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dimanche 4 octobre 2020

Les dessins de Serge Bloch

 

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Ma seule croyance finalement, celle que j'ai depuis toujours, est toute simple : je crois aux histoires. Je crois aux mots qui ont cette capacité inouïe de nous emporter, de nous faire vivre des aventures, de nous faire grandir, penser et réfléchir sur nous-même et sur le monde. Qu'importe s'ils viennent de la Bible ou de l'Odyssée, de Goscinny ou de Kafka, de Zweig ou de… Boyer !
Je préfère le fond à la forme, et dans le dessin, c'est pareil : j'essaie d'être assez maigre et sec, de ne pas mettre trop d'effets, pour que mon trait ne serve qu'à véhiculer des messages, des idées, des émotions. Ainsi, mon incursion dans les Écritures saintes a été plus culturelle et intellectuelle que religieuse. Pour être honnête, j'ai toujours considéré que la religion était un sujet trop sérieux pour le laisser aux religieux, tout comme la guerre, un sujet trop grave pour le réserver aux militaires !
Serge Bloch
source : La Vie


Avec les textes de Frédéric Boyer et les illustrations de Serge Bloch, racontée par André Dussollier et mise en en musique par Benjamin Ribolet, cette série animée raconte en épisodes de quatre minutes, trente-cinq des plus grands récits de la Bible.
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mardi 11 avril 2017

Mardi : Se recueillir

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À méditer
« Tu connais sans doute ce sentiment étrange qui nous saisit parfois au milieu d'occupations anodines et qui vient, me semble-t-il, de la rencontre entre une conscience plus fine de ce qui nous entoure et une force inhabituelle de recueillement – comme si celui-ci jaillissait au dehors – ou que le dehors se creusait d'intimité. Ces deux attitudes, ces deux orientations de notre attention – vers le dehors et vers le dedans – apparaissent bien souvent incompatibles, mais lorsqu'elles convergent, lorsqu'elles communiquent de la manière la plus imprévue, le monde entier semble traversé, la vie dispersée qui nous environne se charge d'une présence sensible, discrète, comme un souffle, un murmure, l'haleine ténue d'une voix qui ne dit rien de particulier, seulement qu'elle est là, proche et lointaine à la fois, insaisissable mais si prégnante qu'il serait vain de la dénier. (…) L'indélicatesse serait d'apposer trop vite un nom à cette présence, qui ne soit qu'une étiquette rassurante ou une catégorie indifférente. C'est d'un nom propre qu'elle se nomme. Elle-même te le révélera en son temps. Ne cherche pas à l'identifier, à la capturer dans des contours ou des vocables trop communs. Ecoute seulement, tends l'oreille – tout ton corps, tout ton esprit. Approfondis l'échange, en le prolongeant d'un silence qui est sa seule voix, qui est ta seule écoute. Elle se manifestera chaque fois un peu plus, dans une proximité plus grande. Elle se fera connaître, n'en doute pas, mais goûte-là d'abord, apprivoise-là, jusqu'à ce qu'elle devienne aussi familière que ta propre présence – ou que ta présence devienne aussi étrange que celle qui te visite. »
Extrait de Avance en vie profonde, de Philippe Mac Leod (Ad Solem)

À écouter : Caplet, Le miroir de Jésus – Mystères du rosaire

Nous sommes en 1923, André Caplet travaille à sa dernière œuvre et ne le sait pas encore. À 44 ans, le compositeur a les poumons détruits par les gaz qu’il a respirés pendant la Grande Guerre. Des poèmes d’Henri Ghéon sur les quinze mystères du rosaire l’inspirent, il en tire un triptyque autour des mystères de joie, de douleur, et de gloire à l’effectif original : un chœur de femmes, un quatuor à cordes, une harpe, une contrebasse et une mezzo-soprano soliste. On pense à Debussy pour les harmonies, compositeur dont Caplet a dirigé les œuvres, mais aussi au Schönberg du Pierrot lunaire, avec cette mezzo dont la voix oscille entre parlé et chanté. La partie centrale intitulée « Miroir de peine » évoque l’ « Agonie au jardin », puis la « Flagellation », le « Couronnement d’épine », le « Portement de croix », et la « Crucifixion », le tout du point de vue de Marie. « Un Dieu qui meurt… Oui ! Le grand mystère ! », s’exclame-t-elle à la fin.
André Caplet, Le miroir de Jésus – Mystères du rosaire, Hanna Schaer, Isabelle Moretti, Quatuor Ravel, Bernard Tétu, Accord, 2005 
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samedi 17 décembre 2016

Partage d'une perte du mental... et d'un livre.


Je vous partage la vidéo trouvé sur le blog de Yannick :



Un livre sur Jésus pour Noël
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"Il me reste encore quelques exemplaires de ce livre que vous risquez de ne plus trouver en vente suite au décès d'Alain René (l'éditeur) l'an dernier. 
Vous pouvez me joindre par mail (aller dans profil du blog)."

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lundi 15 août 2016

Une approche de la Bible avec Annick de Souzenelle


Publié sur le blog en 2007, il n'y pas une ride à ce nouveau visage de la Bible...

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"Il y a urgence pour l’homme à retrouver son identité !"

Pour en savoir plus sur Annick de Souzenelle, 
un site et une interview du journal "Nouvelles Clés"...

Mais le mieux, c'est de l'écouter dans une émission de la radio suisse romande (en 5 morceaux)

"1-Revisiter la bible du fond du coeur"

"2-Le pari d'une lecture symbolique de la bible"

"3-Le récit des commencements du monde, son Principe"

"4-Le jour Un de la création"

"5-Devenir le fruit de l'arbre de la connaissance"



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vendredi 30 octobre 2015

L'âme est un bijou sacré par Annick de Souzenelle (4)

Quelle a été l'épreuve centrale de votre vie ?
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Il y a longtemps de ça, un soir d'hiver j'étais partie me promener le long de la Loire toute seule pour regarder le coucher de soleil. Tout à coup, je me sens suivie. Je me retourne et un homme arrive sur moi avec un couteau à la main. J'étais dans la prière, celle du nom de Jésus et j'ai eu la grâce incroyable de ne pas avoir peur, d'être plutôt dans la compassion de cet homme pour pouvoir faire ça. Il me met par terre. Et là, il y a entre nous deux un échange de regards tout à fait surprenant. Après que je lui ai demandé son nom, il me répond qu’il ne me le dira pas. Ce n'était pas pour le dénoncer mais pour prier pour lui bien sûr. Il finit par me donner son couteau. Or le couteau, c'est le symbole de l'Épée qui court dans toute la Bible des deux Testaments. Le Christ dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais l'Épée. » C'est le Saint Nom qui veut dire « Je suis », c'est-à-dire le Nom au-dessus de tous les Noms. Nous sommes connus sous un prénom et nous avons à devenir notre Nom. Aussi lorsque cet homme me donne son couteau, il me donne beaucoup plus que son prénom, il ne le sait pas. C'est un symbole bouleversant. Puis il finit par me demander de le lui rendre. « Je peux ? » Il me dit oui et il s'en va. Ça s'est passé en un quart d'heure et quand je me suis relevée, j’ai compris qu’il s’agissait d’un face-à-face : « Annick, quand as-tu manié le couteau ? ». Et l'ennemi est devenu l'ami parce qu’il m'a amenée à faire une prise de conscience incroyable de bêtises faites autrefois et dont je n'avais pas compris la gravité ; parce qu'on peut tuer avec le couteau, avec le verbe, avec le sexe, on peut tuer de mille façons. Et tout à coup, ça m'est arrivé en pleine figure, j'ai nommé l'animal tueur à l'intérieur de moi. Dans la Genèse, le Christ invite à nommer les animaux de l'Homme. Vous imaginez le travail que ça m’a permis de faire ! J'ai eu une grâce incroyable de ne pas avoir eu peur ; je l'ai regardé avec amour.
J'obéis à des ordres intérieurs très nets 

Y a-t-il en ce moment des choses qui vous occupent l'esprit, que vous ne comprenez pas encore ?

Bien sûr ! Ce n'est que dans un langage paradoxal je vous l’ai dit que l’on peut aller dans la profondeur des choses. C'est et ça n'est pas. C'est toujours au-delà, au-delà, au-delà. C'est très bouleversant. Ce n'est pas dans notre état actuel que nous pouvons aller au bout. Mais déjà, on peut enlever un ou deux petits voiles, chose qu'exige la vraie Tradition qui est révolution permanente. "Le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête". Le « Fils de l’Homme » est celui que nous avons à faire croître et devenir à l’intérieur de nous. Là, est le mystère de la " seconde naissance " que Nicodème. bien que docteur de la loi, n’a pas compris ! Les docteurs de la loi que sont encore aujourd'hui de nombreux théologiens, ne comprennent pas...

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Pour le moment, vous continuez à enseigner au Prieuré seulement ?

Je suis, grâce à Dieu, en bonne santé mais je n'ai pas la résistance que j'avais avant. Donc, je crois que c'est sage de prendre la décision de me concentrer au Prieuré et de m'arrêter pour tout le reste. Puis un jour, probablement, j'arrêterai le Prieuré. Je suis dans les mains du Seigneur. Les mondes angéliques sont intermédiaires entre notre dimension seigneuriale et nous.

Le fait d'arrêter, c'est aussi pour avoir une vie intérieure ?

Bien sûr, ce n'est pas pour rien. J'obéis à des ordres intérieurs très nets comme celui de prendre la plume, celui d'arrêter les psychothérapies puis de me consacrer à l'écriture. J'ai pris ces décisions-là parce que c'était un ordre intérieur, bien vérifié, qui était nécessaire. Maintenant, je suis prête à un autre. Je n'envisage rien du tout si ce n'est d'être là dans la prière. C'est Lui mon maître.

Moins de vie extérieure, c'est plus de vie intérieure ?

Bien sûr, plus on est centré sur soi, plus c'est pour la vie intérieure ; ce n'est pas sur l'ego qu'on est centré. C’est l’obéissance au " va vers toi " de toute la Bible.

...

jeudi 17 septembre 2015

Extrait d'une interview de Guy Béart

Actualité Juive l'avait rencontré en novembre 2010... extraits :

«Pessimiste gai» : cet oxymore vous correspond-il ?


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G.B. : J’ai quatre-vingts ans et aujourd’hui, je suis plutôt plein d’espérance et toujours gai. Il faut relire l’Ecclésiaste, l’un de mes livres de chevet. C’est un livre poétique qui nous montre que tout recommence interminablement. La Bible m’a appris l’amour et la foi. Mieux vaut garder l’espérance. Que recommandent les dernières pages de l’Ecclésiaste si ce n’est d’aimer la vie ?

Vous êtes né au Caire. On dit que votre nom d’origine est Béhar...

G.B. : C’est ce qui est indiqué sur Internet mais je n’en sais rien. Ma mère m’a enseigné les rituels juifs que je connais très bien. Moïse, pour moi, représente le devoir. Dans ma Bible est marqué que D’ieu dit plusieurs fois à Adam et Eve : «Croissez et multipliez». Pourquoi, me suis-je demandé, avoir utilisé deux verbes pour dire la même chose alors que la Bible cultive un style très concis ? La vraie phrase est en fait «Croissez en nombre et multipliez en sagesse», ce que m’a confirmé mon ami Raphaël Draï. Or, depuis la Mésopotamie, on a augmenté le nombre, mais on n’a pas augmenté la sagesse. Moi, j’ai peur des foules. Il y a d’ailleurs quelque part dans l’Exode : «Ne suivez pas le nombre». D’où ma chanson «Le premier qui dit la vérité...». Elle parle de «La foule sans tête», manipulée.

Quelle part de judéité avez-vous transmise à vos enfants dont la plus célèbre, Emmanuelle ?

G.B. : C'est dans mes chansons, où je pèse chaque mot, que j'exprime au mieux ma vérité. Dans «Messies, Mais si !» en 1973, je dis que l’'islam pense qu'il n'y aura pas de Messie. Le christianisme, qu'il est déjà venu, mais doit revenir. Le judaïsme, qu'il doit venir. Je pense que c'est une incitation à ce que chaque être humain se comporte en messie afin de sauver les autres. À mes enfants, j’ai parlé des rites qui, selon moi, sont ce qu’il y a de plus important. Connaissez-vous l’histoire du rabbin qui arrive dans une communauté ? Il rencontre un Juif et lui demande s’il croit en D’ieu. L’autre lui dit qu’il lui répondra une autre fois. Le lendemain, le rabbin lui pose à nouveau la question et l’homme ré- pond par la négative. «Pourquoi ne m’as-tu pas répondu hier ?» demande le rabbin. «Parce que c’était Shabbat !». J’aimerais terminer sur un Proverbe que j’aime particulièrement : «Ecoute, mon fils, les règles de ton père mais n’oublie pas la Thora de ta mère».


vendredi 23 janvier 2015

La folle espérance avec Monique Durand-Wood


...Tout a basculé en 1988. Mon existence me paraissait alors artificielle : un divorce, deux enfants à charge, une vie affective désordonnée et des activités professionnelles peu épanouissantes. Un soir, je suis sortie dans la rue et je me suis mise à sangloter pendant de longues heures… jusqu’au moment où j’ai ressenti une Présence m’enveloppant de sa douceur. Les joues encore trempées de larmes, je me suis assise à côté de la porte d’une chapelle et j’ai bredouillé : « Mon Dieu ouvre-moi la porte de ton Église. »
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Après toutes ces années d’éloignement, j’étais persuadée que l’Église m’en voulait. Ma confession à un moine le lendemain m’a totalement libérée. Son accueil m’a émerveillée. Le concile Vatican II était passé par là : j’ai découvert une Église plus tolérante et ouverte et ai pu intégrer un groupe de chrétiens divorcés. Comme j’ai fait des études de psychologie, une dame m’a proposé de la rejoindre dans une aumônerie psychiatrique d’un hôpital de Villejuif (94). Je n’ai pas hésité une seconde.

La folie m’a toujours fascinée. Dans ma famille, il y avait des personnes artistes, hypersensibles et pour certaines psychiquement fragiles. C’est lorsque les déguisements sociaux et autres masques tombent qu’une vérité peut éclater : c’est là que jaillit le plus profond de l’être. J’ai d’ailleurs remarqué que le noyau spirituel est ce qui reste dans l’individu, qu’il soit malade psychiquement, handicapé, ou atteint de la maladie d’Alzheimer. Une fois la tempête du délire passée, la foi des malades psychiques se révèle, dépouillée, simple, humble. Humilité aussi dans la prise de conscience de leurs failles, de leur pauvreté. J’ai vu avec éblouissement ce retour sur eux-mêmes qui les ouvrait aux autres : leurs fragilités développent une compassion extraordinaire pour leurs frères souffrants.

Dans leur détresse, j’ai pu toucher une part sacrée, de Mystère en eux. En tant qu’aumônier, mon rôle était de faire appel à cette Présence. Ni jugement ni diagnostic, une écoute bienveillante de leur mal-être. L’espérance qu’il existe autre chose que le désespoir, une Lumière, une respiration, alors qu’ils n’y croient plus. Même si l’on reste malade, même si l’on n’a plus de famille, même si l’on ne voit plus d’issue à son avenir, l’espérance permet de se sentir accompagné par le Divin.
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Grâce à leur manière de s’identifier aux personnages de la Bible, j’ai réalisé que ces figures sont proches de nous : les « ennemis » sont nos propres ennemis intérieurs. Combats, désirs de vengeance, de guerre, cris de désespoir, eux les vivent concrètement. Par leur façon de se saisir de cette Parole vivante, ils sont devenus pour moi des exemples de foi, des maîtres spirituels.

Cette démarche de faire vibrer la Parole en soi, je l’ai vécue en parallèle à la Maison de Tobie, où j’organise désormais des sessions de contemplation. Tout au long de ma vie d’aumônier, j’ai pu ainsi développer ma vie intérieure en dehors de la psychiatrie. J’ai appris à méditer la Bible, à la mastiquer et la laisser infuser. Grâce à Françoise Dolto et à son Évangile au risque de la psychanalyse, autre livre choc de ma vie, j’ai compris que la foi nous ramène aux racines de l’humain et découvert aussi qu’avant d’être un livre religieux, la Bible était un livre d’humanité, avec un Autre qui se tient là, tout doucement.

Les étapes de sa vie
1947 Naissance à Rochechouart (Haute-Vienne)
1968 1er mariage, dont naîtront deux enfants.
Décembre 1988 Basculement intérieur. Retourne à la messe.
1991-2006 Bénévole puis aumônier d’hôpital psychiatrique à Villejuif.
2006 Master de théologie à l’Institut catholique de Paris.
2009 Ajouter foi à la folie, Éditions du Cerf.
Depuis 2012 Responsable de la démarche de contemplation à la Maison de Tobie.
2014 Second mariage.


lundi 24 novembre 2014

Un livre précieux sur la Bible et les évangiles par Yannick David


C'est avec une grande joie que j'annonce la sortie de ce livre . C'est aussi un honneur d'avoir eu l'autorisation de Mooji d'utiliser une de ses peintures, "Le Prophète", en page de couverture. 

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Image"J’ai commencé à écrire quelques commentaires, puis j’ai découvert le sens hébraïque de certains mots, y ai pris gout, pour finalement étudier de près les passages les plus connus, que je n’avais jamais compris tant le sens paraissait caché. Sentant que cela commençait à prendre de la consistance, je me suis interdit tout appui sur des livres de commentaires quelconques. Je voulais que cela vienne de ma propre compréhension, de  mon interprétation, afin de rester authentique.


Certains symboles étaient clairs, connus, d’autres obscurs, peut être expliqués mais pas lus pour ma part."...


Je vous conseille vivement la lecture de ce livre très riche... comme l'est intérieurement son auteur !

Voir le post sur le site de Yannick pour le commander...




lundi 5 mai 2014

La bienveillance nous sauve du repli sur soi avec Lytta Basset

Dans son nouveau livre, Lytta Basset invite à « oser la bienveillance ». Pour y parvenir, cette professeure de théologie, protestante, préconise d'abandonner le dogme du péché originel, présent aussi bien dans le catéchisme catholique que dans les écrits de Luther et de Calvin.

LA VIE. Que reprochez-vous au péché originel ?
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LYTTA BASSET. Cette notion induit une vision profondément pessimiste des êtres humains, qui me semble contraire à ce que promeut le christianisme. Il n'y en a pas trace dans la Bible. Les Hébreux n'ont jamais imaginé un péché originel. Il n'en est pas question non plus dans les Évangiles. Jésus ne parle jamais d’Adam et Ève.

Durant les quatre premiers siècles, l’Église n'y fait pas référence. Pour les Pères de l'Église et notamment Irénée de Lyon, la Genèse décrit plutôt de façon symbolique le processus d'accomplissement de l’être que nous sommes appelés à vivre. Nous retrouvons ce que les orthodoxes appellent la « divinisation » de l’humain par laquelle nous sommes invités à devenir de plus en plus ressemblants à notre Créateur.

Comment expliquer l'adoption de ce dogme par l'Église ?

L.B. L’histoire personnelle de saint Augustin a fortement pesé sur la chrétienté occidentale. Dans sa jeunesse, il a été séduit par le manichéisme, cette religion qui distinguait les êtres bons d’un côté et les méchants de l’autre, et il est resté influencé par cette approche. Augustin a formulé ce dogme aussi en réaction aux thèses du moine Pélage (v. 360-422) qui donnait, selon lui, une trop grande place à la liberté humaine.

Une seule personne peut-elle influencer à ce point l'élaboration d'un dogme ?

L.B. Selon les historiens, il semble qu’Augustin ait forcé la main au pape de l’époque. Il faut savoir que 18 évêques se sont opposés à l’adoption du dogme en 418. Et que celui-ci n’a pas été retenu par les chrétiens orthodoxes.

Comment comprendre son maintien à travers les siècles ?

L.B. Il est très satisfaisant pour l’esprit humain d’avoir une explication du mal et du malheur. L’historien Jean Delumeau explique ainsi qu’au XVIIIe siècle en Europe, le mystère du mal n’existait pas, car tout s’expliquait par le péché originel. Si vous transposez cette conception au plan individuel, c'est la fameuse phrase : « Qu’est-ce que j'ai fait au bon Dieu ?» On martelait que tous les malheurs étaient « de notre faute ».

N'y a-t-il pas d'explication au mal ?

L.B. Le livre de Job, les psaumes, et même Jésus n'en ont jamais donné. Dans l’Évangile de Matthieu, Jésus explique simplement que les « scandales » (au sens étymologique du texte biblique « ce qui nous fait tomber ») font partie de la vie. Quand on l’interroge sur l’origine du mal, il tourne la tête de l’autre côté. Son auditoire veut le faire regarder en arrière pour identifier les causes du malheur. Lui invite à se demander plutôt ce que nous faisons du mal qu’on nous a fait.

Dans votre livre, vous notez que ce dogme a été aussi conforté au XXs siècle par les thèses de Freud

L.B. Freud grandit dans la Vienne bourgeoise de l’époque. Même s’il est juif, il est imprégné de la morale issue de la doctrine du péché originel. Il a une vision effroyable des humains. Ils n’ont qu’une idée en tête : exploiter et manipuler leur prochain. Si certains psys ont depuis pris leurs distances avec cette vision, elle demeure encore présente dans cette profession.

Si vous souhaitez abandonner le péché originel, vous proposez par contre de parler de la réalité du péché, pourquoi ?

L.B. Il faut bien distinguer d’une part le dogme du péché originel, cette faute qui se transmettrait depuis Adam et Eve par hérédité, et d’autre part le péché. Le récit de la Genèse n’est pas historique et la doctrine induit une vision désespérante de la nature humaine : il me semble bon d’abandonner cette construction théologique. Par contre, nous sentons bien que nous sommes toujours tentés par ce repli sur nous-mêmes que la Bible appelle « péché ». Il me semble vital de parler de cette non-relation aux autres dans laquelle nous nous enfermons régulièrement. Cette tentation est bien réelle. Mais j’évite le terme même de « péché », car le grand public le confond avec le péché originel.

Pécher, n'est-ce pas commettre une faute ?

L.B. Non, je ne crois pas. Si je suis préoccupé uniquement par le souci d’être en règle, je vais passer mon temps à calculer mes fautes et mes mérites. Je risque de faire moi-même les questions et les réponses et de renforcer renfermement dans lequel je suis pris. Et même si vous demeurez à côté de moi, je ne vous verrai pas.

Le péché, c'est donc se replier sur soi ?

L.B. Les mots « repentance » et « pénitence » n’existent pas en hébreu biblique : il y est question de « revenir », « faire retour ». Cet appel retentit à travers toute la Bible, où Dieu cherche à se faire entendre pour que l’humain revienne à la relation.
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Comment ce retour vers les autres est-il possible ?

L.B. C’est portés par le moindre regard ou geste bienveillant sollicitant notre être profond que nous osons sortir de notre prison. En venant ainsi nous chercher, l’autre nous permet de toucher notre propre bienveillance, cette image de Dieu, déjà présente en nous dès notre naissance. Nous nous découvrons « capables de Dieu ». C’est-à-dire, dans tous les sens du terme, capables de l’autre.

Un simple regard bienveillant suffit-il ?

L.B. Parfois oui, si une personne s’approche avec cette bienveillance, ce regard sur moi va réveiller ma capacité d’entrer en lien avec les autres alors que je me pensais peut-être irrécupérable pour la relation. Car souvent j’ai intériorisé toute la noirceur que l’on a projetée sur moi. Pour ma part, la personne qui m’a accompagnée dans mon chemin de guérison, que j’appelle mon père spirituel, m’a aidée avant tout par sa bienveillance. Je ne l’ai jamais entendu prononcer un mot pour démolir quiconque, je sentais vraiment une bienveillance d’origine divine. 



mardi 24 décembre 2013

Avec Jésus, Dieu a choisi l'incognito


Théologienne protestante de renom, Elisabeth Parmentier porte un regard neuf sur Jésus, loin des clichés mièvres et sulpiciens qui ont cours, notamment lorsqu'on évoque l'enfance du Christ. Elle nous parle de sa jubilation de croyante devant "l'enfant", oeuvre inattendue de Dieu.


L’enfance de Jésus est très mal connue, ce mystère vous intéresse-t-il ?
Elisabeth Parmentier : "Avec Jésus, Dieu a choisi l'incognito"Les récits bibliques de l’enfance de Jésus sont bien plus tardifs, puisque les évangiles ont commencé par Pâques et la Passion, pour chercher ensuite à compléter les "blancs" de l’histoire, dans lesquels on veut surtout montrer le lien de Jésus à son peuple et aux annonces du messie (cf les généalogies, passionnantes dans leur organisation, différente chez Matthieu et chez Luc), d’autre part le destin particulier lié à l’intervention de Dieu. Il est précisément important que Jésus ne soit pas présenté comme spectaculairement "prouvé" et labellisé comme Fils de Dieu, mais comme un homme ordinaire, voire insignifiant. Sans les révélations des anges et des mages, sans les interprétations des rédacteurs des évangiles, rien ne le distinguerait d’un simple juif ordinaire. C’est précisément le chemin de la foi chrétienne, à la recherche et sur les traces d’un Dieu qui passe par l’incognito, par le chemin humain. Tout au contraire de ce que feraient les humains ! Ceci nous oblige à distinguer, à chercher des traces. Le chemin de la foi qui est montré nécessite la quête, la foi ne peut pas se baser sur un "voir".

Qu’est-ce qui pourrait vous fasciner chez l’enfant Jésus ?
Ce qui me fascine dans toute naissance est cette rencontre entre la conscience absolue de notre fragilité et vulnérabilité, toutes humaines (et Jésus ne fait pas exception, c’est même l’un des accents des textes), et l’espérance incroyable qu’ouvre chaque vie nouvelle. C’est par ce double sentiment qu’éprouvent tous ceux qui ont connu des naissances qu’on peut approcher ce qu’est le vrai "miracle", qui est tout simplement que la vie existe et se perpétue dans des conditions environnées de "mort" sous toutes ses formes. Le miracle est d’exister, alors que nous sommes environnés de toutes parts de la réalité du provisoire. Mais chez l’enfant Jésus cette naissance dit encore bien plus : pour les croyants elle dit l’incroyable, que Dieu lui-même prenne part à ces réalités de la condition humaine, et ce jusqu’au bout, jusque au-delà de la mort, pour ouvrir un chemin inédit qu’est la résurrection. Mais ce qui est encore plus important dans cette naissance-là, c’est qu’elle a besoin d’être "reconnue" comme unique pour toute l’humanité. Les textes montrent des témoins qui reconnaissent le salut arrivé, et ces témoins sont d’abord juifs, mais aussi païens (les mages). Donc la naissance de Jésus ne servirait à rien s’il n’y avait des témoins humains pour la reconnaître, la constater, la croire – ceci vaut de génération en génération – et le miracle absolu, c’est que cette chaîne de témoins a continué jusqu’à nous !

Comment imaginez-vous l’enfance de Jésus à Nazareth : son éducation, son quotidien, son rapport à sa famille, à la Loi juive ?
Au-delà de la puissance expressive de la naissance de Jésus, ce qui m’intéresse particulièrement dans les textes, c’est l’insistance sur la continuité de la vie de Jésus au sein de son peuple. C’est pourquoi j’imagine son enfance exactement comme celle de tout enfant juif de son temps. Les textes bibliques en disent très peu, donc d’autant plus on peut considérer que rien ne le distingua des autres enfants, car c’est précisément la continuité qui est marquée : c’est au sein de ce petit peuple, dans une petite tribu, dans un petit village, dans une famille simple, que naît celui qui va tout changer ! C’est important que les chrétiens n’oublient pas que leur messie est juif. Mais il y a un second accent qui m’est tout aussi important : les textes bibliques ne sont pas si intéressés par l’enfant Jésus, mais énormément par les effets de sa venue sur l’entourage. Cela commence par Elisabeth, Marie (qui annonce dans le Magnificat le leitmotiv de toute la bible : le renversement des réalités humaines), puis Siméon et Anne, et Jean-Baptiste. Ils représentent la première alliance qui se voit remplie d’une absolue nouveauté, qui ouvre une nouvelle alliance. Cela se fait à pas feutrés, à pas humains, et pourtant rien ne peut retenir la nouvelle vie. Comme dans une naissance : quand le travail est engagé, personne ne peut repousser l’enfant en arrière ! Ils sont ancrés dans leur religion et leur temps, mais ils discernent que leur espérance a abouti, le nouveau est en route et rien ne le retiendra.
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Comment imaginez-vous Jésus enfant ?
Il est bon que les récits bibliques justement n’en parlent pas, car on en ferait une psychologisation : imaginez le caractère du Fils de Dieu, il faudrait qu’il soit parfait ! D’ailleurs on a des récits que la tradition chrétienne n’a pas voulu retenir, qui jouent dans le merveilleux et montrent le petit Jésus accomplissant de petits miracles !! Donc je n’imaginerai rien de son caractère, là n’est pas l’essentiel. Ce qui me frappe par contre dans les textes bibliques, c’est qu’il y a chez lui à la fois une obéissance à sa famille, et une prise de distance : lorsqu’’il s’installe au Temple pour discuter avec les responsables religieux ; et aussi tout au début de son ministère, lorsque sa famille veut le chercher parce qu’ils le croient fou (Marc 3/20-23 : "car ils disaient : il a perdu le sens") ! Cela dit la peur du scandale qu’éveillait son action. Et voici sa réponse à ceux qui lui disent d’aller trouver sa mère et ses frères : "Qui est ma mère et mes frères ?" : "quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère, une sœur et une mère" (Marc 3/31-35). Certes il n’est plus un enfant à ce moment-là, mais on quitte ici l’image idyllique d’un Jésus docile, fort égratignée à d’autres moments aussi ! Jésus est tout autre que l’image mièvre et doucereuse qu’on donne souvent de lui.

Comment l'enfance de Jésus peut-elle nourrir notre foi ?
Le "nouveau" vient à la manière humaine, sans ébranlement catastrophique et sans les événements cosmiques que nous prédisent d’autres cosmologies, comme pour cette année (2012) la fin du monde le 21 décembre ! Cette naissance-là n’est en apparence en rien différente de celle d’un enfant de milieu modeste. L’enfant fait jubiler car en tant que croyante j’y reconnais l’œuvre de Dieu, mais de manière si inattendue que je suis également émerveillée de l’audace de Dieu d’avoir choisi cette voie de l’incognito, où il risque à chaque génération que cette foi soit perdue. C’est une histoire folle, à bien y réfléchir !

Quel est pour vous le sens de l'Avent ?
L’Avent, grâce à ces textes bibliques, est une double préparation : à cette naissance de Jésus dans son peuple mais aussi dans ma vie et mon espérance ; mais aussi à cette "nouvelle création" ou ce "royaume de Dieu" qui existe déjà depuis Pâques. Si Pâques est arrivé presque incognito, comme cet enfant, et qu’il ne nous est attesté que par des témoins non érudits, c’est la même logique qui me fait espérer que la "Vie" au-delà des enfermements est déjà en gestation. On ne la distingue que par endroits, par épisodes, mais on ne peut pas repousser l’enfant quand le travail a commencé ! Je crois donc aussi que le Royaume de Dieu est déjà né, mais qu’il est encore très jeune. L’Avent véritable sera son âge mûr, mais en attendant je m’exerce à le reconnaître tel qu’il est et non selon les fantasmes humains.

Elisabeth Parmentier


source : La Vie (2012)

jeudi 26 septembre 2013

Des poètes en temps de détresse par Michel Séonnet

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Regardant tout ce monde aller et venir place Saint-­Sulpice, à Paris, à l’occasion du marché de la Poésie, me revenait la vieille question du poète allemand Friedrich Hölderlin : « Pourquoi des poètes en temps de détresse ? » Oui : à quoi bon des poètes dans le brouhaha des informations quotidiennes qui se succèdent et s’effacent l’une l’autre sans que l’on ait eu le temps d’en prendre vraiment la mesure ? Que vaut un poème face aux unes des journaux, à la vie difficile, aux violences subies, chômage, séparations ? Que vaut un poème au royaume des valeurs boursières ?

La semaine précédente, dans un autre de ces hauts lieux de la poésie, à Coaraze, près de Nice, j’avais animé une rencontre avec le poète marocain Mohammed Bennis. Dans son recueil Lieu païen, qu’il vient de publier (L’Amourier), il écrit :

Les poètes peuvent-ils exister
sans une fraternité qui les réchauffe
le long des sentiers perdus
Que peuvent-ils protéger
sinon la sève du chant

Il s’en était expliqué en disant qu’au-delà de toute recherche de beauté ou de sens, le poème est le lieu où la langue joue sa propre survie. Partout, la langue est bafouée, ramenée à la portion congrue d’un vocabulaire limité, d’expressions banalisées facilement commercialisables. Le poème est le lieu où la langue résiste. Il est tout à la fois un conservatoire de langue et un laboratoire d’inventions, de propositions. De la même manière que les recherches les plus pointues dans les sciences physiques mettent en évidence des éléments qui serviront à la vie commune dans 30 ou 50 ans, de même le poète, aussi discret qu’il soit, quel que soit le peu de cas qu’en font les médias, concocte les modulations d’une langue qui conditionnent la vie future de notre langue commune.

L’homme et la langue, c’est tout un. La Bible regorge de paroles qui mettent en avant la force de la parole dite. L’univers est né d’un poème, suggèrent certains sages du judaïsme. C’est en tout cas ce que je crois entendre à la lecture du magnifique psaume 17, où les mystères de la Création sont intimement liés à la magie des mots qui le disent.

À la liste de bonnes intentions que nous nous formulons au fil de l’année, il conviendrait, je crois, d’ajouter celle de lire régulièrement un poème. À chaque fois, nous en reviendrons plus riches d’un peu de langue, nous ­en serons un peu plus humains.

Michel Séonnet
http://petitspointscardinaux.net/
(source : La Vie)


samedi 27 avril 2013

L'arbre du voyage...


Un très beau témoignage d'André Zamofing qui nous emmène en un long voyage... initiatique.

dimanche 31 mars 2013

Faire grandir l'Être intérieur avec Annick de Souzenelle (2)

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C'est alors que débute le deuxième baptême...
A.DE S. : Ce baptême du feu va lui permettre d'intégrer le côté vivant de ces « animaux intérieurs », leur dimension divine. Jésus va par exemple dialoguer avec l'aveugle, descendre dans ses enfers. Il y rencontre l'énergie qui se manifeste sous la forme de la cécité, laquelle révèle ce qui n'est pas encore accompli. « Aveugle » en hébreu se trouve être le même mot que la « peau », symbole de l'inaccompli. Jésus invite son interlocuteur à nommer l'énergie qui l'aveugle et à se tourner vers le royaume à venir. Il l'incite ainsi à regarder les ressources qu'il porte en lui. Comme toujours avec les Évangiles, ces rencontres s'adressent à une partie de nous-mêmes. Quand nous lisons la rencontre de Jésus avec l'aveugle, cela évoque aussi ce que nous avons laissé dans l'obscurité, qui demande à être éclairé, en entrant en nous-mêmes.

Le Christ va alors être transfiguré...
A.DE S. : C'est une étape décisive. Il a transformé toutes ses misères humaines en élan de vie et en informations. Il est alors transfiguré et devient complètement lumière. Dès ce moment-là, l'inaccompli de l'humanité se trouve accompli, c'est fantastique ! Jésus peut s'avancer vers le baptême du crâne.

Lors de son procès, Ponce Pilate va libérer Barabas à sa place, pourquoi ?
A.DE S. : Là encore, il est bonde s'ouvrir à une lecture plus profonde. En hébreu, le nom Barabas a deux significations voisines. Il désigne à la fois celui qui est le « fils du Père », mais aussi la graine non encore germée. C'est ce mot que le Christ emploie dans les Évangiles lorsqu'il parle du grain : "Si le grain ne meurt, ne mute, il ne peut porter de fruit." Au sens large, Barabas symbolise l'ensemble des fils du Père que nous sommes tous et la semence divine bloquée en chacun de nous, comme si nous avions spirituellement les menottes aux mains et les fers aux pieds. Libérer Barabas, c'est permettre notre libération à tous. Et c'est à cette libération que fait référence le mot Pâque. « Pesar » en hébreu est le verbe « épargner », celui qui est employé lors de la dernière plaie d'Égypte, lorsque l'épée frappe les jeunes garçons Égyptiens qui n'ont pas fait croître les fils en eux, mais épargne les Hébreux qui ont commencé à muter en eux-mêmes.

Vous comparez cette libération à la semence qui germe...
A.DE S. : Pour qu'une semence germe, il faut battre le blé, afin d'enlever l'écorce qui la recouvre. De même, Jésus se fait flageller avant d'être crucifié, mis en terre et de ressusciter symboliquement en "épis de blé". Le fait d'être battus par la vie, cela existe, nous ne pouvons l'éviter. Nous passons tous par des phases de mort et de souffrance. Ces événements peuvent déboucher sur des résurrections, cela dépend de la façon de les accueillir. Parfois nous sommes mangés par la souffrance et c'est nous qui dépérissons. D'autres fois, nous entrons dans le souffle de l'événement et c'est nous qui mangeons cette souffrance en la transformant en lumière-information avec l'aide du Christ. Nous construisons l'arbre de la connaissance que nous sommes.

Que se passe-t-il en terre après sa crucifixion ?
A.DE S. : Le Christ descend dans les derniers enfers. Là, il ne rencontre pas les démons qu'il a déjà intégrés dans son baptême de feu, mais le Satan lui-même et il lui écrase la tête symbolique. Il réalise ce qui est annoncé au livre III de la Genèse quand Dieu annonce au serpent que la semence de Isha (de Marie) lui écrasera la tête. C'est ce qui s'est passé au Golgotha. Le Christ a écrasé la tête du Satan diabolique pour que nous puissions à notre tour le faire. Il vit ce que l'on appelle le baptême du crâne. La mort devient une mutation. Le Christ intègre l'ultime énergie et c'est la résurrection.
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Qu'est-ce que cela change ?
ImageA.DE S. : Le Christ a écrasé le mal dans son principe. Il ne le fait pas à notre place, nous aurons à le faire. Souvenez-vous de l'apôtre Pierre qui souhaite suivre le Christ. Jésus lui répond : « Toi aussi, tu vivras le baptême que je vais vivre, mais aujourd'hui tu n'es pas prêt. » Il faut d'abord accepter la totalité de nos mutations intérieures. Nous vivons dans le temps de la résurrection, ce qui est magnifique, mais cela n'arrive pas comme cela. Le Christ ne meurt et ne ressuscite qu'après avoir accompli tout ce travail-là.

Pour en savoir plus : prieure-saint-augustin

Faire grandir l'Être intérieur avec Annick de Souzenelle (1)

Mieux vaut être bien réveillé si vous rencontrez Annick de Souzenelle. À 90 ans, elle est pleinement présente à son interlocuteur et les réponses fusent avec une étonnante vitalité. Elle reçoit son visiteur au sein du prieuré Saint-Augustin à Angers où elle a créé l'Institut d'anthropologie spirituelle. Son itinéraire, atypique, est celui d'une femme hors du commun qui a accompli sa vocation. Après des études de mathématiques, elle est devenue infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute d'inspiration jungienne. Née dans une famille catholique, elle a poursuivi à l'âge adulte son cheminement spirituel dans la tradition chrétienne orthodoxe. Elle anime régulièrement des stages au centre Sainte-Croix, en Dordogne. Sa recherche se fonde sur son excellente connaissance de l'hébreu qui lui permet de lire l'Ancien et le Nouveau Testaments. Grâce à elle, le lecteur redécouvre la richesse et la complexité de ces grands textes. Elle n'hésite pas à dénoncer les contresens qui demeurent présents dans certaines traductions contemporaines. Plutôt que de parler de mort et de résurrection, elle préfère évoquer le terme de "mutation" présent dans le texte en hébreu. La résurrection est un travail de chaque instant où nous luttons avec nous-mêmes pour intégrer nos forces de vie intérieures. Elle vient de publier chez Albin Michel "Va vers toi" avec, pour sous-titre, "la Vocation divine de l'homme", tout un programme. Cette grande spirituelle nous présente ce chemin de vie en cette semaine où catholiques et protestants célébrent Pâques.
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Première partie de l'interview :

LA VIE : Vous avez Intitulé votre livre "Va vers toi", est-ce que nous vivons loin de nous-mêmes ?
ANNICK DE SOUZENELLE : En effet nous vivons en exil de nous-mêmes. Nous sommes orientés par une conception de Dieu qui nous laisse à l'extérieur, en nous invitant à faire le bien et à éviter le mal. Mais nous ne pouvons plus demeurer avec cette approche simpliste, héritée d'une lecture erronée de la Genèse. L'arbre de la connaissance n'est pas l'arbre du bien et du mal, comme on le lit encore, mais de ce qui est déjà accompli de nous et de ce qui reste à accomplir.

Comment accéder a cette connaissance ?
A. DE S. : Là encore, la Genèse nous montre la voie, mais à condition de demeurer au plus près de la traduction en hébreu. Il y a ce fameux passage de la Création que l'on traduit en expliquant que Dieu prendrait une côte d'Adam pour former une femme. Ce qui est un contresens. En réalité, Dieu invite Adam à se tourner vers cet autre côté de lui-même, ce féminin voilé, où réside un potentiel immense ! C'est une invitation à entrer en soi-même pour favoriser un chemin de croissance.

Entrer en soi-même, cela peut faire peur.
A. DE. S. : C'est effectivement ce que Basile de Césarée décrivait au IIIè siècle, lorsqu'il parlait de l'homme à l'intérieur duquel cela hurle, pique, déchire. Mais que préférons-nous? Demeurer paralysés par la peur et retomber dans l'infantilisme. Ou l'affronter en pénétrant dans notre monde psychique en allant a la rencontre de ce que nous percevons comme nos monstres intérieurs. La Genèse évoque ce travail lorsque Dieu invite Adam à nommer les animaux au chapitre II, ces animaux étant à prendre de façon symbolique comme des énergies présentes en nous.

A quoi bon nommer ces « animaux intérieurs » ?
A. DE S. : Si nous voulons dépasser le monde animal, il faut d'abord le traverser, en se confrontant à ce qui semble des monstres intérieurs. Prenez l'exemple de la peur qui est représentée par l'un de ces animaux. La nommer, c'est déjà une façon de la prendre en main et de se donner la possibilité d'apprendre de cette peur.

Comment cette démarche introduit-elle à un chemin de croissance ?
A. DE S. : L'Homme est essentiellement un « mutant », nous enseigne la Bible. L'énergie assumée par l'Homme et travaillée par le Seigneur délivre son information. Écoutez ce que Dieu explique à Adam : «De tous tes arbres du jardin intérieur, tu pourras manger, mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, tu ne mangeras pas, car le jour où tu en mangeras, parce que tu es un mutant, tu muteras. » Vous noterez que c'est bien le verbe « muter » et non « mourir » qui est utilisé dans ce passage traduit de l'hébreu. Certaines traductions commettent cette erreur accréditant l'idée que Dieu serait une sorte de père Fouettard qui menace ses enfants. Cette erreur est d'autant plus regrettable qu'elle présente la mort comme une punition, ce qui ne correspond pas à la conception chrétienne.

Si c'est le verbe muter et non mourir, pourquoi ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance ?
A. DE S. : C'est une mise en garde contre une mutation qui interviendrait trop tôt, sans s'appuyer sur une réelle transformation intérieure. Si vous mangez ce fruit avant d'être devenu vous-même ce fruit, vous muterez à l'envers, c'est-à-dire en régressant. Mais ce travail est divino-humain. Lorsque l'homme fait, le Seigneur prend l'oeuvre en main et fait sa mutation. Nous aimerions tous vivre un processus de déification sans avoir pris le temps d'effectuer un travail de croissance intérieure. C'est tout simplement impossible.

Comment cette croissance intérieure s'articule-t-elle dans la vie de Jésus ?
A. DE S. : Jésus accomplit la Loi. Il traverse trois étapes qui se manifestent sous la forme de trois baptêmes - d'eau, de feu et du crâne. À sa suite, nous sommes invités à effectuer ce chemin d'évolution. Le premier, le baptême d'eau, intervient lorsqu'il descend dans le Jourdain. Cette façon d'être plongé dans le fleuve évoque ce que l'on peut éprouver lorsque l'on avance en eau trouble. Nous sentons des forces autour de nous sans savoir bien ce qu'elles sont. Dans le Jourdain, Jésus prend conscience de tous les poissons symboliques, c'est-à-dire de toutes les énergies potentielles à accomplir en l'Homme. Prendre conscience, c'est comme sortir ces poissons de l'eau pour les mettre au sec et les regarder en face. Avec ce baptême de l'eau, Jésus avance dans la connaissance de lui-même et de l'Homme. La force qu'il acquiert et la bénédiction du Père lorsqu'il sort du Jourdain lui permettent ensuite de repousser les tentations présentées par le Satan au désert...



source : revue La Vie

vendredi 2 novembre 2012

Méditation chrétienne : cinq voies pour pratiquer (4)


4 - Méditer en visualisant les scènes des Évangiles

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Goûter les récits de la Bible, à la manière de saint Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites. Vanessa Micoulaud, religieuse du Cénacle, qui accompagne des retraites au centre spirituel du Cénacle à Versailles, nous présente cette méthode.

Comment s’y prend-on ? 
« Ce n’est pas une technique pour décortiquer un texte, mais bien pour prier. Nous ne sommes pas non plus dans un exercice pour trouver de belles idées, mais découvrir Dieu, lui parler comme à un ami. Cette méditation introduit à un cœur à cœur avec Jésus, par la contemplation de son humanité, à travers ses rencontres, ses paroles, ses gestes.
Après avoir choisi un espace tranquille pour pouvoir entrer dans une écoute profonde, commencez par vous mettre en présence de Dieu. Donnez-lui de vos nouvelles en vous présentant dans la vérité de ce que vous êtes. Situez-vous comme une personne en face d’une autre personne. 
Voici où j’en suis et ce que je désire. Vous pouvez aussi demander à l’Esprit saint d’orienter votre intelligence, affectivité, mémoire vers le Seigneur. Vous pouvez poursuivre en imaginant le lieu où se déroule l’action décrite dans le texte. Si vous lisez l’annonciation à Marie. Effectuez, par exemple, un zoom en partant de l’étendue de ce monde, puis centrez votre attention sur Israël, la Galilée, un village, une maison, la chambre où se tient Marie. Observez-la. Comment se tient-elle ? Est-elle grande ou petite ? Comment est-elle habillée ? Tenez-vous silencieusement en sa présence. Si vous lisez le baptême de Jésus dans le Jourdain, visualisez la longueur du chemin pour parvenir au fleuve, sa largeur, sa consistance, le paysage autour du fleuve.

Poursuivez en regardant les personnes présentes dans le passage que vous lisez, écoutez leurs propos, observez comment elles agissent pour sentir ce qu’elles vivent. Il ne s’agit pas d’en savoir beaucoup sur eux, mais de goûter le ton d’une voix, être touchés par un geste, écouter un silence.
Au milieu de toutes ces paroles et ces attitudes, laquelle est vivante pour vous ? Laquelle vous touche ? Vous pouvez la répéter à haute voix, en la laissant agir. La vie de Dieu se communique ainsi progressivement. À la fin de ce temps qui peut durer 20, 30 minutes, nommez la parole qui vous a rejoints et remercier Dieu. Si aucune ne vous a touchés, constatez simplement la difficulté à entrer dans un texte et sollicitez son aide pour la prochaine lecture. Vous pouvez aussi vous souvenir ce que vous avez demandé au début et observer ce qui est apparu. Vous pouvez noter en quelques lignes. Il est conseillé de reprendre deux ou trois fois le même récit. »


• Pour pratiquer. Chez les sœurs du Cénacle : www.ndcenacle.org
Ou chez les jésuites : www.jesuites.com


dimanche 29 avril 2012

Les anges avec Annick de Souzenelle (3)

Image"Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! dit Jésus ! "L'Evangile est semé de cette injonction divine que déjà Israël faisait sienne : Ecoute Israël. . ." Quelle est donc l'oreille qui peut entendre ? Quel oeil, capable de voir ? Et quel est le coeur suffisamment ouvert pour comprendre ? Il semble que nos sens épris, du réel immédiat, épris du connu, ferment leurs capacités détectrices de l'essentiel !"




Dernière partie (15 min.)

samedi 28 avril 2012

Les anges avec Annick de Souzenelle (2)

ImageAu long de décennies passées à interroger le texte biblique et les mystères de sa langue, Annick de Souzenelle a construit une lecture originale et vivante de la tradition hébraïque. Tout se fonde, dans le travail d'Annick de Souzenelle, sur une lecture pas à pas du texte hébraïque de la Genèse, à travers ses non-dits, ses allusions que seul peut comprendre celui ou celle qui a répudié les promesses illusoires de la traduction : les deux tomes volumineux d'Alliance de feu, réédités récemment, sont le fruit de ce patient cheminement. Partant d'une intuition profonde de la spiritualité chrétienne originelle, Annick de Souzenelle dégage ce patrimoine universel de sa gangue moralisatrice pour en restituer la vitalité enthousiasmante. Mettant à portée de tout un chacun la richesse infinie du texte sacré, elle nous donne ainsi à contempler l'amour divin derrière ces mots qu'un « exil existentiel » nous fait parfois lire comme terribles...


Partie 2 (18 min.)

mardi 3 janvier 2012

Année 2012, quelles révélations ?

ImageL’année 2012 est placée sous le signe du nombre 12 qui symbolise la fin d’un cycle spatio-temporel. C’est l’achèvement d’un monde caduc, prêt à être remplacé par le Monde (dernière carte du tarot) ou le Cosmos.


DOUZE est en effet le nombre des divisions temporelles, le produit des quatre points cardinaux par les trois plans du monde (le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont simplement les Cieux inversés).


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DOUZE est le nombre de la Jérusalem céleste, le nombre des signes du zodiaque, des 12 apôtres qui leur correspondent (le Christ étant le Soleil du centre de la roue)… DOUZE est l’accomplissement du monde créé (dominé par le Quatre) par assomption dans l’incréé divin (le Trois).


Dans l’Apocalypse de Jean, la Jérusalem céleste comporte douze portes où sont inscrits les noms des douze tribus d’Israël (3 portes aux 4 points cardinaux) : c’est le paradis céleste qui vient sublimer le paradis terrestre, l’Eden. Au cœur de cette cité céleste trône l’Arbre de vie qui porte 12 fruits. Son rempart repose sur 12 assises portant le nom des apôtres. Le cube parfait que forme la Ville céleste est long de 12000 stades de côté et le rempart fait 144 coudées (144 étant le carré de 12). La femme de l’Apocalypse porte une couronne de 12 étoiles sur la tête. Les fidèles de la fin des temps sont 144000, c’est-à-dire 12000 de chacune des 12 tribus d’Israël. Douze représente donc l’Eglise triomphante, après les deux phases précédentes de l’Eglise militante et de l’Eglise souffrante.
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Chez les Dogons, le douze est le symbole du devenir humain et du développement perpétuel de l’univers, toujours par le mariage du trois et du quatre.


N'oublions pas les douze chevaliers de la Table ronde du roi Arthur ni la carte n°12 du Tarot, le Pendu, qui représente le retournement de l’homme initié, s’élevant dans la bonne direction, vers le Monde (n°21, qui est le 12 inversé, stabilisé, comme remis à l’endroit), porte de la Cité céleste, et guidé par la Vierge ou la Femme initiatrice.


ImageA la lumière de ces précisions, on peut supposer que la prédiction du 21/12/2012 signifie bien la fin d'UN monde (celui du capitalisme, de la course éperdue à la rentabilité et au triomphe du chacun pour soi ?) pour une "Apocalypse", c'est-à-dire, en grec, une "révélation" : la révélation de la possibilité d'un autre monde, plus conforme aux lois universelles et métaphysiques qui nous gouvernent et que nous avons oubliées...

samedi 27 novembre 2010

Apocalypse avec Jean-Yves Leloup (5/5)

Apocalypse : que fait-on de nos échecs ?
ImageL'apocalypse, un texte biblique difficile d'accès, au genre littéraire bien particulier, mais qui convient bien à une interprétation archétypale, chère à Jean-Yves Leloup. L'Apocalypse regorge de symboles que Jean-Yves Leloup a décortiqué pour saisir dans les personnages, les situations une interprétation qui nous touche aujourd'hui dans notre vie au jour le jour.
Partie 5 (~20 min.)



Voir le site de Jean-Yves Leloup

samedi 27 décembre 2008

Beatus et Facundus ou l'enluminure méditative

Voici une des plus belles enluminures qui soient, ici judicieusement décomposée et commentée par des chrétiens. Je vous en propose une brève lecture, plus intime, éclairée par les symboles universels qui sont utilisés par le peintre Facundus (XIe siècle), lequel enlumina, après d'autres, les commentaires du moine Beatus, au VIIIe siècle, sur l'Apocalypse de saint Jean :Image
D'abord apparaît le cercle radieux de l'unité, de la non-division intérieure, au centre de notre chaos obscur, fait de pensées et d'émotions. Ce point central, plein d'un feu spirituel, fait écho au grand cercle étoilé de l'univers qui nous englobe, également infini. L'âtman répond au brâhman.
Puis se dresse une porte, orientée vers le ciel. Douglas Harding est de ceux qui, sans relâche, nous ont montré ce passage vers le divin : en tournant notre propre regard vers notre propre champ de vision ou de conscience qui coïncide avec l'espace extérieur, nous franchissons la porte du Ciel : le centre de notre être, ici et maintenant, se fond à l'espace universel.

Ce centre, alors, n'est plus vide mais habité d'une Présence intense, symbolisée par l'Agneau mystique, qui est aussi le pain de la Vie pour les chrétiens : symbole du renouveau et de la réceptivité dans sa blancheur immaculée, l'agneau est notre nourriture spirituelle : il représente notre aptitude à vivre d'une manière toujours neuve et disponible, délivrée du passé et du futur. Cet agneau porte d'ailleurs une croix, où se croisent le temps horizontal (nos efforts, notre persévérance, notre espérance) et l'instant vertical (où nous expérimentons le non-manque absolu). Il porte aussi l'arche d'alliance, qui garantit la protection divine, la sécurité miraculeuse qui est la nôtre quand nous vivons au coeur de cette présence...
C'est alors que la porte laisse voir la Gloire du trône divin, l'équilibre du cosmos réunifié en nous-même. Le livre que tient le roi divin est, du reste, le symbole de l'univers qui a pris consciene de lui-même. Cet équilibre est renforcé par la présence des anges, ces forces médiatrices qui oeuvrent en nous pour relier notre humanité à la gloire divine.
Quant aux quatre évangélistes (le lion, l'aigle, le boeuf et l'homme), ils peuvent figurer les quatre étapes de l'évolution à laquelle nous sommes promis : l'incarnation (l'homme), l'épreuve de la mort à soi-même (le taureau), la résurrection (le lion) et l'ascension ou vision du divin (l'aigle). Chacun d'eux surmonte la roue d'un des cycles de l'existence. Leurs ailes sont peuplées d'yeux, signes que la vraie Vision est à l'oeuvre.

Enfin surgissent les douze vieillards (et non pas les anges comme il est indiqué par erreur), réduction des vingt-quatre du texte de l'Apocalypse : ce sont un peu nos propres personnages atteints par la sagesse, qui peuvent désormais exercer leur activité au diapason de la présence divine : prier en se prosternant, célébrer cette présence en jouant de la cithare et s'en enivrer grâce aux coupes d'or pleines de parfums... (Ce sont des coupes, d'après d'autres commentaires, plutôt que des harpes.)


images extraites du site Notre Dame du Web