La rencontre est aussi étonnante que le cinéma de Kenneth Anger. La connexion entre le magazine féminin et le réalisateur sulfureux, mémoire d'un Hollywood trash et dévergondé, loin des aspects proprets d'aujourd'hui se fait par l'intermédiaire d'Antoine Barraud, réalisateur du documentaire River of Anger en 2008.
Quelques clichés signés Edward Plongeon et Brian Butler, proche de Kenneth, avec qui il forme un duo instrumental tout aussi hors normes que la carrière de l'auteur de Lucifer Rising que nous avions pu admirer lors d'un show à l’étrange Festival en 2012.
L'éditeur dvd Potemkine annonce depuis plusieurs mois un coffret réunissant les principaux films d'Anger, figure emblématique d'un avant garde ayant flirté avec l'occulte et la starification.
Kenneth Anger a fêté le 3 février dernier ses 87 ans.
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Forbidden Hollywood, acte II
La lecture d'Hollywood Babylone de Kenneth Anger a sensiblement décuplé l’intérêt de votre serviteur à l'égard des films des années 30. Les anecdotes, en dessous de la ceinture et autres problèmes de mœurs, étant le moteur principal de l'ouvrage, on ne peut qu'être intrigué par ces stars d'antan qui ont disparu depuis bien longtemps de toutes préoccupations cinéphiliques (ou presque) et qui s'adonnaient (selon Anger) à la débauche. Partir à la recherche des films avec ces acteurs et réalisateurs, c'est tenter de percer dans leurs regards la fêlure qui viendra confirmer les écrits (fantasmés ?) de Kenneth Anger.
Une quête de courte durée puisque la Warner France a la riche idée de sortir à l'unité des œuvres jadis disponibles en import dans des coffrets intitulés Forbidden Hollywood.
Depuis mars dernier, les films Pré-code Hays sont donc accessibles en France toujours sous la bannière de la marque Forbidden Hollywood. Après une première salve d'une quinzaine de titre comprenant BABY FACE de Alfred E. Green (1933) ; FIVE STAR FINAL de Mervyn Leroy (1931) ; RISCO JENNY (1932) et ROSE DE MINUIT (Midnight Mary, 1933) de William A. Wellman, une vingtaine de titres vont débarquer en juillet pour illuminer notre été de belles curiosités. Certaines sont inédites et d'autres ont pu être découvertes tard dans les nuits du dimanche à lundi dans l'indispensable Cinéma de Minuit de Patrick Brion, comme ce Female de Michael Curtiz.
Présentation de l'éditeur :
FEMALE / Michael Curtiz, William A. Wellman et William Dieterle / avec Ruth Chatterton, George Brent et Lois Wilson / (1933)
THE MIND READER / Roy Del Ruth /avec Warren William, Constance Cummings et Allen Jenkins / (1933)
Chandler (Warren William) est un escroc qui réalise qu’il pourrait gagner beaucoup d’argent en se faisant passer pour un voyant. Aidé par Frank (Allen Jenkins), Chandler devient Chandra et se met à prédire l’avenir. Parmi les innocentes victimes de son escroquerie se trouve Sylvia (Constance Cummings), dont Chandler tombe amoureux. Mais leur relation est mise à l’épreuve lorsque la vérité est révélée au grand jour.
HARD TO HANDLE / Mervyn Leroy / avec James Cagney, Mary Brian et Allen Jenkins / (1933)
Lefty Merrill (James Cagney) ne rate pas une occasion de gagner de l’argent facile. Mais lorsqu’il coorganise un marathon de danse, son partenaire disparaît avec la récompense avant la fin du concours. Tandis que Lefty se découvre une vocation pour la publicité, la gagnante du concours (Mary Brian) et sa mère (Ruth Donnelly) lui mènent la vie dure.
RED-HEADED WOMAN / Jack Conway / avec Jean Harlow et Chester Morris / (1932)
Lilian « Lil » Andrews (Jean Harlow) est une jeune femme ambitieuse et prête à tout pour gravir l’échelle sociale. Elle séduit son riche patron William « Bill » Legendre Jr. (Chester Morris) et le pousse à mettre un terme à son mariage avec Irene (Leila Hyams). Lil espère ainsi intégrer la haute société mais aura beaucoup de difficultés à y être acceptée.
JEWEL ROBBERY / William Dieterle / avec William Powell, Kay Francis et Helen Vinson (1932)
Teri Von Horhenfels (Kay Francis) est une séduisante baronne lassée de son ennuyeux mariage. À Vienne, elle est témoin d’un cambriolage dans une bijouterie et tombe immédiatement sous le charme du chef de la bande (William Powell). Mais ce coup de foudre excède son mari (Henry Kolker), qui tente par tous les moyens de mettre le voleur sous les verrous.
L'ANGE BLANC (Night Nurse) / William A. Wellman / avec Barbara Stanwyck, Joan Blondell et Clark Gable (1931)
THEY CALL IT SIN / Thornton Freeland / avec Loretta Young, George Brent et Una Merkel (1932)
42EME RUE / Lloyd Bacon / avec Warner Baxter, Bebe Daniels, George Brent et Ruby Keeler (1933)
Julian Marsh (Warner Baxter), célèbre producteur de Broadway, lance un nouveau spectacle malgré sa santé fragile. La production est financée par un vieil homme fortuné, amoureux de Dorothy Brock (Bebe Daniels), la vedette de la comédie musicale. Mais la veille de la première, Dorothy se tord la cheville et une jeune choriste du nom de Peggy Sawyer (Ruby Keeler) doit prendre sa place.
L’avocat Anton Adam (William Powell) est plus intéressé par sa carrière que par la justice, mais ses erreurs finissent par le rattraper lorsqu’il est victime d’un dangereux chantage. Pour se sortir d’affaire, il pourra compter sur sa fidèle et affectueuse secrétaire Olga (Joan Blondell).
FASCINATION (POSSESSED) / avec Joan Crawford, Clark Gable et Wallace Ford (1931)
Marian Martin (Joan Crawford) est une ouvrière bien décidée à se sortir de la pauvreté en misant sur ses charmes. À New-York, elle rencontre Mark Whitney (Clark Gable), un riche et bel avocat qui l’installe à ses frais dans un luxueux appartement. Marian a tout ce dont elle a toujours rêvé, mais elle désire l’unique chose que Whitney ne semble pas prêt à lui proposer : un mariage.
BOMBSHELL/ Victor Fleming / Jean Harlow, Lee Tracy et Frank Morgan (1933)
LA DIVORCÉE (The Divorcee) / Robert Z. Leonard / Norma Shearer, Robert Montgomery et Chester Morris (1930) Après plusieurs années de bonheur conjugal, Jerry (Norma Shearer) découvre que son mari Ted (Chester Morris) a eu une relation avec une autre femme. Elle l’oblige alors à lui avouer son infidélité et décide de se venger en le trompant avec Don (Robert Montgomery), le meilleur ami de Ted.
UNE ALLUMETTE POUR TROIS (Three on a match) / Mervyn Leroy / avec Bette Davis, Joan Blondell et Ann Dvorak (1932)
Les autres titres sont :
ÂMES LIBRES (A Free Soul) / Clarence Brown / Norma Shearer, Clark Gable et Lionel Barrymore (1931)
LADIES THEY TALK ABOUT / Howard Bretherton et William Keighley /avec Barbara Stanwyck, Preston Foster et Lyle Talbot (1933)
THE DOORWAY TO HELL / Archie Mayo / James Cagney, Lew Ayres et Charles Judels (1930)
LA BELLE DE SAÏGON (Red Dust) / Victor Fleming / Clark Gable, Jean Harlow et Mary Astor (1932)
MISS PINKERTON / Lloyd Bacon / Joan Blondell, George Brent et Ruth Hall (1932)
VOYAGE SANS RETOUR (One way passage) / Tay Garnett / William Powell, Kay Francis et Frank McHugh (1932)
Tous les dvd seront accompagnés d'un livret signé Hélène Frappat, auteur et critique. A noter que Hélène Frappat animera une conférence à la cinémathèque de Paris (24/06/13 à 19h00) autour de l'actrice Bette Davis, héroïne du film Une allumette pour trois, diffusé dans la foulée.
Une quête de courte durée puisque la Warner France a la riche idée de sortir à l'unité des œuvres jadis disponibles en import dans des coffrets intitulés Forbidden Hollywood.
Depuis mars dernier, les films Pré-code Hays sont donc accessibles en France toujours sous la bannière de la marque Forbidden Hollywood. Après une première salve d'une quinzaine de titre comprenant BABY FACE de Alfred E. Green (1933) ; FIVE STAR FINAL de Mervyn Leroy (1931) ; RISCO JENNY (1932) et ROSE DE MINUIT (Midnight Mary, 1933) de William A. Wellman, une vingtaine de titres vont débarquer en juillet pour illuminer notre été de belles curiosités. Certaines sont inédites et d'autres ont pu être découvertes tard dans les nuits du dimanche à lundi dans l'indispensable Cinéma de Minuit de Patrick Brion, comme ce Female de Michael Curtiz.
Présentation de l'éditeur :
FEMALE / Michael Curtiz, William A. Wellman et William Dieterle / avec Ruth Chatterton, George Brent et Lois Wilson / (1933)
Alison Drake (Ruth Chatterton) dirige d’une main de fer l’entreprise
automobile héritée de sa famille. Aussi intransigeante dans son bureau
que dans sa chambre, elle a l’habitude d’y inviter certains de ses
employés et de s’en débarrasser ensuite, jusqu’à ce qu’elle rencontre un
homme capable de lui tenir tête, le séduisant Jim Thorne (George
Brent).
THE MIND READER / Roy Del Ruth /avec Warren William, Constance Cummings et Allen Jenkins / (1933)
Chandler (Warren William) est un escroc qui réalise qu’il pourrait gagner beaucoup d’argent en se faisant passer pour un voyant. Aidé par Frank (Allen Jenkins), Chandler devient Chandra et se met à prédire l’avenir. Parmi les innocentes victimes de son escroquerie se trouve Sylvia (Constance Cummings), dont Chandler tombe amoureux. Mais leur relation est mise à l’épreuve lorsque la vérité est révélée au grand jour.
HARD TO HANDLE / Mervyn Leroy / avec James Cagney, Mary Brian et Allen Jenkins / (1933)
Lefty Merrill (James Cagney) ne rate pas une occasion de gagner de l’argent facile. Mais lorsqu’il coorganise un marathon de danse, son partenaire disparaît avec la récompense avant la fin du concours. Tandis que Lefty se découvre une vocation pour la publicité, la gagnante du concours (Mary Brian) et sa mère (Ruth Donnelly) lui mènent la vie dure.
RED-HEADED WOMAN / Jack Conway / avec Jean Harlow et Chester Morris / (1932)
Lilian « Lil » Andrews (Jean Harlow) est une jeune femme ambitieuse et prête à tout pour gravir l’échelle sociale. Elle séduit son riche patron William « Bill » Legendre Jr. (Chester Morris) et le pousse à mettre un terme à son mariage avec Irene (Leila Hyams). Lil espère ainsi intégrer la haute société mais aura beaucoup de difficultés à y être acceptée.
JEWEL ROBBERY / William Dieterle / avec William Powell, Kay Francis et Helen Vinson (1932)Teri Von Horhenfels (Kay Francis) est une séduisante baronne lassée de son ennuyeux mariage. À Vienne, elle est témoin d’un cambriolage dans une bijouterie et tombe immédiatement sous le charme du chef de la bande (William Powell). Mais ce coup de foudre excède son mari (Henry Kolker), qui tente par tous les moyens de mettre le voleur sous les verrous.
L'ANGE BLANC (Night Nurse) / William A. Wellman / avec Barbara Stanwyck, Joan Blondell et Clark Gable (1931)
Lora Hart (Barbara Stanwyck) et Miss Maloney (Joan Blondell) sont des
apprenties infirmières dont la première responsabilité est de prendre
soin de deux fillettes gravement malades. Malgré leurs origines
bourgeoises, celles-ci semblent souffrir de malnutrition. Lora et Miss
Maloney découvrent alors que le médecin et le chauffeur de la famille
(Clark Gable) affament volontairement ces enfants dans l’espoir de
récupérer leur héritage.
THEY CALL IT SIN / Thornton Freeland / avec Loretta Young, George Brent et Una Merkel (1932)
Marion (Loretta Young), une joueuse d’orgue dans un petit village du Kansas, voit sa routine bouleversée lorsqu’elle tombe amoureuse de Jimmy (David Manners) et le suit jusqu’à New York. Souhaitant devenir compositrice, elle est engagée par Humphries (Louis Calhern), un producteur de théâtre qui ne tarde pas à lui faire des avances. Mais qui de Jimmy, Humphries ou du Dr Travers (George Brent) aura les faveurs de la belle Marion ?
42EME RUE / Lloyd Bacon / avec Warner Baxter, Bebe Daniels, George Brent et Ruby Keeler (1933)
Julian Marsh (Warner Baxter), célèbre producteur de Broadway, lance un nouveau spectacle malgré sa santé fragile. La production est financée par un vieil homme fortuné, amoureux de Dorothy Brock (Bebe Daniels), la vedette de la comédie musicale. Mais la veille de la première, Dorothy se tord la cheville et une jeune choriste du nom de Peggy Sawyer (Ruby Keeler) doit prendre sa place.
L’avocat Anton Adam (William Powell) est plus intéressé par sa carrière que par la justice, mais ses erreurs finissent par le rattraper lorsqu’il est victime d’un dangereux chantage. Pour se sortir d’affaire, il pourra compter sur sa fidèle et affectueuse secrétaire Olga (Joan Blondell).
FASCINATION (POSSESSED) / avec Joan Crawford, Clark Gable et Wallace Ford (1931)Marian Martin (Joan Crawford) est une ouvrière bien décidée à se sortir de la pauvreté en misant sur ses charmes. À New-York, elle rencontre Mark Whitney (Clark Gable), un riche et bel avocat qui l’installe à ses frais dans un luxueux appartement. Marian a tout ce dont elle a toujours rêvé, mais elle désire l’unique chose que Whitney ne semble pas prêt à lui proposer : un mariage.
BOMBSHELL/ Victor Fleming / Jean Harlow, Lee Tracy et Frank Morgan (1933)
Lola Burns (Jean Harlow) est une vedette de cinéma qui souhaite changer
de vie. Excédée par sa famille qui en a après son argent, et par son
agent Space Hanlon (Lee Tracy) qui alimente la presse avec de faux
scandales, Lola aspire à une vie normale. Pour montrer au public qu’elle
est une femme respectable, Lola décide d’épouser un aristocrate et
d’adopter un enfant. Mais Hanlon déjoue tous ses plans.
LA DIVORCÉE (The Divorcee) / Robert Z. Leonard / Norma Shearer, Robert Montgomery et Chester Morris (1930) Après plusieurs années de bonheur conjugal, Jerry (Norma Shearer) découvre que son mari Ted (Chester Morris) a eu une relation avec une autre femme. Elle l’oblige alors à lui avouer son infidélité et décide de se venger en le trompant avec Don (Robert Montgomery), le meilleur ami de Ted.
UNE ALLUMETTE POUR TROIS (Three on a match) / Mervyn Leroy / avec Bette Davis, Joan Blondell et Ann Dvorak (1932)
Mary Keaton (Joan Blondell), Ruth Wescott (Bette Davis) et Vivian
Revere (Ann Dvorak), trois amies d’enfance que les aléas de la vie ont
séparées se retrouvent dix ans plus tard. Mary est désormais choriste,
Ruth travaille comme secrétaire, et Vivian, jadis considérée comme la
plus brillante de la bande, gâche sa vie en tombant dans la débauche et
la drogue.
Les autres titres sont :
ÂMES LIBRES (A Free Soul) / Clarence Brown / Norma Shearer, Clark Gable et Lionel Barrymore (1931)
LADIES THEY TALK ABOUT / Howard Bretherton et William Keighley /avec Barbara Stanwyck, Preston Foster et Lyle Talbot (1933)
THE DOORWAY TO HELL / Archie Mayo / James Cagney, Lew Ayres et Charles Judels (1930)
LA BELLE DE SAÏGON (Red Dust) / Victor Fleming / Clark Gable, Jean Harlow et Mary Astor (1932)
MISS PINKERTON / Lloyd Bacon / Joan Blondell, George Brent et Ruth Hall (1932)
VOYAGE SANS RETOUR (One way passage) / Tay Garnett / William Powell, Kay Francis et Frank McHugh (1932)
Tous les dvd seront accompagnés d'un livret signé Hélène Frappat, auteur et critique. A noter que Hélène Frappat animera une conférence à la cinémathèque de Paris (24/06/13 à 19h00) autour de l'actrice Bette Davis, héroïne du film Une allumette pour trois, diffusé dans la foulée.
Hollywood Babylone réédité !
Indisponible depuis plus de trente ans, le livre culte (oui, de nos jours tout est culte mais pour le coup entre la personnalité de l'auteur et le sujet même, ce mot prend toute son ampleur) Hollywood Babylone de Kenneth Anger se voit enfin réédité dans son intégralité (une première en français) aux éditions Tristram.
Si les camarades de Peeping Tom avaient eu l'heureuse initiative de proposer une lecture sur leur blog, posséder un exemplaire à un prix plus que dérisoire (12 euro contre une cinquantaine pour l'édition des années 70) est un moment intense pour quiconque s’intéresse de près à ce cinéaste de légende, personnage occulte du septième art.
Si les camarades de Peeping Tom avaient eu l'heureuse initiative de proposer une lecture sur leur blog, posséder un exemplaire à un prix plus que dérisoire (12 euro contre une cinquantaine pour l'édition des années 70) est un moment intense pour quiconque s’intéresse de près à ce cinéaste de légende, personnage occulte du septième art.
Présentation de l'éditeur :
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Livre d’une très grande originalité de propos et de
facture, Hollywood Babylone présente toutes les caractéristiques de ce
qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler un « livre culte ». On pourrait
même dire qu’il constitue un prototype du genre. Longtemps resté inédit
dans les pays anglo-saxons, et d’abord publié — dans une version
embryonnaire — par Jean-Jacques Pauvert à Paris, Hollywood Babylone
invente, dès les années 1950, ce qui deviendra au cours des décennies
suivantes l’approche « people », voire « trash », de la célébrité et du
show-business.
Petit-fils d’une grand-mère costumière à Hollywood, fils de
starlette, Kenneth Anger a grandi dans les studios où il fut enfant
acteur. Il a toujours collectionné, dans des albums, les coupures de
presse révélant la face noire de l’industrie du rêve et du
divertissement : débauches, chantages, manipulations, addictions,
meurtres. Cette matière fascinante est à l’origine du « work in progress
» que Kenneth Anger poursuit depuis maintenant un demi-siècle dans
Hollywood Babylone.
Un complément idéal pour l'intégrale des films de Kenneth Anger disponible sur theendstore.com
Un complément idéal pour l'intégrale des films de Kenneth Anger disponible sur theendstore.com
Expo Kenneth Anger
Plus que quelques jours pour découvrir l'exposition de Kenneth Anger à la Galerie du jour d'Agnès B. Entre documents de l'artiste (collection d'autographes), archives (articles issus de la Cinémathèque de Paris dont ses premiers écrits en français parus dans les Cahiers du Cinéma) et installations audiovisuelles, on ne pourra regretter que le caractère succinct de l'ensemble. Pour autant cela reste un événement à découvrir pour quiconque s’intéresse aux figures du cinéma underground.
Voir le monde à travers une boule de cristal.
CINEMAGIC
Voir le monde à travers une boule de cristal.
Kenneth Anger est né en 1930 à Santa Monica et a grandi à Hollywood. Il est aujourd'hui considéré comme le maître du
cinéma expérimental, grand inspirateur de la subculture, et l'influence majeure d'une génération de réalisateurs, musiciens
et autres artistes.
En 1947, il réalise Fireworks, sélectionné dans de nombreux festivals en Europe, dont le festival de Cannes où Cocteau le
découvre. C'est un choc : il trouve là son corolaire américain, comme un Genet sous acide. « Fireworks, vient du plus
profond de la nuit d’où émergent toutes les oeuvres vraies. Il touche le vif de l’âme et c’est là chose rare. »
CINEMAGIC
Dans les films de Kenneth Anger, on retrouve l'occultisme, la
mythologie, la culture gay, Hollywood. Des couleurs criardes, des
écritures techno. Chacun de ses films, grâce à diverses techniques
de travail de la pellicule, prend une forme onirique, une oeuvre
habitée par la magie, la poésie. C'est un cinéma de montage,
proche d’un procédé hallucinatoire.
Pour Kenneth Anger, un film terminé n'est pas un film emballé, ses
pellicules sont perpétuellement retravaillées, réutilisées pour un
autre film ou pour des photogrammes qui donnent, aujourd'hui,
souvent lieu à des installations. En 1997 lors de sa première
exposition à la galerie du jour agnès b. ICONS, Kenneth Anger
explique ainsi son processus de production : « J'essaye de travailler
sur la matérialité de la pellicule, sur les cascades d'images que je
vois en la déroulant. Très souvent, je n'utilise pas les images seules
et je les garde dans une espèce de tiroir, pour les combiner avec d'autres au montage et, dans certains cas, pour
accumuler les prises les unes sur les autres. Jusqu'au point où, dans Inauguration of the pleasure dome, j'ai superposé six
prises de vue différentes. »
Cette année la galerie du jour agnès b. présente pour la deuxième fois une nouvelle exposition personnelle de Kenneth
Anger, centrée sur deux oeuvres majeures de l'artiste : Hollywood Babylon et le cycle de films Magic lantern.
Hollywood Babylon fait de Kenneth Anger la mémoire vive de l'histoire des studios américains.
Depuis son enfance, Kenneth Anger collectionne coupures de presse, photos, épingle les histoires, les légendes, les
rumeurs. Dans les deux tomes d'Hollywood Babylon édités en 1959 et 1984, tous les coups sont permis, scandales et
calomnies, il ne laisse rien sous silence, il exhume les dessous de l’usine à rêves. On y croise des stars devenues des
mythes telles Rudolph Valentino et Greta Garbo, ainsi que des icônes du cinéma muet comme l’actrice Billie Dove.
« Pour les tabloïds, il n'existait pas de plus vil endroit qu’Hollywood, la nouvelle Babylone, et ses banlieues Sodome (Santa
Monica) et Gomorrhe (Glendale). Les scribouillards décrivaient les stars comme d'éblouissantes femmes perdues voguant
d'une orgie à l'autre, au bras de poseurs à la beauté venimeuse, dans un monde fastueux et parfumé, hanté par les
spectres de la boisson, de la drogue, de la débauche, de la folie, du suicide et du meurtre. »
Hollywood Babylon, c’est aussi l'histoire du cinéma muet et sa mémoire oubliée.
D'ailleurs la plupart des films d’Anger sont sans paroles. Puce moment, présenté dans l'exposition, renoue avec une
certaine douceur, certainement liée à l'enfance du réalisateur, à l'époque où sa grand-mère était costumière à Hollywood.
Un film nostalgique sur la matière et la couleur, qui met en scène les rites de l'embellissement, la glorification de l'être
humain. S'habiller, se parfumer, se coiffer, se maquiller. Ce qui est suggéré, c'est le rituel des soins personnels, la
préparation de l'individu qui va se présenter sous son meilleur jour à la société.
L'exposition Kenneth Anger 2012 montrera des documents provenant de la collection personnelle de l’artiste, des
projections des films Inauguration of the pleasure of dome (1954) et Puce moment (1949) ainsi que le fameux néon
Hollywood Babylon.
Le cycle Magick Lantern Cycle est en vente sur theendstore.com
Kenneth Anger, cinéaste Magick
The Vision and the voice
the view from devils tower
the snake with tail on tongue
the broken silver wand
Magick - Klaxons
Le blog du fanzine Peeping Tom a l'heureuse initiative de nous offrir une lecture du livre culte de Kenneth Anger, Hollywood Babylone, une occasion pour présenter l'œuvre de ce cinéaste génial et novateur.

Né le 3 février 1927 (joyeux anniversaire Mr Anger), Kenneth Wilbur Anglemeyer - de son vrai nom - (la colère viendra bien plus tard), grandit en Californie à Santa Monica entouré de son père travaillant dans l'aéronautique, d'une mère handicapé et d'une grand-mère costumière pour le cinéma. Et c'est cette dernière qui sera à l'origine de sa carrière dans le cinéma.
Figure tutélaire : la grand-mère Bertha, ancienne costumière dans le cinéma, auprès de laquelle la famille s'est rapproché pendant le Dépression. [...] C'est elle qui, par exemple, l'inscrit à des cours de danse et l'éblouit en exhibant les robes insensées qu'elle fabriquait pour les stars du muet. C'est elle aussi qui se débrouille pour que son petit fils soit engagé comme figurant en 1935 dans Songe d'une nuit d'été réalisé par William Dieterle et Max Reinhardt, le célèbre dramaturge viennois [...] L'expérience est un choc. [...] Reproduire l'instant magique devient donc une sorte d'obsession que l'enfant poursuit dans les petits films que ses parents le laissent faire avec la caméra 16mm familiale. Devenu adolescent, il prend le nom d'Anger ("rage" en anglais) et décide de réaliser dans ses films les fantasmes d'une homosexualité qu'il découvre. Son premier coup de tonnerre est Fireworks, tpourné en 1947, alors que l'homosexualité est passible de prison aux Etats-Unis. Durant un week-rend où ses parents sont absents, Anger invite des étudiants de l'USC (University of Southern California) chez lui. [...] Kenneth convainc ses petits camarades de mimer une séance de torture et de viol sur un jeune homme, en l'occurrence lui-même, le lardant de coup de pied et le fouettant avec des chaines. Tandis que le sang lui jaillit des yeux, une fusée explose littéralement sa braguette, métaphore saisissante de la jouissance d'une sexualité assumée, tandis qu'un sapin de Noël brûle en arrière plan. La première projection à Los Angeles est interrompue par la police. Anger est inculpé d'obscénité, et il lui faudra faire appel à la cour suprême de Californie pour éviter la prison.
Ces premiers pas lui valent de rares mais vibrants éloges. Ceux du sexologue Alfred Kinsey, avec qui le cinéaste restera lié jusqu'à sa mort. Jean Cocteau aussi lui envoie une lettre enflammée. Anger avait expédie le film à Biarritz pour la première et unique édition du Festival du film maudit en 1949, organisé par le ciné-club Objectif 49[...]
Anger est bouleversé par les mots de Cocteau : " Votre œuvre vient de la nuit noire de l'âme." Il ne lui en faut pas davantage pour faire ses valises et débarquer à Paris où il rencontre Jean Genet, Colette et Henri Langlois, patron de la cinémathèque. Il travaille à un film inspiré du ballet de Roland Petit et Cocteau le jeune homme et la Mort [...] Il réussit même à exhumer les copies de Que Viva Mexico ! d'Eisenstein, dont il restaure le montage voulu par le cinéaste russe. Il réalise aussi Rabbit's Moon, une histoire de clown qui débarque sur la lune où vit un lapin géant, mais le film reste inachevé. Anger voyage aussi un peu en Europe. En 1953, à Rome, il réalise Eaux d'artifice, une visite irréelle des jardins de Tivoli et ses fameuses fontaines. [...] L'année suivante, il réalise Inauguration of the Pleasure Dome, le premier accomplissement de son cinéma. [...] Le film est inspiré par les ouvrages et la vie d'Aleister Crowley. Ce mage britannique, mort à 72 ans en 1947, était rentier et sévèrement secoué. Il avait fondé un catéchisme un peu singulier mêlant diverses mythologies paganistes et remettant au goût du jour les antiques divinité"s égyptiennes.. [...] Evidemment, Anger est depuis son adolescence un fan absolue Crowley, même si, par souci d'indépendance, il n'a jamais adhéré à l'église fondée par l'original anglais. Dans la distribution de Pleasure Dome, Anger convie de vieux amis. L'écrivaine Anaïs Nin, qu'il a connue à San Francisco et qui lui aurait fait fumer son premier joint, et Marjorie Cameron, la veuve de Jack Parsons, un autre spécimen des amis d'Anger. ce brave homme était un ingénieur brillant qui travaillait pour l'industrie spatiale américaine. [...] Parsons était aussi le "fils magique", autrement dit spirituel, d'Aleisteir Croxwley.

A cette époque, Anger écrit également beaucoup sur l'un de ses dadas favoris : les coulisses crapoteuses d'Hollywood. Il reprend les coupures de presse qu'il compilait dans son enfance et en fait un livre sulfureux au titre aguichant : Hollywood Babylone. Personne n'en veut aux États-Unis par peur du scandale et c'est à Paris, chez Jean-Jacques Pauvert, qu'est éditée la première version de l'ouvrage en 1959. On y découvre la mort sordide de stars oubliées du muet, le surnom de James Dean ("le cendrier humain") ou encore les circonstances durant lesquelles le magnat de la presse américain William Randolph Hearst manqua de peu de flinguer Chaplin qu'il soupçonnait de lutiner sa maitresse, Marion Davies. Le livre, jugé complaisant et ironique, ce qu'il est assurément, est aussi le témoignage le plus limpide, le plus évident sur cet Hollywood qui se meurt alors que personne, à part Anger, n'a encore perçu les premiers signes de la putréfaction.
Au cours de l'un de ses allers-retours entre Europe et États-Unis, Anger invente au début des années 60 une iconographie gay qui fera durablement école. Scorpio Rising est un documentaire rythmé au son de la pop du moment (Blue Velvet entre autres) sur des loulous motards, bardés de cuir et de gomina, qui se retrouvent chaque week-end à Brooklyn. Ils sont jeunes, beau, rebelles et diaboliquement cinégéniques. Anger film ce choc érotique et devient amis avec l'un dans d'entre eux Bruce byron alis Scorpio. Après le tournage, le réalisateur rentre dans son appartement de Silver Lake, à Los Angeles pour le montage. En plein travail il est interrompu par un coursier qui lui livre des bobines "je pensais qu'un studio me rendait un des films que je leur avait envoyé mais c'était une erreur d'adresse. il s'agissait d'un film de cathéchisme intitulé The Last journey to Jerusalem, dans lequel on découvre le dernier périple de Jésus. Un don des Dieux. J'ai ajouté des passages de ce film à mes images sur les motards." Scorpio et Jésus, deux rebelles réunis en un seul trait de génie.
Barré par la censure américaine, Anger trouve à Londres dans les années 60 un accueil on ne peut plus chaleureux. Ses connaissances encyclopédiques sur Aleisteir Crowley lui valent l'amitié de quelques célérités, dont Mick Jagger et Keith Richards, en pàleine exploration ésotérique, et surtout Jimmy Page, le guitariste de Led Zeppelin[...]
C'est dans cette ambiance qu'Anger se lance dans l'écriturev de ce qui devait être son grand oeuvre, Lucifier Rising. Pour trouver son Lucifer, celui qui apporte la lumière, il s'installe à San Francisco. mick Jagger ayant refusé dans un instant de lucidité d'incarner Lucifer, Anger trouve son interprète en la personne d'un jeune musicien camé jusqu'aux yeux, Bobby Beausoleil. Très mauvaise pioche, puisque le jeune homme est un membre de la Family de Charles Manson. [...]
Le cinéaste utilise les chutes de Lucifer rising pour son nouveau projet, Invocation of my Demon brother, un autre rite magique où il se montre au sommet de son art, et dans lequel il se met en scène comme l'ordonnateur de ce monde merveilleux
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Le texte ci-dessus est extrait de l'article de Bruno Icher paru dans Libération le 11 août 2010.
Si toutes ses informations et anecdotes vous ont donné envie de découvrir l'univers haut en couleurs de Kenneth Anger sachez qu'un coffret en zone 1 ou en zone 2 (seul les bonus divergent) est disponible à la boutique.

Fireworks (1947)
Puce Moment (1949)
Rabbit's Moon (1950/1971, the rarely seen 16mins version)
Eaux d'Artifice (1953)
Inauguration of the Pleasure Dome (1954)
Scorpio Rising (1964)
Kustom Kar Kommandos (1965)
Invocation of My Demon Brother (1969)
Rabbit's Moon (1979 version)
Lucifer Rising (1981)
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