreiller, qu'elle creuse d'un petit vallon. La peau de la taie d'oreiller établit avec ma peau le contact d'un corps dans la pénombre. Mon oreille interne, sur laquelle je repose, se grave mathématiquement contre mon cerveau. Mes paupières battent de fatigue, et mes cils produisent un son d'une faiblesse extrême, inaudible, sur la blancheur sensible de l'oreiller relevé. Je respire, tout en soupirant, et ma respiration est quelque chose qui se produit – elle n'est pas moi-même. Je souffre sans penser ni sentir. L'horloge de la maison, endroit fixe au cœur de l'infini, sonne la demie, sèche et nulle. Tout est si vaste, tout est si profond, tout est si noir et si froid. "Fernando Pessoa in Le livre de L'Intranquillité
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vendredi 29 novembre 2024

Au bord de l'écoulement des choses

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Voilà
"Je m'arrête parfois, subitement, entre la vie qui va et la vie qui vient ; je stagne au bord de l’écoulement des choses. Et la stupeur de tout s’écroule sur ma tête. A d'autres moments il semble que brusquement, l'univers joue mal son rôle et trahisse ainsi son étrangeté ; il semble soudain me parler d'une autre voix, me révéler, un bref instant, une autre nature. Comme un rideau soulevé par le vent, et qui, en un éclair, entre-dévoile une parcelle irrévélée de quelque chose d'inconnu, d’inattendu..." Fernando Pessoa "Le livre de l'intranquillité" 

mardi 26 novembre 2024

Quand tombe la nuit

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Voilà,
"dans les ombres indécises d'une lumière qui va bientôt mourir, avant que la tombée du jour ne se change en nuit précoce, j'aime à errer sans penser parmi ce que devient la ville, et j'avance comme si tout était irréparable. Je savoure, avec mon imagination plus qu'avec mes sens, la tristesse diffuse qui me hante. Je marche au hasard, et feuillette en moi, sans le lire, un livre au texte intersemé d'images rapides, à partir desquelles je forme nonchalamment une idée qui n'aboutit jamais.
Certains lisent aussi rapidement qu'ils regardent, et terminent sans avoir tout vu. De même, je tire du livre qui se feuillette tout seul dans mon esprit une vague histoire inachevée, souvenir de quelque autre vagabond, morceaux de descriptions de crépuscules ou de clairs de lune avec des parcs au beau milieu et des allées où des silhouettes, vêtues de soie, passent et repassent.
J'indiscrimine à force d'ennui et d'or. Je marche tout à la fois dans la rue, dans la fin du jour et dans ma lecture faite en rêve, et ces divers chemins sont tous réellement parcourus. J'émigre et me repose - comme si j'étais à bord d'un navire déjà parvenu en haute mer.
D'un seul coup, les réverbères morts font coïncider leurs lumières subtiles des deux côtés de la longue rue qui dessine une courbe. Avec un choc, ma tristesse grandit encore. C'est que le livre est fini. Il reste seulement, dans la viscosité aérienne de la rue abstraite, un mince filet de sentiments, tout extérieur, comme un filet de bave du Destin stupide, qui tombe goutte à goutte sur ma conscience d'être.
Quelle vie différente que celle d'une ville où la nuit tombe. Quelle âme différente que celle d'un homme regardant tomber la nuit. Je marche, incertain et allégorique, être irréellement sensible. Je suis comme une histoire qu'on aurait racontée, et si bien racontée qu'elle aurait pris chair, mais sans bien pénétrer en ce monde-roman réduit à un début de chapitre : "A cette heure on pouvait voir un homme descendre lentement la rue de..."
Qu'ai-je à voir avec la vie ?
"
(Pessoa  Le Livre de l'Intranquillité 181) 

lundi 18 novembre 2024

Un regret du présent

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Voilà,
"Il y a quelque chose de lointain en moi en ce moment. Je suis bien penché au balcon de la vie, mais pas vraiment de cette vie-ci. Je suis au-dessus d’elle, et la contemple de l’endroit d’où je regarde. […] Je suis tout entier un vague regret — ni du passé, ni de l’avenir : je suis un regret du présent, anonyme, prolixe et incompris".
Fernando Pessoa in Le Livre de L'intranquillité
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mardi 24 septembre 2024

Désarroi

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Voilà
"ce que j’éprouve surtout, c’est la lassitude, et ce désarroi qui est frère jumeau de la lassitude, quand celle-ci n’a d’autre raison d’être que celle, précisément d’exister. J’éprouve une peur intime, des gestes que je dois esquisser, une timidité intellectuelle, des mots que je dois prononcer. Tout, à l’avance, me semble manquer. Le dégoût insupportable de tous ces visages, rendus stupides par l’intelligence, comme par l’absence d’intelligence, et grotesques, à donner la nausée, à force d’être heureux ou malheureux, horribles, simplement parce qu’ils existent – cette marée, à part de choses vivantes, auxquelles je demeure étranger…"( Fernando Pessoa 337  in Le Livre de l'Intranquillité)
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vendredi 2 août 2024

L'âme humaine

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Voilà,
"l’âme humaine est un asile de fous peuplé de caricatures. Si une âme pouvait se révéler dans toute sa vérité, et si il n’existait pas une pudeur plus profonde que toutes les hontes connues et étiquetées – elle serait, comme on le dit de la vérité, un puits, mais un puits lugubre hanté de bruit vague, peuplé de vies ignobles de viscosités sans vie, larves dépourvues d’être, bave de notre subjectivité". Pessoa "Le livre de l’intranquillité " - 242

mercredi 24 juillet 2024

Complexité

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Voilà, 
"Les choses les plus simples, les plus réellement simples, que rien ne saurait rendre à demi-simples, deviennent d'une complexité extrême du seul fait que c'est moi qui les vis. Dire bonjour suffit parfois à m'intimider. Ma voix s'éteint subitement, comme si proférer ce mot à voix haute était d'une audace incongrue. C'est une sorte de pudeur d'exister, je ne vois pas d'autres nom "(Pessoa 135 LI-)
Je me reconnais tout à fait dans ces lignes de l'auteur du "Livre de l'Intranquillité". 
Quant à cette image, elle reflète bien mon état mental alors que j’attends l’anesthésiste.
On aimerait mieux paresser dans son plumard en écoutant la radio.
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vendredi 12 juillet 2024

Si je regarde la vie qui passe...

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Voilà
"Je vois les paysages rêvés avec la même précision que les paysages réels. Si je me penche sur mes rêves, je me penche sur quelque chose de bien réel. Si je regarde la vie qui passe, je rêve tout autant.
On a dit de quelqu’un que, pour lui, les personnages de ses rêves avaient autant de relief et de netteté, que ceux de la vie réelle. En ce qui me concerne, je pourrais comprendre qu’on m’applique une phrase de ce genre, sans toutefois la faire mienne. Les personnages de mes rêves ne sont pas, pour moi, semblables à ceux de la vie. Ils leur sont parallèles. Chacune de ces deux vies – celle des rêves, celle du monde – possède une réalité propre, aussi vraie que l’autre, mais différente. Il en va de même pour les objets proches et les objets lointains : les personnages de mes rêves se trouvent plus proches de moi, mais…
"(Fernando Pessoa LI 96)
photo Avril 2012 

jeudi 11 juillet 2024

Besoin de temps

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Voilà,
au moment de prendre cette photo, un type au pied du crucifix dressé, devant Notre-Dame des Doms à Avignon fumait tranquillement un joint. Ces effluves ont fait remonter des souvenirs de jeunesse, me rappelant les premières années où j'étais venu ici, et que j'avais toute la vie devant moi, sans imaginer comment et de quoi elle serait faite.
C’est passé trop vite et moi j’étais beaucoup trop lent. J’avais besoin de temps pour sentir frémir les choses autour de moi, pour ferrer les fantasmagories cachées, les images indécises plus ou moins enfouies ou qui ne demandaient qu’à prendre forme, quelque part en moi ou à travers moi. 
Oui vraiment cela n’allait pas de soi de s’abandonner d’être comme la feuille au vent ou la brindille au fil de l’eau, de se mettre à disposition du monde sans pour autant de certitude que le monde s’en accommoderait. Comme le disait Pessoa (LI 343), "en fin de compte, il reste d’aujourd’hui, ce qui est resté d’hier et restera de demain : le désir insatiable, innombrable d’être toujours le même, et d’être toujours un autre". Cela doit être une des raisons pour laquelle j'ai du vouloir faire l'acteur...
 
 
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@iokoni_lens
 
C'est tellement étrange d'être encore là, ou même d'en être encore là. J'ai tout fait en dilettante, jamais  rien à fond. J'ai fait ce que j'ai pu. Mais bon, je ne boude pas le plaisir de jouer devant des salles combles en dépit de l'heure matinale. Vraiment ce festival est une bien étrange chose. A propos dans la rue, j'ai fait cet étrange plan.

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