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jeudi 12 février 2026

Vacanciers

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Voilà,
à vingt ans on regarde la mer sur un inconfortable rocher, on fait des projets, une vie passe et pour peu qu'on l'ait traversée sans trop d'encombre, on finit — si l'on est encore en relativement bon état — par emporter ses pliants avec soi pour paisiblement contempler le fleuve et la ville au loin. Je me souviens très bien de cette fin d’après-midi de Juillet sur l’île de la Barthelasse face à la cité des Papes. Les vieux, les familles et les fumeurs de joints se promenaient ou pique-niquaient sur les berges du Rhône. La température tombait doucement sans pour autant atteindre la fraîcheur. Je n'étais déjà plus tout à fait là, songeant à mon retour sur Paris.

mercredi 9 juillet 2025

Autrefois l'insouciance

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Voilà,
c'était il y a dix ans. La plus grande nation occidentale n'était pas encore gouvernée par un malade mental complètement sénile. C'était même quelque chose d'inenvisageable. Elon Musk, quant à lui était encore un jeune entrepreneur "une sorte de gourou, un porteur de rêves qui aime se lancer des défis disait on de lui dans les gazettes. Les entreprises Paypal, Space X, Tesla, le projet Hyperloop... Autant de défis lancés ou relevés par celui qu'on considérait comme un entrepreneur génial bien que déjà controversé. Après un premier succès économique dans les années 2000 avec la revente de l'entreprise Paypal, Elon Musk s'était lancé dans le challenge technologique en pariant sur la voiture électrique avec la firme Tesla : «Je veux démontrer que la voiture électrique est la voiture la plus prometteuse de monde !», confiait-il alors. À l'époque, son projet c'était Hyperloop. Lancé en 2013, il rêvait au voyage ferroviaire à très grande vitesse avec une ligne reliant Los Angeles à San Francisco en moins de trente minutes. C'est à cette époque aussi qu'il lançait Open AI dont l'Objectif affiché était de développer des technologies d’intelligence artificielle et de les mettre à disposition de tous, pour qu'elle bénéficie à l'humanité « En tant qu’organisation à but non lucratif, notre but et de créer de la valeur pour tout le monde, plutôt que pour des actionnaires », pouvait-on lire dans le texte de présentation, sans réaliser à quel point cette nouvelle technologie serait gourmande en énergie.
Dix ans à peine, depuis cette photo sous le ciel bleu de Madère ; cela me paraît si loin, presque irréel. Ce n'est pas que les choses allaient particulièrement bien à l'époque, mais comparées à maintenant, c'est sans mesure. Ce qui est stupéfiant, c'est l'impression d'une inéluctable accélération vers le pire, dont on ne connaît pour le moment pas la nature exacte. 
On est désormais dans le temps de la force désinhibée, comme jamais peut-être auparavant. Au regard de la puissance de destruction dont l'humanité dispose, on ne peut que s’en inquiéter. Surtout quand la bêtise est à ce point plébiscitée. C’est quand même une sorte d’Amin Dada qui a été démocratiquement élu dans ce qui, voilà peu de temps encore, passait pour la première puissance mondiale. Si, pour l'humanité ce n'est pas encore la fin des temps, il est cependant possible que, comme l'écrit Pierre-Henri Castel dans son ouvrage "Le mal qui vient", ce soit déjà le temps de la fin. De toute façon, cela prendra une forme autre que ce que nous sommes en mesure d'imaginer.
 
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Mais tout de même, à défaut d'être joyeux, apprécions — puisque de toute façon il ne nous reste guère d'autre alternative —,  le plaisir de pouvoir encore, sous un ciel radieux flâner en paix dans la splendeur d'une sainte et moyenâgeuse cité.

vendredi 28 juin 2024

Dernières fois

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Voilà,
lui revenaient en mémoire
tous ces lieux visités ces gestes accomplis sans savoir qu'ils l'étaient pour la dernière fois
car bien évidemment il était impossible alors de supposer les impondérables
Jamais plus il ne serait un estivant sur cette plage
où gisent chaque été des songes indolents et dénudés 
tout ça lui paraissait désormais d'une vie qui déjà n'était plus tout à fait la sienne

mercredi 2 août 2023

Léger mieux

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Hendaye 2012
 
 
Voilà,

au risque de me répéter, tout comme l’ONG Global Foodprint Network qui, chaque année, calcule le "Jour du dépassement" pour le monde, en croisant l’empreinte écologique des activités humaines (surfaces terrestre et maritime nécessaires pour produire les ressources consommées et pour absorber les déchets de la population) et la "biocapacité" de la Terre (capacité des écosystèmes à se régénérer et à absorber les déchets produits par l’Homme, notamment la séquestration du CO2).

Ce 2 août 2023,  —  ce serait presque une bonne nouvelle par rapport à l'année dernièrenous avons atteint la limite du capital naturel dont dispose la planète. Autrement dit, nous surconsommons et vivons à crédit de ce que la planète peut offrir. Ainsi, pour les 151 jours restants de l’année, l’humanité vit en déficit écologique. Cela signifie qu’il faudrait 1,75 terre pour renouveler ce que l’humanité consomme.

Ce n'est plus un secret pour personne, les activités humaines émettent d’énormes surplus de gaz à effet de serre (CO2) que les forêts et les océans ne peuvent absorber. La surpêche entraîne l’effondrement des ressources halieutiques car les espèces ne peuvent se reproduire à hauteur de ce que nous pêchons, trop d’arbres sont abattus,  etc…

Fin décembre au début des années 70, Novembre au long des années 80, Octobre dans les années 90, le "Jour du dépassement" n’a cessé d’avancer au cours des cinquante dernières années, à l'exception de l'année 2020, celle du confinement généralisé. Depuis 2000, ce jour est passé de septembre à juillet en vingt ans

Toutefois, depuis cinq ans, la tendance s’est stabilisée. Elle est cependant encore loin de s’inverser. En 2022, ce jour intervenait le 28 juillet soit cinq jours plus tôt que cette année. "Difficile cependant de discerner dans quelle mesure cela est dû au ralentissement économique ou aux efforts délibérés de décarbonisation" , constate l’ONG dans un communiqué publié le 5 juin 2023.

Pour atteindre l’objectif fixé par les scientifiques du Giec de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 43 % d’ici 2030 « il faudrait déplacer le "Jour du dépassement de la Terre" de 19 jours par an pendant les sept prochaines années », selon Global Foodprint Network.

A part ça la vie suit son cours. Le souvenir des émeutes du mois dernier en France s'est fondu dans la torpeur estivale. C'est comme si ça n'avait jamais existé. C’est le retour des "marronniers" terme qui désigne les sujets qui reviennent chaque année, à la même période, dans les médias écrits ou audiovisuels, en particulier le mercato du football, (il y a deux ans Messi était au centre de toutes les spéculations, maintenant c'est M'Bappé). On ne parle plus beaucoup de la guerre en Ukraine, qui est quand même à nos années 20 ce que fut la guerre d'Espagne à la fin des années 30 du siècle dernier. On évite de parler de la relation entre ce conflit, les hausses des prix de l'alimentation et les risques de famine à venir dans certaines régions d'ici quelques années.  

C'est une bonne occasion pour ressortir une vieille note que j'ai retrouvée parmi celles qui sont rassemblées dans mon smartphone. Il y a un peu plus d'un an, j’ai copié cet article dont je n'ai malheureusement pas retrouvé l’auteur. Je me demande d'ailleurs bien pourquoi je garde des trucs comme ça. Je dois être un peu taré ou maso. Bref ça date du 12 Octobre 2021, quatre mois donc avant l’invasion de l’Ukraine. On peut raisonnablement penser que depuis, la réalité est bien plus alarmante que ce qui est décrit là. Au moins c'est factuel.

"On est donc face à une crise économique majeure. Si le prix du gaz augmente de 57% en 10 mois, c’est parce que le gaz de charbon commence à manquer sur les marchés de gros. Il est probable qu’au bout d’un moment, la demande s’arrêtera. On arrêtera de se chauffer tellement les prix seront élevés. Mais des usines fermeront aussi. En septembre, les prix des produits alimentaires ont augmenté de 33% dans le monde par rapport à la même période de l'année précédente, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. On atteint désormais des niveaux jamais vus depuis 2011. Les causes de cette hausse record sont bien connues: prix du transport élevé, catastrophes naturelles ayant entamé les récoltes, pénurie de main-d'œuvre... Le coût du transport maritime a été multiplié par dix, les ports en Asie sont congestionnés et se retrouvent dans une situation extraordinairement favorable c’est-à-dire qu’avec moins de trafic, vu l’augmentation des prix, ils gagnent beaucoup plus d’argent. Un trajet prend un mois, deux mois de retard, voire trois mois, et c’est pour ça qu’aujourd’hui, on a une pénurie. C’est de l’ordre de 30 à 40% de produits qui manquent dans certains secteurs.  "La pénurie est déjà une réalité en matière de puces électroniques, de vélos, d’étagères suédoises ou de matériaux de construction. Aujourd’hui, elle touche aussi des vêtements dans les rayons de la fast-fashion, des équipements sportifs mais en fait, elle pourrait toucher tout produit, même alimentaire. En cause là, l’emballage. "Les clients qui avaient l’habitude de se faire livrer en 15 jours-trois semaines, ont à faire face à des délais de livraison qui peuvent être deux à trois fois plus importants, dans certains cas, peut-être même jusqu’à l’année prochaine. Tout dépend en fait de la sorte de papier-carton utilisée," détaille Paul-Antoine Lacour, délégué général de la Copacel, représentant les producteurs français de papiers et de cartons. Mais d’une manière générale, on constate des allongements des délais de livraison, c’est certain."  À dix semaines de Noël, ça complique tout. Mais après les fêtes, seconde épreuve : il faudra faire admettre une augmentation des prix généralisée. Selon le FMI, l’inflation ne devrait être que temporaire et atteindre son pic à la fin de l’année avant de se stabiliser en 2022. La première cause de cette hausse de l’inflation est une explosion des coûts de l’énergie (électricité, gaz, pétrole). Le prix de l’essence ou du gaz de chauffage a grimpé en flèche au cours de ces dernières semaines et la pandémie – bien qu’en partie responsable de cette crise – n’est pas la seule raison. Des tensions géopolitiques ainsi que la présence de monopoles notamment pour le gaz (russe) en Europe ont fait monter les prix jusqu’à atteindre des niveaux encore jamais vus.
 Autre produit qui inquiète : les denrées alimentaires de base comme le blé qui souffrent d’une mauvaise année de récolte – tout comme le café ou le soja dont les prix s’envolent aussi. L’incident du cargo Evergreen dans le canal de Suez a aussi retardé de nombreuses livraisons, ce qui a eu un impact sur l’ensemble du transport maritime pendant des semaines." Si l’année 2020 a été finalement relativement “normale” pour les entreprises qui ont pu compter sur leurs stocks historiques, les réserves sont désormais vides et les usines ne tournent toujours pas à plein régime. Ils ne parviennent plus à répondre à la demande, en pleine croissance." S’il y a bien un produit qui manque plus que les autres, ce sont les semi-conducteurs. Ces petits appareils électroniques sont à la base de la composition de milliers de produits, allant des consoles de jeux, aux smartphones aux voitures. Ils sont un objet essentiel pour notre mode de vie occidental. En plus d’une production limitée, notamment à cause des tensions entre la Chine et Taïwan, les semi-conducteurs sont des produits plus demandés que jamais. Les confinements successifs ont eu un impact extrêmement important sur notre façon de travailler. La mise en place du distanciel a amené les foyers à s’équiper (ou se ré-équiper) en informatique… entraînant une hausse forte et soudaine de la demande en matière de semi-conducteurs. En plus de ces matériaux déjà en pénurie, d’autres industries pourraient être touchées dans les prochaines semaines. C’est notamment le cas des matériaux nécessaires au bâtiment qui sont déjà à la limite de la rupture et donc les délais de livraisons s’allongent de plus en plus. L’industrie du textile est elle aussi surveillée de près par les économistes qui craignent qu’elle n’atteigne le point de rupture rapidement.
Mais un nouvel élément pourrait encore venir compliquer les choses: la pénurie d'engrais. «Le coût des engrais est l'un des principaux moteurs de l'inflation alimentaire mondiale actuelle, car les prix des trois groupes de nutriments – potasse, phosphate et azote – sont à des niveaux jamais observés depuis environ une décennie», alerte ainsi Elena Sakhnova, analyste de la banque d'investissement VTB Capital à Moscou. La tonne d'ammoniac s'échangeait à 590 dollars fin septembre 2021, contre moins de 200 dollars un an auparavant. Une inflation de près de 200% .
Par curiosité, j'ai cherché quelques compléments d'information au sujet de ces histoires d'engrais et de ce qu'il en était pour la France. Sans surprise, la guerre Russo-Ukrainienne est venue exacerber cette situation. La Russie représente : près de 15 % des exportations mondiales d’engrais azotés,  14 % pour les engrais phosphatés et 19 % pour les engrais potassiques. 
La Biélorussie, alliée de Moscou, pèse pour 18 % des exportations d’engrais potassiques. L’incertitude sur le maintien des approvisionnements russes et l’effet des sanctions ont donc ajouté leur lot à la hausse des prix.  
La France dépend directement de la Russie à hauteur d’environ 7 % de ses importations d’engrais (en valeur). Nos principaux fournisseurs sont situés dans l’UE. Néanmoins, les matières premières nécessaires aux fabricants d’engrais européens - gaz naturel, ammoniac pierre à phosphate – sont notamment importées de Russie. 
Alors que de nombreuses unités de fabrication européennes tournent au ralenti pour faire face au renchérissement du coût de l’énergie, on estime que la capacité de productions d’ammoniac de l’UE est amputée de 50 %. Certains fabricants travaillent donc à l’adoption de procédés de fabrication d’engrais sans énergie fossile. C'est la seule bonne nouvelle dans cette affaire. Le suivi de l’indice des prix des moyens de production par l’INSEE montre, entre juillet 2021 et juillet 2022, une hausse de + 86 % du poste engrais et amendements. Notamment
  • + 116 % sur l’ammonitrate
  • + 126 % sur les solutions azotées
  • + 91 % sur l’urée
  • + 71 % sur les engrais simples phosphatés
  • + 108 % sur les engrais simples potassiques

 Dès lors, pour quels ajustements opteront les agriculteurs, à court et moyen terme ? Diminuer les quantités apportées ? S’orienter vers des cultures moins exigeantes en fertilisation ? Augmenter la part de légumineuses dans l’assolement ? le tout sans affecter le potentiel de production ? Si cette situation persiste, un tournant dans les pratiques devra être pris. Le conseil stratégique et pratique des Chambres d’agriculture pourrait ainsi être d’une grande utilité...

Bref, on n'a pas le cul sorti des ronces.
 
Mais bon, c'est l'été, la plupart des gens n'ont pas envie de penser à cela. Pour les plus riches, ça ne change de toute façon pas grand chose, le superflu est juste un peu plus cher. Les classes moyennes elles, se serrent la ceinture mais continuent de s'enthousiasmer pour les mêmes conneries. Depuis Marx le peuple a, en plus de la religion, des opiums supplémentaires (le sport, la télé, les jeux vidéos, les chanteurs de variété, les influenceurs, la VOD, des drogues de synthèse, et même du vrai opium tramadol et fentanyl). De temps à autres, au cours de l'année elles manifestent dans les rues, contre la vie chère, l'augmentation de l'âge de la retraite, plus rarement contre les lobbies thermo-industriels et le saccage de la planète. 
Quant aux pauvres qui crèvent dans la rue, ça évidemment, ça ne mobilise pas les foules. 
Il faudrait tout de même que j'aie, à l'égard du monde et de ses soubresauts la même indifférence que Kafka, qui le 2 Août 1914, notait dans son journal. "L'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Après-midi piscine". Je ferais mieux de m’occuper de mes affaires personnelles et de prendre les dispositions qu’impose ma situation présente. 

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Avignon 2023
 

vendredi 7 juillet 2023

Petit matin au champ de mars

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Voilà
mi-juin, l'année dernière. Au cœur de la première semaine de canicule. Ce jour-là je me suis levé tôt le matin pour aller me promener avant les premières chaleurs. J'ai pris un vélo en location, sur une borne destinée à cet usage. On en trouve facilement à cette heure. J'ai musardé dans les rues désertes. Champ de Mars. Je pose ma bécane. Je me tiens devant ces deux, en toute impunité. Comme le soleil est derrière moi je dois juste me décentrer légèrement pour éviter que mon ombre trop longue ne se projette en premier plan. Outre la symétrie offerte par ces deux corps inconfortablement posés sur ce banc, ce qui m'intrigue c'est "comment en sont-ils arrivés à former cette figure insolite ? Ont-ils beaucoup bu cette nuit ? Pris des drogues ?"

vendredi 19 mai 2023

Une Adoratrice du soleil

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Voilà, 
en Mai 2022, après avoir vu cette magnifique exposition sur la nouvelle objectivité allemande dans les années 20, j'ai remarqué cette femme qui prenait le soleil au milieu des pigeons comme si elle régnait sur ces volailles. Elle me semblait bizarre. Enfin plus précisément, je trouvais bizarre l'idée de venir avec son pliant et de se poser là, de façon si ostentatoire. C'est qu'en fait je n'aime pas beaucoup la minéralité de cette étendue pavée et inclinée s'étalant devant le centre Georges Pompidou.  

vendredi 12 mai 2023

Perdre son temps relève d'une certaine esthétique

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 Voilà,
"Perdre son temps relève d’une certaine esthétique. Pour les subtils de la sensation, il existe un formulaire de l’inertie qui comporte des ordonnances pour toutes les formes de lucidité. La stratégie mise en œuvre pour combattre la notion de convention sociale, les impulsions de nos instincts, les sollicitations du sentiment, exige une étude approfondie dont le premier esthète venu est tout à fait incapable. Une étiologie rigoureuse des scrupules doit être suivie d’un diagnostic ironique de notre servilité à l’égard de la norme. Il importe aussi de cultiver notre habileté à éviter les intrusions de la vie ; un soin doit nous cuirasser contre notre sensibilité à l’opinion d’autrui, et une molle indifférence nous matelasser l’âme contre les coups bas de la coexistence avec les autres".  Fernando Pessoa  in "Le livre de l'intranquillité" (315)

mercredi 27 juillet 2022

Un mois de juillet sur la terre

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Voilà,

Le nord-est de l’Inde, une région isolée, a été frappé par de fortes précipitations, qui ont causé des glissements de terrain et des inondations ces dernières semaines. Deux jours après que l'un d'entre eux ait emporté un camp de construction ferroviaire dans l’Etat du Manipur, le bilan ne cesse de s’alourdir. Le gouvernement local et l’armée ont annoncé samedi 2 juillet que vingt-cinq personnes avaient été tuées dans la catastrophe, et que près de quarante autres étaient toujours disparues. Il est à noter qu'au début de l’année, au moins dix personnes ont péri dans de telles catastrophes naturelles à la suite de pluies d’une violence inhabituelle dans plusieurs parties de l’Inde.

Un énorme bloc s'est détaché, le dimanche 3 Juillet du glacier de la Marmolada dans les alpes du nord de l'Italie faisant au moins six morts et huit blessés. Selon le rapports GIEC sur l'évolution du du climat paru en mars dernier, la fonte des glaces et des neiges est l'une des dix menaces majeures causées par le dérèglement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures

Le géant de l’agroalimentaire Nestlé a tenté de bloquer un étiquetage contre la malbouffe au Mexique, affirme l’organisation non gouvernementale suisse Public Eye Dans un rapport publié vendredi 1er juillet. Elle lève le voile, copies d’échanges de courriels à l’appui, sur le lobbying mené, fin 2019, par le fleuron helvétique dans un pays où sept Mexicains sur dix sont en surpoids ou obèses.

Des milliers d’habitants de Sydney ont été appelés, lundi 4 juillet 2022 à évacuer leurs foyers, au troisième jour de pluies torrentielles, les rivières en crue ayant submergé des pans entiers de terrain et des torrents d’eau s’étant échappés du principal barrage de la plus grande métropole d’Australie.

En Italie toujours très peu d'eau depuis Noël. Un désastre pour le grenier à blé, à maïs et à riz de l'Italie. Le Pô semble à bout de souffle, même lorsque l’on s’enfonce dans le delta, plus à l’est, en direction de l’embouchure, où pourtant le vert des champs est encore de rigueur. Mais l’aspect est trompeur, car, depuis plusieurs années, un mal inquiétant ronge les terres à bas bruit, particulièrement amplifié en cette année de sécheresse : celui du « biseau salé », une remontée de la mer Adriatique dans le lit du Pô, qui a pour conséquence l’invasion des sols par de l’eau saumâtre, sous l’effet des marées. En ce début juillet, ce « biseau » est remonté plus de 30 kilomètres dans les terres, un triste record. Durant le mois de juin, le débit du fleuve est passé sous les 200 mètres cubes par seconde. Il était de plus de 320 mètres cubes par seconde en 2006, lors de la dernière sécheresse. En s’approchant de l’embouchure, il suffit de jeter un bâton dans l’eau pour prendre la mesure de cette anomalie, celle d’un fleuve dont le courant a été inversé. La mer semble avoir pris possession du grand fleuve fatigué, et c’est tout un écosystème qui est menacé par le sel."

Le 10 juillet Reuters annonce qu’un feu de forêt hors de contrôle depuis trois jours dans le parc national de Yosemite, dans l’est de la Californie, menace désormais ses séquoias géants. Les pompiers préparent le « Grizzly Giant », l’arbre le plus spectaculaire du parc américain, à l’approche des flammes en l’arrosant. Et tous les autres feux dont je n'ai pas eu connaissance qui rugissent en ce moment même ravageant le peu de végétation que nous avons laissée à la terre...  Que dire de l'impact sur le bilan carbone causé par toutes ces fumées dans un premier temps, et la destruction de la végétation ensuite ? Et je ne parle pas des animaux

C’était en 2020 en Australie. Des méga-feux ravageaient l’équivalent de la surface du Danemark provoquant des nuages "cracheurs de feu". Aujourd’hui, c’est l’Europe du sud qui est dévorée par les flammes. En France, en Gironde, plus de  20 000 hectares de forêts ont brûlé. La situation n’est toujours pas résolue alors que les pompiers affrontent ces incendies depuis le 12 juillet.  A la fin de ce mois si les feux sont enfin fixés, ils ne sont toujours pas éteints

En seulement 8 ans, en France, les principaux opérateurs publics nationaux dont la mission est l’adaptation au changement climatique ont quasiment tous subi des réductions d’effectifs. -20 % pour Météo France, -16% pour les Agences de l’eau, -12 % pour l’Institut national de l’information géographique et forestière… Or, selon l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE) aujourd’hui la France n’est pas assez bien armée pour s’adapter aux canicules, incendies, inondations. Il faudrait que l’État investisse au moins 2,3 milliards d’euros par an pour rattraper son retard. Manque d’avions, failles matérielles à répétition, mauvaises conditions de travail… La capacité à lutter contre les futurs incendies est loin d’être assurée, alertent les pilotes de bombardiers d’eau.

Le 26 Juillet on entend dire que des dizaines d’incendies ravagent la Grèce. L’un fait rage sur l’île de Lesbos, un autre dans le parc national de Dadiá, un « poumon vert » qui abrite les derniers vautours moines des Balkans.

Ce même jour les ministres de l’Énergie des 27 États membres de l’Union européenne se sont engagés à réduire leur consommation de gaz de 15 % au cours des huit prochains mois, lors d’une réunion extraordinaire, mardi 26 juillet. Un mécanisme d’alerte est également prévu. S’il est enclenché, cet objectif de réduction de la demande en gaz deviendra obligatoire. Cette décision est intervenue quelques heures après l’annonce d’une nouvelle réduction des livraisons de gaz russe à l’Europe par Gazprom. Après cet été funeste on nous promet un hiver pénible. 

Jamais un mois de Juillet n'a été aussi sec sur l'ensemble du territoire français depuis les relevés météos.

Des pluies diluviennes se sont abattues sur le Qatar au cœur de la saison sèche causant des inondations et de multiples dégâts

 

Ainsi va le monde on cherche des bonnes nouvelles, significatives qui donneraient des motifs d’espérer. Je songe à cette photo de Roland Penrose prise en 1937 à Mougins, où l'on voit Eluard, Nusch sa femme, Adrienne Fidelin, Man Ray, Lee Miller, pique-niquer paisibles, dans la plus grande décontraction. Il y a déjà la guerre civile en Espagne, la contagion ne va pas tarder à gagner l'Europe, ils doivent bien s'en douter. Mais ils s'efforcent d'être un peu futiles quand même. Est-ce plus facile pour eux parce qu'ils sont moins informés que nous ne le sommes ? Peu importe au fond... Mais impossible de ne pas y penser par les temps qui courent. D'ailleurs moi aussi je me livre à quelque futilités. Je baguenaude sur les quais et dans les parcs, je prends quelques photos. Un certain air de Count Basie chanté par les double-six, trotte dans ma tête et semble de circonstance. Juillet à Paris cette année c'est ça aussi, je veux dire, cette photo de bord de Seine. Tout semble si normal en apparence. Je voudrais bien y croire. Mais je n'ai pas l'esprit tranquille. La douleur pour le monde, ce que l'allemand nomme Weltschmerz, ne me quitte pas. Et j'aimerais ressentir cette étreinte rassurante, que le gallois appelle Cwtch que l'on pourrait traduire par "un câlin qui crée un endroit sûr".

shared with Paris in July - wednesday around the world - my corner of the world - pictorial tuesday

jeudi 10 juin 2021

Ça c'est Paris

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Voilà,
je me suis promené cet après-midi sur les bords de Seine, la température estivale, faisant oublier ce triste mois de mai qui fut le plus froid depuis 2013. J'ai pris cette vue très couleur locale, insouciante, presque intemporelle, conforme aux clichés que l'on se fait de la vie parisienne. Sur les quais, les guinguettes sont ouvertes, les gens prennent des pots, font du sport, se baladent en vélo, déambulent nonchalamment s'étreignent. Une apparente douceur de vivre qui hélas ne parvient pas à me faire oublier le climat politique nauséabond qui règne sur ce pays. (Linked with skywatch friday - Paris in July)

vendredi 7 mai 2021

Ruminations

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Voilà,
Il cherchait à comprendre ce qui avait pu les délier l'un de l'autre, quel motif l'avait poussée à se détourner de lui, en dépit de cette attention généreuse et de ce désir qu'elle lui avait si souvent témoigné, le laissant venir à elle si confiante. Et de cela il ne pouvait que la remercier. Il n'avait pu s'empêcher de lui jeter par la suite des mots au goût mauvais comme s'il voulait à jamais être exclu de ses contrées, quand au contraire il aurait désiré lui laisser sa bouche et ses mains.
linked with
the weekend roundup S as "Spring, Sun, Short, Sweet

mardi 13 avril 2021

Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe (3)

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Voilà,
ça me revient 
début octobre 2010, il avait fait beau, et ce jour là  — celui de la photo qui fait parler aux jardin des Tuileries, les gens en avaient profité pour faire le plein de soleil avant que l'automne n'arrive pour de bon et que les températures fraîchissent. Je ne sais si l'abandon de cette femme était feint, mais j'avais trouvé sa pose, à cet instant, parfaite. Elle semblait une statue classique, sans doute à cause de son profil, et je n'avais eu aucun scrupule à lui voler cette image, tant je la trouvais belle dans cette lumière.
 
ça me revient, 
au début des années dix, lors d'une lecture de "Gouverneur de la rosée" de Jacques Roumain, avoir été surpris par une soudaine et inattendue vague d'émotion qui aurait pu me submerger si je n'avais pas été précisément capable d'apprivoiser ce genre d'événement plutôt heureux pour un comédien d'ailleurs, pour peu qu'on ait un minimum de maîtrise. Rester juste au bord du sentiment permet de nua    ncer l'interprétation.
 
ça me revient 
les villas de vacances des stations balnéaires qui s'appelaient Do Mi Si La Do Ré, et dont les notes étaient inscrites au fronton des maisons

ça me revient
pendant mon enfance on parlait à la radio d'un homme politique qui s'appelait Valdécrocher et je trouvais ce nom très rigolo et sujet à plein de plaisanteries. Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai compris que le Secrétaire général du Parti Communiste Français de l'époque s'appelait en réalité Waldeck-Rochet
 
ça me revient
enfant j'étais fasciné par les gens qui taillaient leur crayon avec un canif ou un couteau
 
ça me revient 
l'affiche de "La Dispute" de Marivaux mis en scène par Patrice Chéreau. C'était une photo en noir et blanc légèrement solarisé je crois du dix-neuvième siècle représentant deux enfant en haillons qui regardaient l'objectif adossés à un mur
 
ça me revient 
que lorsque le single "Let it be" est sorti il n'y avait pas le solo de guitare de George Harrison  qui se trouve sur l'album du même nom, paru quelques semaines après.
 
ça me revient 
"A te souhaits" lui avais-je dit, alors qu'elle venait d'éternuer. "Vivre une vie de bonheur dans les bras de mon père jusqu'à la fin de mes jours", avait-elle répondu du tac au tac (ce qui est plutôt flatteur). Que ce vœu ne se réalise pas, avais-je aussitôt songé car il est dans l'ordre de la nature que les enfants survivent à leurs parents.
 
ça me revient 
dans les années 70 existait, Boulevard du Montparnasse, dans la partie située entre la place du 18 juin et l’angle de la rue de Vaugirard un restaurant de pâtes qui s’appelait Lustucru et qui ne servait que des pâtes de cette marque. Sa devanture était constituée de damiers alternant deux nuances de bleu comme sur les paquets de pâtes. Je n’y suis jamais allé. Par contre sur le trottoir d’en face se trouvait une institution locale "Chez Roger la frite" où je suis allé quelquefois manger. C’était même ouvert le dimanche soir.
 
ça me revient
le dernier festival d'Avignon auquel j'ai participé en 2019 et ces jours où je n'y arrivais plus avec le sommeil. Je m'endormais à 18 heures et me réveillais à 20 heures parce que j'avais fini de jouer à 15 heures, mangé après la représentation et traîné ensuite dans les rues comme une âme en peine refaisant des itinéraires empruntés des années auparavant... j'étais tellement épuisé que je lisais sur des affiches "jusqu'à ce que la vie nous Shakespeare" au lieu de "jusqu'à ce que la vie nous sépare"
 
ça me revient
j'ai vu Raymond Federman spécialiste de Beckett, qui fut aussi poète et romancier, lire des passages de ses livres au théâtre Montevideo de Marseille en septembre 2007. Je me rappelle aussi qu'il est mort le 9 octobre 2009
 
ça me revient 
le vieux couple dans le téléphérique de Funchal. Lui veut changer de place parce qu'il y a un courant d'air dans son dos. Il grogne pour je ne sais quelle raison. Elle, très grosse mais soumise. "Je sais ça va être une journée ratée et c'est de de ma faute" dit-elle
 
ça me revient,
Agnès parlant d'un conte, russe je crois, qu'elle avait lu petite, et dont le héros était (il me semble sans pour autant que j'en sois certain) un souriceau qui s'appelait. Stroutnitso. Elle aimait beaucoup ce nom, Stroutnitso. Il reste coincé dans un coin de ma mémoire. Stroutnitso. Ou bien c'était une comptine de son enfance, oui une comptine je crois.

ça me revient
la fois ou Roger Bambück, le grand sprinter français a enfin parcouru le 100 mètres en 10 secondes, trois autres concurrents ont réalisé 9.9 dans la même épreuve. Mais c'était quand déjà ? Avant les J.O de Mexico, je pense.
 
ça me revient 
le parler chantant de cette voisine africaine ce jour où, après m'avoir demandé des nouvelles de ma fille et alors que je lui répondais "elle passe le bac la semaine prochaine", elle s'exclama, "comme le temps passe vite quand les enfants ne nous font pas la paresse".

ça me revient,
au siècle dernier il y avait encore des équipes de rugby britanniques qui portaient des dossards avec des lettres allant de A à O plutôt que des numéros de 1 à 15

ça me revient
dans les années soixante un coureur de cross-country français s’appelait Jacky Boxberger

ça me revient, quand désormais de plus en plus de choses m'échappent... 

jeudi 11 mars 2021

Rayons printaniers

 

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Voilà,
en regardant cette image, on peut presque penser qu'elle rappelle des jours heureux, des jours paisibles, des jours insouciants. C'était bien avant le confinement. C'était un temps où l'on pouvait profiter du premier soleil printanier sur les berges de la Seine, faire comme si le monde alentour n'existait pas. S'abandonner à un plaisir archaïque, animal, auquel nos ancêtres à peaux de bêtes, lorsqu'ils se sentaient à l'abri du danger, devaient aussi s'adonner, comme le font nos chats nos chiens et tant d'autres animaux. Profiter avec gourmandise de l'offrande de la lumière. Savourer cette joie paisible et solaire. Fermer les yeux, et entre œil et paupière s'immerger dans la couleur orange. J'enviais, cette capacité d'abandon. Car ce jour-là quelque chose me tourmentait. Une effroyable et silencieuse catastrophe venait d'avoir eu lieu, et personne ne semblait en prendre la mesure. Peut-être parce que c'était loin. Peut-être parce qu'on ne peut prendre sur soi tous les malheurs du monde. Peut-être parce que le déni nous permet de survivre. Pourtant quelques heures auparavant il y avait eu cela qui était arrivé.
 
 
C'est une catastrophe lente qui pourtant continue. On n'en parle plus. Un désastre chasse l'autre. S'efforce-t-on de croire qu'elles ne font que se remplacer quand au contraire elles s'additionnent ? Depuis quelques années l'humanité doit payer la note. Mais ceux qui détiennent les cordons de la bourse ne peuvent s'y résoudre. Cette réfutation obstinée a quelque chose de pathétique. Elle caractérise notre espèce qui s'entête à se mesurer à la nature. A fabriquer des situations critiques qu'elle se refuse d'anticiper en s'en remettant à la providence, en pariant sur la quasi improbabilité du risque. Il y a peu l'épidémie de Covid, nous a démontré qu'en cas d'accident industriel majeur en France, au contraire de ce qu'affirment les pouvoirs publics nous ne sommes pas en mesure de faire face. Nos infrastructures hospitalières sont inadaptées. L'armée est incapable de défendre la population. L'État a depuis longtemps abandonné les citoyens au profit des intérêts privés. A la faveur de cette épidémie, on a pu constater combien l'argent de la fraude fiscale, qui devrait servir au bien commun et aux infrastructures du pays a pu manquer. Mais on continue, cependant, comme si de rien n'était. Business as usual serait-on tenté de dire. 
Et puis, on continue aussi à nous prendre pour des cons, et d'une certaine façon pourquoi s'en priver puisque ça marche. Ça marche pour tout. A croire que les gens raffolent de ça. Ainsi peut-on lire et entendre, qu'aucun cancer, aucune maladie n'est due à une contamination nucléaire à Fukushima. Qui peut raisonnablement croire ça ?  Mais c'est la fiction que Tepco et les pouvoirs publics japonais ont mis en place et relayent de façon permanente par des médias qui leur sont acquis. Heureusement il existe d'autres sources d'information. Toute façon c'est là. On n'y peut rien. On ne peut contenir ce désastre. Il est désormais un des éléments constituants de notre condition humaine. Il nous reste la musique


mardi 16 février 2021

Okay Café

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Voilà,
en ce moment il ne me reste plus de goût pour grand chose. Écrire m'est trop pénible. Choisir les mots, les tournures de phrases, couper les cheveux en quatre afin de tenter de préciser une pensée, un fait, lui donner une couleur particulière, je n'ai plus la patience, tout ça est bien long à venir et les idées trop rares. Hésiter pendant un certain temps, comme ce fut le cas récemment entre  "Elle tressaille soudain en étouffant un sanglot "ou bien "elle tressaille et ne parvient à retenir ses larmes", à quoi bon ? Et pourquoi fallait-il qu’elle pleure cette conne ? Pourquoi n’aurait-t-elle pas été plutôt saisie par une féroce envie de chier qui l'aurait immédiatement détournée de ce lieu qui la ramenait à ses souvenirs ? 
Mais bon je l'ai déjà évoqué, je m'impose cette discipline comme une gymnastique mentale. Cela donne ainsi à d'autres la possibilité d'exprimer leurs fantasmes de domination. Comme l'intraitable grammairien.ne ou le.la lexicologue obsessionnel.le qui plutôt que de m'envoyer un aimable message pour me signaler une erreur ou suggérer une autre formule va me bombarder de majuscules anonymes. Ça se trouve c'est quelqu'un de très bien, qui manque juste de tact. Pourquoi imaginer un vieux con grincheux et tatillon que la retraite rend maussade ? Et encore tout ça n'est pas bien grave. Il paraît qu'il existe pire ailleurs. Peut-être aurais-je d'ailleurs du apposer au début de ce message un "Trigger Warning" — que les québecois ont astucieusement traduit par le mot-valise "traumavertissement" —, car quand même, j'ai non seulement tenu un propos qui peut paraître sexiste et insultant pour quiconque éprouve de la peine, mais aussi énoncé de peu amènes jugements sur les "seniors" et les "malcomprenants".
Donc, par paresse, je traîne sur mon ordinateur, je retrouve de vieilles photos. Celle-ci date de fin Octobre 2011, prise depuis une péniche lors d'une excursion sur le canal de l'Ourcq avec ma fille. A cette époque je n'avais pas trop de problèmes d'argent. Je n'en étais pas pour autant insouciant. Mais je prenais encore d'aimables clichés de la vie parisienne. Même ça désormais ne me divertit plus. toutefois j'éprouve encore du plaisir à redécouvrir des images autrefois négligées et auxquelles finalement je trouve un certain charme.
Sinon, hier j'ai acheté du mimosa qui embaume la maison. Quoi d'autre ? j'ai aussi envie de rencontrer des inconnus. Et pourquoi pas un mécène ou un bienfaiteur. On peut rêver, non?
 

mardi 14 avril 2020

Jeune femme lisant en compagnie de son chien

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Voilà,
celle-ci je l'ai prise en Octobre 2018. Je suis toujours envieux de cette capacité qu'ont certaines personnes à s'allonger sur les bords de Seine, pour prendre le temps de lire ou simplement de ne rien faire, de se laisser baigner par la chaleur du soleil. Je m'y attarde souvent pourtant, mais il me faut être en mouvement. Je ne parviens pas non plus à m'abandonner ainsi dans un lieu public. Même lire au bistrot m'est difficile. Cette image atteste d'un temps où l'insouciance, la légèreté et l'indolence étaient encore des possibilités. Désormais notre vie confinée nous prive de plaisirs simples dont rien n'augurait, il y a quelques mois à peine, qu'ils pussent nous être aussi vite dérobés.
Traîner, flâner dans les rues du quartier latin, de Saint-Germain et sur les quais de Seine, déambuler dans l'île Saint Louis qui, ressemble à certaines heures à un petit village, me manque. Et sans doute aussi ce plaisir d'être saisi par un instant, une situation, une fraction de seconde insolite, un détail incongru. Ces moments d'errance, de déambulation me lient à cette ville depuis que j'y vis. J'en ai besoin. Ils sont ma part nécessaire de poésie et de lumière, surtout au printemps. Ces promenades au printemps naissant m'apportent, sinon la joie, du moins de fugitives félicités, d'éphémères délices, de doux transports. Les photos que je peux alors y faire sont comme des cailloux ramassés sur le bord du chemin. Parfois c'est un plaisir semblable à celui que l'enfant éprouve lorsqu'il capture parmi les herbes une sauterelle ou un papillon, peut-être juste pour ce chatouillement sur les paumes des mains refermées en une cage éphémère avant que l'insecte ne soit rendu à sa liberté.
Oui les photos offrent un contrepoint aux images, la plupart du temps sombres et tourmentées, que je produis et qui sont celles qui me viennent le plus spontanément. Comme le confinement, avive cette tendance, je m'abstiens de les publier. Peut-être d'ailleurs ne le ferai-je jamais.
Heureusement il y a les voix chaudes de Louis et Ella. Je vais commencer avec ça. Ensuite en verra. La musique accompagne mes journées. Je ne supporte plus d'écouter les nouvelles. Words words et guignolades. Oui heureusement, il y a les musiques, toutes les musiques.
share with Paris in July


PS : En regardant quelques nouvelles sur le net, je vois que le spectre d'une nouvelle catastrophe nucléaire se profile, trente quatre ans après la première, à Tchernobyl où flambent les forêts de la zone interdite. On rapporte que le taux de radiation y a considérablement augmenté. Ici un fort vent de Nord-Ouest, sans doute chargé de particules balaye la ville. Mauvais karma pour l'humanité semble-t-il. Au moyen-âge, ai-je lu quelque part, après les catastrophes et les pandémies, il y avait toujours de grosses orgies. Est-il vraiment nécessaire d'attendre ?

lundi 6 août 2018

Canicule

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Voilà, 
Août 2018 c'est la canicule. Le quai de Loire, au bord du bassin de la Villette à Paris, de même que les bord de Seine, a été aménagé dans le cadre de l'opération Paris-plage qui a lieu tous les ans à la même époque afin que ceux qui restent à Paris puissent se relaxer.
Souvent, l'été est propices aux images saugrenues, que ce soit en ville ou bien en bord de mer. Il me semble toutefois opportun de mettre en relation des photos comme celle que je publie aujourd'hui avec d'autres comme celles-ci, par exemple pour raconter ce qu'est vraiment Paris l'été.  
Le monde dans lequel nous vivons est confus, sa réalité contrastée.
Cette femme très détendue sûr sa chaise longue, il semblerait qu'elle veuille que le soleil la pénètre tout entière. 
Bon.
Depuis quelque jours, radio et télévision diffusent en abondance des émissions pour commémorer le triste anniversaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. 
En comparaison question chaleur, on a encore de la marge.

lundi 2 juillet 2018

Une belle paire de valises

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Voilà,
parfois la réalité offre des perspectives déconcertantes. Mais on a la certitude d'être le seul à capter ce moment qui ne se reproduira jamais plus. Tout y est incongru. Ma présence ici, la femme qui, à proximité de ses valises, se dore au soleil, celle du fond qui époussette sa couverture. Il suffit d'une fraction de seconde. La journée n'aura pas été tout à fait vaine, en dépit d'une certaine déception qu'on y aura éprouvée. Certes elle était prévisible, mais on s'efforçait de ne pas y croire tout à fait. (Linked with MySundayPhoto

vendredi 16 février 2018

Ca Rezzonico

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Voilà
il y a un an nous étions à Venise avec ma fille et nous avions programmé par cette belle journée une visite à la Ca'Rezzonico. Arrivés un peu tôt, le ponton permettant d'accéder à l'entrée n'était pas encore ouvert et sous le soleil froid, nous avions aperçu cet homme bien couvert qui finissait sa nuit en somnolant paisiblement sur son chariot. Ce n'était pas le Christ de Mantegna, tout le contraire même. Plutôt l'image légère d'un art de vivre qui consiste à simplement prendre les choses comme elles viennent. (Linked with the weekend in black and white - Signs2

mardi 1 novembre 2016

Lire à la plage

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Voilà,
la douce lumière d'un paisible après-midi d'automne au bord de l'océan. Les vagues s'échouent avec nonchalance sur le rivage comme elles l'ont toujours fait quand la mer est calme. Quelque chose qui ressemble à la paix, à la sérénité. Bien sûr comme la plupart des images celle-ci est trompeuse. Mais on voudrait tant y croire. L'homme dans sa solitude studieuse est aussi une image du répit qu'on se donne face à la cruauté de l'époque. Autrefois il aurait eu un livre entre les mains. Aujourd'hui une liseuse kindle. Et moi je note ces quelques lignes, non au crayon sur un carnet, mais sur un smartphone avec lequel j'ai aussi pris la photo. 
Bientôt le soleil va disparaître de l'horizon. L'air déjà fraîchit. Une petite fille bâtit des châteaux de sable au bord de l'eau. Pendant quelques heures, l'inquiétude s'est tenue à distance, et c'est très bien. Considérer tant que c'est encore possible chaque jour comme une opportunité d'étonnements peut-être vouée à demeurer sans lendemain, tel est désormais mon programme. À la fois modeste et ambitieux, en ces temps de déroute et de chaos,  il en vaut toutefois bien d'autres. (1/11/2016 a 6:42)

Shared with skywatch friday

vendredi 23 octobre 2015

L'enjôlement délicieux de la vie

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Voilà,
médite cela mon gars "Oh qui dira pourquoi il y a sur terre des soirs de printemps et de si jolis yeux à regarder, et des sourires de jeunes filles, et des bouffées de parfum que les jardins vous envoient quand les nuits d'avril tombent, et tout cet enjôlement délicieux de la vie, puisque c'est pour aboutir ironiquement aux séparations aux décrépitudes et à la mort" (Pierre Loti). Bon n'empêche qu'on peut quand même passer des bons moments allongés sur une pelouse, hein, on n'est pas non plus obligé de voir tout en noir. D'ailleurs je me souviens de ce jour, comme d'un jour de bonheur. C'était il y a un an. (Linked to The Weekend in Black and White)

lundi 17 novembre 2014

Se raconter des histoires

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Voilà
"Je me raconte des histoires, dont une quantité infime seulement verra le jour sur du papier. Écrire est un travail harassant : choisir, combiner les mots pour qu'ils ne s'éventant ne pourrissent pas trop vite à la lecture! Tâche totalement disproportionnée à nos forces que l'on se demande comment des hommes lucides ont osé l'entreprendre. sans doute - je parle en mon nom - finissent-ils par se convaincre qu'ils aident ainsi à produire une réalité qui leur dispensera un peu de sa force en retour. Ma pensée file, et se vide, ignore toute contrainte, vire, plonge et se retourne avec l'exquise souplesse d'une loutre jouant dans l'eau. Nous avons tous du génie dans la position horizontale et les yeux clos." (René Hardellet) linked with the weekend in black and white

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