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mercredi 4 juin 2025

Zazen n'est pas une fuite

  5 minutes avec Jacques Castermane

Être à l'écoute !


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Egalement oui



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lundi 15 juillet 2024

Essence et existence


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Inévitablement « L’homme vit sa vie dans deux dimensions » nous dit K.G. Dürckheim, qui nous rappelle aussi que la complétude de l’être humain se réalise « avec un pied dans l’existence et un pied dans l’essence ».

L’existence, domaine du faire, de la conscience rationnelle, de la réussite dans le monde, et l’Essence, domaine du laisser-faire, de la conscience océanique, de notre vraie nature immuable et indépendante des circonstances, sont souvent opposées l’une à l’autre.

Il est très difficile de s’imaginer vivre une existence humaine autrement qu’à travers la seule approche d’un moi accaparé par la réussite dans le monde.

La possibilité même d’un autre épanouissement appelé « Percée de l’Être », « Eclosion de notre vraie nature », « Plus haute possibilité humaine », n’est même souvent jamais envisagée.

L’image de la vague et de l’Océan, paraissant deux entités séparées mais en réalité de même nature, est souvent employée pour décrire ces deux aspects de l’existence, sans lesquels l’être humain ne serait pas complet, unifié et apaisé.

La plupart du temps, mettant allègrement de côté notre profondeur, nous ne vivons pas, nous nous contentons de gérer notre existence. « Il faut que » et « je dois » sont sans doute les débuts de phrase les plus utilisés dans une journée.

« Il faut que » : je sois utile, rentable et performant dans toutes mes activités, et « je dois » organiser rationnellement mon temps, mon énergie afin de faire face à mes obligations, et caser la multitude de choses à faire.

Cette manière de mener son existence, vécue sous le signe du devoir faire et du contrôle, est une vie où l’être humain ne peut compter que sur lui-même, sa volonté et ses propres forces. Ainsi,

« Moi », je suis vague isolée parcourant l’existence en luttant, coupée de la nature de l’Océan qui me porte, m’anime et me relie à tout ce qui vit.

Graf Dürckheim, il y a quelques décennies, parlait déjà de notre fascination pour l’homme d’action : « On dit : c’est un homme d’action ! C’est une parole bien d’aujourd’hui, mais il y a un excès du faire qui élimine la chance du devenir… »

Le besoin compulsif de faire par nous-mêmes, fonctionnement égocentré, nous empêche donc de nous relier à notre être véritable et de sentir les lois du devenir propres à l’être vivant que nous sommes. Lois qui nous maintiennent sur le chemin de transformation et de maturation permanent qu’est Vivre, lois qui nous relient à la profondeur de l’Océan.

Ce que K.G.Dürckheim nomme « chance du devenir », c’est remettre au centre de l’existence humaine le lien à « la Grande Vie ». Il ne s’agit pas d’opposer essence et existence, ces deux aspects de la vie humaine, mais de les réunir en redécouvrant, tout en vivant notre existence de vague, le lien à l’Océan que nous sommes. « Quel mystère, je respire, et je n’y suis pour rien ! »

En tant qu’être humain, je peux redevenir conscient que mes forces profondes, ma vraie nature ne m’appartiennent pas, et reposent sur ce que je ne peux pas faire, « l’infaisable », ce qui est déjà là avant les « il faut que » et les « je dois ».

Cette autre manière d’être nous ouvre à la source de ce que nous sommes déjà, développement impersonnel de la vie en nous, indépendante de ce que nous gagnons par nos efforts, que nous aimons appeler développement personnel.

Nous passons de l’insatiable désir de possession égocentré, à la reconnaissance immédiate de notre complétude, un Être s’accomplissant sous une forme individuelle de vague, relié encore et toujours à l’Océan.

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Ainsi, vivre n’est pas qu’une accumulation d’avoirs, de savoirs, de pouvoirs à notre service, mais un don originel toujours en action, en devenir, qui dépasse la seule identification à cet être de raison boulimique, l’ego, qui emprisonne et fige notre vraie nature.

Cette chance du devenir nous parle très concrètement d’une autre possibilité de vivre notre existence, en contact avec le point d’appui inébranlable, immuable qu’est le lien à l’Océan, notre nature essentielle, de laquelle nait et se nourrit notre individualité de vague. Dans le langage du corps vivant, ce point d’appui individuel s’appelle Hara, centre vital de l’être humain.

« En Za-zen, je n’ai pas à me transformer, mais à reconnaitre, accepter, favoriser une transformation naturelle voulue par la vie ; ainsi je me donne à ce qui m’est donné ». J. Castermane

Toujours, lorsque nous pratiquons un exercice sur la voie du zen, il s’agit de reconnaitre qu’une action plonge ses racines dans le non-faire, le non-égo, dont la source est le bassin, le bas-ventre, siège des forces vitales, du renouvellement, de « la transformation sans arrêt de la forme corporelle ».

Joël PAUL

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jeudi 13 juin 2024

Près du coeur...

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 Extrait de Mémoires d'Hadrien.

  Marguerite Yourcenar

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mercredi 20 septembre 2023

samedi 16 avril 2022

On ne s'arrête pas au milieu


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Une fois que la marche vers le stade de développement suivant est lancée, mieux vaut ne pas s'arrêter.
La crise qui accompagne le mouvement n'est certainement pas confortable, mais elle génère l'énergie (le feu) nécessaire pour ne pas s'arrêter au milieu de la paroi.
Go !

(Fabrice Jordan)







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jeudi 9 décembre 2021

Le centre spirituel par Jacques Castermane

 Inauguré par K.G. Dürckheim le 12 juillet 1981, à Mirmande,

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LE CENTRE DÜRCKHEIM EST-IL UN CENTRE SPIRITUEL ?

La réponse est : Oui ... à condition de distinguer les différentes définitions données à ces différents concepts : spirituel, exercice spirituel, expérience spirituelle, vie spirituelle. Ainsi, « On se trompe si on confond la vie spirituelle avec la religion qui n’est qu’une des façons de la vivre. La spiritualité est une dimension de la condition humaine, non le bien exclusif des Eglises »

Si je reprends ce que nous a dit André Comte-Sponville (1) au cours des nombreuses leçons de philosophie dont nous avons bénéficié au Centre, c’est parce que Graf Dürckheim, dès les années 1950, souligne que « Ce qu’on désigne comme étant l’expérience spirituelle (l’expérience mystique, le satori) n’est pas due au fait que l’homme qui fait cette expérience est chrétien ou bouddhiste mais parce qu’il est un être humain ».

Et le vieux sage de la Forêt Noire ajoute : « M’intéresse dans le Zen ce que cette tradition recèle —d’universellement humain— ».

La Voie spirituelle proposée au Centre Dürckheim est le Zen, un chemin d’expérience et d’exercice qui n’est en aucun cas enchaîné à une confession religieuse.

UN CHEMIN D’EXPÉRIENCE ! IL S’AGIT DE L’EXPÉRIENCE DE LA TRANSCENDANSE ?

Transcendance. C’est un mot que Graf Dürckheim n’hésitait pas à prononcer mais l’expression qui semble lui être propre était « Transcendance Immanente ». Il s’agissait pour lui d’une Réalité qui nous dépasse et qui, en même temps était le cœur de tout être vivant. Il s’agit de ce qui tout à la fois nous dépasse infiniment mais qui, nous dépassant, est le fondement intime de ce processus de transformation qu’est l’acte de vivre.

Plus je pratique zazen et plus il me semble que ce qu’on désigne comme étant la transcendance est l’immanence lorsqu’elle est pensée alors que l’immanence c’est la transcendance lorsqu’elle est vécue. Au cours des cinq années passées en Forêt Noire j’ai pu observer que les croyances et les rituels qui sont traditionnellement liés à l’expérience spirituelle et à la vie spirituelle cédaient le pas à l’exigence de la pratique d’un exercice indubitablement corporel et spirituel appelé -zazen- et au débordement de cette manière d’être au monde dans la vie quotidienne. Ce qui n’interdisait à personne ni la croyance ni la foi. Nonobstant, ni la croyance ni la foi n’autorisent à séquestrer l’exercice appelé zazen dans le cadre enserré de ses propres croyances, même si on fait don de sa vie pour celles-ci. (2)

ZAZEN ! UN EXERCICE CORPOREL ?

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Oui. Un exercice qui engage le corps-vivant dans sa globalité et son unité (LEIB dans la langue allemande). Le tout corps vivant que l’homme ‘’EST‘’ ; à ne pas confondre avec le corps que l’homme ‘’A‘’ (KÖRPER dans la langue allemande).

Körper : (étymologie : le mot latin corpus) est le corps disséqué, morcelé ; c’est le corps objectivé, le corps-objet, le corps-outil, le corps-paraître. Körper est pensé comme étant la somme des éléments qui le composent (+ ou- 206 os, + ou- 600 muscles, + ou- 70 organes, + ou- 30 milliards de cellules, 23 paires de Chromosomes dans chaque cellule, chaque chromosome porte + ou – 2000 gènes).

Leib : (étymologie le verbe Leben, vivre) n’est pas quelque chose mais un événement qui associe un ensemble de gestes à travers lesquels l’homme se présente, devient ce qu’il est ou se manque (KGD).

VOUS SEMBLEZ PRÉFÉRER LE MOT ZAZEN AU MOT MÉDITATION ?

Il ne s’agit pas d’une préférence mais du respect d’une différence, d’une énorme différence. « Il y a mille et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de pratiquer zazen ! C’est ce que n’a cessé de répéter le Maître zen Hirano Katsufumi Rôshi (3) au cours des sesshin qu’il a animé au Centre Dürckheim pendant une dizaine d’années. Une différence qui est insaisissable par la pensée.

« Chercher à comprendre le Zen n’est rien d’autre que pratiquer zazen. »

Autrement dit, si vous désirez savoir si l’eau est chaude ou froide ... trempez le coude dans l’eau, comme le font toutes les mamans du monde avant de plonger leur bébé dans le bain. Aucune mesure quantitative, objective, scientifique, ne peut remplacer cette expérience qualitative qu’est l’expérience de notre vraie nature, de notre propre essence.

Jacques Castermane

(1) André Comte-Sponville : « On a été habitué, pendant vingt siècles d’Occident chrétien, à ce que la seule spiritualité socialement disponible soit une religion, au sens occidental du terme, c’est-à-dire ne croyance en un Dieu, un théisme. On a donc fini par croire que les mots “religion” et “spiritualité” étaient synonymes. Il n’en est rien. Il suffit pour s’en rendre compte de prendre un peu de recul, aussi bien dans le temps, du côté des sagesses antiques, que dans l’espace, du côté des sagesses orientales, spécialement bouddhistes ou taoïstes. On découvre vite qu’il existe d’immenses spiritualités sans croyance en un Dieu ou en une transcendance. C’est ce que j’appelle des spiritualités de l’immanence. Cette manière d’envisager la spiritualité n’aurait pas du tout choqué un épicurien ou un stoïcien de l’Antiquité. Elle ne choquerait pas un bouddhiste d’aujourd’hui. Elle n’est paradoxale que dans un univers monothéiste, et judéo-chrétien en particulier. Comme je suis athée, j’ai dû m’appuyer sur des traditions différentes, à savoir les sagesses grecques, d’une part, et les spiritualités orientales, d’autre part. Sans mépriser pour autant la tradition judéo-chrétienne, qui m’intéresse surtout par sa morale, celle des Évangiles. Mais bouddhisme ou taoïsme sont plus proches de ma conception de la spiritualité, pour la simple raison qu’elles ne font aucune référence à quelque Dieu que ce soit ».

(Lire L’esprit de l’athéisme —André Comte-Sponville —Ed. Albin Michel)

(2) lire à ce propos la lettre d’Instant en Instant n° 96, (Octobre 2021) :

 Le soi Nu (Shohaku Okumura Rôshi)

(3) Nous venons d’apprendre le décès de Hirano Rôshi, survenu le samedi 27 novembre 2021

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lundi 30 août 2021

Zazen en ce temps de pandémie ?

 

Personne ne peut ignorer le drame que traverse actuellement le collectif humain. Proposer des retraites en silence, la pratique méditative, l’exercice de la marche lente et inviter chacun à prendre le temps de contempler son vécu intérieur, peut paraître saugrenu, inconséquent. À moins de réaliser que, en réalité, c’est la personne individuelle qui souffre d’être confronté au rappel que notre existence a une fin. Me revient souvent cette affirmation de C.G. Jung : « Les éléphants ça n’existe pas ; il y chaque fois un éléphant !».

Face à l’angoisse et aux états qui l’accompagnent il y a chaque fois une personne individuelle à laquelle Graf Dürckheim ne propose pas un chemin composé de recettes thérapeutiques en provenance de l’extérieur mais un chemin d’exercice et d’expérience susceptible d’ébranler notre manière d’être habituelle et notre manière de penser habituelle. La voie proposée par Graf Dürckheim a pour sens l’accomplissement intérieur qui nous rend capable d’affronter la vie telle qu’elle est sans attendre que le monde change.

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Matières premières d’un séjour au Centre Dürckheim ?

Il y a plus de cinquante ans je demandais à Graf Dürckheim ce qu’il entendait par méditation ?

« Méditation ? C’est un concept. Si vous posez cette question à vingt personnes je suis persuadé que vous aurez vingt définitions différentes. On ne peut pas dire la méditation c’est ça ! On peut décrire ce que l’on comprend en pratiquant soi-même un exercice proposé sous ce nom. La méditation que je pratique et enseigne est désignée au Japon comme étant zazen. »

Au cours d’une sesshin au Centre il y a une dizaine d’années, le maître Zen Hirano Katsufumi Rôshi (1) allègue que : « Il y a mille et une manières de méditer mais il n’y a qu’une manière de faire zazen ».

Afin d’éviter une confusion malencontreuse je suis obligé de préciser que le Centre Dürckheim n’est pas un lieu dédié à la méditation. L’exercice fondamental sur la Voie tracée par Graf Dürckheim, à son retour du Japon en 1947, est la technique appelée zazen. Si en parlant de zazen on utilise le mot méditation il serait approprié d’ajouter qu’il s’agit d’une méditation sans médiation d’aucune sorte, une méditation sans but.

Le Centre Dürckheim ne participe donc pas à la submersion de l’homme occidental dans la pleine conscience ; il s’agit plutôt de s’exercer à la pleine attention. (2)

J’aimerais comprendre ce qu’est le zen ?

À cette question, Hirano Roshi nous rappelle la réponse donnée par le Maître Dogen (3) :

« Chercher à comprendre profondément le zen n’est rien d’autre que pratiquer zazen. » Ce qui peut-être permettrait à l’homme occidental d’avaler une réponse aussi véhémente est de savoir que le kanji -zen- a pour origine le kanji -zazen-, et pas le contraire. Le concept Zen n’a pas donné naissance à un exercice appelé zazen ; c’est l’exercice appelé zazen qui est à l’origine de cette branche du bouddhisme dénommée Zen.

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A celles et ceux qui aimeraient quand même comprendre ce qu’est le Zen je propose de voir ce qu’est le Zen en regardant un film récent du cinéaste japonais Tatsushi Ōmori : « Dans un jardin qu’on dirait éternel ». C’est l’histoire de deux jeunes-filles qui en ce vingt et unième siècle sont intéressées par l’art ancestral qu’est l’art de la préparation du thé, le Cha No Yu ou Chado.

Ce film, particulièrement apaisant, permet une approche du Zen que l’entendement (l’approche intellectuelle, conceptuelle, du réel) ne permet pas de saisir.

Il faut savoir qu’au Japon, des disciplines artistiques, artisanales ou martiales, aussi différentes que l’art du tir à l’arc (Kyudo), le combat à l’épée (Kendo) la calligraphie (Shodo), ou la cérémonie du thé (Chado) ont un but commun : l’éveil de l’homme à sa vraie nature d’être humain.

Ces exercices japonais ne consistent pas à poursuivre un résultat extérieur mais uniquement à préparer les conditions qui permettent et favorisent cette expérience intérieure. En 1938, le savant du Zen, Daisetz Teitaro Suzuki, dit à Graf Dürckheim qui disait s’intéresser au Zen « Pour comprendre ce qu’est le Zen, il faut faire un exercice à fond. » Et le maître dans l’art du tir à l’arc qui a accompagné Graf Dürckheim tout au long de sa plongée dans le monde du Zen d’ajouter : « Plus vous ferez un exercice à fond et plus nombreux seront les secteurs de votre vie fécondés par cette profondeur. » (4)

La RÉPÉTITION de toujours les mêmes gestes, magistralement soulignée dans le film sur l’art du thé, est très certainement l’outil irremplaçable sur la Voie qu’est le Zen. L’essentiel n’est donc pas d’apprendre mais de pratiquer ce qu’on a appris afin de devenir un artiste de la vie plutôt que de s’imaginer devoir accéder à un art de vivre.

Bon film et bonne pratique de zazen !

Jacques Castermane

(1) Lire : Hirano Katsufumi Rôshi : ENSEIGNEMENTS (recueillis par J. Derudder)

(2) Dans l’ouvrage de Christophe André « Méditez avec nous » —Edition Odile Jacob— je réponds à la question : Quelle est la différence entre la pleine conscience et la pleine attention (p.193 et suivantes)

(3) Dōgen Zenji est le fondateur de l'école Sōtō du bouddhisme zen au 13ème Siècle au Japon.

(4) Les leçons de Dürckheim —Jacques Castermane - Ed. du Rocher - p.90.



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vendredi 27 août 2021

Mouvement sans arrêt...

 

Le plus important dans le mouvement est qu'il n'ait pas de fin, que l'on n'aille pas vers quelque chose.

Quand on soulève un bras, le but n'est pas d'avoir le bras levé mais de sentir, d'instant en instant. 

Dans la sensibilité énergétique, le mouvement ne s'arrête pas.

Restez dans la pose intérieure.

On peut avoir le dos voûté, extérieurement, et sentir la verticalité : l'énergie se centre, se libère.

Eric Baret, Yoga 

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Source : Gérard Beaulet

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samedi 3 juillet 2021

Tout change constamment - et moi, et moi, et moi ?

 

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La thèse centrale du taoïsme est que tout est en mouvement constant. Cela signifie que tout est en perpétuel changement. Imaginez que vous soyez en apesanteur dans l'espace, avec tout ce qui vous entoure, de la poussière aux astéroïdes en passant par les planètes, sans aucune attache. C'est en fait ce qui se passe, des particules subatomiques au mouvement de notre galaxie.
Nous avons un avantage dans la vie : nous avons la gravité et nous pouvons donc avoir un point d'appui. Ainsi, nous pouvons envisager que tout tourne autour de nous. Je ne veux pas dire cela dans un sens égocentrique. Je veux dire qu'aborder les choses d'un point de vue relativement fixe nous aide à agir efficacement dans le monde. La personne qui connaît le centre peut connaître la circonférence.
Si vous avez déjà fait fonctionner une machine qui tourne, vous savez qu'un centre huilé signifie un minimum de vibrations et une rotation facile. Nous pouvons nous faire ce centre en méditant régulièrement, afin d'être calmes, posés, et fluides. Le plus important, c'est que nous n'ajoutons pas de faux problèmes à notre vie. Nous sommes libres de regarder vers l'extérieur.
Le monde changera toujours, d'instant en instant. Nous changeons aussi. Mais en gardant un centre immobile, nous pouvons faire partie de ce changement au lieu de nous faire tourner en rond.
Traduction et adaptation d'un post de Deng Ming-Dao
par Fabrice Jordan

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jeudi 3 juin 2021

S'ouvrir au rire...

 

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“Rire, c’est refuser de
se laisser aigrir par
notre impuissance et nos échecs,
c’est montrer que la vie reste
la plus forte et qu’en son centre,
on y a placé la joie.”

Alexandre Jollien
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samedi 16 janvier 2021

« Faites confiance à zazen »

 

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A son retour du Japon, en 1947, Karlfried Graf Dürckheim propose à l’homme occidental ce

qu’il appelle : « la Voie de l’action ». Il s’agit d’une introduction à la connaissance du Zen.

Graf Dürckheim ne voit pas le zen comme étant un phénomène historique culturel asiatique. Il

voit le zen comme étant la source d’expériences universellement humaines.

La sobriété de la pratique de zazen, l’attention portée au corps que l’homme EST (IchLeib), lui

semblent particulièrement bénéfiques pour l’homme occidental.

Son premier ouvrage, Le Japon et la culture du silence (1), édité en 1947, a connu un succès

d’autant plus étonnant que l’Allemagne, comme la plupart des Etats européens, sortait à peine et

avec peine de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans cet ouvrage, qui résume son

expérience japonaise, l’expression le silence intérieur évoque un état d’être délié de l’inquiétude

latente, de la peur souterraine qui avaient gouverné le vécu intérieur de millions d’être humain

tout au long de ce conflit.

 

Si je rappelle cette tragédie c’est parce qu’aujourd’hui, la pandémie étendue sur la terre entière

plonge une multitude de personnes dans la même détresse intérieure : l’angoisse et les états qui

l’accompagnent. Et que, aujourd’hui, le Kanji « zen » a pris place dans la plupart des

dictionnaires (ce qui était loin d’être le cas dans les années 1950).

L’exercice appelé zazen ne doit pas être entendu comme pouvant prendre place dans l’ensemble

des thérapies pragmatiques dont le but est de guérir LE moi qui souffre. Par contre, zazen est un

exercice qui a pour but de guérir DU moi, de l’identification au seul niveau d’être qu’est l’EGO,

laquelle est la cause de bien des souffrances, physiques et psychiques, dont l’angoisse. La visée

centrale du zen est la découverte empirique de notre vraie nature en tant qu’être humain, notre

nature essentielle, laquelle n’est pas l’ego. Notre vraie nature est le domaine du calme, du silence

intérieur, de la paix intérieure que les représentants des écoles de sagesse, tant en Orient qu’en

Extrême-Orient et en Occident envisagent comme étant le plus grand bien auquel l’homme

puisse accéder.

 

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Mais comme Epictète au premier siècle de notre ère, les maîtres zen ajoutent que « afin d’atteindre ce 
plus grand bien, l’homme doit s’efforcer ».

Afin d’assumer, au mieux, ce qui aujourd’hui trouble l’âme, nous sommes donc invités à nous

efforcer ; par exemple à pratiquer l’ascèse qu’est zazen quotidiennement. C’est ce que Graf

Dürckheim nous propose. C’est ce que le maître zen Hirano Katsufumi Roshi, qui nous fait

l’honneur de venir au Centre depuis plusieurs années, nous propose : « Faites confiance à

zazen »

 

Une difficulté, de nos jours, est l’amalgame qui est fait entre zazen et méditation. Zazen est

différent de ce que nous entendons ordinairement par méditation.

Tout d’abord « Il y a 1000 et une façons de méditer mais il n’y a qu’une façon de faire zazen ! »

Lorsque vous avez la chance de voir un maître zen pratiquer, le questionnement mental —de

quelle façon faire zazen— laisse place à cette réponse qu’est le témoignage. Le maître de

l’exercice, à travers sa manière d’être là, assis, devient le modèle d’un chemin que chacun se doit

de tracer lui-même ; parce que zazen n’est pas un chemin à suivre mais un chemin à tracer

corporellement (Leiblich).

« Lorsque vous pratiquez zazen, le corps prend la forme du calme ».

 

Autre difficulté pour l’homme occidental qui s’identifie à l’idée ... Moi je crois, que je suis, ce

que je pense que je suis... est d’apprendre que « On ne pratique pas zazen avec le mental ! » et

que « zazen est un exercice corporel !»

Dans son Dictionnaire philosophique (2), André Comte-Sponville décrit l’exercice appelé zazen

comme étant « Jouer le corps (qu’on est) contre l’ego, la respiration contre le mental,

l’immobilité contre l’agitation, l’attention contre l’emportement ».

C’est un bon abrégé de ce qui vous est proposé au Centre Dürckheim depuis quarante ans.

Arriver à assumer plus calmement, plus sereinement, les événements qui se présentent n’est pas

une fuite du réel mais participe au processus de maturation qu’est notre vie en tant qu’être

humain.


Jacques Castermane

(1) Le Japon et la culture du silence —K.G. Dürckheim —Ed. Le courrier du livre

(2) Dictionnaire Philosophique —A. Comte-Sponville —Ed. Puf ; page 620

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vendredi 20 mars 2020

mardi 4 février 2020

Révélation d'enfance

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" Les grandes décisions se prennent dès l'enfance, celles qui orientent le cours des astres et l'allure des songes. Elles naissent de tout et de rien. Elles naissent de l'indigence soudainement révélée du tout de la vie. À sept ans, l'âme est déjà menée à son terme, enroulée sur sa propre absence, comme des pétales d'une rose, amoureusement repliés sur le vide en leur centre.

Cette révélation de l'abîme la parfait, lui donnant l'amertume d'un parfum noir qui imprégnera jusqu'au dernier de ses jours. La foudre du vieil âge atteint ainsi l'enfance au beau milieu de ses jeux. L'éclair d'un savoir dont la lueur se prolongera jusqu'à l'ultime instant. Ces choses-là sont muettes... "



Christian Bobin - Le huitième jour de la semaine

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lundi 12 novembre 2018

Que signifie avoir une pratique ?


Qu'est-ce que cela signifie d'avoir une pratique? Cela signifie que nous avons la capacité de nous refaire. Nous n'avons pas besoin d'être définis par d'autres, ni par accident, ni même par richesse et opportunité. Nous avons une méthode et nous l'utilisons. Nous faisons ce que peu de gens sont disposés à faire: faire chaque jour de petits gestes qui entraînent des changements considérables. C’est ainsi que nous protégeons notre santé et notre santé mentale.


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Calligraphie : Lian, la pratique
Qu'est-ce que cela signifie d'avoir une pratique? Cela signifie que nous comprenons qu'il n'y a pas de changements rapides. Que le seul moyen d'avoir une chance de bouger avec les saisons, avec les circonstances et avec le vieillissement, est de faire de nombreuses modifications graduelles. Cela demande de la patience et de la persévérance. Cet effort constant est tout ce dont nous avons vraiment besoin.

Qu'est-ce que cela signifie d'avoir une pratique? Cela signifie que nous éclaircissons notre esprit, que nous participons chaque jour et que nous nous adaptons rapidement et avec joie à tous les changements de notre vie, que nous parvenons à continuer notre pratique tout en respectant toutes nos autres obligations.

Qu'est-ce que cela signifie d'avoir une pratique? Cela signifie que nous sommes pleinement centrés en nous-mêmes. Nous sommes rarement submergés ou choqués, car nous écoutons l’infime et dialoguons avec lui avant qu'il ne devienne tempête.

Via Deng Ming Dao

lundi 20 août 2018

Approches du shiatsu (1)

 Cette semaine, je souhaitais vous faire partager ma pratique du shiatsu à travers l'interview de Bernard Bouheret qui permet d'entre dans le mystère du corps. Ce corps est symbole de l'instant présent et témoigne de la vérité du moment. Il est aussi le messager du passé pour, en se détendant, accueillir le futur.

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Le shiatsu, pratiqué depuis des millénaires au Japon dans le cercle familial, se présente comme une technique facile d’accès : sans onguent, sans huile, sans aiguilles, n’importe où, sur une natte, sur une chaise, dedans, dehors, le praticien de shiatsu arrive avec ses mains, et c’est tout ! Ses doigts « appuient » sur les « tsubos », ces points énergétiques situés le long des méridiens, selon un rythme particulier. (C’est d’ailleurs le sens de « shiatsu » : en japonais, shi-doigt/atsu-pression). L’efficacité du shiatsu est quasi immédiate. Déjà au bout de 15 minutes, le corps entier entre en vibration : toutes les sphères (émotionnelle, mentale, spirituelle) se mettent à vibrer à l’unisson et une paix profonde s’installe...

Retour vers le centre

Le shiatsu permet de « rentrer à la maison ». Comme l’évoque cette métaphore fréquemment utilisée, c’est un recentrage corporel qui s
’opère, clé du bien-être et de la santé ! Aujourd’hui, l’homme est constamment extirpé de lui-même : il ne sait souvent plus où est son centre. Au niveau émotionnel ou psychologique, il est en permanence plus ou moins déporté par des stimuli extérieurs qui le contraignent et le font souffrir. Le vieux sage taoïste nous dit :

« Qui est au centre de lui-même est au cœur de l’univers et tout l’univers tourne autour de lui. »

Le sentiment de paix qui en découle est accessible à tous. Cette paix est inconditionnelle, ne dépendant pas des circonstances extérieures, comme avoir une belle maison, une bonne situation, une vie sentimentale réussie, une bonne santé, etc.
Qui pourrait nier que celui qui connaît cet état de plénitude détient un précieux trésor dans notre monde moderne ?

Selon un adage chinois, « l’eau qui court ne croupit jamais ». Le shiatsu libère et rétablit le grand flux de la vie. L’énergie circule à nouveau, comme une rivière courant dans un flux permanent : les poissons sont jolis, la faune, la flore et tout le monde prospèrent !

C’est un terrain favorable pour que la maladie ne puisse pas s’installer. Et quand bien même, pour que la guérison, si elle est possible, puisse advenir : on sait bien, à l’inverse, que la maladie survient plus facilement lorsque l’on est morcelé ou séparé.


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mardi 1 mai 2018

L'amour... de soi.

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L’amour commence par nous. Ici, à notre propre égard. Posez ce livre. Éteignez la musique ou la télé, arrêtez-vous. Net. Stoppez tout à l’instant et, après quelques respirations profondes, demandez-vous à voix haute : « Que suis-je ? » Et observez. Soudainement vous allez vous rendre compte d’un mouvement de votre esprit qui va être de plus en plus fort ; c’est un besoin, un mouvement fondamental : celui de vous connaître. Ce mouvement est le début de l’amour. Il est là, dans cette envie de se connaître. Tout commence ici. Ensuite viendra l’envie de se réconcilier avec ce que vous êtes en vérité. Se réconcilier, c’est-à-dire comprendre : «Je suis  juste ainsi ; » Puis dans cette révélation, lâcher prise, ouvrir les mains. Dans une main ouverte, tout peut se poser. Tout peut advenir.

Aimer, c’est avant tout se recevoir tels que nous sommes. C’est en ce sens que l’amour commence par nous. Ouvrir grand les yeux sur ce que nous sommes et nous chérir comme une mère pourrait chérir son unique enfant. D’un amour qui n’est ni niais, ni superficiel, ni émotionnel. Une mère est douce, parfois dure. Mais aucune de ces formes ne manque d’amour.

L’amour recentre et donne un sens profond à notre existence ; il la leste en quelque sorte. Comment pourriez-vous vous épanouir dans une maison que vous ne connaissez ni n’aimez ? Impossible si vous ne connaissez pas le moindre de ses recoins. Et puis vous n’y inviteriez pas vos proches à séjourner ; vous tenteriez d’en masquer toutes les imperfections.


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What Lies Between by Grazyna Perl
Se connaître, se percevoir tel que l’on est, chaque instant changeant, et se porter une attention aimante sont indispensables à notre existence. Sans cela, tout ce qui découle de nous est approximatif, superflu et, qui plus est, trompeur. L’acte le plus extraordinaire, l’action humanitaire la plus épatante peut être un leurre si nous ne sommes pas profondément ancré dans la connaissance - l’amour - de nous-même.

Qu’a-t-on à donner si l’on ne connaît ni ne vit pas cet amour en nous ? Qui ne s’aime pas profondément ne peut aimer tout court. S’il ne ressent pas ses fragilités, ses doutes, ses peurs tout aussi bien que sa beauté, sa grandeur et son immense complétude, comment pourrait-il percevoir l’autre tel qu’il est, sans le juger ni le réduire à une image, une projection, une apparence ? C’est pour cela que la quasi-totalité de nos mouvements vers les autres est maladroite et insuffisante. C’est pour cela aussi que tous nos efforts sont reçus de façon maladroite et insuffisante. 

Sans cet amour de soi, honnête et naturel, se creuse en nous un vide immense. Si ce vide s’installe en notre existence, les autres ne seront qu’un moyen de le combler, de meubler notre solitude et notre manque d’amour. Mais nous n’avons pas conscience de tout cela; nous croyons vraiment aimer. Nous croyons être altruistes et généreux, ouverts aux émotions sincères et à l’amour. Le plus souvent, nous ressemblons pourtant à des trapézistes maladroits ou peureux qui se suspendent au trapèze tout en gardant les pieds au sol. On sautille, on meut ses jambes : on croit danser... et l’on se contente de cette pâle imitation. Comme lorsque l’on affronte la question « que suis-je ? », aimer demande de se lancer dans l’inconnu, de se jeter dans le vide sans filet. Il s’agit d’ouvrir l’espace de l’expérience ; d’être capable de recevoir tout ce qui advient, sachant que tout peut advenir. De croire en soi, de se laisser grandir. De laisser l’amour s’exprimer.

Grazyna Perl 
"Quand la fleur se fane, où s'en va son parfum ?" 

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mercredi 21 mars 2018

Emotions ordonnées...

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source "Petites pensées pour voyager léger" 
de Françoise Réveillet
mise en forme