- La fausse humilité, en effet, consiste à se montrer humble pour avoir le plaisir qu’autrui vienne nous démentir et nous relève dans tous les sens du terme.
Friday, June 22, 2012
Citation du 23 juin 2012
- La fausse humilité, en effet, consiste à se montrer humble pour avoir le plaisir qu’autrui vienne nous démentir et nous relève dans tous les sens du terme.
Thursday, June 30, 2011
Citation du 1er juillet 2011
L'ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses ; c'est ainsi qu'on grimpe dans la posture où l'on rampe.
Jonathan Swift – Pensées sur divers sujets moraux et divertissants
Voici le paradoxe de Swift : comment peut-on par ambition accepter les fonctions les plus basses ? Tous ceux qui occupent des emplois subalternes – ou jugés tels – le diront : s’ils occupent de telles fonctions c’est pour nourrir leur famille – ce qui n’est déjà pas si mal – et sûrement pas par ambition.
Examinons ce qui se passe dans les staffs (politiques ou d’entreprises) : ceux qui ont l’ambition de grimper dans l’organigramme ne vont pas prendre la serpillère et faire la femme de ménage.
C’est qu’il y a deux types de fonctions « les plus basses » :
- Il y a celles qui humilient quand on les accomplit,
- et puis il y a celles qui salissent les mains quand on les effectue.
On peut admettre qu’on pense ici que les ambitieux qui veulent se rendre indispensables ne se bornent pas à éviter à leurs maitres de se salir les mains, mais qu’ils leurs épargne plutôt de salir leur réputation.
On comprend également que, généralisant, Swift songe aussi que l’humiliation est nécessaire pour accéder au pouvoir, que c’est par elle qu’on peut rester dans l’ombre des puissants, parce qu’on grimpe dans la posture où l'on rampe.
Reste qu’à se focaliser là-dessus on oublie peut-être qu’il y aura le moment où les obscurs courtisans, les zélés exécuteurs des basses œuvres, ceux qui acceptent d’effectuer les tâches humiliantes et de recevoir des coups de pieds en récompense, se métamorphoseront en dragon qui crache des flammes et carbonisent ceux qui les ont humiliés.
Rappelons-nous une phrase entendue à propos de Xavier Bertrand, désigné chef de l’UMP par le Président Sarkozy : « Tu donnes les clés de l’UMP à Xavier ? N’oublie pas d’en garder un double. »
Saturday, September 06, 2008
Citation du 7 septembre 2008
Vous me demandez ce qui me pousse à l’action ? C’est la volonté de me trouver au coeur de toutes les révoltes contre l’humiliation, c’est d’être présent, toujours et partout, chez les humiliés en armes.
Che Guevara – Discours, entretiens et autres sources
Vous connaissez un peu la vie du Che ? Vous savez donc qu’il est mort parce que les paysans boliviens n’ont pas voulu le suivre dans sa lutte contre l’Etat qui les affamait.
Autrement dit, Guevara est mort pour avoir oublié qu’il y a des humiliés qui ne prennent pas les armes. A-t-il cru que l’appel à la révolte serait plus puissant que la peur des humiliés ?
Soyons un peu précis. Il s’agit ici d’humiliation, pas de peur. Dans la peur, on peut encore faire la balance entre les risques et les avantages de la révolte. Même l’âne va donner un coup de pied au vieux lion (1). L’humilié ne fait pas ça.
L’humiliation est un puissant sentiment d’infériorité entraînant la soumission à celui qui impose sa force. On voit dans les commissariats de police des femmes battues et humiliées par leur mari refusant de témoigner contre lui, même quand les barreaux de la prison les protègent. L’humiliation est une cassure dans la personnalité qui la rend incapable de rébellion. L’humilié est soumis.
C’est là la force de la violence : devenir une force psychologique, même si en réalité elle n’est jamais que physique.
Donnez une paire de gifles à quelqu’un. Sil ne vous la rend pas, c’est peut-être parce qu’il est devenu soumis.
Reste la volonté du Che de lutter contre l’humiliation. Comme il ne semble pas vouloir agir par assistance psychologique, il lui reste à agir contre les humiliateurs.
Il y aurait donc la possibilité de remplacer les gouvernants qui humilient le peuple par des gouvernants qui le respectent. Ce qui veut dire qu’on croit que la volonté d’humilier ne soit pas enracinée dans le cœur humain, qu’elle ne soit pas un plaisir qu’on s’offre dès qu’on a un peu de pouvoir.
…Moi aussi j’aimerais y croire.
(1) La Fontaine – Le lion devenu vieux