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Les sorties de l'été 2014

Traditionnellement, l'été est la saison propice pour découvrir en salle les blockbusters. Si cette période débute de plus en plus tôt (The amazing Spider-man 2 a ouvert les hostilités le 30 avril dernier), chaque semaine jusqu'au mois d’août va avoir lieu un déferlement de suite, de franchise et autres films survitaminés made in Hollywood. Et les prévisions pour l'année 2015 confirme cette (triste ?) tendance.

Pour autant, la France a depuis plusieurs années, décidé de consacrer l'été comme la période idéale pour envoyer les cinéphiles s'enfermer dans les salles obscures pour (re)découvrir des œuvres cultes ou méconnues.

Dès mercredi (28 mai), le distributeur Swashbuckler Films ressort en salles le mésestimé Dressé pour tuer aka White Dog de Samuel Fuller (1912-1997).

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Un chien, dressé pour attaquer les Noirs, est recueilli par une jeune femme qui cherche à lui faire oublier la haine.

Samuel Fuller (Naked Kiss, Au delà de la gloire, Shock Corridor, Le Port de la drogue), Curtis Hanson (L.A Confidential), Romain Gary et Ennio Morriconne. Voulez-vous d'autres raisons pour découvrir ce joyau méconnu du cinéaste américain ?

Swashbuckler Films continuera son travail d'exhumation avec le 9 juillet, la reprise d'un Sidney Lumet (1924-2011), Le Prêteur sur gages (1963).



Sol Nazeman a vu disparaître sa femme et son fils dans les camps de la mort. Rescapé de la Shoah, il a quitté l'Allemagne et vit aujourd'hui à Harlem où il exerce le métier de prêteur sur gages. C'est un homme froid, sans émotion, que ce soit dans ses affaires qu'il mène avec un détachement glacial ou dans ses relations aux autres. Sol est en fait accablé par les souvenirs des camps, par la culpabilité du survivant. Son cœur détruit a besoin d'un électrochoc pour recommencer à battre. Celui-ci va venir de son jeune commis qui essaye maladroitement, ne sachant rien de son passé, de le sortir de sa carapace... 

Spécialiste des adaptations, pièce de théâtre  (L'Homme à la peau de Serpent, Equus, La Colline des hommes perdus, La Mouette, The Offence), de nouvelle (Serpico, Contre-enquête) Sidney Lumet a une carrière exemplaire qui serait de bon ton de réhabiliter. Cette rareté vient ajouter une preuve supplémentaire de son talent.

Une semaine avant, l’éditeur dvd Malavida proposera deux films de Bertrand Mandico dans un double programme où l'étrangeté flirtera avec le bizarre, quelque part entre Lynch et Jan Švankmajer.

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BORO IN THE BOX / 2011
De sa conception épique à sa mort cinématographique, le portrait fantasmé et fictif du cinéaste Walerian Borowczyk (dit Boro). Boro in the box découvre un monde cruel et obscène, traverse des aventures sensitives et organiques, de la Pologne à Paris, au coeur d’un abécédaire fantasmagorique. 

LIVING STILL LIFE / 2012
Dans un monde en déliquescence, Fièvre, une femme mystérieuse,collecte des animaux morts et leur redonne vie en les filmant image par image. Un jour, elle reçoit la visite d'un homme. Sa femme est morte.... 

Jusqu'à présent, l’œuvre de Mandico était réservée aux festivaliers, qu'il s'agisse de ceux de Cannes (Quinzaine des réalisateurs) ou de Bucarest (Bucharest International experimental film). Grâce à cette sortie salles, que l'on imagine réduite, ce secret du cinéma français risque d'avoir une exposition plus importante.

Finissons ce tour d'horizons des sorties de l'été avec nos deux coups de coeur.

A l'instar de Sidney Lumet, Frankenheimer(1930-2002) est considéré comme un honnête artisan, auteur de quelques réussites (Un crîme dans la tête, Grand Prix, Le Train) mais son parcours réserve bien des surprises, et L'Opération Diabolique (1967) en est une !
 
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Un homme d'âge mur, déçu par son existence monotone, reçoit un jour un coup de téléphone d'un ami qu'il croyait mort. Celui-ci lui propose de refaire sa vie en simulant sa mort. Il finit par signer un contrat qui lui permet de changer de visage et de repartir de zéro mais tout a un prix et cette nouvelle existence n'ira pas sans poser quelques problèmes.

Faisant le tour des festivals alternatifs (Paris International Fantastic Film Festival, Hallucinations Collectives), Seconds montre que Hollywood a toujours volontairement ou non, le lieu où des œuvres à la limite de l'expérimental pouvait être produite.

Autre exemple avec Cutter's Way (1981), exploité en France et disponible en dvd sous le titre La Blessure des possibilités qu'avait Hollywood à produire, jusqu'au début des années 80, des œuvres dénuées de toutes velléités mercantiles et ne rentrant dans aucuns moules.
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Alex Cutter a été traumatisé après la guerre du Vietnam. Son handicap a ruiné sa vie professionnelle et affective. Son ami Richard assiste à un meurtre et croit reconnaitre l'assassin. Mais celui-ci est soupçonné. Les deux compères vont mener l'enquête...

Suivant l'exemple de son compatriote Milos Forman, Ivan Passer scénariste des Amours d'une blonde et de Au feu les pompiers, tente l'expérience américaine en 1971 avec Né pour vaincre. De cette période, peu de film sortent du lot, La Blessure est sans aucun doute son projet américain le plus abouti.

Cette version restaurée et distribuée par Carlotta redonnera toute l'ampleur à ce film oublié, coincidant au même titre que La porte du paradis de Michael Cimino, sorti la même année, comme la fin du Nouvel Hollywood.


Merci à Jean-Sylvain qui a permis à l'auteur de ces quelques lignes de découvrir ce long-métrage étonnant et envoutant.

Esprit Négatif : Les Lèvres Rouges

Dans l'histoire du cinéma, bon nombre de films ont été réévalué. Si les classiques restent intacts malgré l'épreuve du temps, d'autres, mal aimé lors de leur sortie bénéficie dix, vingt ou trente ans après, d'un jugement bien différent.

C'est l'objectif de cette nouvelle rubrique "Esprit Négatif" qui aura pour but, à l'instar du Rétro-viseur (mais sur le versant positif de films méconnus indispensables) d'exhumer des critiques allant à l'encontre des opinions actuelles.

Le premier film qui inaugure "Esprit Negatif" est le long-métrage d'Harry Kumel, Les Lèvres Rouges (Daughters of Darkness). Le long-métrage vient d'être édité en dvd chez Malavida et en vente sur theendstore.com.

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Présentation de l'éditeur :
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Valerie et Stefan, immobilisés à Ostende, séjournent dans un vaste hôtel désert en cette morte-saison. Le couple fait alors la connaissance de l\'inquiétante comtesse Bathory et de sa protégée Ilona, ténébreuses créatures de la nuit. Insidieusement, elles envoûtent d’abord le jeune homme, fasciné par des meurtres mystérieux perpétrés dans la région, puis Valerie, intriguée par l’étrange relation qui unit les deux femmes…

Film phare des seventies, Les Lèvres rouges réinvente le mythe la comtesse Bathory sous les traits d’une Delphine Seyrig incandescente, ensorcelante et manipulatrice. Loin des clichés du genre (depuis Carmilla de Sheridan Le Fanu jusqu’à la Comtesse Dracula), Harry Kümel façonne une œuvre sous influence picturale (Fernand Khnopff, Paul Delvaux) où se déploie un réalisme fantastique imprégné de saphisme et d’érotisme troublant.

Ce film resté longtemps invisible ravira les amateurs du genre. Les Lèvres rouges libère une atmosphère intemporelle, vénéneuse et onirique pour révéler les fantasmes et les pulsions des personnages. Œuvre formellement riche (costumes, lumière, cadrages…) produite par des collaborateurs talentueux : le chef opérateur Eduard van der Enden (Trafic) et le compositeur François de Roubaix (Le vieux fusil). 

La récente disponibilité du film en dvd n'a rencontré que des louanges, "Classique de la vague érotico-horrifique [...] des années 70" dixit Gilles Esposito (Mad Movies) ou dans l'émission vidéo Blow-up de Luc Lagier dont voici les 5 (bonnes) raisons pour découvrir cette œuvre belge unique.

Quarante ans avant, la donne était différente. Max Tessier, journaliste, spécialiste du cinéma japonais, ciblait négativement un par un tous les éléments qui font aujourd'hui toute la singularité de Daughters of Darkness.
Sur ce canevas qui accumule les poncifs trop attendus du film de vampire, assaisonné de quelques scènes érotiques plurivalentes. Harry Kumel, déjà auteur du précieux et calligraphique Monsieur Hawarden (que l'on peut gouter ou vomir, selon l'humeur du jour), a voulu réaliser un film ambitieux fertile en références et en hommages, dans un style "esthète" emprunté qui ne fonctionne qu’épisodiquement. Les fausses idées "originales" comme le fondu au rouge, et l'omniprésence gratuite du rouge sont légion et, même si Andrea Rau (qui n'est pas Égyptienne mais Allemande) est assez supportable, l'interprétation générale est trop médiocre pour que l'on puisse pardonner l'ensemble. Mais, évidemment, les admirateur de Delphine (qui sont presque toujours ceux de Marlène) seront indulgents pour son cabotinage exquis et ses déhanchements savants de vamp-vampire. [...]
Max Tessier in Écran 72 - Février - p.70
Faites votre avis en découvrant Les Lèvres Rouges en dvd sur theendstore.com dans une superbe édition comportant son lot de supplément :
- Les lieux des ténèbres, interview de Kumel et Drouot (22 mn)
- Jouer la victime, interview de Danielle Ouimet (15 mn)
- La fille des ténèbres, interview d'Andrea Rau (8 mn)
- Bande-annonce Livret (16 pages) : Interview d’Harry Kümel par Olivier Rossignot
- Analyse du film par Olivier Rossignot

Made In Sweden : Bo Widerberg

Lorsque l'on évoque le cinéma suédois, le premier nom qui vient à l'esprit est Ingmar Bergman. Le réalisateur suédois décédé en 2007 reste encore aujourd'hui l'arbre qui cache la foret. Heureusement avec le dvd et des éditeurs courageux, le cinéphile curieux peut découvrir tout un pan du cinéma dont Bo Widerberg tient une place non négligeable.

Pour découvrir Bo Widerberg, nous vous proposons quelques extraits d'un article de Stig Björkman (critique et cinéaste suédois) paru dans les Cahiers du Cinéma (#651, p70-71) lors de la sortie de quatre films en dvd.

Bo Widerberg a longtemps été le réalisateur le plus marquant du cinéma suédois aux côtés d'Ingmar Bergman. On peut dire que le film suédois moderne - apparu au cours des années 60 - commence avec Widerberg et ses premières œuvres.
Widerberg était déjà l'auteur de quelques romans quand il publia, en 1962, Regards sur le cinéma suédois. Dans ce pamphlet, il plaidait pour un style cinématographique plus libre, pour des productions plus légères et meilleur marché et pour une esthétique adaptée à ces nécessités, bien loin des décors en carton-pate des ateliers du cinéma suédois et des modèles habituels des films commerciaux [...]
Widerberg montra lui-même l'exemple à travers ses premiers films : le péché suédois (1963), le Quartier du corbeau (1963) et Amour 65 (1965). Tous ces films dégagent une inhabituelle impression de proximité et d'émotion. Widerberg mit en lumière les paysages et les hommes oubliés de la Suède et leur offrit des images oubliés de reflétant çà la fois leur réalité et leurs rêves. Cette loyauté envers les hommes et leur milieu marque également le reste de son œuvre cinématographique. Ses idoles étaient la Nouvelle Vague française - Godard, Demy, Truffaut - et le jeune cinéma américain, surtout John Cassavetes et son premier film Shadows.

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Une jeune ouvrière hésite entre un chanteur de rock et un jeune homme de bonne famille. Enceinte du premier, elle essaye de vivre avec le second. Les flirts, l'apparition du rock'n'roll, la condition des filles-mères, la vie en usine, les travaux ménagers, l'alcoolisme et la difficulté d'échapper à sa classe : voilà les thèmes de ce premier film fulgurant, se positionnant sur un pessimisme social qui tranche singulièrement avec les autres nouvelles vagues.

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En suède, dans les années 70. Un homme a entrepris d'abattre systématiquement les policiers qui passeront à proximité de ses armes. Le commissaire Beck est chargé de l'enquête : il apparaît bientôt qu’un policier devient le principal suspect…

Tiré du roman L'Abominable Homme de Säffle écrit par Maj Sjöwahl et Per Wahlöö

Pendant longtemps le plus gros budget de production pour un film nordique, à la fois film d’action , film à grand spectacle, thriller et réflexion sur le fonctionnement des sociétés scandinaves et leurs rapports au politique, ce film est une adaptation d’ un roman de Sjowall et Wahloo, les créateurs du polar nordique dans les années 60 et 70.

BONUS: LE REALISME EN LIGNE DE MIRE (80 min, 2006, VOST): un remarquable documentaire revenant sur le tournage du film, la méthode de travail et la personnalité étonnante de Bo Widerberg en interviewant les membres de l'équipe, notamment Roy Andersson, alors assistant réalisateur de Widerberg.
+ Livret de 32 pages: 2 articles de Pierre Charrel, spécialiste du polar nordique: Un polar pour le peuple / Martin Beck et Kurt Wallander: police de proximité.


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En 1889, un lieutenant de l'armée suédoise d'origine noble s'éprend d'une danseuse de corde, Elvira Madigan, qui travaille dans un cirque. Un amour fou les lie immédiatement et chacun abandonne ses devoirs. Le couple fuit un pays hostile à leur liaison illégitime et trouve un précaire refuge à la campagne ..... Mais les deux amoureux n'ont guère les moyens de survivre….

C'est une histoire vraie, très connue en Suède où l'on chante encore la complainte d'Elvira Madigan. Bo Widerberg en a fait un film romantique, passionné, hors du temps. À l'époque, ce romanesque choqua : on était alors aux films plus « sociaux », plus engagés, plus signifiants. Elvira Madigan, avec des images d'une grande beauté, souvent symboliques, montre la force irrépressible de la passion amoureuse.

BONUS: Livret 21 pages: interview de Bo Widerberg par Laurent Mathieu (1993) / critique de Jean Capdenac


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1931, dans le nord de la Suède . C’est la première grève de l'histoire du pays, pour une augmentation de salaires. La tension monte entre les ouvriers contestataires et la direction de l’usine, soutenue par les politiques et l’armée. Kjell Andersson, le fils d'un docker s'éprend d'Anna, la délicieuse fille du directeur.

Cela commence comme une chronique intimiste et tendre et se termine comme une épopée sanglante, en un final tragique. Adalen 31 est, certes, un hommage à la politique social-démocrate de la Suède, mais c'est surtout un film d'une grande beauté, dont la photographie évoque la peinture impressionniste, et où tous les acteurs sont remarquables de sensibilité et de justesse.

Prix du jury – Festival de Cannes 1969


source : Malavida

Independenza ! Part 14 : Malavida

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Une nouvelle année, un nouvel éditeur (indispensable). Crée en mars 2003, Malavida a pour objectif comme bon nombre de ses collègues d'offrir une seconde chance a des films oubliés ou jamais exploités ; des films cultes ou inconnus bref ce qu'on attend d'un éditeur : avoir du nez pour exhumer la rareté qui fera rêvé et fantasmé le cinéphile.

Avant d'évoquer quelques films suédois disponibles également chez l'éditeur, voici les différents titres de leur collection Cinéma Tchèque avec en premier lieu la sortie événement de Valérie au pays des merveilles, qui pour une fois ne démérite pas son titre : c'est une merveille ! (Attention édition limitée à 1000 exemplaires avec la bande originale du film).

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Âgée de treize ans, orpheline, Valérie vit sagement avec sa grand-mère. Un mariage se prépare dans le village et on attend la visite de quelques missionnaires. Mais des événements étranges surviennent : un jeune homme, l'Aiglon, vole a Valérie ses boucles d'oreille. Et parmi les comédiens qui arrivent en ville, un personnage inquiétant, le Putois, semble très bien la connaître...

Conte de fées pour adultes, adaptation d'une œuvre du poète Vitezslav Nezval, figure majeure du surréalisme tchèque, c'est le LE film culte de cette décennie miraculeuse du cinéma tchèque. Crée sous la normalisation, le film n'est pas sans arrière pensée politique, s'échappant dans un onirisme libérateur et utopique.

Teinte d'érotisme, le film n'hésite pas a aborder des tabous(l'inceste, la pédophilie) mais sans vulgarité, sous le prisme d'un conte fantastico onirique débride et une forme allégorique. Croisant des nymphes coquines comme des vampires menaçants, le film tire même vers le fantastique gothique. L'image est sublimée a chaque instant par la musique enchanteresse de Lubos Fiser. A la fois d'orgue de cette nouvelle vague et chef d'œuvre décadent, le film est d'une créativité visuelle incroyable. Ancre dans un univers surréaliste,teinte de psychanalyse et de métaphores poétiques, ponctue de “tableaux” a la beauté surnaturelle, Jires raconte le passage de l'enfance a l'age adulte de Valérie, qui rappelle Alice, voire le petit chaperon rouge.


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Henri Berankova est un chercheur un peu lunatique, alors que sa femme, Rose s'apprête a présenter une invention révolutionnaire, transformant les cauchemars en doux rêves. Mais un effet secondaire étrange apparaît bientôt : le cauchemar disparait... Mais pour se retrouver “pour de vrai” dans la réalité physique. Henri s'endort ce soir la en lisant une BD de science-fiction dont l'héroïne est une plantureuse jeune femme...

A la fois œuvre de genre et réflexion politique, le film réussit le prodige d'être simultanément inventif et très drôle, grâce a un rythme effréné et a un excellent sens comique. Bien superieur a ce qui faisait a l'époque des deux cotes du rideau de fer, le film reste un OVNI au charme inimitable.

La beauté plastique de l'actrice principale, Olga Schoberova, la “Brigitte Bardot tcheque”, la reussite de trucages sans prétention, un humour absurde et irrésistible et le generique en BD “animee”, par le dessinateur Kaja Saudek, en font une petite merveille dont les double-sens politiques ne sont pas pour rien dans la saveur truculente de cette indéniable réussite.


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Marie 1 et Marie 2 s'ennuient fermement. Leur occupation favorite consiste à se faire inviter au restaurant par des hommes d'âge mûr, puis à les éconduire prestement. Fatiguées de trouver le monde vide de sens, elles décident de jouer le jeu à fond, semant désordres et scandales, crescendo, dans des lieux publics…

Incarnation éclatante de l’inventivité et du talent de la nouvelle vague tchèque. Ce film, censuré très rapidement après sa sortie, est devenu culte dans le monde entier. Vera Chytilova avait alors scandalisé la Nomenklatura à l’Est et époustouflé l’Ouest par sa liberté de ton et son insolence.


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LA MORT DE M. BALTAZAR (J. Menzel) : Le père, la mère et l’oncle rencontrent un unijambiste lors d’une course motocycliste. Le handicapé soutient M. Baltazar qui, sous ses yeux, a un accident et se tue.

LES TRICHEURS (J. Nemec) : Dans une chambre d’hôpital, deux vieillards se vantent de leurs succès dans la vie. Peu après, ils se retrouvent, tous les deux, à la morgue. Un employé s’aperçoit que rien de ce qu’ils racontaient n’était vrai. C’était des tricheurs.

LA MAISON DE JOIE (E. Schorm) : Deux agents d’assurance démarchent pour leur compagnie et arrivent dans la maison d’un peintre très curieux. Chaque recoin est entièrement recouvert de peintures et la mère du peintre explique…Les placiers n’arrivent à rien…

SELF-SERVICE UNIVERS (V. Chytilova) : C’est un repas de mariage dans un restaurant de banlieue. Le serveur découvre une fille perdue dans les toilettes. La police arrête le marié. La mariée ne veut pas rester seule. Elle part avec un jeune homme, probablement le fiancé de la fille perdue.

ROMANCE (J. Jires) : Un jeune plombier rencontre une jeune gitane et l’invite chez lui. La gitane se met à planifier leur vie future et le plombier l’écoute sans aucun enthousiasme.

LA MORT DE M. BALTAZAR de Jiri. Menzel LES IMPOSTEURS de Jan. Nemec LA MAISON DE LA JOIE d’Evald Schorm BISTROT « LE MONDE » de Vera Chytilova ROMANCE de Jaromil Jires

Film manifeste des réalisateurs de la nouvelle génération, celle qui commence à tourner au début des années 60, ces adaptations de nouvelles de Bohumir Hrabal marquent la reconnaissance de ce que les tchèque vont appeler la jeune vague, à la fois en référence et en opposition à la Nouvelle vague française. Il rassemble la fine fleur des nouveaux talents tchèques, exprimant des personnalités différentes mais un même ton doux-amer, un même regard bienveillant, une critique sous-jacente d’une société sous surveillance.


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En Bohême, au XIIIème siècle. Christianisme et paganisme s’affrontent. Des brigands, mené par Mikolas, aux ordres du Seigneur Bouc, attaquent une caravane de chevaliers allemands qu’ils tuent sans pitié, excepté le jeune prince Kristian, qu’ils ramènent à leur camp. C’est le début d’un affrontement violent avec Lazar, allié des allemands, seigneur voisin et voleur, qui destine sa fille, la belle Marketa, au service de Dieu.

Adapté du roman éponyme de Vladislav Vancura, considéré comme un sommet (inadaptable) de la littérature tchèque, Marketa Lazarova est une réussite unique, fresque épique et sauvage, splendeur visuelle, conte tragique et chronique historique réaliste. Le récit porte un souffle élégiaque, entrecroisant deux histoires d’amour fou au milieu des batailles.


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La tranquille vie d’un petit village tchèque dans les années 80. Tous les matins, Pavek, un brave type qui conduit le camion de la coopérative, part au travail, accompagné par son assistant, Otik, le simple d’esprit. Pavek, fatigué des gaffes incessantes de son coéquipier, aimerait s'en débarrasser mais sans succès.

Mon cher petit village montre un humour en demi teinte mais décapant, une vision insolente et cocasse, dénonçant toujours en filigrane les travers de la société tchécoslovaque. Ici très inspiré par une esthétique burlesque issue du cinéma muet, un jeu subtil avec les corps, proche du pantomime (une influence de Tati ?), il fait montre des mêmes qualités qu’à ses débuts: subtilité des notations psychologiques et sociales, humour décalé, tendresse pour ses personnages.


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Dans un petit village, Robert, instituteur, apprend à ses élèves à respecter la nature et à résister au conformisme ambiant. Un magicien arrive dans la bourgade, accompagné de la belle Diana et d’un chat. L’animal a la faculté de révéler les vertus et les vices cachés des hommes : d’un simple regard, les hommes changent de couleur…

Fable philosophique, teinté d’un humour malicieux, Un jour un chat donne le coup d’envoi des reconnaissances internationales du cinéma tchèque avec ses prix cannois (Prix spécial du Jury, Prix de la Commission technique, …). Traité sur un mode léger, abordant des genres divers, (ballet, comédie musicale, fantaisie visuelle), le sujet n’est pourtant pas innocent : la vrai nature des gens dans un pays cadenassé où chacun est surveillé…


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Vaut-il mieux vivre dans une heureuse ignorance ou faut-il choisir la vérité et subir les conséquences de la connaissance? Les époux Eva et Josef se trouvent dans une pension de famille. Eva, intriguée par Robert, un mystérieux étranger, visite sa chambre en cachette. Elle comprend qu’il s’agit de l’assassin de femmes recherché par la police. Josef ne veut pas y croire…

Le film suit immédiatement Les petites marguerites dans la filmographie de Chytilova avec la même équipe : Jaroslav Kucera à la photo et Ester Krumbachova en co-scénariste et « art designer ». Le film, faisant preuve d’une trop grande liberté esthétique et scénaristique, est directement censuré en 1969. Audacieux dans son utilisation de la couleur et de la mise en espace, la construction scénaristique et les dialogues surréalistes ne pouvaient que choquer les tenants du réalisme socialiste. Un film avant-gardiste.


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Deuxième guerre mondiale. Deux jeunes hommes sautent d’un train de déportés. Par miracle, ils gagnent la forêt où ils tentent de survivre. Au cours de leur course éperdue, ils revivent encore et encore des scènes de leur vie d’avant, au milieu d’hallucinations causées par la faim, la fatigue et la peur de mourir. Ils sont bientôt pourchassés par un groupe de vieillards armés…

Adaptation d’une nouvelle d’Arnošt Lustig, le 1erlong -métrage de Nemec, est une des œuvres qui pointent la naissance d’un nouveau cinéma tchèque, en liberté . S’y affirment un talent et une sensibilité originale au travers d’une recherche plastique et scénaristique. Le film a marqué les esprits, avec un parti pris de mise en scène courageux, à la limite de l’abstraction, influencé par le surréalisme et Resnais., et s’attaquant à la monstruosité du nazisme.

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Ludvik Jahn, responsable d'un service hospitalier, découvre qu’Helena, une journaliste radio, est l'épouse d'un ancien camarade d'études, Pavel, responsable de son exclusion de l’Université et des jeunesses communistes. Pour une plaisanterie anodine, il est incorporé dans un bataillon militaire 2 ans et demi, écope d’un an de prison disciplinaire et de 3 ans dans les mines. 15 ans après, l’occasion est trop belle de se venger…

Le scénario de Jaromil Jires et Milan Kundera est tiré du roman éponyme de ce dernier, le 1er de ses romans au succès mondial. Cette adaptation, où ils n’hésitent pas à couper ou à transformer certaines scènes, aujourd’hui considérée comme la meilleure d’après l’oeuvre de kundera, se fait en 1967, avant–même la parution du livre. Le film finit de se tourner après l’arrivée des chars soviétiques. La sortie, en 1969, est un triomphe public, paradoxal et amer, vécu par les tchèques comme un acte de résistance.


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Pierre, un adolescent de 16 ans un peu perdu, timide et gauche, rentre dans la vie. Tout se télescope: le manque d'expérience avec les filles, un père moraliste et sentencieux, l'arrivée dans le monde du travail. Il sort bien avec une fille, mais sans réussir à construire une relation forte. Et puis il croise d'autres jeunes, comme lui inadaptés à cette société en faillite….

Une trame fictionnelle minimaliste, des instants de vie de gens ordinaires : fortement influencé par le cinéma vérité, Forman vise un cinéma au quotidien et authentique. Avec un regard à la fois tendre et lucide, il mêle humour et mélancolie, rire et désespoir, avec une fascination pour le grotesque, le comique de situation et les films muets. Son goût pour l’improvisation contrôlée induit une satire sociale corrosive: derrière l’ironie, Forman dénonce un système qui court à sa perte.


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Petr et Bambas sont d’anciens camarades de conservatoire. Petr, aujourd’hui soliste violoncelliste à Prague, vient donner un concert dans la ville de province où Bambas, directeur d’une école de musique, l’a invité pour compléter l’orchestre local. Petr est accompagné de sa jeune amie. Bambas les accueille dans sa maison, où il vit avec sa femme, ses enfants et … ses beaux-parents.

Dans cette comédie douce-amère, pas d’intrigue, pas de drame, juste la vie comme elle va. La vie d’une galerie de personnages savoureux et attachants, servie par des acteurs habités, des dialogues d’une absolue fluidité et d’une drôlerie constante, grâce à une construction subtile et éclatée. Réussissant à être juste et émouvant, par petites touches sensibles et pittoresques, Ivan Passer nous livre ici une délicieuse tranche de vie.


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Bien éméchés, un vice-ministre du régime communiste et sa femme rentrent chez eux après une grande réception officielle, au cours de laquelle ils apprennent la déchéance de son ministre de tutelle. La porte de leur maison est ouverte, il n’y a plus d’électricité chez eux et des ombres errent autour de l’habitation.

Huis–clos sidérant de violence psychologique et d’attaque directe du régime (police politique, écoutes permanentes, etc…), Kachyna réussit à mêler crise conjugale d’un couple aux abois et dénonciation d’une société cadenassée, en jouant sur un point commun : l’écroulement moral. Interdit à sa sortie. Ce fut le point d’orgue de la collaboration sur plusieurs films dans les années 60 de Kachyna et du scénariste et écrivain Jan Prochazka, qui ne craignent pas d’aborder des problèmes sociaux et politiques.


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