Voilà,
une de mes histoires juives préférées qui résonne de façon étrange ces derniers temps.
"des
journalistes partent faire un reportage à Jérusalem. Ils filment un peu
partout et arrivent au Mur des Lamentations. Après avoir interrogé les
gens alentour, ils se dirigent vers un vieil homme qui a prié
longuement...
- Bonsoir Monsieur, vous venez souvent prier au Mur des Lamentations ?
- Oui Messieurs, je viens ici tous les soirs depuis plus de 40 ans.
- Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour tout : pour la fin de la guerre dans le monde, pour que
la famine cesse, pour endiguer les maladies, la misère, la
malnutrition...
- Vous priez vraiment pour tout cela ?
- Et bien plus encore... je prie pour la préservation de la planète, je
prie pour ma famille, je prie pour mes amis, je prie pour l'humanité, je
prie pour qu'on trouve une solution aux problèmes humains, à la
pollution, aux maladies...
- Et qu'est-ce que cette prière vous apporte ?
- Peu de choses... j'ai l'impression de parler à un mur !"
A Paris, à l'église Notre-Dame des Victoires, les murs sont tapissés d'ex-voto en remerciement des prières exaucées.
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Sinon, la coupe du monde de rugby s'est terminée. Aucune de mes équipes préférées n'a gagné. Hier en passant du côté de la rue Princesse, j'ai pris cette photo. Au moins au rugby les supporters se respectent. Ils boivent des coups ensemble avant et après les matches. Ils se photographient. Je repense aussi à ce tableau peint en 1912 par Eugène Pascau que j'ai photographié au musée des arts décoratifs représentant Fernand Forgues, capitaine de l'aviron bayonnais.
C’était à la mi-septembre, j'étais un autre homme. Mes soucis étaient d'une nature différente et me semblent bien dérisoires à l'heure qu'il est.
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J'avais et j'ai encore de nombreuses publications rédigées à l'avance pour ce blog. J'avais programmé celle-ci pour un de ces jours prochains, qui commençait par un rêve qui m'avait traversé il y a longtemps, sans doute à l'époque du confinement.
"Après
m'être couché à minuit, anxieux à cause des symptômes de rhinite ou de
pharyngite que j'ai ressentis, je me réveille deux heures plus tard
parce qu'un gros crétin avec une grande gueule, se fout de deux types
que je lui aurais recommandés. Ils se font passer pour mes frères, enfin
c'est comme ça qu'il me les présente. Il paraît qu'ils commettent, en
mêlée fermée des fautes de débutants, chacun à son poste de pilier. En
voilà une affaire ! Qu'est ce que j'y peux moi si ces deux guignols
poussent de traviole et n'assurent pas leurs appuis. Je ne sais pas d'où
ils sortent. Je ne les connais même pas. D'ailleurs leur gabarit peut
difficilement faire illusion, et en plus ils ont l'air sacrément cons,
et deux trois questions me confirment qu'ils ne sont pas plus rugbymen
que je ne suis épidémiologiste et c'est sans doute ça qui me réveille".
Du
coup ça m'a rappelé à ces deux là, bien dépités et pas très frais, mais
bien sympathiques cependant, que j'avais croisés en Octobre 2011 rue
Princesse au matin, peu après la défaite des français lors la finale de
la coupe du monde de Rugby contre les All Blacks. Ils avaient absolument
tenu à ce que je les photographie.
Il
existe une théorie dite des six degrés de séparation (aussi appelée
théorie des six poignées de main) établie par le Hongrois Frigyes Karinthy
en 1929 qui postule que toute personne sur le globe peut être reliée à
n'importe quelle autre, au travers d'une chaîne de relations
individuelles comprenant au plus six maillons. Avec le développement des technologies de l’information et de la communication, le degré de séparation a été mesuré de 4,74 sur le réseau social Facebook en 2011, 3,5 degrés en 2016, et à 6,6
sur l’échange de plusieurs milliards de messages instantanés étudiés en
2008 par Eric Horvitz et Jure Leskovec, chercheurs chez Microsoft, en
analysant des discussions de Windows Live Messenger. Donc
si quelqu'un parmi mes lecteurs reconnaît un de ces deux lascars, je
peux lui faire parvenir cette photo, s'il me joint par l'intermédiaire
du formulaire de contact.
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Différentes temporalités s'enchevêtrent. Il faudrait qu'à nouveau je fabrique des images qui rendent compte de cela. Mais je ne sais plus de quoi je suis encore capable. Tout me semble obscur.
L’essayiste
américain, John Koenig dans son "Dictionary of obscure sorrows" a
inventé de nombreux mots parmi lesquels "Occhiolisme" qui signifie "Être conscient de la faiblesse de sa propre perspective dans ce vaste monde".
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| (Paris, Mai 2007) |
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Le terme "Sonder" mérite
aussi d’attirer l’attention. Il permet en effet d’exprimer cette impression
métaphysique désagréable que l’on éprouve lorsque l’on comprend que "chaque personne que l’on croise vit une vie aussi pleine et complexe que la nôtre".
Le sonder est un sentiment qui nous submerge : il exprime le fait
d’admettre qu’il est impossible de se mettre complètement à la place de
l’autre. Et aussi que personne ne peut se mettre à notre place.