5 minutes avec Jacques Castermane
Être à l'écoute !
5 minutes avec Jacques Castermane
Être à l'écoute !
L’existence, domaine du faire, de la conscience rationnelle, de la réussite dans le monde, et l’Essence, domaine du laisser-faire, de la conscience océanique, de notre vraie nature immuable et indépendante des circonstances, sont souvent opposées l’une à l’autre.
Il est très difficile de s’imaginer vivre une existence humaine autrement qu’à travers la seule approche d’un moi accaparé par la réussite dans le monde.
La possibilité même d’un autre épanouissement appelé « Percée de l’Être », « Eclosion de notre vraie nature », « Plus haute possibilité humaine », n’est même souvent jamais envisagée.
L’image de la vague et de l’Océan, paraissant deux entités séparées mais en réalité de même nature, est souvent employée pour décrire ces deux aspects de l’existence, sans lesquels l’être humain ne serait pas complet, unifié et apaisé.
La plupart du temps, mettant allègrement de côté notre profondeur, nous ne vivons pas, nous nous contentons de gérer notre existence. « Il faut que » et « je dois » sont sans doute les débuts de phrase les plus utilisés dans une journée.
« Il faut que » : je sois utile, rentable et performant dans toutes mes activités, et « je dois » organiser rationnellement mon temps, mon énergie afin de faire face à mes obligations, et caser la multitude de choses à faire.
Cette manière de mener son existence, vécue sous le signe du devoir faire et du contrôle, est une vie où l’être humain ne peut compter que sur lui-même, sa volonté et ses propres forces. Ainsi,
« Moi », je suis vague isolée parcourant l’existence en luttant, coupée de la nature de l’Océan qui me porte, m’anime et me relie à tout ce qui vit.
Graf Dürckheim, il y a quelques décennies, parlait déjà de notre fascination pour l’homme d’action : « On dit : c’est un homme d’action ! C’est une parole bien d’aujourd’hui, mais il y a un excès du faire qui élimine la chance du devenir… »
Le besoin compulsif de faire par nous-mêmes, fonctionnement égocentré, nous empêche donc de nous relier à notre être véritable et de sentir les lois du devenir propres à l’être vivant que nous sommes. Lois qui nous maintiennent sur le chemin de transformation et de maturation permanent qu’est Vivre, lois qui nous relient à la profondeur de l’Océan.
Ce que K.G.Dürckheim nomme « chance du devenir », c’est remettre au centre de l’existence humaine le lien à « la Grande Vie ». Il ne s’agit pas d’opposer essence et existence, ces deux aspects de la vie humaine, mais de les réunir en redécouvrant, tout en vivant notre existence de vague, le lien à l’Océan que nous sommes. « Quel mystère, je respire, et je n’y suis pour rien ! »
En tant qu’être humain, je peux redevenir conscient que mes forces profondes, ma vraie nature ne m’appartiennent pas, et reposent sur ce que je ne peux pas faire, « l’infaisable », ce qui est déjà là avant les « il faut que » et les « je dois ».
Cette autre manière d’être nous ouvre à la source de ce que nous sommes déjà, développement impersonnel de la vie en nous, indépendante de ce que nous gagnons par nos efforts, que nous aimons appeler développement personnel.
Nous passons de l’insatiable désir de possession égocentré, à la reconnaissance immédiate de notre complétude, un Être s’accomplissant sous une forme individuelle de vague, relié encore et toujours à l’Océan.
Cette chance du devenir nous parle très concrètement d’une autre possibilité de vivre notre existence, en contact avec le point d’appui inébranlable, immuable qu’est le lien à l’Océan, notre nature essentielle, de laquelle nait et se nourrit notre individualité de vague. Dans le langage du corps vivant, ce point d’appui individuel s’appelle Hara, centre vital de l’être humain.
« En Za-zen, je n’ai pas à me transformer, mais à reconnaitre, accepter, favoriser une transformation naturelle voulue par la vie ; ainsi je me donne à ce qui m’est donné ». J. Castermane
Toujours, lorsque nous pratiquons un exercice sur la voie du zen, il s’agit de reconnaitre qu’une action plonge ses racines dans le non-faire, le non-égo, dont la source est le bassin, le bas-ventre, siège des forces vitales, du renouvellement, de « la transformation sans arrêt de la forme corporelle ».
Joël PAUL
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A la découverte d'un espace intérieur...
Inauguré par K.G. Dürckheim le 12 juillet 1981, à Mirmande,
La réponse est : Oui ... à condition de distinguer les différentes définitions données à ces différents concepts : spirituel, exercice spirituel, expérience spirituelle, vie spirituelle. Ainsi, « On se trompe si on confond la vie spirituelle avec la religion qui n’est qu’une des façons de la vivre. La spiritualité est une dimension de la condition humaine, non le bien exclusif des Eglises »
Si je reprends ce que nous a dit André Comte-Sponville (1) au cours des nombreuses leçons de philosophie dont nous avons bénéficié au Centre, c’est parce que Graf Dürckheim, dès les années 1950, souligne que « Ce qu’on désigne comme étant l’expérience spirituelle (l’expérience mystique, le satori) n’est pas due au fait que l’homme qui fait cette expérience est chrétien ou bouddhiste mais parce qu’il est un être humain ».
Et le vieux sage de la Forêt Noire ajoute : « M’intéresse dans le Zen ce que cette tradition recèle —d’universellement humain— ».
La Voie spirituelle proposée au Centre Dürckheim est le Zen, un chemin d’expérience et d’exercice qui n’est en aucun cas enchaîné à une confession religieuse.
UN CHEMIN D’EXPÉRIENCE ! IL S’AGIT DE L’EXPÉRIENCE DE LA TRANSCENDANSE ?
Transcendance. C’est un mot que Graf Dürckheim n’hésitait pas à prononcer mais l’expression qui semble lui être propre était « Transcendance Immanente ». Il s’agissait pour lui d’une Réalité qui nous dépasse et qui, en même temps était le cœur de tout être vivant. Il s’agit de ce qui tout à la fois nous dépasse infiniment mais qui, nous dépassant, est le fondement intime de ce processus de transformation qu’est l’acte de vivre.
Plus je pratique zazen et plus il me semble que ce qu’on désigne comme étant la transcendance est l’immanence lorsqu’elle est pensée alors que l’immanence c’est la transcendance lorsqu’elle est vécue. Au cours des cinq années passées en Forêt Noire j’ai pu observer que les croyances et les rituels qui sont traditionnellement liés à l’expérience spirituelle et à la vie spirituelle cédaient le pas à l’exigence de la pratique d’un exercice indubitablement corporel et spirituel appelé -zazen- et au débordement de cette manière d’être au monde dans la vie quotidienne. Ce qui n’interdisait à personne ni la croyance ni la foi. Nonobstant, ni la croyance ni la foi n’autorisent à séquestrer l’exercice appelé zazen dans le cadre enserré de ses propres croyances, même si on fait don de sa vie pour celles-ci. (2)
ZAZEN ! UN EXERCICE CORPOREL ?
Körper : (étymologie : le mot latin corpus) est le corps disséqué, morcelé ; c’est le corps objectivé, le corps-objet, le corps-outil, le corps-paraître. Körper est pensé comme étant la somme des éléments qui le composent (+ ou- 206 os, + ou- 600 muscles, + ou- 70 organes, + ou- 30 milliards de cellules, 23 paires de Chromosomes dans chaque cellule, chaque chromosome porte + ou – 2000 gènes).
Leib : (étymologie le verbe Leben, vivre) n’est pas quelque chose mais un événement qui associe un ensemble de gestes à travers lesquels l’homme se présente, devient ce qu’il est ou se manque (KGD).
VOUS SEMBLEZ PRÉFÉRER LE MOT ZAZEN AU MOT MÉDITATION ?
Il ne s’agit pas d’une préférence mais du respect d’une différence, d’une énorme différence. « Il y a mille et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de pratiquer zazen ! C’est ce que n’a cessé de répéter le Maître zen Hirano Katsufumi Rôshi (3) au cours des sesshin qu’il a animé au Centre Dürckheim pendant une dizaine d’années. Une différence qui est insaisissable par la pensée.
« Chercher à comprendre le Zen n’est rien d’autre que pratiquer zazen. »
Autrement dit, si vous désirez savoir si l’eau est chaude ou froide ... trempez le coude dans l’eau, comme le font toutes les mamans du monde avant de plonger leur bébé dans le bain. Aucune mesure quantitative, objective, scientifique, ne peut remplacer cette expérience qualitative qu’est l’expérience de notre vraie nature, de notre propre essence.
Jacques Castermane
(1) André Comte-Sponville : « On a été habitué, pendant vingt siècles d’Occident chrétien, à ce que la seule spiritualité socialement disponible soit une religion, au sens occidental du terme, c’est-à-dire ne croyance en un Dieu, un théisme. On a donc fini par croire que les mots “religion” et “spiritualité” étaient synonymes. Il n’en est rien. Il suffit pour s’en rendre compte de prendre un peu de recul, aussi bien dans le temps, du côté des sagesses antiques, que dans l’espace, du côté des sagesses orientales, spécialement bouddhistes ou taoïstes. On découvre vite qu’il existe d’immenses spiritualités sans croyance en un Dieu ou en une transcendance. C’est ce que j’appelle des spiritualités de l’immanence. Cette manière d’envisager la spiritualité n’aurait pas du tout choqué un épicurien ou un stoïcien de l’Antiquité. Elle ne choquerait pas un bouddhiste d’aujourd’hui. Elle n’est paradoxale que dans un univers monothéiste, et judéo-chrétien en particulier. Comme je suis athée, j’ai dû m’appuyer sur des traditions différentes, à savoir les sagesses grecques, d’une part, et les spiritualités orientales, d’autre part. Sans mépriser pour autant la tradition judéo-chrétienne, qui m’intéresse surtout par sa morale, celle des Évangiles. Mais bouddhisme ou taoïsme sont plus proches de ma conception de la spiritualité, pour la simple raison qu’elles ne font aucune référence à quelque Dieu que ce soit ».
(Lire L’esprit de l’athéisme —André Comte-Sponville —Ed. Albin Michel)
(2) lire à ce propos la lettre d’Instant en Instant n° 96, (Octobre 2021) :
Le soi Nu (Shohaku Okumura Rôshi)
(3) Nous venons d’apprendre le décès de Hirano Rôshi, survenu le samedi 27 novembre 2021
Personne ne peut ignorer le drame que traverse actuellement le collectif humain. Proposer des retraites en silence, la pratique méditative, l’exercice de la marche lente et inviter chacun à prendre le temps de contempler son vécu intérieur, peut paraître saugrenu, inconséquent. À moins de réaliser que, en réalité, c’est la personne individuelle qui souffre d’être confronté au rappel que notre existence a une fin. Me revient souvent cette affirmation de C.G. Jung : « Les éléphants ça n’existe pas ; il y chaque fois un éléphant !».
Face à l’angoisse et aux états qui l’accompagnent il y a
chaque fois une personne individuelle à laquelle Graf Dürckheim ne propose pas
un chemin composé de recettes thérapeutiques en provenance de l’extérieur mais
un chemin d’exercice et d’expérience susceptible d’ébranler notre manière
d’être habituelle et notre manière de penser habituelle. La voie proposée par
Graf Dürckheim a pour sens l’accomplissement intérieur qui nous rend capable
d’affronter la vie telle qu’elle est sans attendre que le monde change.
Il y a plus de cinquante ans je demandais à Graf
Dürckheim ce qu’il entendait par méditation ?
« Méditation ? C’est un concept. Si vous posez cette
question à vingt personnes je suis persuadé que vous aurez vingt définitions
différentes. On ne peut pas dire la méditation c’est ça ! On peut décrire ce
que l’on comprend en pratiquant soi-même un exercice proposé sous ce nom. La
méditation que je pratique et enseigne est désignée au Japon comme étant zazen.
»
Au cours d’une sesshin au Centre il y a une dizaine
d’années, le maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi (1) allègue que : « Il y a mille
et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de faire zazen ».
Afin d’éviter une confusion malencontreuse je suis obligé
de préciser que le Centre Dürckheim n’est pas un lieu dédié à la méditation.
L’exercice fondamental sur la Voie tracée par Graf Dürckheim, à son retour du
Japon en 1947, est la technique appelée zazen. Si en parlant de zazen on
utilise le mot méditation il serait approprié d’ajouter qu’il s’agit d’une méditation
sans médiation d’aucune sorte, une méditation sans but.
Le Centre Dürckheim ne participe donc pas à la submersion
de l’homme occidental dans la pleine conscience ; il s’agit plutôt de s’exercer
à la pleine attention. (2)
J’aimerais comprendre ce qu’est le zen ?
À cette question, Hirano Roshi nous rappelle la réponse
donnée par le Maître Dogen (3) :
« Chercher à comprendre profondément le zen n’est rien
d’autre que pratiquer zazen. » Ce qui peut-être permettrait à l’homme
occidental d’avaler une réponse aussi véhémente est de savoir que le kanji
-zen- a pour origine le kanji -zazen-, et pas le contraire. Le concept Zen n’a
pas donné naissance à un exercice appelé zazen ; c’est l’exercice appelé zazen
qui est à l’origine de cette branche du bouddhisme dénommée Zen.
Ce film, particulièrement apaisant, permet une approche
du Zen que l’entendement (l’approche intellectuelle, conceptuelle, du réel) ne
permet pas de saisir.
Il faut savoir qu’au Japon, des disciplines artistiques,
artisanales ou martiales, aussi différentes que l’art du tir à l’arc (Kyudo),
le combat à l’épée (Kendo) la calligraphie (Shodo), ou la cérémonie du thé
(Chado) ont un but commun : l’éveil de l’homme à sa vraie nature d’être humain.
Ces exercices japonais ne consistent pas à poursuivre un
résultat extérieur mais uniquement à préparer les conditions qui permettent et
favorisent cette expérience intérieure. En 1938, le savant du Zen, Daisetz
Teitaro Suzuki, dit à Graf Dürckheim qui disait s’intéresser au Zen « Pour
comprendre ce qu’est le Zen, il faut faire un exercice à fond. » Et le maître
dans l’art du tir à l’arc qui a accompagné Graf Dürckheim tout au long de sa
plongée dans le monde du Zen d’ajouter : « Plus vous ferez un exercice à fond
et plus nombreux seront les secteurs de votre vie fécondés par cette
profondeur. » (4)
La RÉPÉTITION de toujours les mêmes gestes,
magistralement soulignée dans le film sur l’art du thé, est très certainement
l’outil irremplaçable sur la Voie qu’est le Zen. L’essentiel n’est donc pas
d’apprendre mais de pratiquer ce qu’on a appris afin de devenir un artiste de
la vie plutôt que de s’imaginer devoir accéder à un art de vivre.
Bon film et bonne pratique de zazen !
Jacques Castermane
(1) Lire :
Hirano Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS (recueillis par J. Derudder)
(2) Dans
l’ouvrage de Christophe André « Méditez avec nous » —Edition Odile Jacob— je
réponds à la question : Quelle est la différence entre la pleine conscience et
la pleine attention (p.193 et suivantes)
(3) Dōgen Zenji
est le fondateur de l'école Sōtō du bouddhisme zen au 13ème Siècle au Japon.
(4) Les leçons
de Dürckheim —Jacques Castermane - Ed. du Rocher - p.90.
Le plus important dans le mouvement est qu'il n'ait pas de fin, que l'on n'aille pas vers quelque chose.
Quand on soulève un bras, le but n'est pas d'avoir le bras levé mais de sentir, d'instant en instant.
Dans la sensibilité énergétique, le mouvement ne s'arrête pas.
Restez dans la pose intérieure.
On peut avoir le dos voûté, extérieurement, et sentir la verticalité : l'énergie se centre, se libère.
Eric Baret, Yoga
Source : Gérard Beaulet
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qu’il appelle : « la Voie de l’action ». Il s’agit d’une
introduction à la connaissance du Zen.
Graf Dürckheim ne voit pas le zen comme étant un phénomène
historique culturel asiatique. Il
voit le zen comme étant la source d’expériences
universellement humaines.
La sobriété de la pratique de zazen, l’attention portée au
corps que l’homme EST (IchLeib), lui
semblent particulièrement bénéfiques pour l’homme
occidental.
Son premier ouvrage, Le Japon et la culture du silence (1),
édité en 1947, a connu un succès
d’autant plus étonnant que l’Allemagne, comme la plupart des
Etats européens, sortait à peine et
avec peine de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans cet
ouvrage, qui résume son
expérience japonaise, l’expression le silence intérieur
évoque un état d’être délié de l’inquiétude
latente, de la peur souterraine qui avaient gouverné le vécu
intérieur de millions d’être humain
tout au long de ce conflit.
Si je rappelle cette tragédie c’est parce qu’aujourd’hui, la
pandémie étendue sur la terre entière
plonge une multitude de personnes dans la même détresse
intérieure : l’angoisse et les états qui
l’accompagnent. Et que, aujourd’hui, le Kanji « zen » a pris
place dans la plupart des
dictionnaires (ce qui était loin d’être le cas dans les
années 1950).
L’exercice appelé zazen ne doit pas être entendu comme
pouvant prendre place dans l’ensemble
des thérapies pragmatiques dont le but est de guérir LE moi
qui souffre. Par contre, zazen est un
exercice qui a pour but de guérir DU moi, de
l’identification au seul niveau d’être qu’est l’EGO,
laquelle est la cause de bien des souffrances, physiques et
psychiques, dont l’angoisse. La visée
centrale du zen est la découverte empirique de notre vraie
nature en tant qu’être humain, notre
nature essentielle, laquelle n’est pas l’ego. Notre vraie
nature est le domaine du calme, du silence
intérieur, de la paix intérieure que les représentants des
écoles de sagesse, tant en Orient qu’en
Extrême-Orient et en Occident envisagent comme étant le plus
grand bien auquel l’homme
puisse accéder.
Afin d’assumer, au mieux, ce qui aujourd’hui trouble l’âme,
nous sommes donc invités à nous
efforcer ; par exemple à pratiquer l’ascèse qu’est zazen
quotidiennement. C’est ce que Graf
Dürckheim nous propose. C’est ce que le maître zen Hirano
Katsufumi Roshi, qui nous fait
l’honneur de venir au Centre depuis plusieurs années, nous
propose : « Faites confiance à
zazen »
Une difficulté, de nos jours, est l’amalgame qui est fait
entre zazen et méditation. Zazen est
différent de ce que nous entendons ordinairement par
méditation.
Tout d’abord « Il y a 1000 et une façons de méditer mais il
n’y a qu’une façon de faire zazen ! »
Lorsque vous avez la chance de voir un maître zen pratiquer,
le questionnement mental —de
quelle façon faire zazen— laisse place à cette réponse
qu’est le témoignage. Le maître de
l’exercice, à travers sa manière d’être là, assis, devient
le modèle d’un chemin que chacun se doit
de tracer lui-même ; parce que zazen n’est pas un chemin à
suivre mais un chemin à tracer
corporellement (Leiblich).
« Lorsque vous pratiquez zazen, le corps prend la forme du
calme ».
Autre difficulté pour l’homme occidental qui s’identifie à
l’idée ... Moi je crois, que je suis, ce
que je pense que je suis... est d’apprendre que « On ne
pratique pas zazen avec le mental ! » et
que « zazen est un exercice corporel !»
Dans son Dictionnaire philosophique (2), André
Comte-Sponville décrit l’exercice appelé zazen
comme étant « Jouer le corps (qu’on est) contre l’ego, la
respiration contre le mental,
l’immobilité contre l’agitation, l’attention contre
l’emportement ».
C’est un bon abrégé de ce qui vous est proposé au Centre
Dürckheim depuis quarante ans.
Arriver à assumer plus calmement, plus sereinement, les
événements qui se présentent n’est pas
une fuite du réel mais participe au processus de maturation
qu’est notre vie en tant qu’être
humain.
Jacques Castermane
(1) Le Japon et la culture du silence —K.G. Dürckheim —Ed.
Le courrier du livre
(2) Dictionnaire Philosophique —A. Comte-Sponville —Ed. Puf
; page 620
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Le nouveau centre Ming Shan en Suisse, dirigé par Fabrice Jordan, propose un week-end de formation à la méditation taoïste. Ci-joint, voici un livret de présentation de cette méditation.
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