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lundi 17 novembre 2025

Cultiver un jardin d’amis

Choisissez trois personnes proches que vous chérissez et que vous ne voyez pas régulièrement. Dédiez-leur trois plantes ou fleurs en pot différentes, une pour chacune.

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Il peut s’agir de plantes que vous avez déjà chez vous ou dans votre jardin. Mais vous pourriez aussi choisir d’aller en acheter spécialement pour cette pratique ou, pourquoi pas, de faire trois graines.

Renseignez-vous sur les besoins de chaque plante pour qu’elle grandisse et s’épanouisse au mieux. Prenez-en soin chaque jour comme vous le feriez avec votre ami s’il habitait chez vous ; prenez soin de cette relation.

Si vous le souhaitez, vous pouvez même prendre des photos des plantes à certains moments clés et les envoyer à vos amis. Vous pouvez également tenir un petit journal dans lequel vous écrivez les différentes étapes et notez la gratitude que vous éprouvez envers vos amis.

Extrait de Prendre soin de la vie de Matthieu Ricard, Christophe André , Alexandre Jollien ...

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jeudi 16 janvier 2025

Les 8 lois magiques.


Pensée magique 1 : “Tout est possible”

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Si tu veux qu'une chose soit possible, tu dois faire croire aux autres que tu peux la réaliser. S'ils ne te croient pas, tu ne pourras pas y arriver.

L'énergie est partout mais elle n'apparaît que là où vous fixez l'attention. Le moment où tu peux faire les choses c'est maintenant ni hier ni demain. Le passé est mort, le futur n'est pas né. En étant en vie, tu as le pouvoir du présent.

Pensée magique 2 : “Tout est divin”

Tout est vivant et éveillé, mais à des vitesses différentes. Les montagnes, pour nous très lentes, se déplacent sans cesse. Faites attention aux objets, traitez-les avec la même délicatesse que vous traitez les enfants. Si vous traitez mal les objets, ceux-ci, devenus ennemis, vous feront du mal. Mais si tu les traites avec respect, ils seront tes alliés.

Faites le tour de votre logement et prenez conscience de ce que vous respectez et de ce que vous maltraitez, que ce soit par violence ou par indifférence. Changez votre attitude envers elles.

Pensée magique 3 : « Les malédictions sont équilibrées par des bénédictions. ”

Prenez conscience de toutes les malédictions que la famille et la société ont gravées dans votre esprit. « Si tu fais ça... Tu ne réussiras pas dans la vie... Tu vas mourir de faim... Tu vas devenir une pute... etc. ”

Décide-toi à transformer les préjugés-malédictions en bénédictions. « Je vais réussir dans la vie... Je développerai ma créativité et ma générosité en donnant je reçois... La réalité n'est pas un couvent, ni l'amour n'est un péché... Je me donne le pouvoir de me bénir moi-même ”

Le pouvoir vient de l'autorité et pour conquérir l'autorité, il faut s'habituer à donner des ordres. C'est un exercice magique de te mettre à l'ordre pour que les choses soient exactement comme elles sont. Par exemple, quand la pluie tombe déjà, dites « J'ordonne que la pluie tombe ». Si le jour se lève trop froid : « J'ordonne qu'il fasse froid aujourd'hui ». « J'ordonne à ces personnes de traverser la rue. » Etc. Ainsi ton inconscient commence à croire que tout lui obéit. Tu dois le faire sérieusement. Tout pouvoir vient de toi-même, c'est toi qui crée ton expérience. Petit à petit, tu prends la sécurité. La sécurité que tu peux utiliser pour guérir toi et les autres.

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Pensée magique 4 : « Il y a toujours une autre façon de faire quelque chose. ”

Vous éveillez votre créativité magique lorsque vous appliquez à tout un regard qui a l'intention de faire différemment ce qui a été fait.

Tout permet absolument d'être fait différemment. Même la plus banale. Proposez-vous de faire les œufs au plat autrement. Visualisez une autre façon de gagner votre vie. Imaginez une autre façon de fabriquer des chaussures, une autre façon d'éduquer vos enfants, de faire l'amour, d'échanger des billets et des pièces, d'utiliser votre voix, etc, etc. En appliquant cet exercice magique, vous produirez un changement fertile dans la réalité rationaliste.

Pensée magique 5 : “Rien n'est simple, tout est complexe”

On nous éduque en nous faisant croire que la vérité est une phrase simple. On évite de nous apprendre qu'une phrase simple est interprétée par chaque individu sous une forme subjective. Quoi que vous disiez, cela sera interprété de manière positive ou négative, gentille ou agressive, claire ou sombre. La pensée magique consiste à prendre n'importe quelle formulation et à l'interpréter de la manière la plus négative possible, pour ensuite, comme si vous la glissez sur un axe, voir l'interprétation monter en positivité jusqu'à ce que vous en fassiez finalement quelque chose de sacré. Ainsi tu découvriras la puissance de ton esprit.

Pensée magique 6 : « Seul celui qui apprend à mourir vit vraiment ».

Le magicien sait qu'il n'est propriétaire de rien ; que ce qui commence s'achève ; que ce qui monte descend ; que ce qui approche s'éloigne ; et vice versa. L'obscurité s'éclaircit, l'occulte se révèle, le limité devient infini... Absolument tout se transforme constamment. Accepter la mort physique est essentiel pour un magicien, qui doit vivre sa vie comme s'il avait mille ans devant lui... et face à la puissance cosmique comme si j'allais mourir d'une seconde à l'autre.

Pour développer ce sentiment fondamental, chaque nuit, donne-toi aux ténèbres, abandonne-toi à la mort en acceptant que tu ne te réveilleras pas, donne ta conscience comme un cadeau à l'univers.

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Pensée magique 7 : « Apprends à remercier ».

Ferme les yeux et imagine quelque chose de beau, aussi beau que possible. Vous verrez que vous pouvez toujours raser quelque chose ou embellir quelque chose, toujours de trop en plus. Lorsque vous atteignez votre capacité maximale à embellir ce que vous avez choisi d'embellir, dites-lui MERCI. Et ensuite dis merci à toutes les parties de ton corps, ton cerveau, ton cœur, ton sexe, tes organes à tes viscères, ton sang, tes os, ta chair, (remercie-le par exemple pour son pouvoir de cicatriser une blessure) à ta conscience, à ton ego, ton âme, ta mémoire, ton imagination, le fait d'être vivant. etc, etc, et enfin, à qui vous a donné ces conseils de magie gratuitement.

Pensée magique 8 :« Ne dis pas absolument tout ce que tu sais »

Gardes-en pour toi, seul. Quelque chose que tu ne diras jamais à personne, quelque chose qui mourra avec toi. Par exemple, tout magicien garde secrètement le nom sous lequel il s'est baptisé. Garder jusqu'à la mort un secret intime confère une existence digne à ton âme, c'est ton signe de puissance.

Alejandro Jodorowsky

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jeudi 19 septembre 2024

Cultiver la gratitude


Mes chers amis,

Nous avions parlé la semaine dernière de la haine et de la colère, des émotions perturbatrices que nous sommes invités à abandonner car elles entraînent de la souffrance autant chez nous que chez les autres.

Il n'en est pas de même avec la gratitude. Celle ci fait du bien autant à vous mêmes qu'aux autres êtres.

Nous avons facilement tendance à éprouver de la gratitude pour ce que nous aimons et de la haine ou de la colère face à ce que nous n'aimons pas.

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Pouvons nous nous questionner sur le fait d'aimer ou de ne pas aimer quelque chose ou quelqu'un ?
Est-ce un choix conscient et réfléchi ? Ou est-ce que cette appréciation, cette sensation disent les bouddhistes, survient simplement dans notre esprit sans aucun choix de notre part ? 
N'est-ce pas simplement le fruit de notre histoire ? Avons nous vraiment choisi notre histoire, ou nous est-elle donnée ?

Est-il donc nécessaire de laisser notre esprit s'agiter face à quelque chose que nous n'aimons pas ? 
Puis-je simplement laisser la réaction se faire et éprouver de la gratitude car cette situation me permet de prendre conscience de l'émotion qui se lève dans mon esprit et qui me fait souffrir ?

N'est-ce pas l'occasion de s'en libérer ?
Pouvons nous éprouver de la gratitude pour cette situation que nous n'aimons pas mais qui va nous permette, petit à petit, de nous libérer de la souffrance.
Tout serait-il donc opportunité dans notre vie humaine si nous sommes prêts à poser ce regard sur la vie ?
Pouvons réellement rendre grâce du fond du cœur ? C'est la base de l'enseignement chrétien.
La gratitude est une des bases des enseignements bouddhistes.

Avec ma profonde amitié et ma gratitude pour vous tous qui me permettez, en partageant avec vous, de réaliser toutes mes lacunes dans ma compréhension et dans ma réalisation.
De quelle façon sont-elles d'ailleurs miennes ?

Philippe Fabri

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mardi 18 juin 2024

Qu’y a-t-il dans ma tasse ?

 Intéressant. On dit d'ailleurs souvent que la coupe est pleine...


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" Vous tenez une tasse de café, quelqu’un arrive et vous heurte et vous fait renverser votre café partout. Pourquoi avez-vous renversé le café ?
“Eh bien parce que quelqu’un m’a poussé, bien sûr”…
Mauvaise réponse.
VOUS avez renversé le café parce qu’il y avait du café dans votre tasse.
S’il y avait eu du thé dans la tasse, vous auriez renversé du thé.
Tout ce qui se trouve à l’intérieur de la tasse, c’est cela qui va déborder.
Par conséquent, lorsque la vie se produit et vous secoue, ce qui arrive souvent, tout ce qui est à l’intérieur de vous sortira.

Nous devons donc nous demander : “Qu’y a-t-il dans ma tasse ?”
Quand la vie devient difficile, qu’allons-nous faire déborder ?
La joie, la reconnaissance, la paix et l’humilité ?
Ou la colère, l’amertume, les mots durs et la réactivité ?
Qui choisit ?
A partir d’aujourd’hui, travaillons à remplir nos tasses de gratitude, de pardon, de joie, de paroles d’affirmation pour nous-mêmes et de gentillesse, de douceur et d’amour pour les autres.
La vie est amour, joie et bonheur.

Il faut du temps pour laver les vêtements boueux dans la machine à laver. OK ? Réveillez-vous.
Si vous voyez que quelqu’un est en colère ou vous porte de la haine ou de la jalousie, peu importe.
Donnez-leur un peu de temps pour se recentrer.
Comprenez qu’il leur faut du temps pour essuyer leur poussière intérieure.
Vous devez avancer dans la vie avec la clarté de l’esprit, la pureté dans le cœur et la sincérité dans l’action.
Détendez-vous.
Soyez à l’aise avec vous-même et avec tout le monde autour."

Sri Sri Ravi Shankar 

(auteur non vérifié)

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lundi 27 mai 2024

Exercice de gratitude

 Exercice de gratitude du matin, pour prendre soin de notre vie

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Cet exercice consiste à explorer, dès le réveil, les éléments positifs que nous parvenons à identifier dans l’instant : se réveiller dans une chambre agréable, percevoir la luminosité dans la pièce, penser à une chose positive prévue au cours de la journée à venir... 

Cet exercice nous aide à prendre davantage conscience des spécificités de notre quotidien qui peuvent passer inaperçues une fois que nous nous y sommes habitués. Par exemple, au début, lorsque l’on achète un nouveau matelas ou que l’on emménage dans un nouvel appartement, l’on apprécie ses qualités, mais, au bout ce quelques semaines, notre attention n’est plus attirée par ces particularités. Nous nous habituons rapidement au confort, à la propreté, à la décoration. 

Pratiquer un exercice d’attention le matin, c’est comme essayer une nouvelle paire de lunettes: cela nous aide à redécouvrir ce que nous ne voyons presque plus. Porter notre attention à ce que nous avons de précieux, aux proches que nous apprécions, nous encourage à nous y intéresser davantage et à en prendre soin.

Extrait du livre "Prendre soin de la vie".

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jeudi 28 mars 2024

21 messages

 21 messages à transmettre à chaque membre de la génération suivante :

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1. – Tu es un être désiré. Tu es ici parce que l’Univers l’a décidé.

2. – Ressens que tu es libre d’être ce que tu es, ne laisse personne te mettre d’étiquette, ni t’imposer de scénario qui ne correspond pas à ton authenticité.

3 . – Chaque ancêtre de ton arbre est un cadeau à l’intérieur de toi qui doit être utilisé en ta faveur et en faveur de tout l’Univers.

4.  –  Apprend à ne pas demander d’amour, aime simplement.

5. – Crois aux petits miracles quotidiens et sois attentif aux coïncidences, car il y a en elles des messages cachés qui peuvent te guider sur le bon chemin.

6. –  Chaque jour, fais un acte généreux envers un proche.

7. – S’il y a eu des traumatismes dans ton arbre généalogique, guéris-les en agissant.

8. – Laisse-toi guider par ton corps, il est sage. Il t’alertera dans les situations que tu dois éviter, en te faisant ressentir de la tension ou du malaise. Il te dira aussi quand tu seras aligné avec ce que tu es, en te faisant ressentir une relaxation et du bien-être.

9. – Ne contamine pas ton corps avec des toxines ou une mauvaise alimentation.

10. – Quand tu le pourras, sois indépendant. Travaille en utilisant ta créativité et deviens adulte.

11. – Écris un poème chaque jour.

12.- Cherche et provoque des situations qui te font rire.

13. – Aie tendance à partager, à collaborer et à être solidaire.

14. – Quand tu as des problèmes, tu peux les analyser, tu peux en parler, mais sois certain que tant que tu n’agis pas, la transformation ne se produit pas.

15. – Ressens de la GRATITUDE pour tous les cadeaux que l’Univers te fais.

16. – Rappelles-toi qu’en ce plan d’existence, rien ne périt, mais se transforme.

17. – Lis, étudie, connais… expérimente par toi-même.

18. – Ne t’attache pas au matériel. Ne consomme que ce dont tu as besoin.

19. – Ne t’attache pas non plus à quelque croyance que ce soit. Ton corps se renouvelle chaque jour, fais en sorte que tes idées aussi.

20. – Sème chaque jour les  graines qui te viennent du dedans ou de l’extérieur. Ces graines peuvent être des mots, des caresses, de la beauté, des actions. De ces graines germent plus de sagesse, d’amour, d’art et de santé.

21. – Que le territoire qui est au-delà de ton corps, de ta maison, de ton quartier, de ta ville… de la planète et de l’Univers, fasse l’objet de tous tes soins.

Alejandro Jodorowsky

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jeudi 15 février 2024

Shiatsu en Ehpad


Une personne travaillant en ehpad s'est dit que si le shiatsu lui faisait du bien, elle pouvait le proposer aux résidents.

Ainsi, j'ai récemment pu sentir la détente se propager dans des corps en fin de vie et chez des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer.

Certaines ronronnaient pendant la séance puis avaient ensuite oublié mais j'ai ressenti que le corps n'oublie pas qu'il a reçu de la détente... au moins pendant un moment.

Une fois, une de ces personnes m'a demandé d'arrêter le contact et s'est tourné vers moi en disant : "Regarde !" et en montrant une cour déserte.

Dans un état de présence profonde, nous avons regardé ensemble la cour immobile.

Elle s'est de nouveau tournée vers moi en levant le doigt et a dit : "Ecoute !" et nous avons prêté l'oreille au silence...

Après un moment magique de contemplation commune, elle s'est retournée vers moi en disant avec sa voix fluette : "Merci !!!".

Elle avait, pour moi, résumé en 3 mots notre présence sur terre.

Gratitude !

Eric Dewulf

azur-shiatsu.com

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dimanche 27 août 2023

Accueil du miroir

 

Lors de la méditation... j'ai repris la comparaison classique de notre esprit et du miroir. Nous ne pouvons jamais voir la surface d'un miroir. La surface d'un miroir est toujours recouverte d'un reflet.

Le reflet n'est pas la surface du miroir. La surface du miroir est par elle-même, par essence, vide et ne contient aucune image, aucune forme, aucune couleur. La nature du miroir est de refléter.

De par le fait que la surface du miroir n'a aucune caractéristiques, aucune formes et aucune couleurs, elle est capable de refléter toutes les formes et les couleurs qui se présentent à elle. A chaque instant la surface du miroir reflète quelque chose de différent, l'analyse fine nous montre que ce n'est identique à aucun moment.

Le miroir ne choisit à aucun moment ce qu'il reflète, il accueille tout avec la même équanimité. Bien qu'il soit capable de tout refléter, le miroir ne garde aucune trace de ce qu'il a reflété.

L'image qui est reflétée dans le miroir est vide de toute existence en elle-même, c'est la raison pour laquelle elle ne peut laisser aucune trace. Notre esprit a des caractéristiques très semblable au miroir, sans être un miroir, car notre esprit n'est pas une chose.

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Nous ne pouvons pas voir notre esprit directement, mais seulement au travers de tout ce dont il est conscient. Ce dont l'esprit est conscient, toutes les perceptions (les cinq sens et les perceptions mentales), ne sont pas l'esprit, l'esprit est ce qui perçoit les perceptions. L'esprit est par essence vide de tout et ne contient rien. Et perce qu'il ne contient rien, il peut tout accueillir.

La nature de l'esprit est d'être animé et connaissant. Au sein de l'esprit apparaissent toutes les perceptions, ce surgissement est l'aspect animé de l'esprit. Le fait d'en prendre connaissance est l'aspect connaissant et auto connaissant de l'esprit.

Tout ce qui apparaît dans l'esprit à chaque instant est nouveau et n'a jamais eu lieu à un autre moment que maintenant. Notre esprit ne choisit pas ses perceptions, elles surviennent, elles émergent, elles surgissent sans aucun chois de notre part. Notre esprit est par nature totalement équanime. 

La conscience ne garde aucune trace de ce qui a surgi dans l'instant précédent, si ce n'est une nouvelle pensée qui surgit et fait suite à la précédente. Mais c'est une nouvelle pensée, ce n'est pas une trace. Chaque pensée est vide d'existence autonome et ne peut être saisie, elle n'est qu'un flux, un mouvement de l'esprit. Sachons laisser le flux de la vie nous traverser sans chercher à le saisir. Sachons être rempli de gratitude que tout cela puisse survenir afin que nous puissions réaliser notre véritable nature.

Philippe Fabri

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mercredi 2 août 2023

Corps en joie

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Nous avons facilement tendance à être blasé et à penser qu'il est normal d'avoir un corps humain.Nous oublions ce grand mystère, ce miracle de pouvoir percevoir le monde grâce au corps que nous avons.
Nous percevons le monde au travers de nos 5 sens et ce, sans faire le moindre effort. Cela nous est donné de percevoir. Nous pouvons y prêter attention ou pas, mais les perceptions ont lieu.
Notre corps est doté d'un cerveau qui nous permet de penser, de réfléchir, de mémoriser.
Et tout cela fonctionne même si nous sommes malades, déprimés, tristes, joyeux ou en colère.
N'oublions nous pas de nous en émerveiller. 
Cet émerveillement nous amène à la joie d'être, une joie simple, sans objet.
Dans cette joie nous pouvons dissoudre nos douleurs, nos dépressions ou nos colères.


Philippe Fabri
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jeudi 27 avril 2023

A tendre vers ?

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Attendre est un état d'esprit. En résumé, vous voulez le futur, mais non le présent. Vous ne voulez pas de ce que vous avez et désirez ce que vous n'avez pas. Avec l'attente, peu importe sa forme, vous suscitez inconsciemment un conflit intérieur entre votre ici-maintenant, où vous ne voulez pas être, et le futur projeté que vous convoitez. Cela réduit grandement la qualité de votre vie en vous faisant perdre le présent. Il n'y a rien de mal à essayer d'améliorer vos conditions de vie, et vous pouvez le faire. Par contre, vous ne pouvez améliorer votre vie. La vie passe avant tout.

La vie est votre Être intérieur le plus profond. Elle est déjà entière, complète, parfaite. Ce sont les circonstances et vos expériences qui constituent vos conditions de vie. Il n'y a rien de mal à aspirer à aspirer à certains buts et à vous efforcer de les atteindre. L'erreur, c'est de substituer cette aspiration au sentiment de vivre, à l'Être. Le seul point d'accès à l'Être, c'est le présent. Vous êtes donc comme l'architecte qui ne prête aucune attention aux fondations d'un édifice, mais passe beaucoup de temps sur la superstructure.

Par exemple, bien des gens attendent que la prospérité vienne. Mais celle-ci ne peut arriver dans le futur. Lorsque vous honorez, reconnaissez et acceptez pleinement votre réalité présente et ce que vous avez – c'est-à-dire le lieu où vous êtes, ce que vous êtes et ce que vous faites dans le moment –, vous éprouvez de la reconnaissance pour ce que vous avez, pour ce qui est, pour le fait d'Être. La gratitude envers le moment présent et la plénitude de la vie présente, voilà ce qu'est la vraie prospérité. Celle-ci ne peut survenir dans le futur. Alors, avec le temps, cette prospérité se manifeste pour vous de diverses façons. Si vous êtes insatisfait de ce que vous avez, ou même frustré ou en colère face à un manque actuel, cela peut vous motiver à devenir riche. Mais même avec des millions, vous continuerez à éprouver intérieurement un manque et, en profondeur, l'insatisfaction sera toujours là. Vous avez peut-être vécu de nombreuses expériences passionnantes qui peuvent s'acheter, mais elles sont éphémères et vous laissent toujours un sentiment de vide et le besoin d'une plus grande gratification physique ou psychologique. Vous ne vivez donc pas dans l'Être et, par conséquent, ne sentez pas la plénitude de la vie maintenant, qui est la seule véritable prospérité.

Alors, cessez d'attendre, n'en faites plus un état d'esprit. Lorsque vous vous surprenez à glisser vers cet état d'esprit, secouez-vous. Revenez au moment présent. Contentez-vous d'être et dégustez ce fait d'être. Si vous êtes présent, vous n'avez jamais besoin d'attendre quoi que ce soit.

Ainsi donc, la prochaine fois que quelqu'un vous dira : « Désolé de vous faire attendre », vous pourrez répondre : « Ça va. Je n'attendais pas. J'étais tout simplement là, à m'amuser ! »

Le pouvoir du moment présent par Eckhart Tolle

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mercredi 16 mars 2022

moment de paix

 

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Au milieu d'une journée difficile, ou dès que vous rentrez chez vous, il est possible de créer un moment de paix, de liberté et de bonheur, simplement en prenant quelques minutes pour revenir à votre corps et relâcher les tensions. Trouvez un endroit tranquille où vous ne serez pas dérangé. Prenez une position corporelle confortable, soit assise, soit allongée. Embrassez votre corps avec bonté aimante, compassion et soin. Envoyez l'énergie d'amour et de guérison à tous vos organes et remerciez-les d'être là et de travailler en harmonie. Envoyez de l'amour et de la gratitude à toutes les parties de votre corps. Souriez à chacune de vos cellules. Reconnectez-vous avec votre corps. Souriez à vous-même. Souriez à votre corps. 

- Thich Nhat Hanh

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jeudi 11 février 2021

Méditation de gratitude

 

S'ancrer dans la gratitude

Cette méditation est un temps pour se remémorer la beauté de la vie et le cadeau précieux que nous avons reçu en naissant dans notre Univers.
Un temps pour dire merci aux dons qui nous sont faits quotidiennement.
La proposition est de pouvoir créer un espace et un temps de silence et de calme, sans interruptions, propice à une plongée profonde dans la visualisation et la guidance vers l'ancrage.

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écouter la méditation

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Source : Mooc transition intérieure

mardi 9 février 2021

Gratitude (2) et transition intérieure

 

Les blocages à la gratitude
L’un des blocages est la place de notre mental au dépend des dimensions du coeur. Il ne s’agit pas d’en choisir une au dépend de l’autre, mais de leur donner une place et une valorisation égale dans nos processus. La bienveillance, comme dans toutes pratiques de transition intérieure, est de mise. Ce qui aide dans ce cas, c’est d’être en capacité d’expliquer pourquoi nous la célébrons afin de rendre les personnes libres de choisir en conscience d’ y participer ou non. Aussi, au niveau individuel et collectif, ritualiser les pratiques de gratitudes nous aide à bénéficier des bienfaits exprimés ci-dessus.

Dans de tels espaces, «parfois la gratitude vient facilement. Si tout va bien ou qu’il vous arrive quelque chose de bon, l’appréciation et la reconnaissance peuvent couler de source. Quand le ciel s’assombrit, chercher des raisons pour vous sentir reconnaissant pourrait, dans un premier temps, susciter un sentiment d’inconfort proche du déni. Mais il n’y a pas de raison de se sentir reconnaissant pour tout ce qui se passe. Il s’agit plutôt d’admettre qu’il y a toujours un panorama plus vaste, une vision plus large composée à la fois d’aspects positifs et négatifs. Pour nous permettre de reconnaître clairement les éléments difficiles et d’y réagir de manière constructive, nous devons puiser dans nos ressources qui font ressortir le meilleur en nous. La gratitude mène à cela. Nous pouvons nous entraîner à puiser dans cette ressource à tout moment». (p. 81)

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Nos représentations socio-culturelles peuvent également nous bloquer. Comme le dit Joanna Macy : «
Dans la culture dominante, on estime que la gratitude est une politesse, et non pas une nécessité. Dans d’autres cultures et spiritualités, l’histoire est bien différente. Notre bien-être dépend du monde naturel et la reconnaissance nous lie à notre but qui est de prendre soin de la vie». S’autoriser à se désaculturer au service de la culture du changement de cap est l’un des enjeux de la transition intérieure.

La gratitude nous motive à agir pour notre monde
Ainsi, la gratitude est l’une des voies pour désapprendre une part de notre rapport au monde qui est destructrice. Joanna nous l’explique en ses mots :
«Un producteur de bois a déclaré un jour qu’en regardant un arbre, tout ce qu’il voyait était un tas d’argent sur une souche. Si nous considérons les arbres comme nos alliés qui nous aident, nous voudrions devenir leurs alliés. Cette dynamique nous entraîne dans un cycle de régénération, dans lequel nous prenons ce dont nous avons besoin pour vivre, mais nous donnons aussi en retour. Parce que notre culture industrialisée moderne a oublié ce principe de réciprocité, les forêts continuent à rétrécir et les déserts à croître. Pour contrer cette désintégration, développons donc une intelligence écologique qui reconnaît que notre bien-être personnel dépend du bien-être du monde naturel».

La gratitude, pilier de toutes les traditions spirituelles, nous montre une des voies pour sortir de la société de consommation. Elle nous montre à voir tout ce qui nous est donné par les autres et par le vivant. Son partage ouvre les coeurs et crée de la confiance dans les groupes. En collectif, il nous permet de reconnaître nos singularités universelles, accueillant nos différences comme une richesse et la confiance que nos différences sont entendues et valorisées.

La gratitude est un des piliers central de la culture émergente au service de la Transition. Elle cache en son sein la capacité de maintenir notre enthousiasme au service du changement positif, de nous faire prendre conscience de l’abondance en nous et autour de nous et de guérir nos relations autrefois basées notamment sur l’anthropocentrisme, l’ethnocentrisme, le racisme et le sexisme. Une fois affirmée, nous sommes mieux à même d’aborder les émotions inconfortables et douloureuses liées à la destruction de la vie sur terre.

Ainsi, choisir une posture de gratitude est une compétence qui s’apprend et qui s’améliore par la pratique. Cela ne dépend pas du bon déroulement de la vie, ou de recevoir des faveurs des autres. C’est apprendre à mieux repérer ce qui est déjà là.
Exprimer sa gratitude, c’est faire du bien aux autres autant qu’à soi, se connecter au vivant et faire un pas de plus sur le chemin de la transition.

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Outils pratiques
Concrètement, comment mettre en place des moments et des espaces d’expression de gratitude ?

En posant des questions ou en accompagnant une méditation : Par exemple :
  • Réfléchissez- sentez si vous avez de la gratitude pour quelqu’un ou quelque chose ? Sentez- vous un merci monter en vous pour une personne qui fait que vous êtes là aujourd’hui (à suivre ce Mooc) en transition intérieure ? (quelqu’un qui garde vos enfants ou vous-mêmes qui avez su protéger cet espace pour apprendre au service de la transition), etc.
  • En faisant une balade guidée dehors à la recherche de tout ce qui nous est offert : oxygène, chaleur, beauté, soutien, etc. Lors d’atelier ou de formation, l’affirmation de la gratitude commence en accueillant chaque personne qui arrive avec un salut chaleureux et une attention d’inclusion. Joanna nous dit : «Considérer chaque personne comme un cadeau aide à éprouver de la joie. Nous prenons ensuite un moment pour évoquer l’amour que nous partageons envers la vie sur Terre, sans toutefois étiqueter ce processus comme une « affirmation ». Cela produit un effet de relaxation et de vivacité, et sert de fondement régénératif pour tout ce qui suit. Cela permet aussi de faire remonter notre douleur pour le monde, car savoir ce que nous chérissons déclenche la reconnaissance de combien cela est menacé» .
  • En récoltant les pépites de la journée : qu’avons-nous appris ? qu’ai-je reçu ? qu’ai-je donné ? qu’est ce qui nous a soutenu ? Quel est mon coup de cœur ?
  • Ce qui peut aussi nous aider pour pratiquer la gratitude et la reconnaître est d’utiliser les 3 niveaux de reliance à guérir dans notre monde aujourd’hui :
    • Gratitude vis-à-vis de soi-même : remercier et reconnaître ses ressources intérieures.
    • Gratitude vis-à-vis des autres : remercier et reconnaître que ce n’est pas seul qu’on y arrive et sentir l’abondance de soutien.
    • Gratitude vis-à-vis des autres qu’humains : tout ce qui nous permet de vivre, les végétaux, les animaux, le soleil, l’oxygène, les champignons, les bactéries, etc.

Ces temps de récoltes changent tout, ne pas les oublier en chemin c’est incarner la transition intérieure.

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lundi 8 février 2021

Gratitude (1)

 Le MOOC sur la transition intérieure de l'université Colibris est ouvert. Un dossier sur la gratitude y est présenté dont voici un extrait.

Pourquoi s'entraîner à ressentir la gratitude

Au sein du mouvement de la Transition, nous insistons sur l’importance de pratiquer la gratitude avant de nous plonger dans les émotions plus inconfortables. Dans cet article nous découvrons les raisons de cette posture et les richesses qui se cachent derrière cette pratique. L’article finit par vous offrir quelques pistes pour la pratiquer davantage dès aujourd’hui.

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Dominique Fortin Chrysalide

La dimension politique du coeur
Il y a 6 ans, j’étais en formation en Angleterre aux côtés de Looby Macnamara et de Peter Cow pour me former à la permaculture humaine. Le premier jour après des heures de trajet, nous créions le cercle d’ouverture et j’avais hâte d’entendre qui était là, quelles étaient leurs expériences, de pouvoir partager les miennes et de partager comment j’allais. Pourtant, à ma surprise, nous avons commencé par un tour de gratitude. Un tour de gratitude ? Le mot sonnait comme un peu poussiéreux et je me lançai dans l’exercice. Ce partage me bouleversa et des larmes me vinrent aux yeux : une première pour moi dans un tour d’ouverture, habituée à une militance à la dure où j’avais bien souvent serré les dents. Que s’était-il passé ? Ensuite nous fûmes invité·es à une marche nocturne et silencieuse pour se présenter et partager ce qui nous touchait et ce pourquoi nous étions reconnaissant·es.

La soirée terminée, je mis du temps à m’endormir car j’avais une petite colère intérieure ; mon égo frustré et mon mental insécurisé ne me laissaient pas en paix. Il m’a fallu du temps pour comprendre la révolution qui s’était opérée dans ce simple cercle d’ouverture où, au lieu de parler de soi en premier, nous remerciions les autres et le vivant. Ce rituel se poursuivit durant les 10 jours à chaque cercle d’ouverture. Cette reconnexion à l’abondance de beau, de soutien, d’amour m’a permis de me réconcilier avec une partie de moi qui aime la vie et qui s’autorise à le dire sans avoir peur d’avoir l’air ringarde ou « bisounours ». J’ai également compris que pratiquer la gratitude pour la Transition était devenu pour moi un acte politique et spirituel qui m’aide à me décentrer pour m’engager au service de plus large que moi. De plus- cerise sur le gâteau - cela me procurait des émotions positives et libératrices. J’aimais écouter les histoires des autres et j’aimais partager les miennes pour nous rencontrer à un autre endroit d’engagement que celui de la tête. Depuis lors, je muscle ma capacité à mettre la lentille de la gratitude dans mon regard sur le monde : une posture radicale et révolutionnaire qui change le monde.

Qu’est ce que la gratitude ?
Mais quelle est donc cette pratique qui m’a tant bouleversée ? Que se cache donc derrière cette notion bien connue et dont la pratique semble si révolutionnaire ?
Pour définir les contours de la gratitude, je vous renvoie à la lecture de l’un des ouvrages incontournables écrit par Joanna Macy : « L’espérance en mouvement ». Joanna commence en ces termes :

«Être vivant dans ce magnifique univers auto-organisé- participer à la danse de la vie avec des sens pour la percevoir, des poumons pour la respirer [...] - est en soi une merveille au-delà des mots. De surcroît, c’est un immense privilège d’être gratifié d’une vie humaine, avec une conscience autoréflexive qui nous permet un regard lucide sur nos propres actions et nous donne la capacité d’effectuer des choix. C’est ce qui nous permet de choisir de prendre part à la guérison de notre planète... Nous tenons trop aisément ce don pour acquis. C’est pourquoi tant de traditions spirituelles commencent par une action de grâce, pour nous rappeler que, malgré toutes nos souffrances et nos craintes, notre existence même est un bienfait immérité que nous n’aurions jamais pu créer nous-mêmes.»

Ainsi, la gratitude c’est ce «vif sentiment d’émerveillement, de la reconnaissance et de l’appréciation».

On perçoit d’ores et déjà dans cette définition le puissant potentiel de la gratitude. Et l’on peut aller encore plus loin, pour en exploiter tous les bénéfices, que Joanna Macy décrit à merveille :
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  • La gratitude favorise le sentiment de bien-être. Lorsque l’on prend l’habitude d’activer notre gratitude seul ou en groupe, on entraîne plus facilement et rapidement son esprit à remarquer les aspects positifs dans notre vie… La gratitude a deux aspects : l’un est l’appréciation, où l’on ressent comme positif ce qui s’est passé ; et l’autre est l’attribution, où l’on reconnaît le rôle de quelqu’un ou de quelque chose dans ce qui est arrivé… La gratitude est une émotion sociale. Elle fait ressortir notre côté chaleureux et notre bonne volonté envers les autres.  « Quand on n’a pas le moral, on pourrait penser que c’est exagéré de porter son attention sur quelque chose d’aussi positif. Pourtant , reconnaître les dons de la vie donne des forces. En savourant ces cadeaux, nous augmentons notre faculté psychologique à garder notre équilibre et notre calme sur les flots houleux. Voilà pourquoi nos ateliers commencent ainsi. La gratitude renforce la résilience, ce qui donne des forces pour faire face aux informations perturbantes.
  • Commencer avec des émotions positives nous soutient pour accueillir celles qui sont plus inconfortables. Quand on aborde des questions telles que le changement climatique, la posture de la gratitude est une alternative rafraichissante à la culpabilité et à la peur. 
  • La gratitude renforce la confiance et la générosité, car elle nous aide à reconnaître les moments où nous avons pu compter les uns sur les autres… elle joue un rôle clef dans l’évolution du comportement coopératif et dans l’évolution des sociétés. Lorsque les niveaux de gratitude sont élevés, nous sommes non seulement plus enclins à rendre service, mais nous sommes également plus susceptibles d’aider des personnes que nous ne connaissons pas. (p. 76) La partage de la gratitude permet d’ouvrir les coeurs et créer la confiance dans le groupe.
  • La gratitude antidote au consumérisme, alors que la gratitude peut accroître le bonheur et la satisfaction de la vie, le matérialisme- le fait de donner une valeur plus élevée aux biens matériels qu’aux relations humaines profondes- à l’effet inverse... la gratitude c’est de se délecter et se sentir satisfait de ce dont on a déjà fait l’expérience, à l’inverse de ce que nous propose la publicité. L’industrie de la publicité a pour but de saper ces sentiments en nous convaincant qu’il nous manque quelque chose…. ainsi la gratitude nous fait déplacer notre attention du verre à moitié vide au verre à moitié plein.

Présentée ainsi, la gratitude semble évidente et pourtant elle reste parfois difficile à évoquer dans nos groupes. Pourquoi ne la pratiquons-nous pas davantage?

Rédigé par Cheval Noémie
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samedi 27 juin 2020

Offrandes


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Rien que des merveilles ce matin ! Mon regard est d'abord tombé sur ce massif de delphiniums, impressionnants avec leurs hampes bleu intense, et, à leurs pieds, déjà les premières tiges frêles de capucines qui se déroulent, intrépides ; au fond, le vieux rosier, accroché aux pierres du mur, a retrouvé l'enthousiasme de la jeunesse et croule sous les fleurs et les boutons, pendant que, toutes pimpantes, les marguerites se balancent au gré de leur petite musique. 
J'étais sortie bien décidée à en finir avec tout ce qui est en retard : la cabane à bois, c'est simple, on ne peut plus y rentrer, je vais y remettre de l'ordre, ah mais il y a les outils de jardin qui ont besoin d'être bichonnés, le petit bois à ranger dans des cageots et ce tas de cartons à plier et mettre dans la voiture, et... et... mais le monde m'a stoppée dans mon élan et m'a rappelé le plus important, que j'oublie trop souvent : regarder, admirer, remercier.

Une prairie éclatante

Juste en face de la porte de la cuisine, le jardin m'a attrapée en premier ; il a été l'objet de nos soins : plantations, désherbage, toute une attention bienveillante ; nous avons encouragé ses hôtes avec des gratouillis à leurs pieds et des paroles roucoulées. Nous l'admirons d'un regard de propriétaire, c'est notre travail, notre oeuvre, notre récompense. Mais si je tourne un peu la tête, je vois la prairie, et là ! C'est une énergie incroyable, toute en vrac, en fouillis, herbes et fleurs mêlées, à qui poussera le plus haut, à qui aura plus de fleurs, à qui attrapera le premier rayon de soleil. Il y a du bleu, du jaune, du rose, et du vert, du vert qui fait du bien aux yeux et au cœur, du vert si tendre qu'on voudrait le manger, ou si éclatant qu'on voudrait le mettre dans sa poche pour le garder toujours. 
Nous avons passé tant de semaines à regarder le monde comme dangereux, presque hostile : oui c'est vrai, il peut l'être, mais j'avais oublié qu'il était aussi - d'abord ? - beauté, don, offrande.
Chaque printemps la prairie nous surprend avec des petits bouts de tiges qui se haussent du col sur une terre encore gelée, de minuscules fleurettes qui s'ouvrent sans craindre la prochaine chute de neige, puis en début d'été, elle éclate de promesses et s'abandonne à la pure joie d'être, à la vie. À la contempler, je sens quelque chose qui se dénoue en moi : nous avons passé tant de semaines à regarder le monde comme dangereux, presque hostile : oui c'est vrai, il peut l'être, mais j'avais oublié qu'il était aussi - d'abord ? - beauté, don, offrande.

La trame de toute existence

Abritée entre des murs, j'avais ignoré la force de la terre et son travail aussi vieux que le monde : faire renaître la vie ; enfermée, j'avais désappris le don du ciel sans limites qui chaque matin réveille l'espoir. J'avais perdu ce qui est la trame de toute existence : l'offrande continue, indispensable, invisible. Immobile au milieu de la cour, respirant dans la grande respiration du monde, me reviennent à l'esprit les mots d'un ces vieux moines japonais : « Le ciel et la terre font des offrandes. L'air, l'eau, les plantes, les animaux et les êtres humains font des offrandes. Toutes les choses se font des offrandes mutuelles. Ce n'est que dans ce cercle d'offrandes que nous pouvons vivre. » Ce cercle d'offrandes, je le vois maintenant partout autour de moi, dans l'herbe et ses insectes, dans le petit nuage blanc qui flotte, dans les abeilles, dans notre travail aussi et celui de tous ceux et celles qui nous ont précédés ici. Et ce moine, Kodo Sawaki, poursuit : « Le monde dans lequel nous donnons et recevons est un monde magnifique et serein. » 
Matin d'offrandes, matin de merveilles, un matin comme tous les matins.

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(sources : La Vie)

dimanche 7 juin 2020

Spontanéité de l’instant


Se laisser ressentir que tout ce qui survient est absolument sans problème.
Et si cela n’est pas ressenti comme tel, simplement laisser la porte ouverte à cela,
Dire oui à la possibilité que cela puisse être ainsi.
Car penser est absolument sans problème,
Éprouver de la peur est absolument sans problème,
Se faire du souci pour un proche est absolument sans problème,
Se sentir « envahi » par une énergie forte de colère est absolument sans problème,
Pleurer de joie est absolument sans problème,
Être amoureux de la vie est absolument sans problème…..
Tout ce qui survient est absolument sans problème car rien n’est personnel. Personne n’en est l’auteur.
Lorsque ceci est reconnu, tout peut se détendre, c’est un véritable cadeau.
La recherche de « sens », de mieux-être s’évanouit,
Les jugements et résistances se dissolvent d’eux-mêmes, la dualité s’estompe et s’efface.
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Tout survient, simplement.
Rien n’a changé dans le monde, c’est la perception que l’on en a qui s’est transformée. 
C’est la libération, la « magie » de la vision.
Je suis cela en qui tout survient, simplement. Gratitude.
Marion
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samedi 25 avril 2020

Le cœur reconnaissant


Les premiers jours, lorsque nous apprenons la maladie, la catastrophe, le confinement, nous restons désemparées. Continuer notre vie monastique, oui, prendre soin des personnes autour de nous, dans ce petit hameau, bien sûr. Téléphoner pour avoir des nouvelles, écrire aux personnes isolées, tout cela est indispensable, mais une question nous tracassait : que faire de plus ?

Prendre conscience

ImageTous les jours, avant le déjeuner, nous remercions : « D'innombrables labeurs ont permis à cette nourriture d'arriver jusqu'à nous : recevons-la avec gratitude. » Gratitude, le mot est là, c'est le chemin que nous allons suivre. Mettre cette gratitude dans toutes nos actions, à chaque moment de la journée, faire grandir en nous un coeur reconnaissant, voilà le travail que nous nous fixons pour cette période.
Ce sentiment existe depuis longtemps pour moi, depuis le premier jour où je suis entrée dans un temple, je crois, et où j'ai découvert que l'on me donnait la possibilité de vivre la vie que je souhaitais, sans rien demander en échange. Faible lumière, d'abord, tournée vers le Supérieur, et les autres monastiques, elle ne s'étendait qu'à ceux qui faisaient partie de mon quotidien. Petit à petit, je pris conscience du soutien que nous offraient les villageois, les visiteurs et je vis que le cercle de ceux que je pouvais remercier s'étendait bien au-delà de ce que j'imaginais. 
Prendre conscience : parce que tant de choses me paraissaient évidentes jusque-là, il a fallu que je les perde pour les reconnaître. L'eau chaude, l'électricité, le chauffage... le temple en était souvent dépourvu, en fonction des saisons, du froid ou des typhons, et je restais étonnée en réalisant que j'ignorais qu'il y avait tant de personnes qui veillaient à mon bien-être. Alors la gratitude a grandi devant ce réseau invisible qui m'entourait et je commençais à voir que ce qui me semblait « naturel » était en fait un cadeau que je devais apprendre à reconnaître et recevoir. N'est-ce pas l'expérience que nous avons tous faite, à des degrés divers, ces derniers temps ?

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« J'offre ma gratitude à... »

Pendant ce confinement, nous essayons de prendre conscience, donc, puisque c'est à partir de là que la gratitude peut grandir, de ce qu'il y a « avant » : avant le pain, avant la lumière, avant la rue nettoyée et les poubelles vidées, avant les légumes de l'épicerie, avant l'eau qui coule du robinet.
Il y a tant de personnes à remercier que j'en oublie toujours, car je n'ai pas fini d'ouvrir les yeux sur tout ce qui m'entoure et me soutient.
Il s'agit de remonter le fil de chaque moment, de tout ce que nous voyons ou utilisons, mais aussi de tout ce que nous avons reçu d'immatériel, la méditation, la joie, les souvenirs heureux, les promesses du lendemain, car tout cela constitue notre vie et tout ce qu'elle contient, du plus petit grain de riz à l'aube claire d'un jour de printemps. Chacune de nous fait une liste chaque soir : « J'offre ma gratitude à... » et nous les comparons chaque matin. Il y a tant de personnes à remercier que j'en oublie toujours, car je n'ai pas fini d'ouvrir les yeux sur tout ce qui m'entoure et me soutient.

Qu'est-ce que je peux donner ?

Je peux faire l'effort, particulièrement en ce moment, d'abandonner tout ce que je n'ai pas, car la gratitude me permet de comprendre que je suis redevable à tous les êtres. C'est l'occasion de réfléchir à ce que je peux donner en retour. Je me quitte un petit peu mais je ne perds rien, au contraire : cette gratitude m'emplit et elle me donne le vrai contentement qui apaise le corps et l'esprit. Le cœur reconnaissant, j'offre ma gratitude au monde.
Joshin Luce Bachoux 
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