---------------------------------------------------------------------------------------------------

Affichage des articles dont le libellé est Kinji Fukasaku. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kinji Fukasaku. Afficher tous les articles

Kinji Fukasaku, la fureur de vivre

Depuis le 2 juillet dernier, la Cinémathèque de Paris rend hommage au cinéaste japonais Kinji Fukasaku (1930-2003). Si le "grand public" a (peut-être) retenu le nom de Fukasuku comme l'auteur de Battle Royale, son dernier long métrage, le cinéphile se souviendra plus volontiers de sa série de films centré sur l'univers des yakuzas. La découverte de la cinquantaine d’œuvre du cinéaste japonais permet d'établir des connexions que les quelques dvds sortie en France permettaient à peine d'entrevoir. D'une rigueur thématique incroyable, d'une inventivité avant-gardiste (qu'il s'agisse des scénarios, des rebondissement ou de la mise en scène) d'une énergie électrisante, Fukasaku aura dépeint inlassablement les connexions, les luttes et les rivalités au sein des clans yakuzas après la seconde guerre mondiale face à une société japonaise en pleine mutation. Le même thèmes mais un traitement toujours renouvelé, la marque des grands réalisateurs.
L'oeuvre de Kinji Fukasaku semble être traversé par la déflagration de la bombe à Hiroshima. Tous les personnages principaux ont une fureur de vivre comme de mourir rappelant à bien des égards les personnages des films de Sam Peckinpah dans leur jusqu'au boutisme.
Avec cette rétrospective, on constate que Fukasaku a sans doute contribué à l'éclosion et à la radicalité des auteurs de la nouvelle vague japonaise. Si lui n'a jamais fondé son studio  au contraire d'un Nagisa Oshima (qui aura joué dans un film de Fukasaku, Tombe de yakuza et fleur de gardénia) ou d'un Koji Wakamatsu, les rares incursions de Kinji Fukasaku en indépendant ont été des échecs commerciaux mais des réussites artistiques (on pense particulièrement à Sous les drapeaux l'enfer).

[1961] Du rififi chez les truands = Gangsters en plein jour
[1961] Le Type au drôle de chapeau / Le Bras de vingt millions de yens
[1962] Gang contre G-Men
[1962] Défi d'amour propre - Fierté agressive
[1963] La Société des gangsters
[1964] Jakoman et Tetsu
[1964] Hommes, porcs et loups
[1966] Duel en plein jour - Le Kamikaze
 [1966] Le Dragon sauvage de Hokkaido
[1966] Chantage
[1966] Le Policier vagabond : Le Vent franchit le cap / ... : La Tragédie de la vallée rouge
[1967] La Cérémonie de dissolution du gang
[1968] Kamikaze Club
[1968] Le Lézard noir
[1969] La Demeure de la Rose Noire
[1969] Le Caïd de Yokohama
[1970] Le Blason ensanglanté]
[1970] Si tu étais jeune
[1971] Guerre des gangs à Okinawa
[1972] Okita le pourfendeur : les Trois Frères chiens fous
[1972] Okita le pourfendeur
[1973] Combat sans code d'honneur - Qui sera le boss à Hiroshima ?
[1973] Sous les drapeaux, l'enfer
[1973]  Combat sans code d'honneur 2 - Deadly fight in Hiroshima
[1973]  Combat sans code d'honneur 3 - Guerre par procuration
[1974] Combat sans code d'honneur 4 - Opération au sommet
[1974] Combat sans code d'honneur 5 - La Partie finale
[1974] Nouveau combat sans code d'honneur 1
[1974] Nouveau combat sans code d'honneur 2 - La Tête du boss
[1975] Le Cimetière de la morale
 [1975] Police contre Syndicat du crime
[1975]  Le Voleur de capitaux
[1976] Nouveau combat sans code d'honneur 3 - Les Derniers jours du boss
[1976] Tombe de yakuza et fleur de gardénia
[1978] Le Samouraï et le shogun
[1979] Virus
[1981] Samuraï réincarnation
[1982] La Marche de Kamata
[1982] La Rivière Dotonbori
[1984] La Vengeance du samouraï
[1983] La Légende des huit samouraïs
[1984] Rhapsodie de Shangaï
[1986] L'Homme des passions
[1992] Un jour étincelant
[1994] Histoire de fantômes à Yotsuya
[1999] La Maison des geishas
[2000] Battle Royale

En bonus, la vidéo de la conférence de Jean-François Rauger intitulé "Qui êtes vous... Kinji Fukasaku ?"

Sonny Chiba fait son come back chez Hk Video

Après deux coffrets (essentiels) autour de l'acteur japonais parus respectivement en 2007 avec La trilogie Shogun et en 2006 avec l'intégral Street Fighter - sans oublier le non moins indispensable Shaolin Karaté du réalisateur culte Norifumi Suzuki (Le couvent de la bête sacrée, Sex & Fury) - Hk video n'avait pas donné suite quant à exhumer des raretés autour de la carrière de Sonny Chiba. Le début d'année 2012 rectifiera le tir avec coup sur coup deux coffrets qui viendront, à ne pas en douter, satisfaire les cinéphages curieux de "japonaiseries" un brin déviantes et les complétistes d'un maitre du cinéma japonais.

Présentation de l'éditeur
--------------------------------------
Image
Samourai Reincarnation (1981) de Kinji Fukasaku
Shiro Amakusa, le chef des rebelles chrétiens massacrés par le Shogun Tokugawa, revient à la vie à l’aide de pouvoirs démoniaques. Ressuscitant d’autres guerriers assassinés, il décide de se venger du Shogun. Un seul homme est assez fort pour s’opposer à eux : Jubei Yagyu, l’âme damné du Shogun.

Ninja Wars (1982) de Kôsei Saitô
Dans le Japon féodal, un sorcier prédit que quiconque mariera la belle Ukyo deviendra le maître du monde. Le prince Donjo, avide de pouvoir, cherche à fabriquer un élixir d’amour pour conquérir le cœur de la jeune femme. Pour contrer les plans du prince, un jeune ninja téméraire, Jotaro, va devoir affronter les impitoyables moines au service du prince.

Image
Les guerriers de l'apocalypse (1979) de Kôsei Saitô

Une unité des forces japonaises d’auto-défense se retrouve propulsée dans le passé suite à une déformation de l’espace temps. Équipés de jeeps, d’un char, d’un hélicoptère et d’un patrouilleur, les soldats atterrissent 400 ans en arrière, dans le Japon féodal du XVIème siècle dominé par les guerres de clans.

A priori pas de bonus sur les coffrets mais l'ajout sur le second d'un film de Yutaka Kohira, Dragon Princess (1976), constitue en soi le supplément principal et justifie son prix (30 euro, comme pour le premier). Si l'amateur de cinéma nippon ne peut que se réjouir dans un premier temps de l’apparition de ces films en France, force est de constater que bien des films de Sonny Chiba - qualitativement parlant - mériteraient de voir le jour en numérique (au hasard, Golgo 13, un temps prévu chez Pathé). Et puis, ne boudons pas notre plaisir de découvrir en dvd un Fukasaku de plus qu'il faudra ranger précieusement entre les divers titres édités par Wild Side et le passionnant livre* de d'Olivier Hadouchi, Kinji Fukasaku un cinéaste critique dans le chaos du xxe siècle (disponible auprès de THE END).

Sortie des coffrets : Janvier / Février 2012

----------------------------------------------------------------------------------
*ImageTardivement découverte en Europe ou aux Etats-Unis, son imposante filmographie débute dès 1961. Elle comporte des travaux de commande mais aussi des films très importants tels que Hommes, porcs et loups, la série Combat sans code d'honneur, Sous les drapeaux l'enfer ou Le Cimetière de la morale. Derrière leur ancrage dans divers genres (yakuza eiga, chambara) et leur modestie apparente, ces oeuvres de rupture révèlent un cinéaste inventif et audacieux, fortement marqué par les ruines de la guerre, par l'après Hiroshima et Nagasaki. Sa démarche artistique, souvent très iconoclaste, est parfois comparable à celle d'un Shoei Immamura dans L'histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar. A sa manière, le cinéma de Kinji Fukasaku porte un regard très critique sur le présent et le passé de son pays, sur une société qui pratique la fuite en avant dans la consommation effrénée. Et ceci, jusqu'à Battle Royale (2000), brûlot incendiaire tourné par un homme de 70 ans retrouvant l'énergie et la rage de sa jeunesse, et qui atteindra un public renouvelé à l'échelle mondiale. Cet essai constitue la première monographie entièrement consacrée à Kinji Fukasaku en dehors du Japon.

186 pages | 17,50 euro