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lundi 24 juin 2024

Jura 2024 (11)

Mercredi 12 juin (1) :

Ma sœur s'étant, avant de partir, tordu la cheville, nous nous rendons à Lons-le-Saunier pour qu'elle rencontre un ostéopathe qui a eu la bonne idée de s'installer en lisière du jardin des Thermes. En l'attendant, j'effectue mon pèlerinage sur les lieux de la révélation de mon identité sexuelle. 

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La colonie (un lycée du bâtiment, il me semble) où j'ai résidé il y a si longtemps n'existe plus (remplacée par des immeubles), je le savais déjà depuis un précédent voyage. J'ai mis un pied dans les Thermes et bavardé avec une employée fort sympathique. Qu'ai-je éprouvé ? Honnêtement pas grand chose. Tout cela est si loin ....

mercredi 28 février 2024

Saint Sébastien


Une pensée pour Plume.

jeudi 8 février 2024

Et Cocteau, plus "réservé"

A Jean Marais 

Ah ! Jeannot je chante, je chante 
Pour t’avoir le même demain 
Car la vie a l’air trop méchante 
Sans la caresse de ta main.

Qui dit Verlaine dit Rimbaud

Les Stupra

(...) Souvent j’ai vu

Des gens déboutonnés derrière quelque haie,

Et, dans ces bains sans gêne où l’enfance s’égaie,

J’observais le plan et l’effet de notre cul.


Plus ferme, blême en bien des cas, il est pourvu

De méplats évidents que tapisse la claie

Des poils ; pour elles, c’est seulement dans la raie

Charmante que fleurit le long satin touffu.


Une ingéniosité touchante et merveilleuse

Comme l’on ne voit qu’aux anges des saints tableaux

Imite la joue où le sourire se creuse.


Oh ! de même être nus, chercher joie et repos,

Le front tourné vers sa portion glorieuse,

Et libres tous les deux murmurer des sanglots ?

Arthur Rimbaud, Les Stupra,1871

Ces poèmes qu'on nous a toujours cachés

Monte sur moi

Monte sur moi comme une femme

Que je baiserais en gamin

Là. C’est cela. T’es à ta main ?

Tandis que mon vit t’entre, lame


Dans du beurre, du moins ainsi

Je puis te baiser sur la bouche,

Te faire une langue farouche

Et cochonne et si douce, aussi !


Je vois tes yeux auxquels je plonge

Les miens jusqu’au fond de ton cœur

D’où mon désir revient vainqueur

Dans une luxure de songe.


Je caresse le dos nerveux,

Les flancs ardents et frais, la nuque,

La double mignonne perruque

Des aisselles et les cheveux !


Ton cul à cheval sur mes cuisses

Les pénètre de son doux poids

Pendant que s’ébat mon lourdois

Aux fins que tu te réjouisses,


Et tu te réjouis, petit,

Car voici que ta belle gourle

Jalouse aussi d’avoir son rôle,

Vite, vite, gonfle, grandit,


Raidit… Ciel ! la goutte, la perle

Avant-courrière vient briller

Au méat rose : l’avaler,

Moi, je le dois, puisque déferle


Le mien de flux, or c’est mon lot

De faire tôt d’avoir aux lèvres

Ton gland chéri tout lourd de fièvres

Qu’il décharge en un royal flot.


Lait suprême, divin phosphore

Sentant bon la fleur d’amandier,

Où vient l’âpre soif mendier,

La soif de toi qui me dévore


Mais il va, riche et généreux,

Le don de ton adolescence,

Communiant de ton essence,

Tout mon être ivre d’être heureux.

Paul Verlaine, Hombres, 1891

vendredi 12 janvier 2024

D'autres 12 janvier

- 1628 : naissance de Charles Perrault. 

- 1755 : Catherine II fonde la première université russe à Moscou qui ouvrira ses portes le 28 avril.

- 1822 : l'assemblée nationale d'Epidaure proclame l'indépendance de la Grèce.

- 1876 : naissance de Jack London

- 1913 : les derniers omnibus à chevaux disparaissent au profit des autobus

- 1923 : première réunion à Paris de l'Académie Goncourt . Le premier prix sera attribué le 21 décembre à Eugène Torquet, dit John- Antoine Nau, pour Force ennemie

- 1926 : l'Institut Pasteur annonce la découverte d'un sérum contre le tétanos.

- 1976 : mort d'Agatha Christie

- 1977 : mort d'Henri-Georges Clouzot

- 2000 : les homosexuels sont ouvertement acceptés dans l'armée en Grande-Bretagne.

jeudi 10 août 2023

Fascination

Avant de rejoindre le 3° par le pont de la Guillotière, je longe le quai en direction de la librairie Gibert. De loin, je vois un homme penché sur une poubelle tout près de la librairie. En me rapprochant, je m'aperçois que cette poubelle est remplie de livres dans un état neuf ! Je m'arrête et engage la conversation. L'homme, la quarantaine, magnifiques yeux gris, tout aussi magnifiques cheveux grisonnants, est aussi ourté que moi. 

Est-ce Gibert qui se déleste de quelques ouvrages ? Dans ce cas, pourquoi ne pas les donner ? Nous fouillons de conserve et chacun trouve sa perle. Pour lui, ce sera La mauvaise vie, de Frédéric Mitterand. Pour moi, Les égarements de mademoiselle Baxter, de Eduardo Mendoza.

Mais l'homme n'a pas l'air de vouloir s'en aller. Il me donne son prénom et me demande : "Frédéric Mitterand, il est homo, non ?". Confirmation de ma part. On échange ensuite quelques détails sur nos vies. Il me redonne son prénom mais je ne réagis pas. Il faut dire que je suis fasciné : il a de la gueule, vraiment, et, en plus, il parle bien. Devant mon air bête, il finit pas s'en aller ...

Suis-je passé à côté d'une belle aventure ? .... De l(autre côté du pont, je me suis senti un peu couillon !

vendredi 4 août 2023

Le condamné à mort

(extraits)

Le vent qui roule un cour sur le pavé des cours,
Un ange qui sanglote accroché dans un arbre,
La colonne d'azur qu'entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours.

Un pauvre oiseau qui meurt et le goût de la cendre,
Le souvenir d'un oil endormi sur le mur,
Et ce poing douloureux qui menace l'azur
Font au creux de ma main ton visage descendre.

Ce visage plus dur et plus léger qu'un masque

Est plus lourd à ma main qu'aux doigts du receleur

Le joyau qu'il empoche ; il est noyé de pleurs.

Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque.

Ton visage est sévère : il est d'un pâtre grec.

Il reste frémissant au creux de mes mains closes.

Ta bouche est d'une morte où tes yeux sont des roses,

Et ton nez d'un archange est peut-être le bec.

Le gel étincelant d'une pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d'acier,
Qui couronnait ton front d'épines du rosier
Quel haut-mal l'a fondu si ton visage chante ?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton oil
D'un désespoir si haut que la douleur farouche,
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d'un sourire de deuil ?

Ne chante pas ce soir les «
Costauds de la
Lune ».
Gamin d'or sois plutôt princesse d'une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour ;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand'hune.

Il descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nu-tête «L'Ave
Maris
Stella ».
Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon.

Et c'est pour t'emmancher, beau mousse d'aventure,
Qu'ils bandent sous leur froc les matelots musclés.
Mon
Amour, mon
Amour, voleras-tu les clés
Qui m'ouvriront le ciel où tremble la mâture

D'où tu sèmes, royal, les blancs enchantements,
Qui neigent sur mon page, en ma prison muette :
L'épouvante, les morts dans les fleurs de violette,
La mort avec ses coqs !
Ses fantômes d'amants !

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde.
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi.
Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit.
On dit que la
Guyane est une terre chaude.

Ô la douceur du bagne impossible et lointain !

Ô le ciel de la
Belle, ô la nier et les palmes.

Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes,

Ô les cheveux tondus et les
Peaux-de-Salin.

Rêvons ensemble.
Amour, à quelque dur amant
Grand comme l'Univers mais le corps taché d'ombres.
Il nous bouclera nus dans ces auberges sombres,
Entre ses cuisses d'or, sur son ventre fumant,

Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d'oeillets et de jasmins
Que porteront tremblant tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange.

Tristesse dans ma bouche !
Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre cour !
Mes amours parfumées
Adieu vont s'en aller!
Adieu couilles aimées! Ô sur ma voix coupée adieu chibre insolent !

Gamin, ne chantez pas, posez votre air d'apache !
Soyez la jeune fille au pur cou radieux,
Ou si tu n'as de peur l'enfant mélodieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache.

Enfant d'honneur si beau couronné de lilas !
Penche-toi sur mon ht, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée.
Ecoute, il te raconte,
Ton amant l'assassin sa geste en mille éclats.

Il chante qu'il avait ton corps et ton visage.

Ton cour que n'ouvriront jamais les éperons

D'un cavalier massif.
Avoir tes genoux ronds !

Ton cou frais, ta main douce, ô môme avoir ton âge !

Voler voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef-d'ouvre avec les morts cueillies Çà et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent...

Les matins solennels, le rhum, la cigarette...
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m'étreint
Le spectre d'un tueur à la lourde braguette.

Le condamné à mort

vendredi 13 janvier 2023

Mourir à 13 ans

Suicide de Lucas : le garçon de 13 ans avait exprimé « sa volonté de mettre fin à ses jours »

L'homophobie tue toujours.

mercredi 17 août 2022

Bonne fête

Pivoines de saison - Livraison en France 7j/7 | 123fleurs

Le 17 août, c'est la saint Hycinthe, tout le monde le sait. Mais quelle honte d'oublier tous les autres, qui n'apparaissent plus sur les calendriers. Pour réparer cette injustice, pensons tous à souhaiter une bonne fête aux Alypios, Amor, Carloman, Dimitrios, Élie (le Jeune), Eusèbe, Jéron, Mammès, Myron, Relinde. Je compte sur vous ! Enfin, si vous en connaissez !  

Dans la mythologie grecque, Hyacinthe est un jeune homme d'une grande beauté, aimé d'Apollon et de Zéphyr. Il trouve la mort car Zéphyr était jaloux qu'Apollon fût aussi amoureux, alors il dévia le disque d'Apollon qui frappa Hyacinthe à la tempe, ce qui le tua. De son sang naquit une fleur qui porte son nom.

jeudi 4 août 2022

Du Rimbaud jamais appris à l'école !

Emotion

Une scène de Women in love (Ken Russel, 1969, avec Alan Bates, Oliver Reed et Glenda Jackson) qui m'avait beaucoup troublé. 

Libéré(e)s, délivré(e)s ...

Un article de La Croix (Alexis Da Silva,le 04/08/2022)

« Une grande joie, une grande victoire. » Ce que Didier Varrod, animateur sur Fréquence gaie, qualifie ainsi, en ce 4 août 1982, c’est la concrétisation d’une promesse de campagne de François Mitterrand, élu un an auparavant : « L’homosexualité doit cesser d’être un délit. »« Cette loi de 1982 a non seulement sanctuarisé l’état de droit, mais également ouvert la possibilité de l’émancipation pour les personnes homosexuelles, qui subissaient et subissent encore des discriminations », reconnaît François Emery, chargé de plaidoyer à Act Up.

Même si le crime de sodomie avait disparu dès le premier code pénal de 1791, les juges se fondaient en effet sur d’autres chefs d’accusation, comme « l’outrage public à la pudeur », défini par l’article 330 du code pénal de 1810. Au total, entre 1810 et 1994, date du dernier code pénal, 100 000 homosexuels auraient été condamnés pour ce délit – avec des peines allant de trois mois à deux ans de prison et de 500 à 15 000 francs d’amende –, selon Régis Schlagdenhauffen, titulaire de la chaire de socio-histoire des catégories sexuelles à l’EHESS.

Outre le délit d’outrage, la loi du 4 août 1982 a mis un terme à la discrimination en termes de majorité sexuelle entre personnes hétérosexuelles et homosexuelles, instaurée par le régime de Vichy en 1942. Selon cette ancienne législation, « quiconque avait commis un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe mineur de 21 ans » était condamnable à une peine de prison pouvant aller jusqu’à trois ans. Concernant les hétérosexuels, en revanche, le consentement était déclaré recevable dès 13 ans, puis 15 à partir de 1945.

jeudi 28 juillet 2022

De vieux démons

La variole du singe s'attaque aux "hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes" (sublime périphrase découverte par France Inter et entendue plusieurs fois !). Ça m'a rappelé des souvenirs : les années 80, le sida, le doigt pointé sur les homosexuels (je crois que c'est comme ça que ça s'appelle, dans la majorité des cas ! 👨). 

Et, bien sûr, les messages haineux ont commencé sur les réseaux sociaux. Ça se calmera sans doute quand les hétéros seront atteints eux aussi, comme ça s'est passé pour le sida. Finalement, chère madame la ministre, "ces gens-là" sont comme les autres, absolument. Frères humains ....

vendredi 1 avril 2022

D'autres 1er avril

- 527 : Justinien empereur romain d'Orient

-1204 : mort d'Aliénor d'Aquitaine

-1697 : naissance de l'Abbé Prévost, écrivain

-1795 : journée de protestations sans violence du peuple parisien contre la cherté des denrées

-1809 : naissance de Nicolas Gogol

-1810 : Napoléon  Ier épouse Marie-Louise d'Autriche

-1815 : naissance de Bismarck 

-1868 : naissance d'Edmond Rostand, écrivain

-1873 : naissance de Sergueï Rachmaninov, compositeur

-1917 : mort de Scott Joplin, musicien

-1918 : création de la Royal Air Force

-1921 : Adrienne Bolland réussit la première traversée en avion de la Cordillère des Andes 

-1929 : naissance de Marcel Amont, chanteur

-1929 : naissance de Milan Kunderz, écrivain 

-1930 : mort de Cosima Wagner, fille de Richard

-1938 : invention du Nesca

-1939 : fin de la Guerre d'Espagne et début du régime franquiste qui durera jusqu'au 20 novembre 1975

-1976 : mort de Max Ernst, artiste

-1983 : la retraite à 60 ans en France

-1994 : mort de Robert Doisneau, photographe

-2001 : les premiers au monde, les Pays-Bas autorisent le mariage homosexuel

-2017 : prix Nobel de Littérature pour Bob Dylan

dimanche 12 décembre 2021

mardi 30 novembre 2021

Bonne fête

Pivoines de saison - Livraison en France 7j/7 | 123fleurs

Le 30 novembre, c'est la saint André, tout le monde le sait. Mais quelle honte d'oublier tous les autres, qui n'apparaissent plus sur les calendriers. Pour réparer cette injustice, pensons tous à souhaiter une bonne fête aux Constance (prêtre), Cuthbert, Frumence, Grégoire (le thaumaturge), Josbert, Maxence (princesse), Miroclès, Samson, Thaddée, Tugdual,  Zosime. Je compte sur vous ! Enfin, si vous en connaissez !

Deux André m’ont été chers :  l'un, pied noir, connu à Lyon au  début de ma vie rhodanienne, qui me fit découvrir la mauresque et les tours sur le périphérique, musique à fond. Que c’est beau, les lumières de la raffinerie de Feyzin la nuit ! Il est mort jeune, à Toulon, de la sclérose en plaques. L'autre, franc-comtois, qui, un jour, prit l'idée d'immigrer au Québec. Perdu de vue, mais après qu'il m'ait initié à la cuisine. J'aimais, entre autres, ses nouveaux plats et sa façon de prononcer les "o", tous microns !

lundi 13 septembre 2021

Jura (2)

Samedi 04 septembre (2) :

Je n'avais pas encore quinze ans, en 1967, lorsque je me suis mis à pousser comme une mauvaise herbe, trop vite : des os tout en longueur et grande faiblesse physique. Résultat : colonie sanitaire, vingt jours à Lons, vingt jours à Champagnole. A Lons, nous étions tout près des Thermes, où nous nous rendions chaque jour pour boire de l'eau chlorurée sodique, magnésienne, minéralisée et riche en oligo-éléments. Pas terrible au début mais on s'habitue vite !  L'après-midi, balades avec un moniteur mais, comme je n'ai jamais eu l'instinct grégaire, le directeur, qui m'aimait bien, me permettait d'aller seul dans le parc des Thermes pour lire au calme. C'est là que, par hasard, j'ai découvert (tôt?) ma véritable nature sexuelle. Si le directeur s'en était douté ....

Ce samedi, j'ai longuement cherché où cette colonie se trouvait. Je me souvenais que, le reste de l'année, les locaux abritaient un lycée technique. Et j'ai eu la chance de tomber sur deux (vieux) hommes dont l'un avait travaillé dans les tanneries (aujourd'hui en ruines) juste derrière, et l'autre avait été élève de ce lycée du bois à peu près à la même époque que mon séjour. Tout a disparu, hélas, au profit d'une résidence d'habitations. Mais j'ai été ému de revoir encore intact le muret qui séparait le lycée du parc des Thermes d'où je regardais, le soir, la rivière qui y coule. 

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Les Thermes

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Rouget de Lisle, par Bartoldi

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Le Théâtre

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Rue du Commerce et ses arcades

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Maison natale de Rouget de Lisle

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Le parc des Thermes

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Un arbre près du muret

samedi 21 août 2021

Momentini

- Et maintenant voilà mon lecteur de DVD qui refuse de lire certains disques ! Pourquoi les uns et pas les autres ? Et il me fait le coup en toute fin de saison 2 de 24 h chrono ! Vais-je un jour savoir ce que devient la bombe atomique qui menace la Californie ? 

-  En parlant de séries, découvert en  replay sur Arte House of Cards, la version primitive anglaise. Délicieux, ce cynisme britannique !

- Grosse manif contre le passe sanitaire tout à l'heure pendant que je faisais quelques courses. Le magasin a fermé ses portes pendant qu'ils passaient. 

- Une demi-heure plus tard (j'avais oublié les cigarettes !), je me fais aborder par un homme : "Et vous allez fumer tout ça ?". J'étais prêt à répondre un peu sèchement mais je vois un bel homme de la cinquantaine, barbu plus que grisonnant, magnifiques yeux bleus qui me sourit. Mon cœur de midinette ne fait qu'un tour. Nous bavardons un bon quart d'heure. Il venait de la manif et s'est mis à me parler de tout ça. Dommage ! Son délire intermittent m'a vite "refroidi" ... 

- J'ai l'impression qu'il n'y a plus personne dans mon immeuble. Comme je suis tranquille !

mercredi 30 juin 2021

Amours transalpines (4)

Nous habitions sur les hauteurs de Lucca, à Celle di Puccini, un peu en contrebas du village. La route qui y menait m'évoquait l'Auvergne plus que la Toscane : ici, pas de collines harmonieuses ni de cyprès mais des forêts d'arbres bourrus et probablement centenaires s'accrochant à la pente. La vigne d'autrefois avait disparu autour de la maison. Nous étions ailleurs, sentiment renforcé, à l'intérieur,  par l'étrangeté des pièces que reliaient trois ou quatre marches usées par les pas. L'antre d'une artiste qui nous l'avait loué et dont nous fîmes plus tard la connaissance. Les soirées étaient fraîches sur la terrasse où nous fumions notre dernière cigarette, Frédéric et moi. Nous y prenions soin des plantes de l'hôtesse en voyage en Allemagne. Le serpent aux couleurs vives que nous vîmes un matin fut le seul être vivant qui nous rendit visite. Et, silhouettes nocturnes, quelques scorpions que nous n'épargnâmes pas. 

Un jour, alors que nous revenions de Sienne, Frédéric me fit connaître San Galgano et les ruines de son abbaye où fut tournée la scène finale du Repos du guerrier (1962), de Roger Vadim. L'après-midi touchait à sa fin, la chaleur baissait, le ciel adoucissait son azur. Nous avions garé la voiture devant une bicoque dont la platitude jurait avec la beauté des ruines qui lui faisaient face mais où la tenancière, tout aussi simple que sa boutique, nous servirait, avant notre départ, une boisson fraîche à souhait. Nous étions les seuls clients.

Je me souviens de la longue allée menant à l'abbaye, bordée d'arbres rectilignes et où se poursuivaient, là aussi, une bande d'oiseaux excités. Je m'étais arrêté, moins fasciné par ce que j'allais voir que par ce que je ressentais à ce moment : une sérénité sans âge, un bonheur discret qui m'envahit soudain et dont je n'essayais pas de comprendre la cause. Frédéric ressentit-il la même tranquillité  au même moment ? Il m'embrassa doucement avant que nous ne reprenions notre chemin. 

Dans les ruines aussi nichaient des oiseaux .... 

J'ai eu, dans ma vie, quelques émotions de cette sorte, et toutes en Italie, à des moments inattendus, devant des spectacles pourtant totalement différents : à Venise, à Capri, à Volterra, dans un musée romain ... Jamais ailleurs, même face à des merveilles.