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Wednesday, December 27, 2017

Citation du 28 décembre 2017

On ne fait pas d’omelettes avec des œufs durs.
Attribué au Général de Gaulle
Critiquant l’espoir de faire une Europ fédérale, le Général aurait dit :
« On ne peut faire une omelette fédérale avec les œufs durs que sont les vieilles nations d'Europe ».

L’évidence de cette affirmation risque de décourager les commentaires. Il y a pourtant quand même bien des vérités qui s’en dégagent.
            - Comme, par exemple, de prendre garde au moment opportun pour réaliser une opération. Qui voudrait faire une omelette devrait prendre des œufs avant qu’on ait eu l’idée de les cuire. On devine alors que l’heure propice pour l’Europe fédérale est passée depuis très longtemps.
            - Ou encore de souligner la force des individualités : une fois constituées elles ne se défont jamais, c’est un état irréversible.
            -  Eviter le ridicule de perdre son temps à entreprendre une tâche qui est condamnée à l’échec. Prendre des œufs durs pour faire une omelette en est un cas. Kant ironisait de même à propos de l’entreprise ridicule dans la quelle on voyait deux hommes dont l’un tente de traire un bouc, pendant que l’autre tend une passoire.

On pourrait gloser là-dessus en disant que la jeunesse est la seule période où l’on peut encore faire des omelettes avec des hommes. Evident – trop évident.
Reste la question importante : que fait-on avec les œufs durs qui nous restent ? Rien d’autre que les avaler tels quels ? Ou de les écraser pour faire une sauce gribiche ?
Les gastronomes donneront leur avis je m’en remets à eux. Mais il me semble quand même que de tels éléments peuvent parfaitement être mêlés à des préparations complexes, comme des salades et garder leur saveur tout en étant consommés avec bien d’autres, comme des tomates, des anchois, des olives etc…

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 S’agissant de l’Europe, je ne sais si l’idée est convaincante, mais elle pourrait quand même être tentée…

Saturday, July 04, 2015

Citation du 5 juillet 2015

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Une monnaie continentale, à double base métallique et fiduciaire, ayant pour point d’appui le capital Europe tout entier et pour moteur l’activité libre de deux cents millions d’hommes, cette monnaie, une, remplacerait et résorberait toutes les absurdes variétés monétaires d’aujourd’hui, effigies de princes, figures des misères, variétés qui sont autant de causes d’appauvrissement ; car dans le va-et-vient monétaire, multiplier la variété, c’est multiplier le frottement ; multiplier le frottement, c’est diminuer la circulation. En monnaie, comme en toute chose, circulation, c’est unité.
Victor Hugo – Actes et paroles, " Pendant l’Exil " (24 février 1855)
Les inventeurs visionnaires. Aujourd'hui: Victor Hugo et l'euro.
Aujourd’hui, référendum : on demande aux grecs : L’euro, t'en veux, ou t'en veux pas ?
1855 : Victor Hugo en visionnaire de l’Europe qu’il était médite sur les avantages de la monnaie unique :
1 – Elle abattrait l’orgueil national portée par la monnaie qui en marque la souveraineté. Comme si cette cause la misère du peuple pouvait en même temps être exhibée comme une manifestation de la gloire du Prince !
2 – La pluralité des monnaies est cause de déperdition de valeur par la nécessité d’en charger à chaque frontière. Et Hugo se lance ici dans une métaphore mécanique sur la déperdition du travail par le frottement. Le Principe de Carnot n’est pas loin !
3 – Encore que… ce que Hugo reproche à ce frein mis à la libre circulation, c’est la perte d’unité. Au contraire, plus la monnaie circule, plus elle se rapproche de l’unité, c’est à dire qu’à force de franchir les frontières on a besoin d’une monnaie de référence acceptée partout – comme l’est aujourd’hui le dollar… et l’euro.


1855 : voilà donc plus d’un siècle et demi qu’on tresse des couronnes de laurier à une monnaie unique et pourtant, maintenant que nous l'avons, la voici menacée de se défaire, comme une poignée de sable humide qui se dessèche. C’est que bien sûr, pour Hugo, la monnaie n'est que fiduciaire et métallique. Pour nous elle est aussi - et surtout - surtout économique. Que l’économie d’un pays s’écroule et voilà sa monnaie qui s’effondre. Ou qui fait un trou dans la monnaie unique.

Tuesday, August 30, 2011

Citation du 31 aout 2011

Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.

Victor Hugo – Discours à l'Assemblée constituante

Quand Paris s'enrhume, l'Europe prend froid.

Metternich

L'Europe ne peut être tranquille tant que la France n'est pas contente.

Victor Hugo

Ces citations livrées pêle-mêle et sans intention de polémiquer, simplement pour montrer qu’au 19ème siècle la France se prenait pour un leader en Europe, et qu’il lui a fallu apprendre à rentrer dans le rang – et surtout à admettre qu’elle n’était que dans le rang.

On dit que les français sont un des peuples les plus pessimistes de la planète, loin, très loin devant les pauvres et les miséreux. Et on l’explique en disant que la France est une nation sur le déclin, alors que le Bengladesh ou le Nigéria ne risquent guère de descendre plus bas.

Sans doute – Mais c’est un peu simpliste.

Car en quoi la France décline-t-elle ? Economiquement ? Socialement (avec un « modèle » français qui échoue en dehors des crises) ? Culturellement ?

Oui, mais pas seulement : la France a horreur d’être considérée comme un pays moralement inférieure. Quant au moment de la guerre d’Irak la France a fait obstacle à l’envoi d’un contingent de l’ONU, nos « amis » américains ont dit que la lâcheté française avait parlé – comme en juin 1940. Quand ils voulaient mimer un français, ils faisaient le type qui se rend, les mains en l’air. Voilà, c’est ça qui donne aux français le sentiment de ne plus être à la hauteur : ne plus pouvoir dire comme Victor Hugo Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue.

On comprend alors combien le leadership européen constitué par le tandem franco-allemand nous redonne de fierté, et combien nos gouvernants vont sans en avoir l’air valoriser ces relations – en période électorale, ce n’est pas négligeable.

Mais voilà que des grincheux s’en mêlent et y vont de leurs sarcasmes : le couple franco-allemand disent-ils, c’est comme ces voitures hybrides, qui ont deux moteurs : un thermique de 200 chevaux, et un électrique de 60 chevaux censé épauler le premier pour économiser du carburant.

Là il va falloir réagir : un tel affront ne saurait rester impuni.

Et si on faisait une force militaire commune avec les anglais ?

Friday, November 06, 2009

Citation du 7 novembre 2009


Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera.

Ernest Renan – Qu'est-ce qu'une nation ? (Conférence faite en Sorbonne, le 11 mars 1882)

A la question Qu’est-ce qu’être français, on sait que Renan répondait : « est français celui qui en a la volonté permanente » (1). Notons au passage qu’il faudrait alors considérer les demandeurs d’asiles, qui ont choisi notre pays comme étant celui qui incarne le mieux les valeurs qui leur ont été déniées, sont plus français que les autochtones qui ne se sont donné que le mal d’y naître pour paraphraser Beaumarchais…

Mais la lucidité de Renan ne se borne pas à définir la nation. Elle prévoit la disparition des nations européennes dans un vaste conglomérat formée par une confédération européenne. En 1882, il fallait le faire…

Même si la prophétie de Renan ne semble pas encore prête à se réaliser de nos jours, elle est sûrement moins osée aujourd’hui qu’à son époque. En tout cas elle nous aide à nous poser la question : est-il opportun de débattre de l’identité française à l’époque où tout doucement, une communauté européenne se forme, où les jeunes des différentes nations sont invités à se découvrir et à étudier ensemble, où les travailleurs se retrouvent pardessus les frontières pour lutter ensemble pour résoudre leurs difficultés communes ?

Je pose la question tout en sachant qu’elle fait polémique : n’est-ce pas notre myopie qui nous condamne à regarder à nos pieds, au lieu qu’il faudrait avancer sans peur vers l’horizon ? Et cette obsession de l’identité n’est elle pas le signe d’une peur des envahisseurs (un peu comme les américains du temps de la guerre froide, dans les années 50) ? En tout cas, Renan voyait la nation dans des considérations qui excluaient le nationalisme agressif, celui qui fait qu’on n’existe qu’au détriment des autres.

Vous me direz qu’il était bien naïf et que l’histoire du 20ème siècle lui a apporté bien des démentis ; et qu’il ne suffit pas de regarder au-dessus de l’horizon pour voir loin.

Bon. Mais tant qu’à faire de mal voir, autant être presbyte que myope.


(1) Voir mes Post patriotiques des 14 juillet 2007 et 2009. Voir surtout sa conférence ici.

Monday, October 26, 2009

Citation du 27 octobre 2009

L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire un petit cap du continent asiatique ?

Paul Valéry – La crise de l’esprit (Deuxième lettre) – 1919 (1)

Deux lettres forment ce texte : dans la première (évoquée hier), Valéry s’interroge sur le paradoxe tragique de la civilisation qui a engendré la boucherie de la Grande guerre (qui vient de s’achever au moment où il écrit) ; la seconde s’interroge sur le déclin de l’Europe en tant que puissance mondiale.

Deuxième lettre

Dans cette lettre, Valéry aborde un thème fort classique à son époque : le déclin de l’Europe.

L’idée qu’il va développer est pourtant un peu plus originale que celles qui étaient ressassées depuis la seconde moitié de XIXème siècle (où on la retrouve généralement associée à des commentaires sur la chute de l’Empire romain). Car ce qu’il évoque, c’est le phénomène de mondialisation tel que nous le connaissons nous, aujourd’hui, presque un siècle après que ces lignes aient été tracées.

Voici ce que dit Paul Valéry :

- L’histoire des civilisations repose d’abord sur un principe fort simple : celui de l’inégalité entre les zones habitées. C’est ce principe qui est le moteur de l’histoire.

Mais cette inégalité ne résulte pas de l’importance géographique de chaque pays : l’Angleterre occupe la première place (1919) alors que le sous continent Indien lui est soumis. Il tient donc d’avantage à l’avance des sciences et des techniques

- Mais il ajoute aussitôt un théorème fondamental : cette inégalité doit au bout d’un certain temps non pas disparaître, mais s’inverser. Car, écrit Valéry, Nous avons étourdiment rendu les forces proportionnelles aux masses !

Et en effet, la diffusion des savoirs et des techniques (on dirait aujourd’hui le transfert des technologies) va faire que les inégalités vont progressivement s’aligner sur l’importance géographique – et démographique – des pays : à ce jeu, le Royaume-Uni sera un jour subjugué par l’Inde.

Et l’Europe dominée par la Chine…

- Reste comme le souligne la fin de notre citation (voir sous la note 1) à espérer en une nouvelle invention – une création – qui viendrait donner à l’Europe de quoi surnager ; et cette création serait issue de l’Esprit Européen. C’est quelque chose qui ne serait pas « diffusible » vers d’autres continents. Quelque chose que les Chinois ne pourraient pas nous prendre…

Voilà : je crois comprendre que le message posthume de Paul Valéry est qu’il faut espérer plus dans les artistes et les philosophes que dans les physiciens et les informaticiens pour sauver l’Europe de la soumission aux hordes asiatiques.


(1) Voici le passage du texte d’où est extraite cette citation : « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire un petit cap du continent asiatique ?

Ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ?

Le phénomène de la mise en exploitation du globe, le phénomène de l’égalisation des techniques et le phénomène démocratique, qui font prévoir une deminutio capitis (perte de capacité) de l’Europe, doivent-ils être pris comme décisions absolues du destin ? Ou avons-nous quelque liberté contre cette menaçante conjuration des choses ? »

Sunday, May 24, 2009

Citation du 24 mai 2009

L’Europe est un Etat composé de plusieurs provinces.

Montesquieu

On a le sentiment aujourd’hui que l’Europe existe mais pas les européens.

On pourrait dire que, dès le 18ème siècle, les européens existaient, même si l’Europe n’était pas encore née. Du moins, c’est ce qu’on croit

Montesquieu nous prouve qu’au contraire, l’Europe existait déjà bel et bien, mais simplement qu’il restait à réunir les provinces dispersées aux quatre coins d’un vaste continent.

On a fait grief aux Rothschild d’avoir été apatrides, essaimant un peu partout leur famille pour défendre exclusivement leurs intérêts : le Rothschild de Berlin, qui s’associait avec le Rothschild de Paris le quel commerçait avec celui de Londres, etc…

On oublie donc qu’à l’époque de Montesquieu (ou peu après) les fils de Bach faisaient la même chose : Wilhelm Friedemann à Halle (le Bach de Halle comme le nommait Mozart) ; Carl Philipp Emanuel à Hambourg, Johann Christian à Londres, Johann Christoph Friedrich à Bückbourg… Et qui donc a bercé les anglais de musique italienne, sinon Haendel ?

Au 18ème siècle, ce qui se faisait, c’était l’Europe de la culture.

Aujourd’hui, ce qui se fait, c’est l’Europe de l’économie et de la finance.

Ce qu’on voudrait inventer, c’est l’Europe des institutions politiques. Le problème, c’est que cette Europe est censée être inventée par ses citoyens mêmes.